chroniques littéraires

La Déclaration, tome 2 : La Résistance

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien, que vous prenez bien soin de vous et votre famille, et surtout que vous avez passé un bon début de semaine. Ici, la rentrée semble déjà loin, les choses sérieuses ont commencé et ont compte déjà les jours avant les vacances, non pas pour être en vacances, mais parce que le programme à faire est très chargé. C’est aussi cela, la vie de prof, être toujours en projection dans le futur, surtout lorsqu’on a des classes à examen, parce que, finalement, le mois de juin avec le bac va arriver très vitre.

D’ailleurs, en parlant de futur, je reviens vers vous aujourd’hui pour vous présenter le tome 2 de la trilogie La Déclaration. Il s’agit en effet de la suite de L’Histoire d’Anna, dont je vous avais déjà parlé l’année dernière. Il m’a en effet fallu un peu de temps pour lire cette suite, j’ai eu pas mal de lecture depuis. Mais je suis contente de vous parler enfin de la suite des avntures de Anna et de Peter,. Cette trilogie est écrite par Gemma Malley, et publié en France d’abord aux éditions Naïve, avant de ressortir aux éditions Hélium en octobre 2019. Voici le résumé de ce deuxième tome :

Peter contempla Anna un moment et se remémora la certitude qui était la sienne, quand il l’avait rencontrée, que les Surplus étaient un Fardeau pour Mère Nature, qu’il était de leur devoir de travailler dur, de servir la population Légale et de payer pour la Souillure de leur existence. Il lui pencha le front pour y déposer un baiser. «Nous vieillirons ensemble, murmura-t-il en caressant ses cheveux. Avec des rides, des enfants. Et nous détruirons la Longévité, aussi. Je te le promets.»

Angleterre, 2150.
La mort n’existe plus. Les hommes vivent à l’ère de la Longévité : pas de morts… mais, pour éviter le surpeuplement, pas de naissances non plus. Peter et Anna ont un point commun : ils n’auraient jamais dû naître. Parce qu’une vie éternelle leur semble contre nature, parce que le système de la Longévité a gâché leur enfance, parce qu’il menace leurs rêves, ils ont décidé d’entrer en lutte. Pour sa suppression.

Au sein du Réseau souterrain, la résistance s’organise : Peter a pour mission d’infiltrer le plus grand des laboratoires, le centre névralgique du système, Pincent Pharma… dirigé par son grand-père, Richard Pincent. Un homme puissant et influent, bien décidé à faire plier les rebelles ; une présence troublante pour Peter : quand les liens du sang s’en mêlent, tout se complique…

Souvenez-vous, dans le tome 1, on suivait Anna, une Surplus, soit une jeune fille qui avait eu le malheur de naître dans un monde où la mort a été éradiquée par la science. Anna se satisfaisait de son sort, travaillant d’arrache-pied pour devenir Un Bon Élément et racheter la faute de ses parents, ce qui la condamnait à une vie d’esclave. Or, un jour, Peter était apparue, et il lui avait fait comprendre que la mort était essentiel, et q’aucun enfant ne devait être un Surplus. Pire, il lui avait avoué que ses parents attendaient son retour. Anna s’était alors échappé avec Peter. Maintenant qu’ils sont libres, dans ce tome 2, ils doivent tous les deux apprendre à vivre en tant que Légaux, et vivre dans un univers qui ne les accepte pas. Lorsqu’on est jeune et que la majorité des autres vivants sont immortels et présents depuis des siècles, il n’est pas simple de faire sa place, d’autant plus que Peter veut toujours reprendre le combat, et que Anna ne rêve que d’une existence simple, avec Peter et son petit frère.

Ce nouveau tome est davantage centré sur Peter que sur Anna, qui était l’héroïne du premier tome. Je vais donc commencer ma chronique par vous présenter le personnage de Peter. Alors que dans le premier tome c’était un héros presque sans peur, une sorte de chevalier blanc venu sauver Anna, avec tout de même de nombreux défauts, j’ai eu l’impression dans ce nouvel opus que ces derniers ressortaient beaucoup. En effet, j’ai trouvé Peter presque antipathique dans de tome qui lui est pourtant consacré. Je dirais que Peter ne se montre pas sous son meilleur jour dans cette aventure. Alors que Anna prend sa nouvelle vie au sérieux, Peter ne pense qu’à une chose, continuer la lutte, et pour cela, il est prêt à tous les risques. Bien qu’il soit amoureux de Anna, et qu’ils peuvent vivre au grand jour, sans se cacher, Peter se montre condescendant avec sa compagne, et parfois même méchant. En vérité, il lui reproche de ne pas s’investir dans une cause qu les dépasse, et le manque d’action qu’il éprouve se répercute sur tout le monde. Il n’a cependant pas que cela. Peter se retrouve obligé de côtoyer son grand-père, homme qu’il déteste, et cela va lui mettre les nerfs à vif. Il ne va plus réfléchir, et il va se mettre à faire n’importe quoi, ce qui va le pousser à se montrer mesquin non seulement envers Anna, mais aussi envers Paul, le chef de la Résistance et proche de Peter. J’avoue que cela m’a assez énervée, au sens où j’ai trouvé Peter trop impulsif, et dangereux pour lui et les autres. On devine aisément qu’il perd les pédales, et à aucun moment il ne se remet en question. Certes, il découvre des choses très dures, mais il se bat mal, jusqu’à même abandonner la lutte parce qu’il s’épuise, parce qu’il ne voit pas la vérité. On a envie de le pousser, de le claquer, de le faire réagir afin qu’il réfléchisse correctement. Et surtout, qu’il prenne soin d’Anna convenablement.

Il se comportait de manière cruelle, et il se haïssait. Il avala un morceau de quiche. « Et quoi faire ? Mourir jeunes, avant d’avoir pu accomplir quoi que ce soit ? A quoi bon ? Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de rester, comme les autres ?

– Parce que nous céderons la place à nos enfants, répliqua Anna, estomaquée. Nous allons créer une Nouvelle Génération. Tu le sais, voyons. Qu’est-ce qui te prend ?

– Nouvelle Génération, quel intérêt ? s’enflamma Peter. Et si on ne pouvait pas… je veux dire, s’il n’y avait pas de Nouvelle Génération après nous ? Alors, hein ?

– Je ne comprends pas ce que tu veux dire. » Une expression différente venait d’apparaître sur les traits d’Anna : ce masque mi-buté, mi-apeuré que Peter lui avait connu autrefois, du temps de Grange Hall.

« Evidemment. Comment pourrais-tu comprendre ?  » rétorqua-t-il, la colère le cédant au ressentiment – mêlé au mépris de lui-même pour s’en prendre ainsi à elle, seule véritable innocente de cette histoire. « Tu ne sais rien. Tu es trop naïve, voilà ton problème. Tu crois tout ce qu’on te dit. Tes parents. Mrs Pincent. Moi. Or, tout ça, c’est du vent. Ça devrait pourtant te sauter à la figure ! »

Ce qui est assez étrange, et bien fait, c’est alors que Peter pense qu’Anna n’en a rien à faire de la lutte, qu’elle a totalement abandonné, on se rend rapidement compte que cela n’est pas tout à fait vrai. Et alors que Peter s’épuise dans un combat mal pensé, Anna tente elle aussi de changer les choses, à sa manière, avec empathie et humanité. Anna est un personnage que j’apprécie beaucoup, au sens où elle a tout à apprendre, où elle découvre encore le monde dans lequel elle évolue. Après avoir passé toute sa vie enfermée, elle découvre le monde tel qu’il est vraiment, et non pas via les fables qu’on a pu lui raconter. Et cela bouscule ses idées préétablies. Anna est beaucoup plus posée que Peter, et elle se sert davantage de sa tête, même si cela ne l’empêche pas de se tromper, comme lui. Cependant, contrairement à Peter, Anna ne se sent pas investie d’une mission. Ce qu’elle fait, c’est pour les autres, et non pas parce qu’elle doit le faire. De ce fait, elle ne joue pas au héros, et elle pense surtout aux siens avant d’essayer de se mettre en danger. Je me suis davantage retrouvée dans le personnage de Anna, qui veut aider les autres, que dans celui de Peter qui veut absolument se retrouver au cœur du combat, au centre du danger. C’est ce qui fait que j’ai préféré les passages avec Anna que ceux avec Peter.

Dans ce nouvel opus, on découvre aussi un autre personnage, qui est Jude. Comme on l’apprend rapidement, il s’agit du demi-frère de Peter. J’ai aimé ce nouveau personnage, qui apporte un peu de consistance à l’histoire, une autre vision aussi sur le monde dans lequel tous vivent. Jude n’a jamais connu les foyers de Surplus ni même le fait de toujours se cacher, car il est né Légal, son père ayant eu le droit de l’avoir et de l’élever. De ce fait, Jude entre en compétition avec Peter, car Jude a eut le droit de naître, alors que Peter n’en avait pas le droit, et tout cela aurait pu être l’inverse si Jude était né plus tard. J’ai donc aimé la compétition qui existe entre les deux frères, même si Peter, n’ayant pas connaissance de l’existence de Jude, n’a pas connaissance de cette rivalité. Et cette rivalité va prendre d’autres proportions lorsque Peter va entrer à Pincent Pharma, l’entreprise de son grand-père. Jude va alors tout faire pour se faire remarquer par la Résistance, le réseau, afin de montrer qu’il vaut mieux que son frère, que Peter. Ce qui est intéressant ici, c’est que Jude a une idée précise de ce qu’est le bien et le mal, une idée bien à lui, et que sa conception risque de heurter un peu celle des autres. Pendant une grande partie du livre, on ne sait donc pas quel camp Jude va vraiment choisir, ce qui permet d’avoir un petit suspens plaisant.J’ai aussi apprécié le fait qu’il soit un génie de l’informatique, et que sa jeunesse et son savoir donc des atouts précieux pour le camp qu’il choisira. Jude est un personnage intéressant et plaisant à suivre et j’ai trouvé qu’il apportait vraiment un plus au récit.

Brusquement, l’évidence s’imposa à lui. Il comprit pourquoi il avait atterri là, dans quel but il avait accompli cette démarche : il voulait rejoindre le mouvement, leur montrer de quoi il état capable. Peter avait reçu l’aide du Réseau Souterrain toute sa vie ; Jude, lui, allait leur apporter son aide. 1-0 pour lui. Oui, songea-t-il, tout excité, il allait proposer ses services ! Et ils seraient bien idiots de ne pas saisir cette chance. Après tout, les systèmes informatiques n’avaient plus aucun secret pour lui – ou des secrets sans intérêt, en tout cas. Un petit sourire aux lèvres, il cliqua sur l’icône de la messagerie et se mit à rédiger un message.

J’ai maintenant envie de vous parler de ce que j’ai aussi beaucoup aimé dans le roman. Il s’agit de l’histoire en elle-même, et notamment de l’univers proposé. En effet, dans le premier tome, on découvrait les foyers de Surplus, et surtout la manière dont été traité les enfants dans un monde où ces derniers n’existaient plus, où l’on a plus le droit de se reproduire. Dans ce deuxième tome, l’atmosphère et l’horreur montent d’un cran. En effet, avec l’immersion de Peter au sein même de l’endroit où a été inventé et sont fabriquées les pilules de Longévité, on découvre comment l’immortalité est possible, et comment l’entreprise fait tout pour maintenir cette immortalité. Le roman montre alors une science glaçante, où l’éthique et la morale ont totalement disparues, où seuls comptent les résultats. Et le fait que le pouvoir politique en place est d’accord avec tout cela. On est ici dans un questionnement sur la science et ses bienfaits, mais aussi méfaits, et sur une vraie réflexion politique sur le monde de l’entreprise. Si le Réseau, donc la Résistance existe, ce n’est pas pour rien, et l’on découvre vraiment contre quoi, et surtout qui, tout le monde se bat. J’ai aimé cette plongée dans le monde de la science, voir comment un projet beau, une lutte contre le cancer, pouvait dégénérer à ce point, comment des idéalistes pouvaient arriver à faire des choses qui les répugnent pour leur projet, et comment tout le monde ferme les yeux dès lors que le pouvoir est obtenu ou va être obtenu. La personnalité du grand-père de Peter, Richard Pincent, est aussi intéressante, voire totalement méprisable. On a juste envie de le voir metre un terme à ses expériences. Il représente tout à fait le génie diabolique.

– Vous êtes ici parce que les Autorités doivent valider nos méthodes aussi bien que le produit fini, répondit Richard. Approuver, et mettre nos chaînes de production à l’abri des curieux, des questions indiscrètes, des ignorants qui ne comprennent rien à la science et ne se rendent pas compte que toute avancée dans ce domaine nécessite une… liberté inédite dans les autres disciplines.

– Qu’entendez-vous par là ?

– Si je vous disais que les Surplus sont la clé de la santé et du bien-être de l’humanité ? dit Richard. Si je vous disais que les Surplus constituent non pas un fardeau, mais notre salut ? Qu’ils sont, au fond, pas des Surplus, mais des Bons Eléments ?

Peter scruta les alentours en quête d’une autre cachette pour se rapprocher et mieux suivre la conversation.

« Notre salut ? Richard, mais de quoi parlez-vous ?

– Nous avions tort, Hillary. Nous n’avions qu’une vision négative des Surplus – un fardeau, un désagrément nuisible, à détruire, à contrôler. Mais les Surplus n’ont rien d’un fardeau. Ils sont notre avenir. Leurs ovaires, leur sperme, leur utérus, leurs organes… Autant de matières premières bien plus précieuses que toute autre ressource naturelle », affirma Richard d’une voix douce en se retournant pour contempler les jeunes filles alitées.

Le roman se lit super bien. Je l’ai lu en moins de deux jours. il est assez court et écrit gros, mais l’histoire s’enchaîne bien, et les scènes d’action permettent de bien doser les scènes de réflexion. On devine certaines choses que les personnages eux ne voient pas, mais c’est bien fait et on est pas déçu de ces révélations, surtout que d’autres moments nous surprennent, notamment avec Anna. Les sentiments de Anna, de Peter ou de Jude sont bien décrits. Peut-être que les manipulations électroniques de Jude auraient mérité plus de détails afin de mieux être comprises, mais ce n’est qu’un détail. Les descriptions sont fluides, elles ne dérangent pas la lecture car elles sont peu présentes. Les dialogues fonctionnent bien. Le roman est donc bien écrit et parfait pour des adolescents.

En résumé, c’est une lecture que j’ai appréciée. J’ai beaucoup aimé l’arrivé de Jude dans le duo Anna/Peter, et découvrir l’envers du décor. C’est intéressant de voir le fonctionnement non seulement de la Résistance, mais aussi des Autorité. le fonctionnement de Pincent Pharma est assez angoissant, et nous fait réfléchir sur la science, ce qui est ou non possible avec elle, ce qu’on a le droit e faire ou non, et sur le pouvoir des gouvernements. Jude est un personnage sympathique, contrairement à Peter qui nous dévoile ici tout son mauvais caractère. Jude a des intentions bien différentes de celles de Peter ou d’Anna, et cela apporte une autre dynamique au récit. Anna est un peu effacée, mais j’ai aimé la voir reprendre les chose sen main. C’est donc un tome 2 plaisant à lire, et j’ai ensuite dévoré la suite pour savoir comment cette histoire pouvait se terminer vue la fin de ce tome 2. C’est donc une lecture que je vous conseille, surtout pour son univers.

Et vous ?

Lisez-vous des trilogies ?

Qu’aimez-vous retrouver dans des récits plus longs, s’étalant sur plusieurs tomes ?

Au contraire, que préférez-vous dans les one-shot ?

Bon mercredi à vous 🙂

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