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L’ombre des Flammes, tome 1 : Partage et mensonges

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous n’êtes pas paniqués par les annonces qui vont être faites cet après-midi. Après tout, pour le moment, on ne sait pas encore à quelle sauce on va être mangé, cela ne sert donc à rien de répéter qu’on va de nouveau être confinés, comme en mars dernier. Cela ne fait, en effet, que rajouter du stresse à une situation déjà angoissante. En tout cas, mes élèves ont eux paniqués, et même si certains veulent être confinés, ce n’est pas le cas de la grosse majorité, qui a besoin de se voir, de communiquer, et de venir en classe, même masqués. Par contre, c’est vrai qu’on n’en peut plus de passer notre vie à extrapoler sur les annonces du gouvernement, et que ce serait bien qu’on soit enfin fixé sur quelque chose de sur, confinement ou non, et non plus sur des hypothèses faites par la presse.

Mais cessons de parler de la situation actuelle, et envolons-nous pour un autre univers. Je vous propose aujourd’hui de vous plonger dans le monde fantastique et magique de Kyra, Grâce au premier tome de la duologie l’Ombre des Flammes, qui s’intitule Partage et Mensonges. Cette histoire est écrite par Laëtitia Claver, que je remercie pour l’envoi de son roman. Il s’agit d’un roman en autoédition, qui fait peau neuve. C’est donc une réédition d’un roman déjà paru, mais dont l’histoire a connu des modifications. Pour la réédition de ce roman, une campagne Ulule est lancée, elle commence le 1er février, et vous pouvez aider son autrice ici : https://fr.ulule.com/lombre-des-flammes/coming-soon/. Voici le résumé de cette histoire :

Esme est une jeune femme qui tente de trouver sa place au sein d’une dictature, à la fois en tant que femme, mais également en tant que sorcière. En effet, au Royaume de Kyra, la sorcellerie est passible de peine de mort. Pour vivre le plus normalement possible, elle arrêtera d’utiliser ses pouvoirs et tentera au mieux de s’éloigner de la communauté magique. Toutefois, malgré sa bonne volonté, sa magie reste puissante et dangereuse, et semblerait presque indépendante..

Dans ce récit, nous suivons donc Esme, une jeune sorcière qui vit dans un monde où la magie est interdite. Cela tombe bien, car Esme n’est pas favorable à son pouvoir, elle évite à tout prix de l’utiliser, et elle préfère sa vie sans magie, sans sabbat, et autres rassemblements de sorciers. Or, à l’un de ses sabbats, Salomé, l’une des amis d’Esme, lui active sa magie. Dès lors, Esme se rend compte qu’elle vivait dans l’illusion, et qu’elle possède un pouvoir bien trop grand pour elle, un pouvoir qui va s’avérer dangereux et destructeur à mesure qu’elle l’utilise.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Esme. J’avoue avoir eu, pendant ne partie du roman du moins, un problème avec elle. Son personnage ne m’a pas émue, et m’a même agacée, car on voit à des kilomètres qu’elle prend de mauvaises décisions, et que cela va finir par lui retomber dessus. En fait, c’est assez simple, dès qu’il y a un choix à faire, une chose à dire, elle fait tout de travers, elle ne fait pas ce qu’il faut, et cela finit par lui porter préjudice. Dans un sens, je l’ai trouvée totalement naïve, voire stupide. Elle m’a donc horripilée dès le début. De plus, ce n’est pas seulement le fait qu’elle prenne de mauvaises décisions qui m’a énervée, car cela, c’est souvent le cas avec les héros, mais surtout le fait qu’elle ne prenne pas de grandes décisions, au sens où elle ne fait finalement que suivre le mouvement, sans s’impliquer véritablement dans ce qu’il se passe. Elle n’est qu’une suiveuse, elle ne met rien en branle, elle ne fait que réagir face aux événements. Et parfois, elle ne réagit tout simplement pas. De ce fait, je l’ai trouvé lâche, mais si cela change à la fin du roman, où Esme prend enfin une vraie décision, et om on comprend mieux pourquoi elle fait tout de travers. Je dois avouer que c’est intéressant de la voir évoluer de cette manière, et se remettre enfin en question. C’est surtout le cas en ce qui concerne sa magie, car au début, Esme n’en veut pas, avant que celle-ci ne devienne une véritable drogue, et qu’elle ne puisse pas concevoir d’en s’en débarrasser, avant de comprendre qu’elle est dangereuse. Même si je n’ai pas accroché avec son personnage dans une bonne partie du roman, elle reste intéressante, car c’est un personnage avec une progression, une évolution, et la fin de ce premier tome nous laisse sur notre fin, au sens où l’on veut savoir ce qu’il va arriver d’Esme après son grand choix.

-Je n’aurais jamais imaginé que Keran puisse s’intéresser à une fille comme toi…, poursuivit-elle sans qu’on l’y invite. Moi qui pensais qu’il en avait terminé avec ses aventures…

Je parvins de justesse à dissimuler ma surprise. Etait-ce un mensonge pour me déstabiliser ? Mes poings se serrèrent, rageurs. Je jetai un dernier regard à la ruelle où s’était tenu Keran. Il s’était bien moqué de moi !

– Keran m’appartient, tu m’entends ! Alors ne t’approche plus où je te le ferai payer très chez !

– Il est tout à toi, répliquai-je sèchement.

Alors que je partais déjà, elle me retint en m’empoignant.

– N’oublie pas à qui tu as affaire ! cracha-t-elle.

Je me dégageai brutalement et la bousculai.

– Ne t’avise plus de me menacer si tu ne veux pas perdre l’autre moitié de ton visage, sifflai-je.

Toute témérité avait quitté ses yeux. Tremblante, elle s’écarta de quelques pas, me dévisagea avec horreur, puis s’enfuit. Satisfaite de l’impression que je lui avais faite, je m’éloignait à mon tour, non sans esquisser un sourire qu’il m’était impossible de réprimer plus longtemps.

Parlons maintenant dans personnages secondaires. Je vais commencer avec Salomé, qui est assez importante. C’est une vraie tête-à-claques, et même si elle peut nous attendrir à certains moments, j’avoue y avoir cru aussi, c’est en fait une jolie peste. On est donc assez mitigé sur son personnage au final, car lorsqu’on commence à s’attacher à elle, elle devient mauvaise. J’avoue que je ne m’attendais pas à une telle évolution de sa part, et je ne pensais pas que sa relation avec Esme pouvait se transformer de cette manière. Cela était assez intéressant, et bien choisi, surtout que cela permet de mettre certains doutes chez Esme, doutes qu’on aimerait voir à d’autres moments. En tout cas, l‘idée de fin est inattendue, parce que je pensais pas que Salomé irait jusque-là, je ne la voyais pas évoluer de cette manière. Ensuite, nous avons Ace, qui est à mon sens assez passe-partout. Certes, il aide beaucoup Esme, et il y a un retournement de situation intéressant avec lui, lorsqu’on découvre qui il est vraiment, mais ce n’est pas un personnage qui m’a enchantée. En fait, je l’ai trouvé un peu fade, il ne fait que suivre Esme, l’aider, et lui sauver la mise à quelques reprises. J’ai encore du mal à savoir s’il a une volonté propre, où s’il ne fait que suivre les sentiments qu’il éprouve pour la jeune fille. Du coup, j’en arrive au troisième personnage important, mon préféré, qui est Ombre. J‘ai vraiment adoré le personnage d’Ombre, parce qu’elle apporte du relief à ce récit, une profondeur qu’on avait pas forcément jusque-là, et surtout de la noirceur. J’ai apprécié qu’elle soit beaucoup plus engagée qu’Esme, qu’elle s’implique raiment, et qu’elle déclenche même la guerre. J’ai apprécié son ironie. Certes, elle est prétentieuse, un peu comme Salomé, mais Ombre a de grands pouvoirs, et elle connaît ses limites. C’est aussi une stratège, et elle ne pense qu’à se venger. Elle protège toutefois Esme, et c’est le personnage auquel je me suis le plus attaché, parce qu’il y a tout de même une certaine faiblesse chez elle, qu’on finit par découvrir. En tout cas, j’ai vraiment aimé la noirceur qu’elle apporte, son humour, et l’apport de son personnage à l’histoire et à la complexité du monde dans lequel évolue Esme.

– Que me voulez-vous ? implora le Maître.

Ombre s’avança alors précipitamment vers lui et agrippa les barreaux de la cellule informe. Il recula rapidement.

– Quoique nous fassions dans la vie, nos actions sont bonnes ou mauvaises, l’univers est là et nous observe. Et il fait en sorte de nous renvoyer ce que nous faisons en dix fois plus grand, de manière positive, ou négative. Je suis l’univers, Mais Lyze.

Elle tendit alors le bras l’intérieur de la cellule. Le Maître eut un mouvement de recul et, comprenant qu’Ombre ne pouvait pas l’atteindre à travers la barrière, eut un léger sourire de soulagement.

– Vos propres barreaux me protègent, bégaya-t-il triomphant.

– L’auriez-vous oublié, monsieur ? Quand vous disiez que j’étais un démon, vous n’aviez pas totalement tort, répliqua Ombre, un sourire mauvais sur le visage. je me souviens de votre discours, poursuivit-elle. Le démon est bien là, Maître Lyze, et vous allez être ravagé par les flammes à votre tour !

Toute trace de soulagement avait quitté son interlocuteur et désomrais, il était tétanisé. Il recula en vain dans sa couce prison et commença à appeler à l’aide.

Parlons maintenant justement de cet univers. C’est, avec le personnage d’Ombre, ce qui fait à mon avis la force de ce roman. J’ai notamment apprécié le fait que la magie soit prohibée, et que les sorciers qui sont vus l’utiliser finissent au bûcher. Cela ne peut faire qu’échos aux terribles événements que l’on a pu avoir dans le passé, et surtout cela permet de critiquer le monde dans lequel évolue Esme, et de mettre des embûches sr sa route. Ainsi, alors qu’elle est une sorcière, elle ne peut pas pratiquer son don sans risquer de se mettre en danger, et de mettre tout le monde en danger. Ce qui est alors intéressant, c’est que ce ne sont pas que les sorciers qui sont visés par la peur, mais tout le monde, car tout le monde va dénoncer tout le monde ruant la chasse. On est alors dans une paranoïa totale, que veut éviter à tout prix tout le monde. Seulement, avoir un aussi grand pouvoir que le sien, Esme va avoir bien du mal à le cacher. Et cela aurait des répercussions sur tous ses proches, voire sa ville, son pays tout entier. J’ai aussi aimé le fait qu’elle ne puisse pas s’évader. Alors qu’Esme peut parfois paraître lâche, qu’elle ne sait pas prendre les bonnes décisions, elle est finalement bloquer dans son univers, dans son pays, et elle n’a aucune porte de sortie, ce qui va pousser Ombre à mener la danse, à revoir leurs plans. C’est une bonne idée de faire un monde en vase clos de cette manière, un monde duquel personne ne peut s’enfuir, où tout le monde est condamné à vivre la chasse. Cela fait que tout me monde est coincé. Le seul soucis, c’est que pour une lectrice comme moi, je me demande ce qu’il y a de l’autre côté de ce mur qui empêche quiconque d’aller voir ailleurs, et j’espère qu’on en saura plus dans la suite du récit. De la même manière, j’espère qu’on en apprendra plus sur les membres de l’Ordre des sorciers, qui ils sont et comment ils ont obtenu leurs pouvoirs, sur la fameuse Déesse à l’origine de la magie, et sur le fameux roi, qui n’est finalement qu’évoqué ici.

Vivre état devenu un combat constant, car en plus d’être captive de mon propre monde, j’étais sa principale ennemie.

Alors que la magie faisait partie intégrante de notre monde, elle était, ici, considérée comme un art maléfique. Depuis la création du Mur deux siècles auparavant, deux grandes chasses aux sorciers avaient eu lieu. La dernière, il y a cent ans, demeurait la plus meurtrière, causant officiellement la mort de plus de mille quatre cents personnes et réduisant sensiblement la population du pays.

Notre roi actuel, Enel Vhayar, tout comme les autres de pouvoir et l’ensemble des habitants qui vénéraient Dieu, avait donné aux religieux une importante place au sein de notre société et parfois, un rôle de leader. Et à ce titre, tote trace de magie devait disparaître.

Un peuple droit et vertueux, tel était leur credo.

Tout individu suspect était interrogé, torturé voire exécuté. C’était pourquoi les êtres surnaturels, comme moi, vivaient dans la peur constante d’être découverts. Plus les années passaient et plus l’avenir devenait incertain, car nous étions prisonniers d’un royaume dont la seule porte de sortie restait la mort.

En ce qui concerne l’écriture, elle est fluide, simple, sans fioritures. Le roman se lit bien, l’univers est bien mis en place, tout comme les émotions des personnages. Les chapitres s’enchaînent bien, même si j’aurais aimé que l’on ne passe pas certains événements sous silence, même si Esme n’est alors pas présente. Le début de l’histoire est cependant long à se mettre en place, et j’avoue que j’ai eu du mal à voir où voulait aller l’autrice pendant la première partie. Heureusement, cela se décante ensuite, et l’on a alors bien du mal à lâcher cette histoire. J’ai apprécié que le récit soit à la première personne, et surtout au passé. Cela permet au lecteur de se retrouver avec certaines tournures de phrases, certains points de conjugaisons, que nous avons moins l’habitude de tomber, surtout maintenant, et cela est assez sympathique. La fin est agréable, je ne l’y attendais pas, et donne envie de savoir la suite afin de comprendre ce qui va arriver à notre héroïne, ce qui peut encore lui arriver.

En résumé, c’est un premier tome agréable à lire, qui nous offre un univers intéressant, qu’on prend plaisir à découvrir, avec des idées intéressantes. Je n’ai certes pas accroché au personnage d’Esme, mais l’ensemble des autres personnages sont plaisants à suivre, notamment Ombre, que j’ai vraiment beaucoup aimé. Le début de l’histoire prend du temps à se mettre en place, mais la suite est très bien menée et agréable à lire, à découvrir. J’ai apprécié l’univers que met en place l’autrice, et l’on a vraiment envie d’en apprendre plus, de le voir davantage dans la suite de l’histoire. La fin est inattendue, c’est assez plaisant, et le style de l’autrice, quoique simple, fonctionne bien ici et est original de part son choix de conjugaison. C’est donc un bon premier tome, que je vous conseille de découvrir.

Et vous ?

Quels sont les défauts que vous n’aimez pas voir chez les héros ?

Au contraire, quelles sont pour vous les qualités indispensables à tout héros ?

Qu’est-ce qui peut vous ennuyer dans un personnage ?

Bon mercredi à tous 🙂

2 réflexions au sujet de « L’ombre des Flammes, tome 1 : Partage et mensonges »

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