chroniques littéraires

Le mari de mon frère, tome 2

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien et que vous respectez comme il faut le confinement. Ici, je commence vraiment à trouver le temps long, pas seulement en ce qui concerne le confinement, mais surtout l’ambiance anxiogène qui règne partout. J’angoisse beaucoup et je ne passe pas une journée sans faire au moins une crise d’angoisse. Rien ne parvient à me détendre, sauf peut-être les jeux vidéo, ce qui n’est pas vraiment une détente puisque je suis toujours dans un état étrange lorsque je joue, un certain état de tension. Même lire est compliqué car je stress de ne plus avoir de livre si le confinement vient trop à durer, alors que ma pile-à-lire est pourtant bien fournie. Je crois que je cogite trop.

Du coup, aujourd’hui, pour essayer de se détendre un peu, alors que je fête mes trente ans, j’ai eu envie de vous présenter l’une de mes dernières lectures, qui est un manga. il s’agit du tome 2 de la série Le mari de mon frère, de Gengoroh Tagame. Cette série de manga est parue aux éditions Akata. Je vous avais déjà parlé du tome 1 sur le blog, ici. Ce tome 2 est sorti en novembre 2018 et voici son résumé :

La petite Kana est aux anges ! Entre son nouvel oncle venu du Canada, mais aussi l’arrivée surprise de sa mère, la fillette a de nombreuses raisons de se réjouir ! Mais tout le monde, dans le voisinage, ne regarde pas d’un œil bienveillant l’arrivée d’un homosexuel dans le quartier… Une occasion parfaite, pour Yaichi, de continuer à remettre en cause ses certitudes

Dans ce nouvel épisode, nous retrouvons nos trois personnages, à savoir Yaichi, Mike et Kana. Yaichi essaye encore de se faire à la présence de Mike dans son environnement, il a encore du mal avec le fait que son frère se soit marié à un autre homme, au Canada, sans le lui avoir dit. Il a l’impression d’être passé à côté de quelque chose. Pendant ce temps-là, Kana ne parle que de Mike, ce qui va finir par lui attirer des ennuis, et ce dernier doit aider un jeune homosexuel face à ses doutes.

Je vais commencer cette chronique pas vous parler immédiatement du temps qui se développe dans ce tome précisément, c’est celui de l’homophobie. En effet, même si Yaichi n’a pas vraiment été heureux de faire la connaissance de Mike dans le premier tome, et qu’il a encore du mal à accepter le fait que son frère jumeau ait choisi cette voie, il n’est pas méchant avec Mike, et il l’accepte en tant que personne. Il ne l’insulte pas et ne se montre pas désagréable envers lui. Or, on découvre peu à peu, dans notre lecture, que ce n’est pas le cas de tout le monde. La présence du canadien dans le voisinage commence à jaser, à faire parler, et évidemment, vue la carrure de Mike, ce n’est pas lui qui se prend ses remarques, elles ne sont que sous-entendues. En vérité, la personne qui va subir de plein fouet cette homophobie sournoise, ce n’est pas Mike, ni même Yaichi, c’est bien Kana, trop jeune pour comprendre que l’orientation sexuelle de son oncle pose problèmes à certaines personnes. Cela est touchant la manière dont la petite fille ne conçoit pas qu’on puisse rejeter une autre personne à cause de l’amour qu’elle porte à une autre personne, mais c’est aussi horrible. Kana n’a rien demandé dans l’histoire, et c’est elle qui se retrouve isolée à cause des adultes, à cause du rejet de ces derniers. Et même si elle ne le comprend pas, cela reste horrible et complètement révoltant. On a envie d’aller voir ces gens qui osent dire à leurs enfants de ne plus fréquenter la petite fille pour leur donner au moins une gifle. Les enfants n’ont pas à subir les pressions des adultes, et ils n’ont pas à être rejetés de cette manière. J’ai trouvé cela vraiment dégoûtant et cela m’a mise hors de moi. On ne peut alors que plaindre Kana qui voit ses amis s’éloigner d’elle à case de l’opinion de leurs parents. Cependant, ce que je trouve génial pour le moment, c’est que cela n’a pas l’air d’affecter Kana, et qu’elle continue à a profiter de son oncle sans se poser de questions, en sachant bien qu’un jour il partira, et qu’elle en aura le cœur brisé.

Ce que j’ai aussi beaucoup aimé dans ce nouvel épisode, outre le fait que Kana prouve qu’elle a un cœur en or, c’est de voir Mike lui aussi démontrer sa générosité. En effet, même si Mike se moque de l’homophobie qu’il suscite au Japon ou même ailleurs, il ne veut pas que cela vienne poser problèmes à d’autres. Ainsi, il se fait conseiller d’un jeune adolescent, qui vient lui demander conseil. C’est là qu’on voit que non seulement Mike est généreux et veut aider les autres, qu’il veut démontrer que l’homosexualité n’est pas une tare, et qu’on voit aussi à quel point la société japonaise est puritaine face à ce genre de questions. ce jeune garçon homosexuel est obligé de parler à un canadien pour avoir des réponses à ses questions. C’est donc qu’il ne peut pas les trouver ailleurs. Et l’on comprend bien, ainsi, que les homosexuels ne s’affichent pas au Japon, qu’ils se font très discret. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait comment c’est déjà assez compliqué de s’afficher en tant que couple hétérosexuel, alors en tant qu’homosexuel, on n’ose même pas imaginer. Cela permet de mettre en évidence à quel point ces jeunes, notamment les adolescents, sont perdus face à ces questions, et malgré l’essor d’internet, ils ne sont pas aidés. Heureusement que Mike est là pour ce garçon, car il répond à toutes ses interrogations et à tous ses doutes. C’est une scène assez touchante qui se met alors en place, car à travers ce garçon, Yaichi revoit son frère, qu’il n’a pas su aider non plus. Cela le renvoie face à ce que lui n’a pas fait pour un membre de sa famille, pour la personne qu’il aimait le plus au monde.

Ce qui est intéressant aussi dans ce manga, ce sont toutes ces petites touches sur la vie quotidienne au Japon qui sont disséminées un peu partout dans l’histoire. Ainsi, on découvre comment vivent Kana et Yaichi, que ce soient avec la nourriture, ou même la douche, ou les activités extrascolaires. C’est l’occasion alors pour Mike de découvrir plein de choses, que ce soit sur sa nièce, son beau-frère, mais aussi sur la vie normale d’une famille japonaise. Evidemment, son mari, avant de mourir, lui a déjà appris plein de choses, mais c’est différent de les vivre au Canada plutôt qu’au Japon. Ainsi, même la nourriture semble différente, alors que Mike est habitué aux plats japonais. Il découvre aussi les règles compliquées qui règnent au Japon, comme le fait de ne pas avoir accès à la piscine si l’on porte des tatouages, et d’autres choses. On rencontre aussi la mère de Kana, qui n’est pas morte, mais qui vit ailleurs. C’est l’occasion d’évoquer les divorces, et surtout la pression japonaise qui existe sur le travail. Ainsi, comme elle l’avoue elle-même, la mère de Kana est marié à son travail, et elle n’a pas le temps pour autre chose. C’est d’ailleurs pour cela que c’est Yaichi qui en a la garde. Ce que j’ai bien aimé, c’est surtout la scène où Mike prend Kana dans ses bras pour lui faire un câlin, et que Yaichi en est gêné, non pas parce que c’est Mike, mais tout simplement parce que cela ne se fait pas au Japon. C’est assez touchant de voir la pudeur que les japonais ont les uns envers les autres, leur refus de se toucher, alors qu’un câlin ne fait de mal à personne, tant qu’il est consenti de la part des deux personnes. Ce n’est d’ailleurs pas Kana qui doit le contraire. Les enfants ont besoin d’amour, et Yaichi semble avoir du mal avec les gestes tendres, tout simplement parce que cela est dans son éducation. On comprend mieux pourquoi il a autant de mal avec Mike et son éducation différente. Cela ne fait que relever le décalage culturel qu’on peut avoir avec l’Asie, et je trouve cela intéressant de découvrir davantage pourquoi ce décalage existe. Je trouve que malgré son sujet assez sérieux, d’actualité aussi, l’auteur parvient à nous éduquer, à la fois sur l’homosexualité, mais aussi sur les japonais en eux-mêmes. Ce manga a donc vraiment une valeur éducative, informatrice, que ce soit envers les européens ou les japonais eux-mêmes.

Comme je l’ai mis plus haut, ce manga a une valeur éducative, et cela se retrouve dans les petits points sur la culture gay, énoncés entre les chapitres. Je continue à trouver cela intéressant, et l’on continue à apprendre des choses, notamment sur les drapeaux, ou même sur l’origine du mot coming-out. C’est bien fait et cela ne casse pas la lecture. Quand au dessin, il reste le même, agréable et bien lisible. L’histoire avance à son rythme, mais j’ai quand même hâte de savoir comment Yaichi a pu laisser son frère jumeau partir au Canada, aussi loin, et pourquoi ils ne sot pas revus toutes ces années. Certaines questions sont encore en suspens, et l’on finira par en avoir els réponses.

En résumé, ce tome 2 est plaisant à lire et permet de faire avancer l’histoire, notamment sur la mère de Kana ou sur l’homophobie latente à laquelle sont confrontés nos personnages. Ce tome permet de découvrir davantage le Japon et sa culture, ainsi que son rapport aux autres. Le manga se lit bien et nous apprend des choses. Dès la fin du confinement, je pense donc terminer cette série le plus rapidement possible. Elle est courte, je vous en conseille donc la lecture. C’est une bonne série.

Et vous ?

Appréciez-vous de retrouver le thème de l’homophobie dans vos lectures ?

Il y a-t-il des thèmes que vous n’aimez pas retrouver ?

Parvenez-vous à lire pendant le confinement ?

Bon dimanche çà vous et prenez soin de vous 😀

Une réflexion au sujet de « Le mari de mon frère, tome 2 »

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