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Et ton cœur qui bat

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous passez un bon début de semaine. Ici, tout va bien, je profite du soleil et du beau temps, de mes vacances, même si je travaille toujours sur mes cours, et que j’essaye de terminer l’un de mes manuscrits en cours. le problème, c’est qu’ayant aussi terminé L’Impératrice des Glaces, deuxième partie, je me sens un peu vidée, et c’est compliqué de repartir pour une nouvelle histoire. Cependant, vu que cette dernière doit être pour un appel à texte qui se finit en septembre, je dois donner un petit coup de collier si je veux la finir à temps.

Cependant, ce n’est pas d’écriture que j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Un article sur ce sujet arrive bientôt sur le blog. En attendant, j’ai envie de vous parler ici d’une de mes dernières lectures. Si vous avez lu mon C’est lundi, que Lisez-vous de cette semaine, vous voyez peut-être de quel roman il s’agit ? C’est bien de Et ton cœur qui bat, le dernier roman de Carène Ponte, que j’ai envie de vous présenter. Carène Ponte est une autrice que j’aime beaucoup et dont j’essaye de lire les nouveautés tous les ans. Je ne sais pas pourquoi, celle de l’an dernier est passée à la trappe, mais passons. J’aime beaucoup l’écriture de Carène et les histoires qu’elle raconte, elle fat donc partie de ces autrices que je suis avec assiduité. Je ne pouvais donc pas passer à côté de son dernier titre, publié aux éditions Michel Lafon juste après le confinement. C’est l’un des romans de l’été. Voici son résumé :

Au Meilleur Ami de l’Homme : un hôtel insolite où devant chaque chambre vous attend un petit chien abandonné que vous pourrez adopter ou non en partant.
Voyag’Elles : un guide touristique « spécial femmes » que Roxane a créé avec son amie Sam, et auquel elle a adjoint un blog irrésistible où elle raconte ses péripéties dans tous les coins de France.

Roxane : en dehors de son blog, une boule de souffrance rongée de culpabilité et de haine envers le responsable de son malheur.

Mais dans l’hôtel où Roxane a décidé de poser ses valises, pour Voyag’Elles, il y a des personnes sages qui, malgré les cruautés du destin, se consolent grâce aux petits bonheurs de la vie… et y trouvent la force d’affronter le lendemain

Dans ce roman, nous suivons donc Roxane, une jeune trentenaire, qui gère avec sa meilleure amie Sam un guide de voyage. Roxane s’occupe de la partie blog, et elle passe son temps sur les routes. Or, la voilà qui débarque en Camargue, une terre de chevaux, de découvertes et de paysages sublimes. Et Roxane n’a pas fait les choses à moitié en débarquant à l’hôtel Au Meilleur Ami de l’Homme, un hôtel où vivent des chiens pouvant être adoptés. ce que Roxane ignore, c’est que cet hôtel, et ce voyage, va bouleverser sa vie entière.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Roxane. Tout d’abord, on semble être face à une jeune femme de trente ans qui a tout pour être heureuse, qui a le meilleur travail possible pour elle, qui vit de sa passion, qui travaille avec sa meilleure amie avec qui tout se passe bien, qui a un joli appartement coup de cœur, de l’argent, etc. Mais en creusant l’histoire, on s’aperçoit que la vie de Roxane est loin d’être si idyllique, et qu’elle est en fait une femme dévastée. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler, mais on devine facilement que Roxane est très triste, et qu’elle ne fait que survivre en se levant tous les jours. J’ai aisément deviner la cause, mais je vous laisse le plaisir de deviner pourquoi vous-mêmes. En tout cas, alors que Roxane paraissait froide et rongée par la colère, on comprend au fur et à mesure pourquoi c’est le cas, et on ne peut qu’être touché par son histoire. Roxane est un personnage qui m’a beaucoup émue, et qui m’a fait pleurer aussi. Elle est vraiment à fleur de peau et est capable de pleurer à tout instant. Mais c‘est aussi un personnage courageux qui parvient à donner le change. Ainsi, ne vous attendez pas à un personnage déprimé complètement. Roxane sait aussi dissimuler sa peine sous des plaisanteries, sous une certaine joie de vivre. C’est d’ailleurs ce qui peut sembler déstabilisant avec son personnage, mais c’est parce que son travail lui permet une certaine évasion. Elle est ainsi très différente dans son travail. C’est donc un personnage qui m’a fait aussi rire. Sa colère m’a parfois décontenancée, mais elle est légitime et compréhensible, et il est facile de se mettre à sa place, de se demander comment nous, nous réagirions si on était elle. Ferions-nous les mêmes choix ? C’est un personnage qui est inspirant et j’avoue que j’aimerais bien avoir autant de forces et d’énergie qu’elle.

– Est-ce que c’est toujours toi qui écris les billets sur le blog de Voyag’Elles ? me demande soudain Albane, sans crier gare.

– Hein ? Pardon ?

– Le texte d’hier sur le cours de pâtisserie, c’est vraiment toi qui l’as écrit ?

– Oui. Pourquoi est-ce que tu me poses cette question ?

– Bah franchement, quand j’y pense, je me dis que c’est trop bizarre que ce soit toi. La fille qui écrit, elle est super drôle ! J’ai fait lire la soirée country à mes copines et ça nous a fait marrer. Sauf que je te regarde et en fait t’es pas du tout joyeuse, t’es même super triste. Tu n’arrives même pas à venir t’assoir pour manger une crêpe avec nous !

J’ai à présent envie de vous parler de Gwenole. Pourquoi ? Parce que j’ai aussi beaucoup aimé son personnage, et parce qu’il tient une grande place dans l’histoire, contrairement à Frédéric, le gérant de l’établissement. Gwenole va être très important pour Roxane, et leur rencontre va permettre à la jeune femme de mieux comprendre sa vie, de repartir sur de nouvelles bases. J’ai beaucoup aimé la relation qui née entre les deux personnages, une relation basée sur l’amitié. Et non, même si le roman a une tendance à la romance, ce n’est pas avec Gwenole que Roxane va partir. Gwenole est bien trop attaché à sa femme pour cela. Et c’est d’ailleurs tout le drame de son histoire. Gwenole est aussi un personnage qui m’a ému, pur sa propre histoire personnelle. Evidemment, cette dernière est différente de celle de Roxane, et pourtant, l’amour se trouve aussi derrière son chagrin. En effet, Gwenole voit sa femme s’éloigner de plus en plus de lui à cause de la maladie, une Alzheimer contre lequel on ne peut rien faire. Sa femme ne le reconnaît plus, et à même oublié qu’elle avait été marié. Autant vous dire que cela donne des scènes poignantes et émouvantes, et que la détresse de Gwenole est perceptible. Par ce biais, l’autrice nous permet une vraie réflexion sur la maladie, sur l’Alzheimer, sur la manière dont on peut continuer à vivre de cette manière, et c’est aussi une manière de remercier le personnel soignant. On voit ainsi tous les doutes de Gwenole sur le fait de laisser sa femme, de l’abandonner, mais aussi toute la douleur qu’il a à continuer de la voir alors qu’elle refait sa vie avec la maladie. C’est bien fait, sans aucun jugement de la part des personnages ou de l’autrice. cela permet un vrai moment de réflexion plein d’humanité et de tendresse.

– Elle est là sans être là, me répond-il tristement. Son corps est présent dans la chambre 254 de la résidence Les Tournesols, à quelques kilomètres d’ici. mais son esprit, lui, s’en est hélas allé, il y a déjà quelques années.

– Je suis désolée…

– Moi aussi. C’est le fléau de la vieillesse. malgré tout, l’espoir ne me quitte pas qu’à l’occasion d’une de mes visites elle me revienne. Même pour quelques minutes seulement. C’est pour ça que je vais la voir tous les deux jours. je ne reste pas longtemps, une petite heure tout au plus, mais à chaque fois que je l’aperçois et qu’elle lève les yeux vers moi, j’ai cette folle espérance qu’elle se jette à mon cou comme elle le faisait lorsque je rentrais du bureau et me murmure à l’oreille combien je lui ai manqué.

– Ca n’arrive jamais ?

– Non. Peut-être que nous avions épuisé notre quota de bonheur. Ce qui me peine le plus, c’est de ne plus me souvenir des mots que je lui ai dits avant qu’elle parte définitivement. J’ai bien peur qu’ils n’aient été affreusement ordinaires, alors que si j’avais su, j’y aurais mis tout l’amour que je ressentais pour elle. La vie est mal faite, on devrait savoir quand le moment arrive de prononcer les phrases qui comptent.

Venons-en enfin au personnage d’Albane. Avec tous les sujets graves qui sont évoqués dans cette histoire, elle est le rayon de soleil qui permet d’apporter de la joie et de la bonne humeur à ce récit. Albane est le troisième génération de cette histoire, c’est la jeune adolescente qui vit à l’hôtel, et qui est fan des chiens. C’est d’ailleurs grâce à elle que l’hôtel où descend Roxane s’appelle Au Meilleur Ami des Hommes. C’est une jeune fille pleine d’énergie, pleine de rire, et elle est celle qui n’a pas sa lange dans sa poche, provoquant parfois sans le vouloir quelques malaises. J’ai adoré sa spontanéité, et je me suis un peu retrouvée en elle, même si j’ai plusieurs années de plus qu’elle. Albane sait ce qu’elle veut, et elle a une vision simple de la vie, même si cela est dû à son jeune âge. J’ai apprécié sa philosophie de vie, l’amour qu’elle porte aux animaux, à son père, à l’hôtel, et elle nous livre une vision de l’amour très intéressante. J’avoue avoir beaucoup aimé ce passage-là. Et le lien qui se met en place avec les autres personnage est vraiment agréable à voir se construire petit à petit. Albane est dans la simplicité, et elle est émouvante à sa manière, touchante dans sa manière d’interagir avec naturel avec les autres, sans les barrières que se mettent les adultes.

– C’est une belle histoire d’amour, non ?

– Au point de se tuer ? Oui, bon, d’accord, c’est triste que Roméo soit mort. Il avait l’air d’un type cool et plutôt sympa. Mais elle le connaissait genre depuis quoi, quatre jours ? Et hop ! il meurt, et elle, elle sait tout de suite qu’elle ne pourra pas vivre sans lui ? je ne sais pas, je n’ai jamais vraiment été amoureuse. Il faut dire que les garçons de ma classe ne pensent qu’à se filer des coups de pied ou jouer aux jeux vidéo, mais je ne crois pas que je pourrais me tuer pour quelqu’un. Même si je l’aime beaucoup.

– Même si c’est ton grand amour comme Roméo pour Juliette .

– Qu’est-ce qu’elle en savait, Juliette ? Si ça se trouve, deux mois plus tard, elle aurait rencontré un autre type super. Cette histoire de grand amour, c’est triste, je trouve. Parce qu’on ne peut jamais savoir si on le rencontre vraiment, au fond. Imaginez qu’un jour je croise celui qui est censé être mon « grand amour », accentue-t-elle en faisant des guillemets avec ses doigts, mais que ce jour-là je trouve qu’il sent mauvais parce qu’il sortait de la salle de sport, et que du coup je ne lui adresse pas la parole, c’est tant pis pour moi, j’ai loupé ma chance ? Boum ! plus jamais de grand amour ? C’est triste, non ?

On pourrait croire que ce roman est une histoire d’amour des plus simples, comme certaines autrices ont le pouvoir de faire, mais ce roman-ci est bien plus profond. On est bien plus sur du feel-good que sur de la pure romance. Je pourrais longuement vous parler de la Camargue, magnifique région très bien décrite par l’autrice, ou même vous parler du fantastique métier de Roxane, ou évoquer avec vous la maladie de la femme de Gwenole, les chiens ou la pièce de théâtre d’Albane. Mais je préfère parler avec vous du thème principal de ce roman, qui est l’amour au sens large, de la vie tout simplement, et de ce qui nous lie aux autres. Ce roman nous parle d’amour, d’amitié, de famille, de culpabilité, de tristesse, mais aussi de joie. C’est un vrai roman sur la reconstruction de soi et sur l’acceptation, que ce soit celle de Roxane ou de Gwenole. C’est un thème que j’ai vraiment bien apprécié parce qu’il est très bien traité, toute en pudeur et en tristesse, mais aussi de la joie. On passe du rire aux larmes, puis on revient au rire. C’est la vie, tout simplement, et je trouve que ce roman l’évoque très bien. De même, le sujet de la culpabilité est très évoqué, et d’une manière intéressante. On parle beaucoup de la culpabilité du survivant, de celui qui reste en bonne santé, à vivre, mais qui s’en veut. Ce roman permet donc aux personnages de se pardonner, et de pardonner aux autres. c’est très important, et cela participe à la reconstruction de soi, au thème central de l’histoire. je pense même que c’est ici le plus important, et c’est ce qui m’a le plus plu dans ce récit. Ce roman parle donc à tout le monde, et c’est une vraie ode à la vie, en montrant que quoi qu’il arrive, la vie continue, et il faut l’accepter.

La plume de l’autrice est toujours aussi plaisante à lire, et le roman se lit tout seul. Il m’a fallu à peine trois jours pour le terminer, et encore, c’est parce que je n’ai pas fait que lire. L’histoire est entrecoupée par les billets de blog de Roxane, et j’ai trouvé cela vraiment sympathique, parce que non seulement cela apporte de l’humour au récit, où Roxane est vraiment différente, cela nous fait aussi voir comment elle travaille, mais en plus cela nous permet de découvrir la Camargue à travers un autre moyen que celui des descriptions ordinaires. C’est assez original et vraiment agréable. Cela donne envie de découvrir les adresses que propose Roxane, et je me demande si elles existent. J’ai juste regretter qu’elles ne soient pas mentionnées à la fin, pour que l’on sache si l’on pouvait les retrouver ou non. La plume de l’autrice permet aussi de passer des rires aux larmes, comme je l’ai déjà dit, et inversement. Ceci fait que chaque moments durs et tristes sont contrebalancés par des moments de joie, ce qui nous empêche de tomber dans une certaine déprime ou tristesse. On rigole finalement beaucoup, alors que le sujet est assez grave. J’ai beaucoup apprécié cela, car on ne s’ennuie pas dans ce récit, et l’on passe vraiment par plusieurs sentiments. Les émotions des personnages sont très bien décrites et elles nous permettent de comprendre chaque héros. Le fait que tout soit écrit du point de vue de Roxane n’est pas dérangeant, cela nous permet vraiment de nous mettre à sa place.

En résumé, c’est un roman que je ne peux que conseiller. J’ai beaucoup aimé les personnages, dont Roxane, Gwenole et Albane, et j’ai aussi beaucoup ri ou pleurer. C’est un roman qui nous fait passer par des émotions très intenses en très peu de temps. Le style d’écriture est très plaisant et les billets de Roxane sur la Camargue donnent envie de découvrir cette belle région comme elle. C’est un bon titre, peut-être même l’un des meilleurs de Carène Ponte. Ce roman permet d’évoquer aussi bien l’amour que l’amitié, la culpabilité que la vie. Ces thèmes sont importants et ils font la force de cette histoire.

Et vous ?

Lisez-vous des romans tristes ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ces histoires ?

Ou au contraire, pourquoi n’en lisez-vous pas ?

Bon mercredi à tous 😀

Une réflexion au sujet de « Et ton cœur qui bat »

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