mes écrits

Sois gentille pour Noël, chapitre 7

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous êtes en forme pour affronter la fin de la semaine, et le début des vacances de Noël qui approchent. Ici, on sent justement que la fin de l’année arrive, car les élèves sont bien plus excités qu’en temps normal, et il est aussi plus compliqué à les mettre au travail. Je plains d’ailleurs mes collègues en collège, car au moins au lycée, on peut tenir nos élèves avec l’approche du bac, qui doit se faire dès mars pour les enseignements de spécialités. Mais les collégiens eux sont tous fous, comme s’il neigeait, alors que j’ignore la dernière fois qu’on a vu des flocons tomber sur Nantes.

En parlant de neige et de Noël, je vous retrouve justement sur le blog afin de vous livrer le 7e chapitre de ma romance de Noël Sois gentille pour Noël. Déjà sept semaines, chiffre porte-bonheur, que vous suivez les péripéties qui accompagnent les fêtes de fin d’année d’Isabelle, mon héroïne. Merci à tous ceux qui lisent cette histoire, qui devrait prendre fin d’ici quelques chapitres, que je posterai certainement au cours du weekend, ou la semaine prochaine, afin que l’on rattrape Noël et qu’on soit dans les temps. En tout cas, je prends beaucoup de plaisir à écrire cette histoire, et cela fait du bien sans qu’il n’y ait à la fin un enjeu de publication autre que sur le blog, même si j’ignore encore ce que j’en ferais à la fin. Mais avant que l’on en soit là, autant d’abord continuer à avancer dans l’histoire et à découvrir plus en détail la famille de Jack.

Les chapitres précédents sont tous sur le blog, n’hésitez pas à les lire si vous êtes passés à côté, et à me dire ce que vous pensez de ce récit.

Chapitre 7

« Lorsque j’ouvris les yeux, le soleil entrait avec toute sa démesure dans la chambre. Il devait faire jour depuis un moment, mais je ne m’en étais pas rendue compte. Doucement, en espérant ne pas réveiller mon comparse, je me sortis du lit et attrapa immédiatement mes affaires pour me couvrir. Même si j’avais passé outre la promiscuité du couchage, je ne tenais pas à ce que Jack me voit sans un pull et un pantalon conçu pour cacher mes jambes, partie de mon corps que je détestais. Heureusement, il dormait encore profondément, la tête tournée vers le mur, la couette ne recouvrant plus son torse, dévoilant le tee-shirt de superhéros qu’il avait enfilé pour se coucher. Je souris à cette vision. Ses cheveux étaient en bataille, et il paraissait avoir rajeuni. Il semblait bien plus détendu que la veille au soir, et je ne pouvais pas lui en vouloir bien longtemps du traquenard dans lequel il m’avait envoyé.

Je passai ensuite par un rapide coup d’œil à la salle de bain. J’avais besoin de me remettre les idées en place en me jetant de l’eau froide sur le visage. J’avais bu pendant la soirée, à la fois pour me détendre et parce que je me voyais mal refuser les verres d’alcool que n’arrêtait pas de me servir Martin, le père de Jack. La famille de ce dernier avait une bonne descente, et seuls les enfants ne buvaient pas, sauf le mousseux à la fin du repas pour accompagner le dessert. Je m’étais donc lâchement laissée faire, et j’en payais maintenant le prix. Non seulement j’avais mal à la tête, mais mes cheveux ne ressemblaient plus à rien, j’avais un teint cireux, et mon haleine empestait. Et pour ne rien arranger, je ne me souvenais que vaguement de la conversation de la soirée. Je savais qu’elle avait tournée autour de moi, que les parents de mon ami avaient accueilli froidement l’idée que j’étais une simple doctorante en philosophie — science humaine qui avait une mauvaise réputation, de toute évidence, dans leur famille, qui n’avait pas le prestige de la médecine ou du droit — et qu’ils regrettaient que je ne puisse pas assumer financièrement mon indépendance, du moins celle qu’ils concevaient pour une jeune femme de vingt-cinq ans. Le fait que je n’ai qu’un studio accentuait leur mépris. J’avais bien senti qu’ils jugeaient que je n’étais pas assez bien pour leur fils.

Je me glissai sous la douche. Tant pis si l’heure du petit-déjeuner était passée, qu’il était tard, mais j’avais besoin de me nettoyer, de faire disparaître de ma peau les traces d’alcool, mais aussi le mépris qui me collait encore à la chair. Je n’avais pas aimé leurs airs supérieurs. Je n’étais même pas leur bru, mais ils me voyaient déjà telle qu’elle, et il était évident que je ne leur plaisais pas. L’avantage, c’était que lorsque Jack leur présenterait vraiment la femme de sa vie, ils ne pourraient que l’accepter vu la déception qu’ils avaient eue avec moins. Toutefois, l’inconvénient de tout cela, c’était que mon image de moi-même avait volé en éclat.

Une fois propre et plus fraîche, ayant enfilé une robe en laine que j’avais eu l’intelligence de placer dans ma valise, et priant pour que les quelques jours qui restaient avant notre départ ne se transforment pas en pugilat, je me glissai sur la pointe des pieds dans le couloir. La moquette épaisse étouffait mes pas, mais je pouvais entendre tout ce qui se passait autour de moi, que ce soit à l’étage ou au rez-de-chaussée, et tout paraissait calme, mis à part des voix qui me parvenaient du salon. Celles-ci chuchotaient, mais je percevais les éclats de colère qui étaient étouffés. Doucement, je me glissai dans l’escalier, et sans le vouloir vraiment, j’entendis des bribes de conversations.

— Tu devrais tout de même leur dire la vérité. On ne ment pas à ses parents de cette manière.

— Tu étais d’accord avec moi, Emma, on ne leur dit rien pendant les vacances, ni même aux enfants.

— Ne te fait pas plus bête que tu ne l’es, Connor ! rétorqua son épouse, énervée. Les enfants ne sont pas dupes. Du moins, pas Ariane et Ulysse. Ils ont parfaitement deviné la situation.

— Cette année est déjà assez compliquée comme cela ! Entre ma mère qui s’est blessée, ma grand-mère qui est en train de mourir de son cancer, et mon frère qui nous ramène sa petite-amie sans même nous avertir, on ne doit pas en rajouter.

— Tu as tout simplement peur de leur jugement, et je trouve cela complètement pathétique. Tu es faible, Connor. Un lâche. Et après, tu t’étonnes encore que je veuille reprendre mon indépendance ? Tu me dégoutes.

Sur ces mots, j’entendis des pas claquer sur le carrelage du séjour, et je me glissai dans un recoin sombre de l’escalier. Je n’aurais pas dû assiter à cette conversation personnelle, et je me sentais mal d’avoir ainsi percé à jour les secrets de Connor et d’Emma. Je venais de pénétrer pleinement dans leur intimité, et j’étais comme salie, perturbée par ce que j’avais perçu. Ils voulaient que personne n’apprenne leur prochain divorce, et en les surprenant de cette manière, j’entrai dans la confidence. Mais je ne pouvais même pas en parler avec eux, ni avec Jack, puisque je n’étais pas censée être au courant, et lui non plus.

Emma me passa devant, mais heureusement pour moi, elle ne m’aperçut pas. Elle se dirigea d’un pas ferme vers la porte d’entrée, qu’elle ouvrit en grand, faisant pénétrer le froid hivernal dans le couloir, avant de sortir. Elle n’avait même pas enfilé de manteau. Je frissonnai pour elle, mais peut-être qu’elle avait besoin d’une marche revigorante pour se calmer, et ne pas montrer que la présence de son mari l’insupportait. Dans tous les cas, ce Noël ne promettait pas d’être des plus reposants.

Néanmoins, la chance m’abandonna lorsque ce fut au tour de Connor de sortir du salon. Il alla tout droit vers l’escalier, et se faisant, il ne put que m’apercevoir. Ses yeux verts s’ouvrirent en grand de stupeur, avant qu’un petit sourire timide n’ourle ses lèvres. D’une certaine façon, il semblait soulagé de me voir, et il avait certainement deviné que j’avais entendu une partie de sa discussion avec son épouse. Cela ne faisait pas seulement de moi une complice de son secret, mais aussi quelqu’un chez qui il allait pouvoir trouver une alliée, ou du moins une personne avec qui parler.

— Jack a dû nous présenter comme la famille parfaite, celle dans laquelle il ne parvenait pas à s’intégrer. La vérité, c’est que toute famille a ses parts d’ombres et de tromperies, me dit-il en guise de salutations.

Je hochai les épaules nonchalamment, même si je n’en menais pas large. J’aurais mille fois préféré être avec ma propre famille plutôt que coincée dans ce manoir au milieu de nulle part, mais je ne pouvais pas le lui avouer, tout comme je devais taire le fait que Jack jouait la comédie, et qu’on était loin d’être un couple. Certes, il aurait été aisé pour moi de dévoiler toute la supercherie et y mettre un terme, mais je ne voulais pas que Jack se retrouve dans l’embarras. C’était à lui de tout raconter, pas à moi.

— Je suis désolé de la manière dont ma famille t’a traitée hier, continua Connor en se dandinant d’un pied sur l’autre. On ne peut pas dire qu’on t’a accueillie à bras ouverts. Si cela peut te rassurer, Emma a subi le même interrogatoire lorsque je l’ai ramenée ici pour la première fois.

Il m’invita dans la cuisine, où je le suivis sans savoir quoi dire ni quoi faire. Je me sentais un peu démunie. J’avais envie de lui avouer qu’hier soir, j’aurais aimé pouvoir fuir en courant la situation, lui et tous ses proches, mais je tins ma langue. Connor, malgré ses muscles et sa carrure, paraissait soudain fragile. Il semblait souhaiter se confier. Et je ne voulais pas briser ce moment étrange que nous partagions en lui faisant remarquer qu’Emma avait certainement brillamment passé le test de ses parents, contrairement à moi.

— On s’est rencontré au lycée, Emma et moi. Un véritable coup de foudre, comme dans les contes de fées, me dit-il en me préparant un thé bien chaud. On avait seize ans, et l’on pensait s’aimer pour la vie. Elle était déjà brillante, à l’époque, et elle rêvait de conquérir le monde. Pour ma part, j’étais un vrai rebelle. Je ne sais pas ce qu’elle a pu me trouver, si ce n’est qu’elle espérait me sauver de la spirale dans laquelle je m’étais enfermée. À côté de ce que j’ai pu faire vivre à mes proches, Jack est un vrai enfant de chœur. J’ai bien failli être viré du lycée après avoir monté un plan pour le brûler, ou même pour pirater les notes de tout l’établissement. À chaque fois, Emma a joué le rôle de mon avocate. C’était une très bonne défenseuse des opprimés. Ce l’est toujours, d’ailleurs.

Il se perdit dans ses souvenirs, le temps de me passer le mug fumant auquel il venait de verser l’eau. Je m’en saisis et me regarda dans la boisson bouillante. Jack m’avait raconté que son frère réussissait tout, qu’il avait tout ce qu’il voulait, qu’il était un véritable modèle pour les autres. Il m’en avait dressé un portrait parfait, mais l’homme que j’avais devant moi n’était pas idéal. Il était comme tous les hommes, avec ses défauts, ses doutes et ses peurs. Jack l’avait tellement mis sur un piédestal, il avait tellement craint l’image qu’il avait de lui, qu’il était passé à côté de son frère. Depuis combien de temps cela durait-il ?

— On s’est mariés jeunes, dès qu’on a pu, et qu’il a été socialement acceptable que je lui glisse la bague au doigt. Mes parents ont essayé de nous en dissuader, ils pensaient qu’elle n’était pas assez bien pour moi, ne venait pas d’une famille assez aisée, etc. Mais ils ont fini par se ranger de mon côté. On a ouvert notre propre cabinet d’avocat ensemble, notre entreprise, comme l’appelle Jack. Puis Ulysse est né, et Emma a arrêté de travailler. Ariane a suivi, puis Priam. Depuis, elle est femme au foyer, et je pensais que ça lui convenait, mais ce n’est pas du tout le cas. Le tribunal, le barreau lui manque, alors que je donnerais tout pour lui céder ma place. Néanmoins, on ne revient pas aussi facilement dans le domaine du droit, pas après seize ans d’absence. Je sais qu’elle travaille dur pour se remettre à niveau, pour refaire son réseau, mais cela prend du temps, et Priam ne lui en laisse pas toujours.

Il détourna le regard et je compris instinctivement qu’un nouveau secret se cachait là, quelque chose de tabou qu’il ne fallait surtout pas ouvrir, pas dire, comme si cela risquait de déclencher une catastrophe. Je me demandais bien de quoi il s’agissait. Les trois adolescents n’avaient pas été beaucoup avec nous, préférant manger et jouer à leurs jeux vidéos dans leur coin, je ne les avais donc que peu fréquentés. Mais j’avais eu le sentiment qu’ils étaient parfaitement normaux, sans aucun problème que ceux que peuvent avoir tous les enfants à cet âge.

— Si je peux te donner un conseil, continua Connor en s’approchant de moi, si près que je pus sentir son eau de Cologne et s’emballer mon cœur, ne te maris jamais et n’abandonne surtout pas tes rêves et ton travail pour un homme. C’est un vrai piège duquel tu ne peux pas t’échapper. Les filles sont élevées à coup de contes de fées, où les hommes sont des princes qui viennent les sauver et qui finissent par les entretenir, mais ce n’est pas la vraie vie. Une femme doit rester libre et faire ce qu’elle veut. Si tu épouses Jack un jour, n’écoute donc pas ma mère lorsqu’elle te dira que la seule place d’une femme, c’est dans sa cuisine, avec ses enfants. Surtout, n’abandonne jamais tes rêves ni tes ambitions, sous peine de devenir aigrie. Cela t’empêchera peut-être d’échapper à la malédiction qui pèse sur cette famille.

Il s’était fait un café, et il le but d’un trait. J’étais pendue à ses lèvres. Je n’avais jamais sérieusement pensé au mariage. Certes, comme beaucoup de femmes, lorsque j’étais enfant, puis adolescente, j’avais imaginé ma robe de mariée, et le beau prince charmant qui m’attendrait au pied de l’autel. Je m’étais dit que je le rencontrerais et que ce serait une évidence dès le début, qu’on se complèterait parfaitement et que je ne pourrais pas vivre sans lui. Et puis, j’avais grandi, et j’avais vu les aspects dangereux du mariage, avec la menace du divorce, d’une relation exclusive, de l’argent, et tous ces tracas qui se mettent à exister dès lors qu’on ne peut plus compter que sur soi. Le mariage ne me semblait donc qu’une possibilité parmi d’autres, et je n’étais plus aussi pressée qu’autrefois de tomber dans une telle situation. Et Connor avait raison, je ne voulais pas perdre ma liberté.

Il s’apprêta à me dire quelque chose, une fois qu’il eut reposé sa tasse de café, mais il fut coupé dans son élan par des bruits de pas à la porte. Brusquement, cette dernière s’ouvrit, et une tornade blond platine débarqua dans la cuisine.

— Connor ! s ’exclama la nouvelle venue d’une voix enthousiaste, qui montait dans de désagréables aigus. Comme je suis contente de te voir !

Elle se jeta ensuite dans ses bras, l’étouffant presque. Dans le chambranle de la porte se dessinaient à présent Martin, qui entra dans la cuisine se servir un verre de vin, et Emma, la femme de Connor, qui n’osait pas mettre un terme à ses retrouvailles pleines d’effusion.

Enfin, Connor put respirer, et il repoussa la nouvelle venue.

— Charlotte, je suis moi aussi contente de te voir.

Je notai immédiatement l’œil scrutateur de Connor sur sa sœur. Quelque chose m’échappait encore, mais j’avais le sentiment que ce n’était pas ainsi que Connor aurait dû regarder sa sœur, pas comme une créature fragile, sur le point de se briser en mille morceaux. Et pourtant, c’était bien le cas, comme si Charlotte menaçait de se casser en deux.

La nouvelle venue se tourna rapidement vers moi, et me détailla de la tête aux pieds, comme l’avaient fait la veille tous les membres de sa famille.

— Vous devez être la pièce rapportée, la fameuse Isabelle. J’ai pas mal entendu parler de vous.

Elle jeta un regard vers Connor, qui rougit brutalement. Ainsi, le frère aîné avait tout confié à sa petite sœur. Je me mordis les joues, me demandant ce que j’avais bien pu raconter encore qui me valait les foudres de la sœur de Jack. En tout cas, le terme de pièce rapportée ne me convenait vraiment pas, et j’allais le dire, lorsque Charlotte me coupa la priorité.

— Bienvenue dans la famille. Vous allez voir, vous allez passer un Noël dont vous allez vous en souvenir.

Cela ne présageait rien de bon, et mon cœur se cogner à battre plus vite. Les yeux un peu fous, je compris que la sœur de Jack et de Connor espérait mettre un grand coup de pied dans la fourmilière familiale, et que tout le monde risquait de perdre des plumes dans cette histoire. Et sur cette prise de conscience, les derniers membres de cette aventure firent leur entrée, encadrant une vieille dame qui s’appuyait sur une canne, mais qui conservait encore un œil alerte. La grand-mère de Jack, celle autour de qui cette famille avait décidé de se réunir, venait de faire son apparition. »

Et vous ?

Avez-vous hâte d’être à Noël ?

Craignez-vous de ne pas parvenir à vous mettre dans l’ambiance à cause du virus ?

A quoi ressemble votre Noël idéal ?

Bon jeudi, et prenez soin de vous ❤

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