chroniques littéraires

La seizième clé

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous continuez à prendre soin de vous, que ce soit avec les gestes barrières ou en vous occupant de vous. La situation n’est pas simple pour tout le monde, mais il faut encore tenir un peu, jusqu’à ce que le virus soit moins dangereux, jusqu’à ce qu’il fasse moins de dégâts. Et il faut surtout gardez le moral, ne pas tomber dans la déprime. Ce n’est pas simple, mais il faut essayer de rester positif. Heureusement, nous avons la lecture pour nous ouvrir à d’autres situations, pour nous faire rêver, pour nous échapper.

Aujourd’hui, je viens juste sur le blog afin de vous présenter une nouvelle lecture fantastique, la première de cette année. C’est en effet ma première lecture, et première chronique, dans le cadre du Challenge de l’Imaginaire. Si vous ne connaissez pas ce challenge, je vous conseille d’aller voir mon article associé, ici. Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui est donc un roman qui va vous parler de magie, mais aussi, à mon sens, un peu de science-fiction. C’est un roman jeunesse, qui s’intitule La Seizième Clé, et qui est écrit par Eric Senabre. Le roman est sorti aux éditions Didier Jeunesse en octobre 2019. Voici son résumé :

Oswald a toujours vécu dans un immense manoir isolé. À l’intérieur, tout un personnel dévoué s’affaire à l’éduquer, mais pas l’ombre d’un parent. Tous les ans, le garçon se voit remettre une clé différente, qui lui donne accès à une nouvelle pièce du manoir. À quelques jours de son seizième anniversaire, Oswald rencontre Zelah, une jeune fille en fuite qui a vécu exactement la même existence que lui. Ils ont en commun un don extraordinaire, elle virtuose de la musique, lui génie de la poésie.

Pourtant, les deux adolescents ne se sont jamais croisés dans le manoir. Leur rencontre n’aurait pas dû arriver… et le temps est désormais compté pour les deux adolescents !

Dans cette histoire, nous suivons un jeune garçon, Oswald. Il vit sur une île, en autarcie. Il serait en effet malade, et il ne pourrait pas avoir de contact avec l’extérieur. Ainsi, il ne se souvient pas de ses parents, qui l’ont abandonné ici. Mais cela n’est pas grave pour Oswald, qui s’amuse parfaitement tout seul. Il a des domestiques, ses cours, il ne manque de rien. Petit prodige de la poésie, seule cette dernière lui suffit. Et le fait de savoir ce qui se cache derrière la seizième porte, celle de la cérémonie annuelle de son anniversaire, qu’il va devoir franchir cette année. Serait-ce aussi étrange que les autres années ? Oswald commence à se poser des questions, et lorsqu’une jeune femme apparaît de nul part pour l’arracher à sa vie, Oswald se laisse faire, afin d’avoir enfin les réponses à ses questions.

Je vais commencer par vous parler du personnage d’Oswald, puisque c’est lui le héros de cette histoire. On ne peut pas dire que ce soit un personnage que l’on apprécié immédiatement. En effet, Oswald a tout du petite génie que personne ne remet jamais en place, que tout le monde écoute religieusement, si bien qu’il en est un brin prétentieux. En fait, c’est l’idée que je m’en suis faite dès le début, l’impression que Oswald était imbu de sa personne. Seulement, on comprend assez vite qu’Oswald ne fait pas exprès d’être ainsi, qu’il en est obligé, que cela est même vital pour lui, et de ce fait, il en devient presque touchant. En effet, Oswald ne peut pas se passer de la poésie, elle fait partie de lui. Il essaye d’ailleurs de trouver une langue, une nouvelle forme de langage, qui lui permettait de s’approcher le plus possible de l’essence poétique du monde. C’est son talent, et il ne peut pas lutter contre. De ce fait, au fil de l’histoire, il prend sur lui afin de ne plus déclamer des vers sans qu’il n’y ait un vrai besoin derrière. Oswald est un peu naïf, il ne comprend pas vraiment dans quel monde il évolue, et c’est normal à son âge, mais il a la volonté de comprendre, ou du moins d’essayer. C’est un garçon intelligent, qui a de multiples questions. Et son aventure doit lui permettre d’avoir enfin les réponses qu’il cherche. J’ai apprécié cette qualité chez lui, cette curiosité qui le pousse peu à peu à remettre son univers en question, et qui va d’ailleurs lui sauver la vie. C’est aussi un garçon au grand cœur. Même s’il aime la poésie, il aime aussi les autres, même ceux qui l’ont enfermé dans sa prison. de ce fait, il a bien du mal à faire du mal aux autres. On apprécie le lien qui se forme entre lui et Zelah, puis avec Gabriella. Il veut vraiment sauver tout le monde. Toutefois, il est aussi capable de comprendre lorsque les choses ne vont pas dans son sens, lorsque les autres ne veulent pas être sauvés. C’est un garçon qui devient donc attachant au fil de la lecture, et l’on est impressionné par ses capacités. J’aurais toutefois aimé que ses poèmes soient traduits dans notre langue.

– Maître Oswald ?

Ah, oui ! Je parle, je parle, comme d’habitude, et je ne vous laisse pas vous exprimer. Est-ce que la beauté des associations vous est enfin apparue ?

– Justement, reprit M. Aubry d’un ton navré, le souci est que je ne comprends pas la langue que vous utilisiez. Cette langue qui est… de votre invention, n’est-ce pas ?

Oswald soupira et tout en demeurant enroulé dans son drap, descendit de son perchoir.

– Eh oui, une langue de mon invention, en effet. Comme vous le savez, je ne peux plus me contentez de l’anglais. Ni même du français, de l’italien, ni même du grec ancien. pour m’exprimer pleinement, j’avais besoin d’une langue qui me soit entièrement imaginée, pensée, taillée, ciselée pour la posée. Je suis encore loin du compte, mais j’avance dans son élaboration.

Il pointa du doigt un tas de feuille colossal posé sur son bureau.

– Cela me contrarie énormément que le sens vous échappe., M. Aubry. Parce que mon rêve, c’est de trouver une parfaite adéquation entre le sens des mots et leur sonorité. Que les deux soient si intimement liés, dans le contexte d’une poésie, que des images vous apparaissent immédiatement.

Venons-en maintenant aux autres personnages secondaires. Zelah est un personnage intéressant, qui a le même défaut que Oswald, elle aussi est un brin imbue de sa personne, même si elle, son talent se situe au niveau de la musique. Certes, elle n’a pas vraiment l’occasion d’utiliser son talent au cours de l’histoire, du moins pas de la façon dont on peut l’imaginer en ne lisant que le résumé, mais elle prétentieuse, au sens où elle sait davantage de choses qu’Oswald, au sens où elle veut absolument lui donner des ordres, du moins au début. En effet, Zelah sait beaucoup plus de choses qu’Oswald, pour la bonne raison qu’elle s’est échappée de sa prison dorée pour comprendre ce qu’était le manoir dans lequel ils vivent tous les deux. Un an plus tôt, alors qu’elle devait utiliser la fameuse seizième clé, Zelah s’est enfuie, et depuis, elle attend son heure. Celle-ci s’est manifestée par l’apparition d’Oswald, et Zelah compte bien se servir du garçon pour comprendre leur monde. Elle sait de ce fait beaucoup plus de choses sur la magie. Zelah est capable de faire certaines choses bien étranges, et elle a donc un certain pouvoir sur Oswald. Heureusement, le rapport de force ne dure pas, parce qu’Oswald découvre lui aussi son don, qui va être bien utile aux deux adolescents. En fait, Zelah est heureuse de ne plus être seule, mais elle a du mal à se contenir, et à faire confiance à Oswald. Du coup, j’ai préféré le personnage de Gabriela, qui arrive en cours de route. Gabriela est certes plus jeune, plus candide, mais c’est ce qui m’a plu chez elle. Elle a une innocence que les deux autres non pas, elle laisse davantage au temps le temps à tout le monde de comprendre ce qu’il se passe. J’ai aimé son intelligence, sa vivacité d’esprit, et l’amour qui l’anime. Elle ne veut pas absolument comprendre ce qu’il se passe, pas comprendre sa magie, mais surtout protéger les autres. Et ne pas rester seule. On s’attache immédiatement à elle, parce que son personnage semble bien plus triste que celui des deux autres, même plus que celui de Zelah, qui est pourtant menacée de mort. Gabriella m’a davantage émue, et ce, dès le début.

– Je m’appelle Gabriela. Et j’habite ici.

– Tu habites ici, soit. Est-ce que.. Ah, par où commencer ? Est-ce qu’à toi aussi, on te remet une clé, le jour de ton anniversaire ? Là, tu aurais…

– Bien sûr que j’en ai une ! La voici.

Zelah et Oswald frissonnèrent en entendant cette phrase pour la seconde fois et en voyant l’enfant tendre le petit objet. Ils avaient l(impression d’assister à la représentation officielle, après avoir épié la répétition de la pièce.

Zelah enchaîna :

– Est-ce que tu es déjà venue dans cette pièce.

La fillette regarda autour d’elle : elle ne semblait pas reconnaître le lieu.

– Non, jamais. je voulais juste vous retrouver.

– Nous retrouver , Comment cela?

Gabriela baissa les yeux, comme si elle s’apprêtait à confesser une bêtise.

– Quand je danse, parfois, je vous vois. J’ai voulu vous retrouver.

Zelah et Oswald en restèrent perplexes.

– Vous ne m’aviez pas encore vue ?

Parlons maintenant de l’histoire en général. J’ai aimé être plongée dans ce manoir étonnant, où rien ne reste comme il devrait l’être. Dès le début, on comprend ainsi que quelque chose d’étonnant se trouve dans la vie d’Oswald. Les couloirs bougent, les objets se perdent. On peut alors se demander si le manoir est hanté, si des scientifiques sont en train de faire des expériences. Et Zelah arrive et l’histoire se complexifie, elle est capable de faire des choses qui défient la physique, Oswald aussi d’ailleurs. Tout tourne alors autour du mystère de la fameuse seizième clé. Pourquoi, tous les ans, les enfants doivent passer par une porte qui donne leur âge ? Et que se passera-t-il lorsqu’ils franchiront la seizième, qui est la dernière ? Zelah n’a qu’une idée en tête, franchir cette porte. Elle a la clé, il ne lui reste plus qu’à entrer dans le manoir avec Owsald, et ce dernier est tout autant curieux. Mais plus ils avancent dans le manoir, et plus ils prennent conscience du danger. Cette tension qui tourne autour de cette porte est assez intéressante, car on ne peut pas vraiment imaginer ce qu’il va y avoir derrière, et l’on suit les deux adolescents dans leurs peurs, leurs doutes, mais aussi leurs envies pour cette porte. Certes, tout au long de la lecture, on fait des théories, on élabore des hypothèses, mais la vérité est vraiment énorme. Et j’ai apprécié cela, et c’est d’ailleurs là qu’on rejoint la science-fiction. J’ai apprécié ce mélange, et les explications qui nous sont faites par le directeur. On ne s’attend vraiment pas à cela, malgré les indices qui prennent tous leurs J’ia aimé cette surprise qui nous est proposé, cette révélation à laquelle on ne s’attend pas. C’est bien trouvé, et cela permet plein de nouvelles possibilités. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler, mais c’est une bonne idée développée ici, et j’ai aimé le lien qui se fait donc entre Zelah et Oswald, mais aussi envers tous les pensionnaires du manoir.

– Zelah… Je crois que nous sommes en train de tourner en rond.

Zelah le regarda d’un air inquiet.

– En rond ? Qu’est-ce que tu racontes ? On marche sur une belle ligne droite depuis tout à l’heure !

– Eh bien… je sais. Mais tu as peut-être remarqué que nous sommes passés plusieurs fois devant le même tableau ? regarde : la tapisserie est un peu abîmée à cet endroit. Cette déchirure, je te jure que je la vois à l’identique pour la troisième fois. Nous sommes déjà passés ici !

– Excuse-moi d’insister : nous marchons tout droit ! Comment est-ce possible ?

– C’est un peu le problème : je n’en sais rien, je le constate seulement.

Oswald s’approcha du mur, ferma les yeux et fit courir ses doigts sur la surface tapissée. Il conclut.

– Bien. Ce mur est courbe. Je le sens.

– Enfin ! Il est droit !

On le voit droit. Je t’assure qu’il est courbe.

– Une illusion d’optique ?

– Cela ne suffirait pas. Il y a une notion de… géométrie qui est en jeu.0 Une géométrie différente d ecelle que nous avons apprise. ce brave Euclide et son axiome ne s’y serait pas attendu !

J’en arrive maintenant à l’écriture. je dois l’avouer, c’est peut-être à cause de la fatigue, mais j’ai eu du mal à rester concentrée sur ce roman tout au long du récit. En effet, j’ai trouvé que par moment, on tournait un peu en rond, qu’on avançait pas, qu’il n’y avait pas assez d’action, ou pas assez de tension. J’ai aimé l’histoire, j’ai aimé le style de l’auteur, mais par moment, je me suis un peu ennuyée dans ma lecture, sans doute parce qu’il y avait trop de descriptions, ou peut-être pas assez de peur dans le récit, pas assez de mouvement. C’est compliqué à expliquer, mais j’avais le sentiment que l’histoire ne progressait pas, qu’on ne parvenait pas à voir où voulait en arriver l’auteur. Par moment, j’ai donc posé le roman, et j’ai attendu d’autres lectures pour le reprendre. Je n’étais pas plus emballée que cela par le fait de retourner au manoir, alors que l’idée proposée est tout de même super. Ce n’était peut être pas le bon moment pour moi pour vraiment apprécier le style de l’auteur, pour apprécier l’historie dans sa globalité. Toutefois, je ne nierais pas que l’on prend du plaisir à lire ce récit, et que tout cela va mieux lorsqu‘on sait la vérité, lorsqu’on apprend enfin ce qui se cache derrière la fameuse seizième porte. L’intérêt m’est revenu à ce moment-là. Mais encore une fois, l’histoire tient la route, les personnages finissent par être attachants, on passe un bon moment dans l’ensemble. J’aurais juste préféré plus de rythme, je pense. Par contre, la fin est juste géniale.

Dans l’ensemble, c’est donc un récit à lire. J’ai vraiment aimé l’originalité de ce dernier, la rencontre entre le fantastique et la science-fiction, entre la science et les dons proposés par nos héros. On finit par s’attacher à Oswald et à Zelah, qui ne sont pas aussi prétentieux qu’on veut bien le croire au début. Ils finissent par être agréables et on a donc peur pour eux, peur de ce sur quoi ils peuvent tomber. J’ai toutefois préféré le personnage de Gabriella, plus pur, plus innocent. On s’amuse à se perdre dans ce manoir, à tenter de comprendre ce qu’il cache, et l’on ne s’attend pas à la révélation finale. C’est un récit bien mené, intéressant, que je vous conseille donc, même si j’aurais aimé plus d’action, plus de tensions dans le récit.

Et vous ?

Que fait-il à un personnage pour que vous vous attachiez à lui ?

Qu’aimez-vous retrouver dans les romans fantastiques ?

Quels sont vos genres préférés en jeunesse ?

Bon dimanche à tous 😀

2 réflexions au sujet de « La seizième clé »

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