chroniques littéraires

Le Livre des Etoiles, tome 1 : Qadehar le Sorcier

Bonjour tout le monde. J’espère que vous et vos proches allez tous bien en ce moment. Pour ma part, je suis sur les nerfs et fatiguée, mais je pense que c’est à cause de la situation actuelle que j’ai de plus en plus de mal à supporter. je commence à être comme mes élèves, je n’ai plus qu’une envie, que tout soit terminé et qu’on puisse reprendre une vie normale, avec des projets à long terme, qu’on puisse retourner au cinéma, au restaurant, etc.

Heureusement, il nous reste la lecture pour nous évader un peu. Et aujourd’hui, je vous emmène dans ma terre natale, l’un des seuls endroits où je me sens pleinement chez moi, en bretagne. Et je vous emmène plus particulièrement dans un morceau de bretagne magique, sur la fameuse île légendaire d’Ys. Le roman que je vais chroniquer aujourd’hui est le premier tome d’une trilogie que j’ai lue étant plus jeune, qui m’a autant marquée que les célèbres Harry Potter. Il s’agit de la série Le Livre des Etoiles, que j’ai relu le weekend dernier. Cette trilogie a été écrite par Erik L’Homme, que j’ai eu le plaisir de rencontrer aux Utopiales, il y a quelques années. Aujourd’hui, je vous parle plus particulièrement du tome 1, qui s’intitule Qadehar le Sorcier. Ce roman est sorti aux éditions Gallimard en juin 2001, et voici son résumé :

Guillemot est un garçon du pays d’Ys, situé à mi-chemin entre le monde réel et le Monde Incertain. Mais d’où lui viennent ses dons pour la sorcellerie que lui enseigne Maître Qadehar ? Et qu’est devenu Le Livre des Etoiles, qui renferme le secret de puissants sortilèges ? Dans sa quête de vérité, Guillemot franchira la Porte qui conduit dans le Monde Incertain, peuplé de monstres et d’étranges tribus…

Dans cette histoire, nous suivons donc Guillemot, un jeune adolescent de cinquième, qui vit sur la légendaire île d’Ys. Cette dernière, des siècles plus tôt, s’est détachée de la bretagne et se trouve maintenant à mi-chemin du Monde Certain, notre monde, et le Monde Incertain, un monde dangereux et cruel. Contrairement à notre monde, la magie a toujours cours à Ys. Les Korrigans font toujours des farces sur la Lande et il faut s’en méfier. Guillement rêve de devenir chevalier et de protéger ses proches. Or, un soir de bal, il s’évanouit, et c’est le signe qu’il est fait pour être sorcier. Il devient l’apprenti de Maître Qadehar, un sorcier réputé pour voyager dans le Monde Incertain. Cela tombe bien, car il semblerait que quelqu’un veut enlever Guillemot pour le ramener là-bas, et le garçon va devoir, avec ses amis, entreprendre un voyage mouvementé pour obtenir des réponses.

Je vais commencer cette chronique par vous parler, évidemment, de Guillemot. Ce jeune garçon a tout du héros auquel on peut s’identifier. Lorsque l’histoire commence, Guillemot n’est pas spécialement doué, il est moyen en classe, et il est plutôt du genre tire-au-flanc. Il vit seul avec sa mère, son père étant parti avant sa naissance. Et il est malmené par la brute de l’école, Agathe. De ce fait, Guillement n’a rien d’un héros, et il est même l’exemplaire type du jeune garçon banal, harcelé à l’école. Pourtant, un soir, la magie se manifeste en lui, ce qui va tout changer. Ce qui est intéressant, c’est que même si cela est court, Guillemot va tout de même hésiter avant d’accepter ce nouveau rôle. En effet, il rêve d’être chevalier depuis sa plus tendre enfance, mais il ne peut pas être chevalier ou sorcier, il doit faire un choix. Cela est assez agréable de voir qu’il hésite, et qu’il doit renoncer à son rêve pour s’accomplir. Cela est certes rapide, mais j’ai trouvé cela sympathique, car Guillemot fait tout de même un sacrifice pour s’accomplir, il renonce à son rêve d’enfance. Et il fait un choix lourd de conséquence, ce qui n’est pas aisé à douze ou treize ans. Et ce choix va pleinement le révéler, car Guillemot va enfin devenir courageux, comme s’il puisait son courage dans sa magie. Il va oser se rebeller contre Agathe, et il va aussi se rebeller contre le monde entier. Guillemot va en effet découvrir qu’il est poursuivi par une terrible entité, l’Ombre, et il va devoir affronter ses ennemis pour sauver les siens. Ou plutôt, pour sauver l’une de ses ennemies. Ainsi, on découvre, au cours de notre lecture, un personnage fort, loyal et fidèle, qui n’hésite pas à se mettre en danger pour réparer une injustice. Lorsqu’il comprend qu’Agathe a été emmenée au Monde Incertain à sa place, Guillemot va aller la chercher, même si c’est son ennemie. C’est cela qu’on apprécie chez lui, le fait qu’il ne laisse personne derrière lui, et qu’il réparer les erreurs des autres, notamment les méchants de l’histoire. Guillemot, avec sa magie, devient sur de lui, et il apprend à désobéir. C’est vraiment ce que j’ai aimé chez lui, ce courage, cette envie d’aider les autres, qui va le pousser dans ses retranchements.

– D’accord. Pour ne rien vous cacher, j’ai l’intention de me rendre dans le Monde Incertain !

– Ca y est, gémit Romaric, j’en étais sûr : il est devenu fou !

– Ecoutez-moi, expliqua Guillemot. J’ai eu le temps de réfléchir, à Gifdu. Je n’ai pas l’intention de rester prisonnier toute ma vie dans ce monastère ! j’ai appris des choses atroces là-bas, des choses qu’on voulait me cacher. C’est au sujet de l’Ombre et puis d’Agathe.

– Agathe ? s’étonna Gontrand. Je croyais que tu étais fou de joie de t’en être débarrassé !

– Je sais bien que ça peut vous paraître dingue, poursuivit Guillemot, mais l’Ombre me veut moi ! C’est moi C’est loi aussi que le Gommon voulait sur la plage ! Agathe a été enlevée à ma place. C’est ma faute si elle est prisonnière dans le Monde Incertain. Il faut que je fasse quelque chose pour la sauver ! Mais je ne vous demande pas de comprendre, juste de m’aider.

Bien entendu, Guillemot n’est pas tout seul dans cette aventure. Je vais donc vous parler des personnages secondaires. Je vais commencer par les amis de Guillemots. Ils sont très présents dans ce récit, même si je pensais qu’ils étaient davantage développés dans ce premier tome. J’ai beaucoup aimé le fait qu’on soit face à un groupe d’amis unis, où chacun ferait n’importe quoi pour les autres. Ils sont amis depuis des années, et l’on ressent bien les liens qui les unissent, cette volonté de se battre pour les autres. Même s’ils n’aiment pas Agathe, ils sont prêts à affronter le Monde Incertain parce que Guillemot le leur demande. Ils se font tous confiance, et même s’il y a parfois des anicroches entre eux, des disputes, cela n’est que pour s’amuser, car aucune dispute ne survit à leur amitié. C’est un groupe d’amis tel qu’on voudrait en avoir un, et il est vrai qu’on peut les envier, car ils sont vraiment soudés. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Ambre, parce qu’on sent bien qu’elle est amoureuse de Guillemot, sans oser toutefois lui avouer. Et surtout, Ambre est une fille elle aussi courageuse, frondeuse, qui n’hésite pas devant le danger. J’ai apprécié son caractère, le fait qu’elle est toujours prête à se battre, qu’elle ait un côté féministe, et son lien avec le groupe. Mais le personnage qui a tout de même de l’importance dans ce récit, c’est Qadehar, le sorcier, le maître de Guillemot. Il s’attache tout de suite au jeune garçon, et une certaine relation père/fils se met en place rapidement entre eux. Qadehar reste un personnage mystérieux, qu’on a envie de connaître davantage. On sait ainsi qu’il voyage beaucoup ans le monde Incertain, et qu’il est le seul sorcier que craint l’Ombre, le grand méchant de l’histoire. C’est donc un personnage qu’on a envie de voir davantage développé dans la suite de l’histoire, comme Ambre, ou la mystérieuse chasseuse que l’on va croiser au cours du récit.

– Maître Qadehar, demanda de nouveau Gontrand, pourquoi Thunku vous a-t-il appelé Azhdar le Démon ?

– Je bouleverse régulièrement ses plans : je suis un démon pour Thunku ! D’ailleurs, j’aurais dû penser tout de suite qu’il était, d’une manière ou d’une autre, pour quelque chose dans cette affaire d’enlèvement. Quant à Azhdar, c’est le nom que je prends quand je me rends dans le Monde Incertain. D’autres questions ?

Parlons maintenant du monde de l’histoire. J’ai beaucoup aimé le fait qu’on reprenne l’histoire de l’île d’Ys, même si cette dernière est modifiée. Il fat savoir que Ys est une île légendaire du Folklore breton, une légende qui s’apparente à celle de l’Atlantide, avec une histoire d’amour tragique dans le récit. Certes, ici, l’histoire originale est modifiée, on sait juste que l’île s’est détachée de la bretagne pour vivre sa vie. Toutefois cette dernière a conservé sa magie, ce qui la rend particulière. Et elle se trouve sur un plan bien précis, entre le monde réel et un autre monde dangereux, le Monde Incertain, ce qui lui permet de profiter des deux univers. Ainsi, Guillemot et les autres personnages peuvent aller de promener aussi bien en bretagne que dans les régions du monde Incertain. Ce qui est intéressant, c’est qu’on reprend certaines légendes et autres histoires de la bretagne, avec par exemple les korrigans. J’ai apprécié cet emprunt à ma région natale. De la même manière, j’ai beaucoup aimé la manière dont fonctionne la magie de Guillemot et des sorciers, qui sont obligés d’apprendre des graphèmes, et des phrases magiques composées de ces mots et signes magiques, pour pouvoir lancer un sort. Je me souviens que plus jeune, on les apprenait par cœur, ces graphèmes, afin de faire comme dans le récit. Ainsi, l’auteur développe ici tout un tas de symboles, un par lettres de l’alphabet, qui doivent se composer ensuite pour former les fameuses formules. Ce qui est appréciable, c’est qu’on fait finalement passer la magie par des lettres spécifiques, par un langage magique, et cela montre bien à quel point la lecture peut être magique. C’est à la fois originale, et aussi bien pensé. Le Monde Incertain est aussi bien développé, avec plusieurs régions qu’on anevie de découvrir, et qui peuvent aussi nous faire peur.

– Grâce à des clés, Guillemot. Des clés permettant d’accéder au Wyrd, d’atteindre la structure la plus intime de ce qui existe !

– Des clés ? Comme les clés qui ouvrent les portes ? avança timidement l’Apprenti.

– Exactement, mon garçon ! Sauf que ces clés ne sont pas des objets, mais des signes.

Le Sorcier étira son grand corps et soupira d’aise, profitant des derniers rayons du soleil. Son regard se perdit un moment en direction de l’horizon. Guillemot agrippa la manche du manteau sombre, et supplia :

– Maître Qadehar, s’il vous plaît…

Qadehar eut un rire affectueux.

– Prendrais-tu goût aux secret de la sorcellerie, Guillemot ?

– Vous parliez de signes, Maître, implora le garçon, de signes qui permettent d’ouvrir des portes !

– Oui, continua le Sorcier avec amusement car il voyait Guillemot noter soigneusement ce qu’il disait dans son carnet tout neuf. pense à une sorte d’alphabet, dont chacune des lettres posséderait une signification et un pouvoir particulier. Maintenant, imagine ces lettres reliées les unes aux autres dans des mots, puis les mots aux mots dans des phrases ! Te voilà en possession du flux d’énergie nécessaire pour visualiser, pénétrer et modifier le Wyrd ! Tel est le secret, Guillemot, le secret de la pratique magique : établir et contrôles un lien entre les choses différentes !

En ce qui concerne l’écriture, elle est fluide et le roman se lit très bien. Les chapitres sont courts et se lisent très bien. Certes, l’histoire est faite pour un public adolescent, et cela se ressent à l’écriture, mais on apprécie tout autant la plume de l’auteur lorsqu’on est adulte. J’ai vraiment pris plaisir à relire ce roman que j’avais lu pendant mon enfance, et bien que certains faits sont restés dans ma mémoire, j’en avais oublié d’autres, et c’est avec plaisir que j’ai redécouvert ce récit. Le monde développé est vraiment intéressant, et l’écriture, qui est visuel, nous permet de nous insérer aisément dans cette histoire, de nous projeter aussi bien dans le monde d’Ys que dans le Monde incertain. Le roman se lit bien et l’histoire est passionnante, avec un vrai univers qui est développé ici, avec une belle créativité pour donner vie à ce dernier.

En résumé, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman si ce n’est pas déjà le cas. Il fait partie des grandes histoires françaises fantastiques pour adolescents, de la même manière qu’Ewilan, que je relirai aussi prochainement. L’univers qui est développé ici est très intéressant, et les personnages attachants. On s’attache facilement à Guillemot et à son groupe d’amis, on est pris dans le fil de leurs aventures, et on prend plaisir à les suivre. C’est une bonne lecture qui plaira à tout le monde.

Et vous ?

Relisez-vous les romans que vous avez pu lire enfants ?

Est-ce que ces lectures vous plaisent encore ?

Ou au contraire, êtes vous devenus trop adultes pour lire ce type de récit ?

Bon dimanche à tous 🙂

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