chroniques littéraires

Les Gardiens des Cités Perdues, tome 2 : Exil

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien et que la reprise n’a pas été trop compliquée de votre côté. Ici, cela a été, mais mes élèves dorment en cours. Le plus compliqué pour eux est de retrouver un rythme de travail, et avec les examens blancs qui arrivent, l’hiver et la pression qui s’ajoutent, autant dire que la concentration n’est pas toujours au rendez-vous. J’espère que cela sera mieux la semaine prochaine, lors du bac blanc.

En parlant de pression et d’adolescents, je reviens vers vous aujourd’hui pour vous parler de mon premier coup de cœur de l’année, il s’agit de la suite des Gardiens des Cités Perdues, écrit par Shannon Messenger et publié par les éditions Lumen. Vous pouvez retrouver ma chronique du tome 1 ici. Cela y est, j’ai enfin pu récupérer ce roman à la médiathèque de ma ville et le dévorer. Je vais pouvoir passer à la lecture du tome 3 à présent. Ce tome 2, dont je vous parle aujourd’hui, s’intitule Exil et est sorti en 2015 en France. Voici son résumé :

Depuis qu’elle a quitté sa famille humaine pour aller vivre parmi les elfes et étudier à l’académie de Foxfire, Sophie n’a pas manqué d’attirer tous les regards sur elle… et son enlèvement n’a rien arrangé ! Le monde elfique, pour qui le mot « crime » était jusque-là quasi inconnu, est en émoi et la révolte gronde…

Pourtant, une découverte extraordinaire pourrait permettre de ramener le calme au sein des Cités perdues. Sophie tombe en effet nez à nez avec une alicorne, une créature fabuleuse que les elfes croyaient disparue, symbole pour eux d’un nouvel espoir. Mais la jeune Télépathe, chargée de s’occuper de l’animal, va vite déchanter : déjà bien éprouvée par la reprise des cours imminente et les messages toujours plus énigmatiques du Cygne Noir, elle se retrouve en plus contrainte de prendre un risque immense pour protéger l’un de ses proches d’une mort certaine…

Dans ce nouveau tome, nous retrouvons Sophie, la jeune Elfe qui a été élevée par des humains et dont l’ADN a été manipulé par l’organisation du Cygne Noir, qui se dirige vers une nouvelle année à Foxfire, l’école des Elfes. Ce début d’année scolaire s’annonce épique, avec une Sophie qui souffre de migraine, et qui attire surtout beaucoup trop l’attention sur elle. Alors que jusque-là elle était considérée comme étant la jeune fille qui avait été enlevée, elle est désormais celle qui est tombée sur une alicorne par hasard, alors que l’espèce est disparue depuis des décennies, et comme celle qui doit la préparer pour le grand spectacle censé montrer le calme des Cités Perdues. Et comme si cela ne suffisait pas, voià que le père de son ami Fitz lui demande de rentre visite à un prisonnier de la prison d’Exil, afin de sonder son esprit. Ce n’est pas certain que les deux personnages s’en sortent sans dommages. Une nouvelle fois, Sophie va devoir avoir des réponses sur ses origines si elle veut survivre et protéger les siens.

J’ai beaucoup apprécié retrouver Sophie et ses amis dans ce nouveau tome. Maintenant que la jeune fille s’est faite à sa nouvelle vie, il ne lui reste plus qu’à s’approprier ses pouvoirs, ce qui n’est pas chose aisé maintenant qu’elle sait que ces derniers ont été crées génétiquement pour elle, qu’elle est le fruit d’une expérience. Mais peu importe, Sophie compte bien vivre comme elle l’entend, même si elle a hâte d’avoir des réponses à ses questions : pourquoi a-t-elle était crée ? Et qui sont ses parents ? Mais alors qu’elle pense avoir le temps de poser ses questions, le temps la rattrape et ces réponses vont finir par devenir vitales, non seulement pour l’un de ses proches, mais aussi pour Sophie. Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce nouveau volume, c’est que Sophie prend davantage confiance en elle alors que sa situation n’est pas forcément évidente, et qu’elle assume davantage ses choix. Elle ose tenir tête au Conseil des Elfes et elle n’hésite pas à se mettre en danger pour sauver l’un de ses amis. Alors que dans le premier tome, elle n’avait pas vraiment choisi de se retrouver en danger, cette fois c’est elle qui le fait volontairement, afin d’avoir des réponses à ses questions, mais aussi pour les êtres. Sophie a donc tout d’une héroïne prête à se sacrifier pour ses amis. Elle montre ainsi qu’elle a une grand cœur, et surtout une grande détermination. Elle affronte ses peurs et ses origines beaucoup plus facilement que dans le premier tome, et elle fait preuve de réflexion, ne se jetant pas non tête baissée dans les ennuis. C’est un personnage que l’on apprécie grandement de suivre et auquel on s’attache facilement. Sophie montre qu’elle est une vraie amie, et cela sans juger les autres. Elle n’est pas imbue d’elle-même malgré ses capacités et son évolution ici est intéressante.

Je vais à présent vous parler de l’autre personnage qui est mis en valeur dans ce nouvel épisode. Il s’agit de Keefe. Alors que dans le premier tome nous avions un basculement entre Fitz et Dex, les deux meilleurs amis de Sophie dans son nouveau monde, cette fois, c’est sur le meilleur ami de Fitz que la jeune fille va devoir compter. Cela la bouleverse beaucoup, elle qui n’est pas forcément habituée à sa présence, ni même à faire pleinement confiance aux autres, mais le jeune garçon parvient à trouver les arguments pour faire partie de son épopée. Keefe avait beau être présent dans le premier tome, il était un peu plus effacé, alors que là, il prend davantage les choses en main. C’est un personnage que j’aime beaucoup car il a beaucoup d’humour, et même si l’on avait un peu vu sa famille auparavant, on comprend avec cette suite pourquoi ce personnage prend tout à la dérision. Keefe, c’est un peu le trouble-fête, le personnage qui mène aux ennemis, aux punitions. C’est un parfait rebelle qui a besoin de rire, mais il montre ici qu’il peut aussi être sérieux, et que cela n’est peut-être finalement qu’une carapace. C’est donc plus qu’un personnage qui s’amuse, et j’ai apprécié ici qu’il aide Sophie dans ses réflexions, qu’il devienne un vrai pilier pour elle. Il montre qu’il peut sortir du rôle dans lequel il se place lorsque les situations l’exige, et qu’il est un ami fidèle. La relation qu’il entretient avec Sophie est intéressante et promet de belles choses, même si elle peut paraître ambiguës par moment. En ce qui concerne le comportement de Fitz dans ce roman, j’ai beaucoup moins aimé, et j’ai été déçue par l’évolution ici de ce personnage, parce qu’il fait de mauvais choix. Son évolution est moins plaisante, et je me demande comment cela va être traité par la suite. J’avoue avoir, du coup, préféré le personnage de Keefe.

– On est bientôt arrivés ?

Ce devait être la quinzième fis que Keefe criait cette question par-dessus le vent qui sifflait. A la seizième, Sophie n’hésiterait pas à le précipiter dans les flots noirs en contrebas.

– Non, pour la millionième fois ! Tu sauras quand on sera parce qu’on s’arrêtera de voler.

(…) Keefe se mit à gigoter dans son dos, manquant de leur faire perdre l’équilibre.

– Attention ! s’écria la jeune fille.

Mais Silveny avait heureusement inclinée une aile pour les rattraper.

– Désolé. J’essayais de me réchauffer, maugréa-t-il de plus belle. On ne pourrait pas jouer à un jeu ?Oh, je sais ! Action ou vérité ? Je connais une tonne de défis géniaux.

– J’essaie de me concentrer, là.

Il poussa un soupir si dramatique que Sophie l’entendit malgré le souffle du vent.

– Je suppose qu’une bataille de chatouilles est hors de question ? Parce que tu te trouves en position de vulnérabilité.

– Essaie un peu, pour voir !

Tu te rends compte que tu ne fais qu’attiser mon envie ?

Je suis sérieuse, Keefe.

– Je sais, c’est bien là le problème. (…) Je sais que je plaisante souvent, Sophie, mais… c’est juste parce que c’est plus facile, tu comprends ? C’est ma façon d’affronter la situation. ce qui ne veut pas dire que je m’en fiche, bien au contraire.

Ce qui est aussi très intéressant dans ce roman, et qui m’avait un peu manqué dans le tome précédant, c’est toute la partie sur les animaux. En effet, on nous parle du Sanctuaire, lieu où sont protégées toutes les espèces animales au monde, mais on n’en savait pas vraiment plus. Or, avec l’apparition de l’alicorne, qui est en fait une licorne avec des ailes, l’autrice prend davantage le temps de parler de cette partie-ci, et j’ai été séduite par ce nouvel apport. Cela permet en effet de mieux comprendre tout le travail des Elfes sur la protection de la nature, mais aussi le travail du père adoptif de Sophie. J’ai aussi nettement apprécié le lien qui se développe entre l’alicorne et Sophie, et la manière dont cette dernière doit gérer l’éducation de cet animal au caractère bien particulier. Sa présence est loin d’être inutile car elle rappelle que la magie peut être positive, qu’il faut prendre soin des animaux, être patient, et surtout les écouter. L’alicorne amène donc à Sophie une petite leçon sur la biodiversité et son équilibre, mais aussi sur elle-même et sur les Elfes en général, sur la manière dont ils conçoivent leur monde. L’alicorne permet aussi une petite dose d’humour, et c’est vraiment un personnage à part entière. J’espère qu’on la verra dans les prochains tomes, même si je me doute déjà de la réponse vu les prochaines couvertures. En tout cas, je suis fan de l’alicorne.

Les yeux emplis de larmes, elle attrapa Iggy et frotta son nez contre le museau touffu du lutin afin de tromper sa solitude et son angoisse. Si seulement elle pouvait retourner à une époque où elle n’avait pas à craindre évaporation, enlèvements et brise-mémoire…

Au bout d’un moment, elle commença à se sentir mieux. Mais c’est la voix apaisante de Silveny qui, emplissant son esprit, l’aide à regagner le contrôle de ses émotions.

Calme.

Amie.

A mesure qu’elle répétait ces mots, l’alicorne lui transmettait une chaleur étrangement douce. Sophie se lassa bercer par la sensation lovée autour de sa conscience comme si elle se trouvait dans un hamac.

Pour la première fois depuis longtemps, elle sombra dans un sommeil sans rêve.

Enfin, c’est un roman très intéressant car tout le thème de cette suite tourne autour de la mémoire et de l’esprit. En effet, on se plonge cette fois dans le fonctionnement du cerveau, et j’ai trouvé cela bien fait car cela permet d’avoir une certaine approche du fonctionnement de nos pensées, de nos souvenirs, et même si c’est fantastique, cela permet de se poser des questions sur soi et son identité. J’ai trouvé cela bien mené pour des enfants. J’ai pris plaisir à suivre Sophie dans l’esprit des autres et se confronter à ses premiers échecs, mais aussi à de grands espoirs. Cela lui permet d’étoffer ses pouvoirs et d’aller plus loin que personne n’a jamais été, d’autant plus que là, nous sommes confrontés à un cas vital. L’innocence de Sophie lui apporte beaucoup, elle n’est pas limitée comme les autres Elfes. Je pense que ce qu’il se passe dans ce tome autour de ce thème, sera déterminant pour la suite, et ce tome 2 nous permet d’avoir les fondations pour le reste de la saga, là où le tome 1 n’avait pas le temps de les poser.

Lorsque son esprit fut assez clair, elle effleura les tempes de l’Emissaire et s’introduisait dans son cerveau.

Cette fois, les souvenirs fracturés de l’elfe étaient encore plus acérés. Poignards, aiguilles et stalactites tournoyaient dans un vortex sombre, comme autant d’éclats de visages et de lieux déjà combinés en un cauchemar pareil à celui de Prentice. Elle tenta de se frayer un chemin, mais plus elle avançait et plus elle sentait l’obscurité se déployer autour d’elle comme des mains glacées qui la pressaient, l’étranglaient, l’entraînaient dans les profondeurs.

Elle se débattait, transmettant sans relâche le nom d’Alden à mesure qu’elle fouillait le désordre pour trouver quelque chose, n’importe quoi. Un fil de chaleur. Une étincelle. Un élément auquel se raccrocher pour le ramener. Rien que le blizzard… Elle commença à s’enfoncer. Mais si elle se laissait faire, elle serait engloutie par la démence, comme avec Prentice, et qui sait si elle pourrait jamais en réchapper…

En ce qui concerne la plume de l’autrice, je l’ai trouvée autant addictive que lors du premier tome. Je vous redis ce que j’ai déjà dis sur les réseaux sociaux lorsque j’ai terminé ce roman, cette saga me fait fortement pensé à Harry Potter, lorsque je les découvrais à l’époque de leur sortie et que je terminais un des volumes en deux jours. C’est la même chose ici et je trouve cette saga parfaite pour les adolescents de maintenant. Non seulement cette série est bien écrite, mais elle comporte aussi tout l’espoir et la magie qui sont nécessaires à ce monde. Il y a aussi des personnages forts et une once de rébellion qui font qu’on les adore. On s’attache à l’héroïne principale et à ses proches, et on est happé par le mystère qui entoure Sophie. Les indices sont disséminés dans chaque tome, et on en apprend toujours un peu plus, avec juste le suspens qui faut. L’aventure est bien faite et on prend plaisir à suivre Sophie.

En résumé, je ne peux que conseiller cette saga et je pense qu’elle devrait être lue par tous les fans de fantastique, même si c’est de la littérature considérée comme jeunesse. Elle est parfaite pour tous les nostalgiques de la saga du petit sorcier à lunettes, et pour ceux qui veulent leur saga à eux, en cours. Je vais dévorer la suite et je me retiens de ne pas me plonger immédiatement dans le tome 3, qui m’attend.

Et vous ?

Quelles sont les sagas qui vous ont marquées ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ces histoires ?

Lisez-vous des livres plus pour la jeunesse ?

Pourquoi ?

Bon vendredi à tous 🙂

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3 réflexions au sujet de « Les Gardiens des Cités Perdues, tome 2 : Exil »

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