chroniques littéraires

La Déclaration, tome 3 : La Révélation

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un bon weekend. Ici, il est consacré au repos, et surtout à la lecture. En effet, c’est le weekend à 1 000 en ce moment, et vous pouvez d’ailleurs retrouver ma pile-à-lire pour cet événement sur le blog. Cela me fait du bien de voir que des événements comme cela fonctionnent toujours, on se croirait dans une période normale, alors que rien n’est normal. On porte des masques en permanence, et les élèves de ma classe tombent comme des mouches, avec des suspicions de virus. C’est assez déprimant, alors la lecture permet au moins de s’évader un temps.

En parlant de virus, je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du dernier tome de la trilogie la Déclaration. En effet, j’ai lu ce tome 3 pendant les vacances et il me tardait de trouver enfin le temps de vous en parler. Souvenez-vous, cette trilogie nous propulse dans une futur presque apocalyptique, où les humains vivent éternellement grâce à une pilule qu’ils prennent tous les jours, la Longévité. Nous sommes dans un univers de Science-Fiction dystopique pour adolescents. Cette trilogie est écrite par Gemma Malley et est sortie en France aux éditions Naïve en 2011, et devrait bientôt être republiée aux éditions Hélium. Ce dernier tome s’intitule Révélation, et croyez-moi, il est bien choisi. Voici son résumé :

Royaume-Uni 2142.

Peter et Anna coulent des jours tranquilles en Ecosse avec leur fille Molly, vivant à une adresse secrète pour leur protection. Pendant ce temps à Londres, un événement affole la puissante société Pincent Pharma qui commercialise les pilules de Longévité: une étrange épidémie provoque la mort subite de centaines, puis de milliers de gens semant consternation et affolement dans cette société qui avait occulté toute idée de mort…

Dans ce dernier tome, nous retrouvons nos deux personnages principaux, Peter et Anna, qui vivent désormais en pleine campagne, seule, parce qu’ils ont eu un bébé et qu’ils se savent traqués par le grand-père de Peter, le dangereux Richard Pincent. Pendant qu’ils vivent leur vie au rythme des saisons et des pleurs de leur fille, la situation se dégrade à Londres. En effet, une mystérieuse maladie a fait son apparition, elle tue en quelques heures, avec de la fièvre et une déshydratation totale du corps. Richard Pincent voit les corps s’accumuler et cherche désespérément à éviter tout scandale, quitte à mentir à la population. La Longévité, son médicament pour vivre éternellement, est censée supprimer la maladie. Et si quelque chose s’était mal passée dans le passé, expliquant ces morts aujourd’hui ? Jude, le frère de Peter, compte bien empêcher Vincent Pincent de faire porter le chapeau aux Rebelles, quitte à se mettre en danger.

Dans ce nouveau tome, comme dans le tome précédent, on retrouve Peter et Anna qui cherchent à vivre une vie normale, sans vraiment prendre part au combat. Ce qui s’est passé dans le tome 2 a marqué Anna, elle s’est faite manipulée, elle espère donc se tenir loin des Rebelles et du Réseau, et de tout faire pour protéger sa famille. Elle se moque un peu désormais de ce qu’il peut se passer à l’extérieur, seuls sa fille, son frère et Peter comptent à ses yeux. Mais Peter n’est pas de cet avis, et l’on retrouve donc la même dynamique que dans le tome 2, où Peter veut reprendre le combat contre l’avis d’Anna. En vérité, Peter s’ennuie dans cette existence qu’il juge morne, sans lien avec le terrain, avec ce qu’il a fait pendant toute sa vie. Il rêve d’action, et il veut aussi se venger de son grand-père, qui lui a menti. De ce fait, le jeune homme ne tient pas en place, et finit par commettre les mêmes erreurs que dans le tome 2. J’avoue que j’ai trouvé cela un peu redondant avec ce qu’il se passait dans le tome 2, surtout que je n’avais pas spécialement apprécié cette manière de faire de la part de Peter, qui s’en va sans même écouter Anna. Ici, on retrouve donc la même idée, mais aussi les mêmes faits de Peter, c’est-à-dire qu’on s’attend à ce qu’il agisse ainsi puisqu’il a déjà agi ainsi. De ce fait, il n’y a pas vraiment de surprise, et son personnage perd de son intérêt. Il se laisse autant manipuler dans le tome 2 que dans le tome 3 et c’est assez dommage. Il n’a pas appris de ses erreurs. Quand à Anna, j’avoue que j’aurais aimé voir davantage la fille généreuse qu’elle montrait être dans les tomes précédents. Ici, elle est complètement effacée, et son rôle se borne juste à être la parfaite mère de famille que l’on attend d’elle. Vue tout ce qu’elle a vécue, on peut s’attendre à ce que s’elle refuse le combat, mais j’aurais aimé qu’elle soit plus active, car même si elle a sa famille à protéger, elle est tout de même une figure de la Rébellion. J’ai donc été un peu déçue par l’évolution de nos deux héros dans ce tome.

– Nous sommes toujours sur le qui-vive, rétorqua Anna. Nous ne sortons que deux heures par jour, nous ne laissons jamais de traces derrière nous et…

– Et tout ira bien, fit Peter en se levant. Ce n’était pas un avertissement. Juste un simple rappel de sa part.

– Un rappel, fit Anna en se mordant la lèvre. Tu es sûr ? »

Peter l’attira contre lui. « Tu sais que nous sommes à l’abri, ici. Personne ne pourra jamais nous retrouver. Et même si cela devait se produire, je vous protégerai tous les trois.

– Promis ?

– Promis », répondit le jeune homme en déposant un baiser sur ses cheveux. Il avait déjà redirigé son regard vers l’écran. « Même si j’aimerais comprendre ce qui se passe. J’en ai assez d’être traité comme un enfant convalescent, coincé au milieu de nulle part. »

En l’entendant prononcer ces mots, Anna sentit son estomac se serrer. A plusieurs reprises, ces derniers temps, elle l’avait surpris en train de faire les cent pas, une lueur particulière dans les yeux. Cette lueur, elle ne la connaissait que trop bien – et elle ne l’aimait pas. C’tait une étincelle fébrile, attentive, planificatrice.

« Moi, ça m’est égale de ne pas savoir, s’empressa-t-elle de commenter. Ce n’est qu’un faible prix à payer », ajouta-t-elle en lançant un regard appuyé en direction des enfants.

Peter comprit le message et acquiesça aussitôt.

« Tu as raison, dit-il. Mille fois raison ».

Cependant, si j’ai été déçue par nos deux héros principaux, c’est surtout parce qu’ils sont relégués à d’autres choses, par d’autres personnages. En effet, Jude, que l’on avait découvert dans le tome 2, prend ici plus de place, et l’on comprend rapidement qu’il devient le nouveau visage de la Résistance, du Réseau. Il prend la place de chef qui, en fait, était prévue pour lui. J’ai beaucoup aimé cet aspect-là, cette évolution qui est beaucoup plus claire que dans le tome 2. Jude, était un personnage solitaire, qui ne quittait que rarement sa maison, qui n’avait goût que pour l’informatique, qui lui servait à dicter ses conditions à des grands groupes ou des personnes influentes, qui lui servait de monnaie d’échange. Mais ici, Jude se découvre. Il veut avantage aider les autres, et pas seulement via son ordinateur. Il prend des risques, il va sur le terrain, et il se bat. C’est un personnage que j’ai beaucoup aimé suivre et voir évoluer. Il se pose aussi beaucoup de questions, et il essaye de rassembler toutes les pièces du puzzle. Il se met à donner des ordres, des conseils et prend peu à peu la place de Paul, le chef historique du Réseau. En parlant de Paul, personnage présent dans les autres tomes, mais qu’on voyait finalement si peu, j’ai pris plaisir aussi à en apprendre plus sur lui aussi, à découvrir qui il était vraiment. Je ne m’attendais pas tout à fait à la révélation qui est faite sur lui, même si tous les indices sont présents dans le roman. C’est bien fait, c’est bien joué, et j’ai aimé la place qu’il fait prendre à chacun de ses protégés jusqu’à la grande révélation. Paul est celui qui tire finalement toutes les ficelles du début à la fin, sans que personne ne puisse l’arrêter. Le fait que tout cela soit lié au passé, long, du personnage, est assez intéressant et démontre aussi toute la théorie qu’il aborde dans le roman sur le cercle de la vie.

« On ne peut rien contre les Rabatteurs », objecta Sam.

Jude se dirigea vers le téléphone et lut la retranscription de la conversation avec la Vigile du Nord : l’arrivée des Rabatteurs, les Surplus rassemblés dehors dans la nuit glaciale, puis poussés brutalement dans les fourgonnettes. Il frissonna. « OK, dit-il. Voici le plan. Tu vas dormir et je vais réfléchir.

– Non, répondit Sam. Paul n’est plus là. Les Surplus ont disparu. Plus personne n’est de notre côté. C’est terminé. Tu ne le vois donc pas ?

– Tu te trompes, répondit Jude. Nous détenons quelque chose que Richard Pincent veut obtenir. S’il le lui faut absolument, nous pourrons obtenir Paul en échange. Voire les Surplus. Si ce n’est pas le cas, eh bien, nous trouverons autre chose. Mais je refuse de renoncer. Hors de question. »

J’avoue que ce qui m’a vraiment marqué dans ce roman est son ambiance pesante, lourde, bien différente de celles des deux autres tomes. Et cela est sans doute lié aussi à la situation que nous vivons depuis le début de l’année. En effet, dans ce dernier épisode, nous voyons les limites du médicament permettant la vie éternelle. Ainsi, les personnes qui devaient vivre sans jamais tomber malades ou mourir sont atteintes d’un mal étrange qui se développe de plus en plus jusqu’à toucher tout le monde. Nous sommes ici face à une épidémie de grande ampleur, qui tue rapidement, et qui laisse dans son sillage des corps qui sont déjà en décomposition. Il y a presque un côté horrifique ici qui et plaisant à suivre, et qui est effrayant aussi. On comprend rapidement que les autorités compétentes ne le sont pas du tout face à cette menace que l’homme avait oublié pendant un siècle, la maladie, et qu’elles ne savent pas quoi faire. Les descriptions du mal sont alors assez impressionnantes et glaçantes, et surtout bien faites, car elles nous mettent face à l’horreur, face à l’angoisse de la maladie, et face à notre actualité, même si cela n’était pas prévu à ‘époque, évidemment. Ce que j’ai bien aimé, c’est qu’on a alors une réflexion sur la manière dont les autorités gèrent tout cela, car en fait, comme elles sont incompétentes, elles cèdent toutes les explications au groupe pharmaceutique Pincent Pharma, qui décide, plutôt que de se remettre en question, de déclarer que ce virus a été lancé par des terroristes. Et cela fonctionne, car au lieu de s’occuper de la maladie qui gagne du terrain, tout le monde se met à soupçonner, et à dénoncer tout le monde aux moindres signes suspects, détournant ainsi l’attention. Ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est que ce virus n’est finalement pas nouveau, il trouve en fait son origine dans la conception même de la Longévité, donc dans la conception de la vie éternelle. On a ainsi une remise en question profonde de ce que les hommes ont fait, de la technique, face à la toute puissance de la nature. Ainsi, le roman nous propose un retour dans la passé, de revenir à l’invention même de la Longévité, et j’ai trouvé cette plongée intéressante pour mieux comprendre le présent, et comment l’entreprise de Richard Pincent avait pu se substituer aux Etats.

– Veuillez regagner votre place », lui intima froidement le policier. Mais c’était trop tard : Julia avait déjà contourné l’arrière du camion et plongé son regard à l’intérieur. Des gens – certains vivants, d’autres morts – y étaient entassés les uns sur les autres, comme des carcasses d’animaux, dans une puanteur atroce. Ce n’étaient pas des sympathisants du Réseau. Ni des terroristes. Ces personnes étaient malades. Comme la femme qui avait réclamé de l’eau. Ils étaient tous malades, réalisa Julia avec effroi.

Jim avait vu la même chose. Son visage était blême. « Attendez ! Qu’est-ce que vous faites ? hurla-t-i d’une voix désespérée tandis que le policier le poussait de force à l’intérieur, au milieu des corps décharnés. Vous faites erreur. je ne suis pas… » Mais ses mots furent étouffés par sa chute au fond de la fourgonnette, et la portière se referma sur lui.

Le policier partit rejoindre l’avant du véhicule et regarda fixement Julia, qui restait pétrifiée sur place. « Retournez là-bas, lui ordonna-t-il. Sinon, vous montez vous aussi dans le camion, compris ? « 

Elle acquiesça. Lentement, elle regagna le salon de beauté et referma la porte derrière elle. Puis, elle resta planté là, incapable de bouger pendant plusieurs minutes. Parce que qu’elle venait de comprendre.

De tout comprendre.

En ce qui concerne l’écriture de ce nouveau tome, elle est toujours aussi fluide et agréable à lire. On prend plaisir à se plonger dans le dernier tome des aventures de Peter et d’Anna, de voir Jude évoluer, et surtout de découvrir l’origine de la Longévité, et les conséquences que cette invention a désormais sur les hommes qui l’utilisent. L’atmosphère est cette fois pleinement apocalyptique, et c’est plaisant parce qu’on tombe presque dans un roman d’horreur, avec l’impression que l’on va tomber sur des zombies, ou autres. On a plusieurs petites scènes avec des personnages atteints de la maladie, et c’est agréable de suivre leur état, de voir leurs morts, de constater à quel point la situation échappe à tout contrôle. Les descriptions sont bien faites, on est bien plongé dans l’histoire. Les aller-retours entre présent et passé sont aussi sympas à lire parce qu’ils permettent d’avoir un nouveau éclairage sur la situation. Cette fois, la morale est aussi plus présente, avec un jugement prononcé sur ce que les hommes ont faits, sur cette vie éternelle non prévue pour eux. On a enfin les révélations que l’on attendait, et c’est bien fait, avec un suspens présent, et des révélations auxquelles on ne s’attendait pas forcément. Tout s’enchaîne bien, la construction du roman est bien menée et l’on a une vraie réflexion ensuite. J’ai aimé la manière dont le roman se termine.

En résumé, bien que je sois un peu déçue de ne pas avoir beaucoup vu Peter et Anna ici, avec Peter qui reproduit les mêmes bêtises que dans le tome 2, je suis contente de l’évolution de Jude, de la place plus importante qu’il gagne dans ce tome, et d’en savoir enfin plus sur Paul. Je retiendrais surtout l’ambiance lourde de ce roman, avec la maladie très présente, et les recherches qui sont menées dans le passé afin de l’enrayer, afin de la détruire. La morale sur la technique et la médecine est intéressante, surtout avec tout ce qu’il se passe en ce moment. C’est une bonne conclusion de trilogie, et je vous en conseille donc la lecture car c’est une trilogie qui se lit très bien, qui est bien ficelée, avec des personnages attachants et un bonne réflexion.

Et vous ?

Quels sont les thèmes que vous aimez retrouver dans une dystopie ?

Aimez-vous les ambiances lourdes, angoissantes ,

Qu’est-ce qui vous pousse à lire toute une trilogie ?

Bon dimanche à vous 🙂

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