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Dans les pas de Valeria

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien et que vos proches sont en bonne santé et gardent le moral. il est évident que cela n’est pas souvent le cas, en ce moment. Personnellement, et étrangement, cela va mieux depuis que je sais quand je dois reprendre vraiment, soit le 18 mai, si tout va bien, même si j’ignore dans quelle conditions. Cela me semble en effet si irréel que cela ne m’atteint plus. Je suis juste heureuse de n’avoir pas d’enfant et de n’avoir à m’occuper que de ma santé et celle de mon compagnon. Les autres, je leur laisse gérer la leur. En tout cas, je me demande si j’aurais beaucoup d’élèves en cours le 18 mai, surtout si cela est sur la base du volontariat. On a encore beaucoup de questions et de choses à poser avant cette reprise.

Mon moral va sans doute mieux parce qu’en ce moment, je lis des lectures plus légères. Et c’est justement de l’une d’entre elles que je vais vous parler aujourd’hui. En effet, je vais vous livrer aujourd’hui mon avis sur le roman Dans les pas de Valeria, d’Elisabet Benavent, qui est paru aux éditions l’Archipel en septembre 2019. je les remercie d’ailleurs pour m’avoir fait découvrir ce titre via la plateforme NetGalley. J’ai lu ce titre en septembre, et je l’ai relu ces derniers jours et il m’a fait beaucoup de bien. Il s’agit d’une romance espagnole très légère et frivole. Voici son résumé :

Quand Bridget Jones s’invite dans Sex and the City

Elles sont quatre amies de toujours qui vivent à Madrid. Complices et inséparables, elles se connaissent sur le bout des doigts et se racontent tout. Vraiment tout. Surtout leurs histoires de cœur…

Valeria, 27 ans à peine, commence à s’encroûter avec son compagnon de toujours – elle déprime ;
Lola s’est entichée d’un super coup – mais il est fiancé ;
Carmen est amoureuse d’un collègue, mais elle n’ose pas se lancer – elle est un peu complexée ;
Nerea, la sainte- nitouche du groupe, vient enfin de rencontrer un homme à sa hauteur – mais…

Tout bouge lorsque Valeria rencontre Victor, un homme ô combien séduisant ;
lorsque Lola décide de réagir ;
lorsque Carmen parvient à séduire son collègue et découvre que le nouveau petit ami de Nerea n’est autre que… son propre boss – qu’elle déteste !

Leur amitié survivra-t-elle à ce drame ?

C’est drôle, c’est vif, ça pétille et ça passe aussi vite qu’une soirée entre filles. On s’est à peine embrassées qu’il est déjà l’heure de se quitter. À regret.

Dans ce roman, nous suivons l’histoire d’une jeune femme, Valeria, et de ses trois amies, Lola, Carmen et Neera. Valeria est mariée, mais son couple bat de l’aile. Elle ne fait plus l’amour avec Adrian, son mari, et cela la fruste au plus haut point. En plus, la voilà persuadée qu’il a une aventure avec son assistante, la belle Alex. Neera, pour sa part, vient de tomber amoureuse. Elle se sent enfin bien avec un homme. Carmen, de son côté, et elle aussi amoureuse mais rien n’avance avec Barto, l’élu de son cœur. et son boss, Daniel, n’arrête pas de la harceler. Enfin, Lola vit une passion dévastatrice avec un homme marié, Sergio. Or, durant ces quelques mois que dure le roman, tout va changer pour nos héroïnes.

Je vais tout d’abord commencer par vous parler du personnage de Valeria. C’est en effet l’héroïne principale, et surtout notre narrateur. Valeria est là pour nous raconter son histoire et celle de ses amies. Elle a le ton léger, et si elle doit donner tous les détails croustillants, elle le fait. Ce roman se conçoit presque comme un journal intime, où elle nous livre ses frasques et ses mésaventures. De ce fait, je trouve que l’on se met facilement à sa place, on comprend ainsi mieux ses états d’âmes et ce qu’elle traverse. Ceci nous aide alors à nous attacher à elle. Valeria est un personnage que j’ai beaucoup apprécié, et pour lequel j’ai compatis. Je me suis en effet retrouvée dans cette jeune femme qui n’arrive plus à attirer l’attention de son mari, qui est frustrée sexuellement mais aussi sentimentalement, et qui a besoin que l’on s’occupe d’elle. elle est perdue et ne sait plus quoi faire, si elle doit ou non se battre pour son couple. Cependant, ce qui faut lui reconnaître, c’est qu’elle possède une mentalité de fer, elle qui se retrouve face à Victor, un mec très beau, qui rêve de la mettre dans son lit. C’est une femme fidèle, qui croit encore à son couple, qui essaye d’être optimiste. Elle peut toutefois agir comme une enfant lorsqu’elle n’obtient pas ce qu’elle veut. Valeria est une adulte qui se comporte encore comme une adolescente, qui s’est mariée tôt et qui n’a pas vraiment le sens des responsabilités. Elle a d’ailleurs quitter son travail sur un coup de tête afin d’écrire un deuxième roman, vivant sur les rentes du premier. J’ai trouvé que Valeria n’avait pas toujours la tête sur les épaules, et c’est sans dote ce qui peut poser un petit bémol avec ce personnage, même si j’ai compris son mode de fonctionnement et sa volonté de rester telle qu’elle est, une jeune femme encore jeune dans sa tête.

Il s’installa derrière le volant et nous nous regardâmes un moment l’un l’autre en silence.

– Vous savez que vous êtes en train de flirter avec une femme mariée, cher monsieur ?

– Et vous de flirter avec un homme qui n’est pas votre mari ?

– Tu m’as promis de bien te tenir.

– C’est toi qui te conduis mal.

Il sourit et mit le contact.

– Pourquoi cela.

– Ne me dis pas que tu as mis ce jean et ce haut par hasard.

– J’aime bien être présentable quand je sors dans la rue.

Tout au moins depuis que j’ai fait ta connaissance, ajoutai-je par-devers moi.

– Tu veux rendre dingo le mec célibataire, c’est ça ?

Nous rîmes.

– Tout à fait.

– Ça tombe bien, parce que j’ai justement envie de faire tourner la tête de la femme mariée.

– Désolé, Victor. Mais tu ferais mieux de jeter l’éponge, parce qu’avec moi tu n’arriveras à rien, répondis-je en souriant.

– Ne dis pas ça, sinon tu vas rendre le jeu encore plus excitant.

– Ta proposition se limitait à aller boire un café.

– Je sais. Je vais bien me tenir. Je n’ai pas envie de devoir me battre en duel au lever du jour.

Venons-en à présent aux personnages secondaires. J’ai vraiment eu du mal avec les hommes de cette histoire. Ils sont tous plus mauvais les uns que les autres, même si Barto et Victor parviennent légèrement à redresser la barre, puisqu’ils sont loin d’être parfaits eux aussi. Ainsi, j’ai vraiment détesté le personnage d’Adrian, qui n’a de cesse de se poser comme une victime sans jamais se remettre en question, qui est en plus un menteur et un goujat. Rien ne donne envie d’être sympas avec ce personnage, et je trouve très antipathique. On se demande même ce que Valeria a pu lui trouver pour l’épouser. Les autres hommes ne sont pas mieux, puisque Sergio préfère tromper sa fiancée avec Lola plutôt que t’avouer à sa copine qu’il ne l’aime pas. Ainsi, il préfère un mariage d’argent qu’un mariage d’amour. Quand à Daniel, c’est un lâche qui adore persécuter ses employés, et un égocentrique. Il m’a donné envie de lui tordre le coup. C’est à se demander comment Carmen peut travailler pour lui, et Neera l’aimer. Seuls Barto et Victor relèvent donc le niveau, même si Barto est lui aussi un lâche qui ne parvient pas à déclarer ses sentiments et à protéger celle qu’il aime, et que Victor ne veut juste qu’une fille à mettre dans son lit, et Valeria. Il se comporte vraiment comme un prédateur le ferait avec sa proie, en la tentant sans cesse, et même s’il accepte son « non », ce n’est pas forcément un bon point pour lui, dans le sens où il devrait l’accepter comme amie, et cesser de la harceler pour passer du temps avec elle.

– Le pire, c’est que je n’ai rien vu venir… Pour toit, tout ce qui compte, c’est de baiser avec le premier venu…

– Adrian, toi et moi, on a cessé de s’aimer, dis-je en déglutissant avec force pour desserrer le nœud qui s’était formé dans ma gorge.

– Moi, si, je t’aime – il soupira. Je… j’étais drogué, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, et toi… toi, tu…

– Tu n’aurais pas dû la renvoyer. Elle n’y est pour rien. La vérité c’est que tu l’as sautée parce que tu en avais envie.

— Comme toi, en somme.

– Toi et moi, on dort dans le même lit… Mais ça ne va pas plus loin. Il y a quelque chose chez moi que tu ne supportes pas. Je ne t’attire plus, je ne te rends pas heureux, je ne suis plus celle que tu aimais, je t’ai déçu et nous n’aurions jamais dû nous marier. Mais ce qui est sûr, c’est ce que n’est juste ni pour toi ni pour moi. Ça ne fonctionne plus. Je veux divorcer.

– Qu’est-ce que tu racontes ?

Sa réaction fut si violente que je fis un pas en arrière.

– Nom de Dieu, tu ne connais ce type que depuis deux jours, dit-il avec un rire amer. Tu vas t’en mordre les doigts quand il va te lâcher pour la première petite pute en chaleur.

Il releva la tête. Il avait les yeux injectés de sangs, ses traits défigurés par la colère

Venons enfin aux autres personnages féminins, les trois amies de Valeria, qui sont donc Carmen, Lola et Neera. Personnellement, je n’ai jamais été trop fan des séries comme Sex in the City ou Friends, tout simplement parce que ce n’est pas le genre de choses que je regardais à l’époque. Cependant, j’avoue ici avoir été séduite par le groupe d’amies que ces trois femmes forment, et que je les ai même enviées. En effet, ces quatre femmes peuvent compter les unes sur les autres, et on les sent très soudées. Cela donne donc envie de faire partie de leur groupe, ou même d’avoir des amies qui se comporteraient de la m^me manière. Ainsi, lorsque Valeria ne va pas bien, elle sait d’emblée qui appeler pour être réconforter, et à qui demander des conseils. Selon la situation, elle n’ira pas vers la même amie, ou ne suivra pas les avis du groupe, mais au moins, elle aura eu un avis extérieur, de personne la connaissant parfaitement. Sur les trois filles, j’ai eu un coup de cœur pour Lola, qui est totalement libérée et avec un langage très décontracté, mais qui cache en vérité une vraie faiblesse. J’ai été plus attirée par elle que par Carmen ou par Neera, parce que je me suis plus retrouvée dans son discours féministe, libérée du patriarcat et des règles. Lola est une femme libérée, qui sait ce qu’elle veut et ne veut pas, qui a des besoins simples et qui ne rêve pas à tout bout de champs. De ce fait, elle est la contraire typique des romantiques, et elle n’a pas froid aux yeux. Mais elle sait aussi se montrer sensible et écouter les autres. C’est la plus proche de Valeria, et la première qui comprend que ce ne va pas fort entre son amie et son mari, et elle est la seule qui n’idéalise par sa relation de couple, car elle sait que les hommes peuvent se montrer déloyaux. La relation qu’elle entretient avec Sergio, homme fiancé, est complexe mais touchante, car l’on sent bien que Lola essaye de ne pas s’attacher, tout en refusant d’être un simple jouet pour les autres. C’est une femme qui s’affirme au cours du récit, que j’ai apprécié de suivre. A l’inverse, j’ai eu du mal avec Neera, qui est quand même très froide, et qui n’est pas très développée dans ce tome-ci. Quant à Carmen, elle joue au yoyo, au sens où elle est attirée par Barto, mais s’occupe beaucoup trop de son patron Daniel. Elle se montre aussi mauvaise envers lui, ce qui ne fait que déclarer la guerre entre eux. Elle se comporte comme une enfant elle aussi. J’ai eu du mal à adhérer à son personnage, j’espère donc que cela va s’améliorer avec la suite.

Ils échangèrent un regard et Lola s’en voulut à mort de s’être trahie elle-même sans le vouloir. C’était une femme forte et indépendante. Elle avait quitté la maison de ses parents à dix-huit ans pour partir étudier les langues à l’étranger, et après cela, elle n’avait plus rien demandé à personne, hormis le soutien de ses amies quand elle avait une décision importante à prendre.

Elle gagnait de l’argent, en mettait de côté et sortait, faisant constamment de nouvelles rencontres. Six ans durant elle était allée d’un pays à l’autre, et sans même s’en rendre compte elle était devenue la personne qu’elle rêvait d’être. A vingt-quatre ans, elle avait trouvé un job qui lui permettait de poursuivre ses études et moins de six mois plus tard elle était devenue parfaitement autonome.

Jamais elle n’avait eu besoin d’un homme comme Sergio, d’autant moins qu’il la traitait comme une moins que rien. Elle qui était toujours sortie avec deux garçons à la fois, et qui n’avait jamais entamé une relation sérieuse parce qu’elle n’en avait pas envie, souffrait, à présent, de constater que celui avec qi elle était prête à en avoir une ne voulait pas d’elle.

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, elle permet de mettre en évidence la perte de sentiment dans un couple après des années de mariage ou de vie commune, et le fait qu’on n’est pas la même personnage à vint ans qu’à trente ans. Cette histoire parle de construction de soi, de ce que l’on veut à un moment précis de sa vie. Elle parle aussi bien de construction personnelle et professionnelle en mettant en évidence les doutes des différents personnages. Certaines quittent leurs emplois, d’autres se découvre tune nouvelle voie, d’autres changent de petit ami, d’autres encore tombent amoureuses. Cela bouge beaucoup dans le groupe. Cette histoire parle aussi beaucoup de sexe, et il faut le savoir lorsqu’on la lit, car cela pourrait déranger plusieurs lecteurs ou lectrices. Les héroïnes ont un parler très francs, et Valeria raconte tout ce qu’elle vit avec Adrien ou Victor, ce qui peut à la fin agacer, car tous les détails n’ont pas besoin d’être connus. J’avoue que cela ne m’a pas dérangé, mais il est vrai qu’on a tendance à vouloir les passer sur la fin, car c’est un peu rébarbatif. Dans l’ensemble, cela reste toutefois une histoire que l’on devine aisément, une romance comme on peut en lire plusieurs. Ce qui fait le charme de ce récit, ce sont ses personnages, et l’humour. J’ai beaucoup aimé l’humour qui est présent, notamment par les personnages de Valeria et de Lola. Ces deux filles ont drôles et attachantes.

Pour l’écriture, le roman se lit très bien, et on le lit rapidement. Je l’ai lu en un weekend. Le style est clair, sans fioriture, et très immersif. Le seul défaut, à mon avis, ce sont toutes ces scènes de sexe qui sont trop nombreuses, mais ce n’est que mon avis. J’ai pris plaisir à suivre Valeria dans ses pensées, dans ses doutes face à Adrien ou Victor, face à son travail aussi. Je regrette aussi que l’on ne voit pas plus la vie espagnole, mais cela sera peut-être plus évident dans les prochains tomes, car j’aurais souhaité être un peu plus dépaysée. En vérité, le roman pourrait se passer n’importe où dans notre monde occidental. J’aurais donc souhaité que l’Espagne soit plus marquée. Le fait que l’écriture soit à la première personne n’est pas dérangeant, d’autant plus qu’on a les avis es autres filles, avec ce qu’il se passe de leurs côtés. Cela permet donc de changer un peu de point de vue. Et le fait que cela soit écrit de cette manière s’explique à la fin. Cependant, un peu plus de suspens aurait été bienvenu, même si cela n’est pas ce qu’il y a de plus évident avec ce type de roman, qui est une romance simple mais efficace.

En résumé, c’est un bon premier tome, avec des personnages drôles et attachants, une bonne critique de la vie de couple et de la jeunesse qui se cherche afin de grandir et de se poser. C’est une onde à la vie et à l’amour. Le petit groupe d’amie donne envie de les rejoindre. C’est une bonne lecture que je vous conseille, si les scènes de sexe ne vous dérangent pas, afin d’avoir le sourire et d’oublier le confinement. C’est une lecture agréable qui se lit bien. Je vais lire la suite avec plaisir, car j’ai bien envie de savoir ce qu’il va arriver à Valeria et ses amies.

Et vous ?

Aimez-vous les romances ?

Trouvez-vous les scènes plus osées dérangeantes dans ce type de lecture ?

Savoir qu’il y en a vous ferait-il passer votre chemin ?

Ou au contraire, appréciez-vous que tout soit décrit ,

Bon jeudi à tous 😀

Et prenez soin de vous 😀

2 réflexions au sujet de « Dans les pas de Valeria »

  1. Je partage tes impressions sur ce roman, le style de l’autrice et les personnages, notamment sur Adrian que j’ai également détesté. Sa manière de jouer les victimes m’a donné des envies de meurtre… Quant aux scènes de sexe, je n’en suis pas fan, mais c’est vrai que le style est tellement efficace qu’on arrive à passer outre 🙂

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