mes écrits

Sois gentille pour Noël, chapitre 6

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez une agréable semaine. Ici, je dois dire que je commence à avoir hâte que les vacances commencent. Mes élèves ont la tête ailleurs, et cela commence à être difficile pour eux de se concentrer sur une longue durée. En même temps, avec tout ce que nous vivons, plus le stress de leur avenir, des examens, etc, ce n’est pas simple pour eux. Toutefois, je n’avance pas comme je veux, et j’ai hâte de pouvoir reprendre les cours normalement, avec des élèves plus attentifs et sérieux. Mais tout n’est pas noir, et certains sujets les passionnent plus que d’autres. Et nous serons prêts pour le bac en juin.

Mais aujourd’hui, je vous retrouve sur le blog non pas pour vous parler des examens de fin d’années scolaire, mais bine de Noël. C’est en effet le moment de retrouver mon héroïne Isabelle, et de voir comment elle va s’en sortir face au plan machiavélique que lui a préparé son meilleur ami Jack et sa propre sœur, Clémentine. C’est en effet le moment de retrouver Isabelle face aux parents de Jack, et d’imaginer la suite de ce récit.

Les chapitres précédents sont tous sur le blog, n’hésitez pas à les lire si vous êtes passés à côté, et à me dire ce que vous pensez de ce récit.

Chapitre 6

« L’intérieur de la demeure était aussi somptueux que l’extérieur. Je n’en croyais pas mes yeux, alors que je ne faisais que m’avancer dans ce qui était un simple couloir. Seulement, ce couloir était presque plus grand que mon studio, et surtout, il comportait un escalier en marbre, tels ceux que l’on voyait dans les films. Pour un peu, j’aurais pu me croire téléporter dans la célèbre série Netflix qui racontait les déboires d’une famille noble. Mais en entrant dans le manoir, j’aurais pu m’y attendre, à un tel luxe.

La mère de Jack avait disparu dans une pièce sur la droite, certainement un salon. De là où je me trouvais, je pouvais entendre de la musique, sans doute celle d’un ordinateur ou d’une chaîne hifi, et quelques bribes de conversations. La mère de Jack ne devait pas être seule dans la pièce. Je craignais alors de voir apparaître d’autres membres de la famille, heureux d’apercevoir enfin Jack, mais à ma grande surprise, les voix continuèrent leurs échanges comme si de rien n’était. À mes côtés, mon meilleur ami ne s’en formalisa pas, et il me désigna l’escalier d’un signe de tête.

— Je suppose que notre chambre est prête. On ferait bien de monter se rafraîchir un peu.

Je tiquai sur l’emploi du mot « notre » chambre. J’avais été claire avant le départ, il était hors de question que je passe pour sa petite-amie, et que nous partagions le même lit. Je n’étais que sa meilleure amie, pas celle avec qui il allait se marier ou fonder une famille. Toutefois, comme il m’avait présentée comme étant sa compagne, cela paraissait logique qu’une unique chambre ait été prévue pour nous. Et comprendre cela raviva ma colère.

— Il faut qu’on parle, sifflai-je entre mes dents, refusant de faire une scène en plein milieu du couloir, là où tout le monde pourrait nous entendre.

Jack devait s’attendre à ma déception, car il se contenta de secouer la tête et de m’entraîner à sa suite dans le magnifique escalier blanc. Sur le coup, je regrettai tout de même de ne pas porter qu’un simple jean et un pull banal. Cette montée aurait été plus majestueuse si j’avais eu sous la main une robe d’époque. J’avais réellement l’impression d’être transportée dans un autre siècle, et je me promis de faire une photo avec mon téléphone de cet ouvrage fin, car personne ne croirait, sans une preuve, que j’avais pu évoluer dans un tel décor.

Le palier sur lequel nous atterrîmes était sombre. On n’y voyait pas grand-chose, et je dus plisser les yeux pour espérer compter le nombre de portes que comportait ce premier étage. L’escalier continuait en effet de monter vers les hauteurs de la demeure, me laissant imaginer ce que l’on pouvait bien trouver encore dans une maison pareille. Sans se presser, comme s’il redoutait ce qui allait suivre, Jack m’entraîna vers l’une des portes en bois, celle qui devait donc mener à notre chambre. Il fit basculer la poignée ronde, et mon cœur s’emballa. Qu’allais-je trouver derrière le battant ? Je l’ignorai, mais mon imagination galopait.

L’ouverture se fit dans un léger grincement que mon subconscient nota. Si jamais je voulais m’enfuir de la demeure, je serais obligée de signaler ma fuite à tout le monde. La maison était certes superbe, mais elle aurait été tout aussi parfaite pour représenter un décor de film d’horreur. Malgré sa beauté, il y avait dans son ambiance quelque chose de lourd, de poussiéreux, et surtout de glauque. Elle m’effrayait, tout autant que les habitants qui évoluaient entre ses murs. Comment Jack avait-il pu grandir dans une telle bâtisse ?

— Voici ma chambre, me confia Jack en me regardant avec intensité, tout en faisant grincer la porte.

Je fermai les yeux un court instant, émue de pénétrer dans son repaire d’enfances, et en même temps légèrement effrayée par ce que j’y allais trouver. Toutefois, dès que j’ouvris mes paupières, je pus me rendre compte que la simplicité régnait dans la pièce, et qu’elle était agencée avec un minimum de goûts. Il y avait un grand lit contre le mur, sur notre droite. En face de nous se dessinait une imposante fenêtre, qui permettait de voir la campagne s’étaler devant nous. Et des posters de groupe de musique vieux d’une dizaine d’années décoraient encore les murs. La pièce était spacieuse, on ne risquait pas de se marcher dessus. Cependant, mon regard revint sur la gauche, et je frissonnai en comprenant ce que signifiait le fait qu’il n’y ait qu’un seul couchage dans la chambre. De toute évidence, j’allais devoir partager ce dernier avec mon meilleur ami. Nous avions certes déjà dormi ensemble, mais jamais dans ces conditions. Jamais après qu’il m’ait présentée comme étant la femme de sa vie.

Ma colère refit surface et je toisai Jack.

— Tu me dois une explication ! sifflai-je entre mes dents. Je ne suis pas ta copine !

Ma voix montait légèrement dans les aigus, mais j’essayai de toutes mes forces de me maîtriser afin de ne pas me faire entendre du rez-de-chaussée.

— C’est rien, soupira Jack en se laissant tomber sur le lit double, qui devait être bien plus grand que tous ceux que j’avais pu voir jusqu’ici. J’ai fait ça parce que cela me semblait naturel. Ma mère n’aurait jamais accepté une inconnue à sa table, le fait de te présenter ainsi permettait qu’elle me laisse tranquille et qu’elle ne me fasse pas subir un interrogatoire.

Je serrai les poings à m’en faire mal. On avait pourtant été clairs tous les deux sur ce point avant le départ. Je n’étais que sa meilleure amie, pas ma femme avec qui il allait se marier. Il était en train de se moquer de moi, mais aussi de sa famille, et cela, je ne le supportais pas.

— Tu m’avais juré de ne pas faire ça ! me retins-je de hurler. Et qu’on ne devait pas attirer l’attention de ta sœur pour pas qu’elle se projette dans un mariage illusoire. Tu as fait tout l’inverse de ce qu’on avait prévu ! Tu imagines ma situation ? Tes parents vont me cuisiner, persuadés qu’on est ensemble ! Et ta sœur ne va pas me lâcher.

Jack soupira, brutalement fatigué. Il se passa une main sur le visage, et j’eus subitement l’impression qu’il venait de prendre dix ans dans la figure.

— Tu ne comprends pas, Isabelle. C’est ce que tout le monde attend de moi, que je me range enfin. C’est ce que veut ma grand-mère, par exemple. Elle souhaite que je me trouve une fille bien, que je l’épouse, et que je fonde ma famille. Mais comment lui dire que toutes les femmes avec qui je sors ne sont que des passe-temps, et que je ne me vois pas en épouser aucune ? Elle se meurt, Isabelle. C’est certainement son dernier Noël, et je voulais pour une fois être à la hauteur.

Mon cœur se serra. Je savais, évidemment, que Jack ne traversait pas une période facile. C’était justement pour cela que j’étais là, afin de l’aider dans cette épreuve. Pourtant, bien que je comprenne les raisons qui l’avaient poussé à un tel choix, je ne pouvais pas lui pardonner. Pas encore. Je maudis intérieurement Clémentine qui s’était montré la complice de ce plan foireux. Si elle n’était pas intervenue, je ne me serais jamais retrouvée prise au piège de cette manière. Ma sœur allait me payer, même si elle ne se doutait pas que son idée brillante allait se transformer en un tel traquenard.

Soudain, la porte s’ouvrit sur Connor, le frère de Jack, qui portait nos valises. Jack bondit alors sur ses pieds et jeta un regard noir au nouveau venu, comme s’il était le diable en personne. Connor se contenta d’un coup d’œil interrogatif, avant de me dévisager.

— Les parents vous attendent en bas, les informa Connor. Ils sont impatients de faire plus ample connaissance avec le nouveau membre de notre famille.

En disant cela, il me porta un regard appuyé, un regard qui se voulait compatissant. Je déglutis avec difficulté. Il semblait sincèrement peiné pour moi, et je compris que les épreuves allaient me tomber dessus. Mais dans quoi m’étais-je lancée ?

— On arrive, répondit sèchement Jack en poussant son frère en dehors de sa chambre, avant de lui claquer la porte au nez.

Ce fut à mon tour de soupirer.

— Tu pourrais être plus agréable avec lui, dis-je, tout en étant certaine que cela n’était pas mes affaires et mon ami risquait de se sentir vexé. Il s’est montré serviable et sympa avec nous depuis que nous sommes là. Je sais que tu as plusieurs rivalités avec lui, mais c’est Noël.

— Tu ne comprends rien, me dit-il en attrapant son sac. Tu n’es pas la dernière de ta fratrie, tu n’es pas obligée de vivre dans l’ombre de ton aîné, et d’être en permanence comparé à lui. Connor est génial, selon mes parents. Mais la vérité, c’est qu’il est aussi stupide qu’un chameau, et aussi méchant qu’un crocodile.

Je souris face à ces figures de styles de mauvais goût. Jack manquait de répartie, et d’objectivité. Il semblait toujours reprocher à son frère quelque chose qui se serait déroulé dans leur enfance ou leur adolescence. Mais il était peut-être temps de fermer la page, de passer à autre chose, non ? En tout cas, je me promis de ne pas laisser les rancunes de Jack gâcher son Noël ni celui de ses proches.

Après m’être refaite une contenance dans la salle de bain attenante à la chambre, que nous allions aussi devoir partager, nous descendîmes au rez-de-chaussée retrouver la famille de Jack. Une délicieuse odeur de repas flottait dans l’air, et je pris conscience que nous approchions de l’heure de manger. Dehors, il faisait nuit noire, et j’étais bien heureuse que nous soyons arrivés à la demeure avant le coucher du soleil, afin de voir tout de suite dans quel environnement stupéfiant j’allais évoluer dans les prochains jours.

Jack me fit pénétrer dans ce qui ressemblait à un salon. Ici, toutes les pièces étaient évidemment démesurées par rapport à ce que je connaissais, que ce soit chez moi, chez mes parents, ou à l’université. L’endroit était chauffé par une gigantesque cheminée. J’avais réellement le sentiment d’avoir remonté le temps, je ne pensais sérieusement pas qu’il existait encore de telles demeures dans mon pays.

La pièce était décorée avec goût malgré sa démesure. Plusieurs canapés beiges — j’en comptais trois — étaient disposés autour de la cheminée, et d’autres, dans le coin gauche du salon, encadraient une télévision. Un sapin se trouvait sur la droite, et c’était là encore un arbre bien plus grand que tous ceux que j’avais pu voir être placés en intérieur. Il devait faire presque deux mètres, et ceci permettait de souligner la hauteur sous plafond impressionnante, car sa cime ne touchait rien. Des guirlandes rouges et or lui donnaient vie, tandis que son étoile scintillait de mille feux.

La pièce s’étirait ensuite sur la droite, derrière la cheminée. La cuisine se trouvait dans le prolongement mère de Jack en émergea d’ailleurs, les bras chargés de toasts.

— Vous voilà enfin, dit-elle d’un ton sec. On n’attendait plus que vous pour commencer la soirée.

Je vis du coin de l’œil Jack faire une grimace, mais je supposai que c’était parce que sa mère n’était pas confortablement assise dans l’un des canapés. Il aurait en effet été préférable qu’elle se repose au lieu de s’activer comme elle le faisait.

Je m’aperçus alors que nous n’étions pas seuls dans la pièce, comme je le pensais jusque-là. En effet, trois enfants, ou plutôt adolescents, se trouvaient enfoncés dans les sièges installés devant l’écran de télévision qui faisait, au bas mot, plus de quatre fois le mien. Ils étaient tous sur leurs téléphones ou consoles portables, si bien qu’ils ne disaient pas un mot. Ce ne fut que lorsque la mère de Jack les appela que je compris qu’ils étaient les neveux et nièces de Jack, et que ce dernier ne m’avait pas averti de leur âge. Les cadeaux que j’avais achetés étaient pour des enfants de dix ans environ. C’étaient des jeux de constructions en bois, des poupées. Je n’avais pas été informée que tout ce que j’avais pris était dépassé depuis longtemps.

Les trois adolescents maugréèrent, râlèrent d’être ainsi rappeler à l’ordre pour embrasser leur oncle et la nouvelle amie de celui-ci. Ils nous firent bien comprendre à quel point on les dérangeait. Et Jack se composa un sourire factice, que j’imitai rapidement.

— Ulysse, Ariane, Priam, quel plaisir de vous voir, mentit-il avec une fausse joie. Vous avez encore bien poussé depuis l’année dernière.

Ulysse, l’aîné, haussa les épaules avant de me regarder avec curiosité. Âgé d’environ seize, dix-sept ans, il ressemblait beaucoup à Jack et à Connor, avec le même menton fier, le haut du corps carré, les yeux hypnotiseurs. Il était aussi grand que Jack, et il allait certainement prendre quelques centimètres dans le futur. Je me sentais petite par rapport à lui. Ariane avait tout, quant à elle, d’une danseuse étoile. Le port de tête gracier, fine comme une brindille, elle occupait toutefois l’espace comme le faisait sa grand-mère, avec une arrogance qui clamait que, contrairement à moi, elle était ici chez elle. Je n’étais qu’une étrangère, et elle me toisa avec défiance, se moquant même presque de moi. Elle représentait totalement une classe aisée, avec laquelle je ne me sentais pas à mon aise. Enfin, le dernier enfant, Priam, ne devait n’avoir que onze ou douze ans. Il avait encore les joues rebondies, et ce fut le seul qui me fit un timide sourire. Avec ses cheveux blonds qui lui tombaient devant les yeux, il détonnait dans cette famille de bruns. Frêle lui aussi, il ne demandait pourtant qu’à être protégé, au contraire des deux plus vieux.

Mes propres joues se teintèrent de rouge en songeant aux cadeaux conservés pour le moment dans la voiture. De toute évidence, si je ne voulais pas me couvrir de honte, ils allaient devoir rester où ils étaient, enfermés à double tour.

— Laissez, Marie, je vais m’occuper de tout cela, dit alors une femme et me sortit de mes pensées.

Élancée, avec une taille de mannequin malgré trois grossesses, l’épouse de Connor se matérialisa devant moi et attrapa d’une main habile le plateau que tenait toujours la mère de Jack. Ce qui me fit immédiatement dire que c’était la mère des enfants fut d’abord le regard noir qu’elle leur lança, qui laissait sous-entendre qu’ils auraient pu aider la vieille femme, et l’air de ressemblance criant qu’elle avait en commun avec Priam et Ariane. Blonde elle aussi comme les blés, ses longs cheveux brillants tombaient en cascade sur sa robe de soie noire qui lui moulait son corps idyllique. Je jetais un coup d’œil à la tenue de la mère de Jack. Elle s’était changée et avait enfilé une tenue en cachemire, qui semblait parfaite pour se rendre dans une soirée mondaine. Encore une fois, j’étais à côté de la plaque avec mon jean et mon pull, que je n’avais pas retiré malgré notre long voyage en voiture.

Le dernier personnage de cette soirée vint alors nous rejoindre. Il s’agissait du père de Jack. Heureusement, celui-ci m’inspira confiance. Comme Jack, il paraissait bien plus simple que le reste de la famille. Non rasé de près, il arborait une barbe de quelques jours, à peine blanche. Il avait le sourire aux lèvres, et le petit ventre qui se devinait sous son pull de Noël montrait qu’il aimait manger et se faire plaisir. Il m’accueillit à bras ouverts, et je pus enfin me dire que ce séjour allait être moins catastrophique que j’en avais eu le sentiment quelques minutes auparavant. Mais j’étais loin d’être sorti d’affaire, lorsqu’une fois installés devant la cheminée allumée, Marie me lança, en se saisissant délicatement d’un petit-four.

— Alors, dites-nous qui vous êtes, ma chère, en plantant ses yeux de rapace dans les miens, et en me faisant bien comprendre que je ne pourrais rien lui cacher. « 

A la semaine prochaine pour la suite des aventures de Jack et d’Isabelle, en espérant que les nouvelles données ce soir nous permettront tout de même de profiter des fêtes de fin d’année..

Et vous ?

Avez-vous hâte d’être à Noël ?

Craignez-vous de ne pas parvenir à vous mettre dans l’ambiance à cause du virus ?

A quoi ressemble votre Noël idéal ?

Bon jeudi, et prenez soin de vous ❤

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s