chroniques littéraires

La Trilogie du Tearling, tome 2 : l’Invasion du Tearling

Bonjour tout le monde. j’espère que vous allez bien et que vous avez passé une bonne semaine. Ici, elle est très marquée par la pluie et j’avoue que j’ai hâte que le printemps soit enfin là, que le soleil fasse son grand retour. Je sais que c’est égoïste, parce que comme tous les ans, on va finir par manquer d’eau, mais là, on est à beaucoup trop. Par chez nous, il y a des inondations, et puis, la pluie est vraiment démoralisante. Et j’ai aussi de l’espoir qu’avec le retour du printemps et de températures plus clémentes, on puisse enfin se débarrasser du virus dont tout le monde parle, qui commence à m’angoisser. Croisons les doigts.

Aujourd’hui, je vous retrouve en cette journée des droits des femmes avec un personnage féminin très fort, très inspirant, qui peut être un vrai modèle. En effet, je vous propose de retrouver le personnage de Kelsea, la reine du Tearling, qui doit faire face à de nouvelles aventures. Je vous propose donc de découvrir le tome 2 de la Trilogie du Tearling, écrit par Erika Johansen, qui s’intitule L’Invasion du Tearling. Dans sa version poche, ce roman a été rebaptisé Révolte de feu. La version brochée est sortie en juin 2017 aux éditions JC Lattès. Vous pouvez retrouver mon article sur le premier tome ici. Voici le résumé de ce tome 2 :

Au fil des jours, Kelsea Glynn apprend à assumer ses nouvelles responsabilités de souveraine. Mais en stoppant les livraisons d’esclaves au royaume voisin de Mortmesne, elle a provoqué la colère de la tyrannique Reine rouge, qui tire son pouvoir de la magie noire. En représailles, sa terrible armée déferle sur le Tearling pour s’emparer de ce qui, selon elle, lui revient de droit. Rien ne peut arrêter l’invasion.

À mesure que l’armée Mort se rapproche, voici qu’une mystérieuse connexion s’établit entre Kelsea et une époque datant d avant la Traversée. Elle se trouve unie à une étrange alliée, qui pourrait s’avérer dangereuse : une certaine Lily, qui lutte pour sa vie dans un monde où il ne fait pas bon être femme. Bientôt, Kelsea elle-même commence à changer ; elle ne reconnaît plus ni son reflet dans le miroir, ni l’extraordinaire pouvoir dont elle dispose à présent. Qui sait ? Le sort du Tearling, et celui de l’âme-même de Kelsea, dépendent peut-être de Lily et de son histoire ? Mais pour la Reine du Tearling, face aux hordes noires qui menacent de déferler sur sa cité et sur son peuple, le temps vient à manquer.

Dans ce nouvel épisode, nous retrouvons la reine Kelsea qui doit faire face à ses décisions. En effet, dans le tome précédent, en arrivant au pouvoir, Kelsea s’était déjà mise à dos le pays voisin, à qui elle a refusé d’envoyer des esclaves. Or, la Reine Rouge, sorcière à la tête à la têt du royaume Mort, ne compte pas laisser passer ct affront. Elle compte bien donner une leçon à Kelsea et à son peuple, quitte à détruire ce dernier. Kelsea n’a pas le choix, l’armée Mort avance sur son royaume. Elle doit trouver un moyen de contrer la Reine Rouge, quitte à se perdre en chemin, quitte à renoncer à la magie héritée de ses ancêtres.

Je vais commencer par vous parler du personnage de Kelsea. Dans le premier tome, elle n’était encore qu’une jeune fille que l’on venait ds’arracher à sa famille adoptive pour la projeter sur un trône auquel elle s’était préparée toute sa vie, sans vraiment être prête à gouverner. Au fil de l’histoire, on la voyait alors évoluer et réaliser tout le poids de sa mission. Dans ce nouvel épisode, Kelsea continue d’évoluer, mais on ne peut pas dire cette fois que cela soit en bien. En effet, elle commence à devenir une vraie reine, de celles qui sont persuadée de savoir ce que st bien pour leur peuple sans se remettre en question. Certes, Kelsea doute aussi beaucoup, et elle sait qu’elle a agit dans la précipitation lorsqu’elle a refusé d’envoyer les esclaves au royaume Mort, mais elle est aussi persuadée du bien fondé de son action, même si cela plonge son pays dans le chaos. Elle se remet en cause tout en agissant comme une enfant, ce que lui reproche d’ailleurs les autres personnages. Cela se retrouve d’ailleurs dans ses relations avec les autres. Kelsea veut tout, tout de suite. Elle devient impatiente, et même si cela est normal, elle n’a que dix-neuf ans, elle est encore jeune, elle a beaucoup de mal à refréner ses pulsions. Ainsi, lorsqu’elle veut quelque chose, elle fait tout pour l’avoir, même si cela met en embarras ses proches. Elle a aussi beaucoup de colère en elle, et elle n’hésite pas à se faire du mal. On est face à un personnage qui s’autodétruit, et je trouve cela intéressant, non seulement parce que cela permet d’évoquer l’automutilation, que Kelsea commet envers elle-même, mais aussi parce qu’on voit que le pouvoir peut faire tourner la tête. Dans le premier tome, Kelsea reprochait à sa mère ses choix, or là, elle se rend compte qu’être reine, c’est loin d’être simple. Tous ses choix on de grave conséquence, et comme Kelsea est assez solitaire, elle n’a que cette solution, se faire mal, pour pouvoir évacuer toutes ses frustrations. Et néanmoins, malgré toute cette faiblesse et cette noirceur que Kelsea porte en elle, tous ses défauts, elle reste forte. Oui, elle accepte, en évoluant, sa part d’ombre, et cela la fait grandement mûrir, mais elle n’en perd pas moins son intelligence. Ainsi, même si elle se montre impatiente, il n’en reste pas moins qu’elle garde la tête froide, et qu’elle ne tombe pas dans les pièges qui lui sont tendus. Alors qu’elle a l’opportunité de détruire la Reine Gouge, elle retient son geste, parce qu’elle sait ce que cela lui en coûterait. Elle reste une reine qui agit pour le bien de son peuple. Je trouve le personnage de Kelsea admirable, car elle fait des erreurs comme tout le monde, mais elle se relève à chaque fois et va a bout des choses, même si c’est une mauvaise direction. Il est certain qu’elle mourrait pour son peuple, s’il le fallait. Elle reste droite dans ses bottes, dans ses idées, elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Et malgré la noirceur qu’elle découvre en elle, elle ne perd pas son humanité. C’est un personnage inspirant car elle ne se laisse pas faire et personne ne peut lui dicter sa conduite, même si parfois cela lui pose préjudice.

Kelsea leva le bras gauche. Elle avait déjà enduré de terribles douleurs… le couteau planté dans son épaule, les coups de becs et de serres du faucon… Pourtant ce qui lui revint à l’esprit, ce ne fut pas les épreuves passées, mais Lily Mayhew. La vie de Lily était relativement confortable pour son époque, mais même durant ce bref instant de réminiscence, Kelsea avait pressenti quelque chose de terrible dans l’avenir de Lily, une épreuve du feu imminente. Elle examina la peau blanche et douce de son avant-bras en essayant de se concentrer, imaginant la chair sous l’épiderme. Juste une égratignure… cela me fera à peine mal, se dit-elle, pourtant son subconscient se révolta à cette idée.

Arracher la peau et briser les os.

– Seulement la peau, murmura-t-elle en fixant son bras, concentrant toute sa volonté sur une petite surface de peau. Juste une égratignure.

Une fine ligne rouge apparut sur son avant-bras, qui se fit plus profonde à mesure que Kelsea se concentrait toujours plus intensément. Elle siffla entre ses dents quand sa peau la picota en se fendant, et en voyant un mince filet de sang sourdre de l’entaille, Kelsea sourit béatement. Elle se sentie reliée à chaque fibre de son être, chaque nerf de son corps. Certes, la douleur n’avait rien de plaisant, mais c’était si bon d’éprouver autre chose qu’une sentiment d’impuissance.

Venons-en à présent à présent à l’autre personnage principal de cette histoire, qui est donc Lily. Si vous vous souvenez de ce que j’avais dit dans la chronique du premier tome, c’était que je regrettais de ne pas en savoir plus sur la Traversée, sur le moment où tous ces hommes et femmes avaient quittés leur monde, les Etats-Unis, pour venir s’installer au Tearling et fonder une colonie. Dans ce second tome, on en apprend enfin plus sur le monde d’avant, et l’on bascule dans la dystopie. J’aime beaucoup ce mélange qui est présent ici, avec ce mélange entre la fantasy et la dystopie. C’est assez original et bien fait. On va de l’un à l’autre en suivant Kelsea et Lily, qui ne vivent pas à la même époque ni dans le même lieu. Pendant une partie du roman, on se demande même le lien entre elles deux, même s’il est facile à deviner. Lily vit donc à une période lointaine, et Kelsea voit ses souvenirs grâce à sa magie. Lily vit aux Etats-Unis, du moins dans ce qui reste des Etas-Unis. En effet, nous sommes dans le futur, et les lois n’ont jamais été aussi drastiques. Le gouvernement n’existe qu’à peine, tout est contrôlé par la Sécurité, une agence qui a pour but de gérer la société civile. Les femmes appartiennent désormais à leurs maris et ne peuvent plus faire autre chose qu’être à la maison à évlever des enfants. Or, Lily rejette cette idée. Son marie st violent et elle ne veut pas lui faire d’enfant. Mais comme ils n’ont pas d’enfants, ce dernier n’arrête pas de rater des promotions, ce qui l’énerve encore plus. La vie de Lily bascule lorsqu’elle se retrouve mêlée au projet d’un monde meilleur. Elle qui pensait alors ne rien savoir faire à part acheter des pilules contraceptives au marché noir se retrouve mêlée à une révolution qui la dépasse, mais qui va aussi la révélée. Lily se découvre courageuse et bien plus forte qu’elle ne le croyait. Cette prise de conscience est très intéressante car elle montre qu’avec un rêve, un espoir, on peut transcender les gens. Lily se raccroche au monde meilleur, à sa possibilité, et elle fait face à son mari. Son personnage est alors attachant, car on a peur et mal pour elle. Comme Kelsea, elle a fait des erreurs qui la rongent, mais elle essaye de se relever et de continuer à vivre avec ce poids, à essayer de changer les choses. Son histoire personnelle est là encore touchante, parce que qu’elle vit n’est vraiment pas simple, et qu’elle représente alors toutes les femmes qui vivent sous la coupe d’un mari violent qui veut tout diriger. On se met facilement à sa place et l’on veut qu’elle se rebelle, qu’elle fasse quelque chose pour sauver sa vie. J’ai apprécier ainsi le lien qu ise développe entre Kelsea et elle, malgré le temps et la distance. L’une donne du courage à l’autre, et c’est intéressant et sympa comme idée.

Lily se contenta de secouer la tête, car il n’y avait aucun moyen d’expliquer sa situation au Dr Anna. Il arrivait que des femmes s’enfuient, même de New Canaan ; l’an dernier, Cath Alcott était partie une nuit en installant ses trois enfants dans la Mercedes familiale, et elle avait disparu. La Sécurité avait retrouvé la voiture, abandonnée, dans la Massachusetts, mais d’après ce que Lily savait, on n’avait jamais retrouvé Cath. John Alcott, un homme grand et taciturne qui avait toujours rendu Lily mal à l’aise, avait engagé une société privée pour retrouver son épouse, sans résultat. On n’avait même pas pu localiser son implant. Cath avait réussi l’impossible ; elle avait emmené ses enfants avec elle dans sa fuite sans rencontrer de problèmes.

Mais Lily serait jamais capable de disparaître, même sans avoir la charge d’enfants. Où vivre ? Comment trouver de quoi manger ? Tout l’argent était au nom de Greg, les grandes banques n’ouvraient plus de comptes personnels pour els femmes mariées. Même si Lily avait connu des gens capables de lui fournir une nouvelle identité, ce qui n’était pas le cas, elle n’avait aucune corde à son arc. Elle avait quitté l’université avec une licence d’anglais. Personne ne l’engagerait, pas même pour faire des ménages. Fermant les yeux, Lily revit les sans-abris de Manhattan vêtus de sacs-poubelles qui s’agglutinaient sous les routes en une masse informes en se battant pour des miettes. Même si elle parvenait à s’enfuir, elle ne survivrait pas un jour dans ce monde-là.

Revenons-en à présent au Tearling et à l’époque de Kelsea. Son rôle de reine n’est vraiment pas aisé, et s’il y a bien un domaine dans lequel on attend qu’elle craque, c’est celui de la religion. Depuis le premier tome, Kelsea ne cache pas son athéisme. Or, après la reine, l’autre gouvernement, c’est celui de l’Eglise. Et alors que Kelsea pensait pouvoir museler l’Eglise, elle se retrouve confrontée à un adversaire de taille, celui du Saint père. C’est un personnage abjecte, et on n’a qu’une envie, c’est que Kelsea lui rende la monnaie de sa pièce, qu’elle le détruise. Ce roman permet, beaucoup plus que le tome 1, de se confronter à l’Eglise et à ses horreurs. Nous avons ici une vraie critique de la religion et de la folie qu’elle engendre. C’est assez glaçant d’ailleurs parce qu’il y a une scène en particulier pleine de violence, qui nous fait lever le cœur et frissonner tellement elle est horrible. Elle donne presque des envies de meurtres, et je trouve que l’on a presque ici un message politique. Certes, le roman a quelques années maintenant, mais je trouve qu’il se veut militant, notamment avec le personnage de Kelsea, mais aussi avec celui de Lily, et on a presque une mise en garde sur les pouvoirs de l’Eglise, notamment sur la vie et la mort des homosexuels. Alors que l’Eglise devait simplement aider son prochain, on sort ici de ce cadre, et le personnage du Saint Père démontre toute l’horreur que peut faire la religion, mais n’importe laquelle, à partir du moment où l’on détourne le message principal.

– Voulez-vous que je dresse la liste de vos transgressions ?

– Pourquoi pas ?

– Très bien, Majesté. Trois hérétiques et deux homosexuels étaient en détention au début de votre règne, et vous les avez tous libérés. Pire, vous tolérez ouvertement l’homosexualité au sein de votre propre Garde.

Quoi ? Kelsea combattit son envie pressante de regarder Massue et les autres membres de sa Garde. Elle n’avait jamais entendu le moindre murmure à ce propos.

– Le fait que vous ne soyez toujours pas mariée est un exemple désastreux pour els jeunes femmes, partout et en tous lieux. J’ai même ouï dire que vous pourriez avoir des penchants homosexuels, poursuivit le Saint-Père.

– En vérité, votre Sainteté, la liberté sexuelle entre adultes consentants est la plus grande menace que ce royaume ait jamais affronté, répliqua Kelsea d’un ton acerbe. Dieu sait comment nous avons pu y survivre.

Mais le Saint-Père continua imperturbablement :

– Tout récemment, Majesté, j’ai été informé que vous aviez l’intention d’imposer l’Arvath sur ses propriétés foncières, comme n’importe quel corps séculier. Mais il s’agit sans doute d’une erreur.

– Ah, nous y voilà. Non, ce n’est pas une erreur, Votre Sainteté. L’Eglise de Dieu est un propriétaire terrien comme un autre. A partir de février prochain, j’escompte recevoir chaque mois des règlements sur toutes vos terres. (…) Vous tirez profit de vos terres, Votre Sainteté, et malgré votre mandat, vous n’êtes pas une institution charitable. Je ne vois pas en quoi la masse énorme de vos revenus profite au bien public.

– Nous distribuons du pain aux pauvres, Majesté!

– Bravo. Sainte Simone elle-même n’aurait pas mieux fait, remarqua Kelsea.

En ce qui concerne l’écriture, je la trouve toujours aussi plaisante, et l’on est bien immergés dans le roman. Les descriptions sont fluides, et l’on ne s’y perd pas. Elle sont assez simples et aisées, on se projette bien dedans. Je note toutefois le même bémol que dans le premier tome, avec la carte. Je n’arrive pas à me repérer sur cette carte, et je trouve cela dommage, car un vrai travail dessus aurait été nécessaire. C’est tout de même dommage d’avoir une carte avec seulement quelques points de repère, sans que la ville principale ne soit dessus, ou même le royaume des Morts.De ce fait, elle est un peu inutile. Mais cela n’est pas dû à l’autrice. Le roman se lit bien, les sentiments des personnages sont bien décrits, et le passage entre la fantasy et la dystopie est vraiment bien fait, bien mené. L’univers est cohérent et l’on a enfin les explications que l’on voulait. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’on découvre qui est la Reine Rouge, mais aussi l’horreur apportée par la Chose, celle qui va essayer de pervertir Kelsea. Il reste encore des questions, mais on voit le bout des explications.

En résumé, c’est un nouveau tome que j’ai apprécié. Le lecture s’est bien faite et cela était plaisant de retrouver Kelsa, de la voir encore évoluer, et je suis certaine qu’elle sera encore différente dans le tome 3. C’est un personnage que j’aime beaucoup et que je suis contente de continuer à découvrir au fl de ses aventures. Le fait que l’on bascule sans cesse de la fantasy à la dystopie est une bonne idée, et cela amène un plus à l’ouvrage. Cette histoire est enrichissante et casse les codes. Elle permet de réfléchir sur notre monde, nos réactions, et sur notre rapport à la sécurité, à la technologie, aux livres aussi. C’est un bon roman est l’univers est bien mené. Je ne peux que vous en conseiller la lecture.

Et vous ?

Aimez-vous lorsque les univers se mélangent ?

Lorsque l’on passe d’un univers à un autre ?

Ou au contraire, préférez-vous que les romans rentrent dans des cases précises ?

Qu’aimez-vous retrouver dans la dystopie ?

Bon dimanche à tous 🙂

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