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Les vœux secrets des sœurs McBride

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien et que vous passez un bon weekend. Pour ma part, ce dernier se déroule bien puisque je suis enfin en vacances. J’avoue que j’attendais ces dernières depuis un moment déjà. La période de décembre est très chargée lorsqu’on est prof, avec tous les conseils de classe, les notes à rentrer dans le logiciel, les appréciations à écrire, les copies à terminer de corriger, puis les réunions parents-profs, etc. Même si j’aime ce que je fais, la fatigue est autant là de notre côté que de celui des élèves, et ces dernières semaines, j’avoue avoir été moins patiente que d’habitude, ce qui provoque des tensions. Mais c’est bon, j’ai aussi le droit à ma pause et de profiter de ma famille. Cela fait du bien.

D’ailleurs, en parlant de famille, le roman que je vais vous présenter aujourd’hui en parle énormément. C’est normal, puisqu’il s’agit de son thème premier, avec celui de Noël. Aujourd’hui, je vous embarque donc dans une famille reconstruite, avec des cicatrices, des secrets, qui vit au cœur de l’Ecosse. Venez découvrir avec moi le dernier roman de Sarah Morgan, qui est une autrice que je découvre – il s’agit du deuxième roman d’elle que je lis – et que j’apprécie beaucoup. Ce roman s’intitule Les Vœux Secrets des Sœurs McBrideThe Christmas Sister en VO, et est sorti aux éditions Harlequin le 6 novembre 2019. Je remercie par ailleurs les éditions Harlequin et le site Negalley pour m’avoir permis de découvrir ce titre. Voici son résumé :

Dans la région enneigée des Highlands d’Écosse, Suzanne McBride est impatiente que ses trois filles adoptives la rejoignent pour fêter Noël. Hannah, elle, se passerait bien de ces festivités familiales : elle croule sous le travail et, surtout, sous le poids du secret qui va bientôt changer sa vie. Beth, quant à elle, est en pleine crise existentielle et tout ce que la mère de famille souhaite pour l’instant c’est du temps pour elle et du calme afin de décider si elle est prête à reprendre le travail. Posy, enfin, doit composer avec la sensation tenace qu’elle passe à côté de sa vie ; mais changer de voie est risqué quand on a la charge de ses parents. Enfin, toujours moins risqué que de craquer pour Luke, son nouveau voisin… Face aux problèmes de ses filles, Suzanne n’a d’autre choix que de compter sur la magie de Noël pour que ces fêtes se passent bien. Avec un peu de chance et plein d’amour, peut-être comprendront-elles qu’ensemble elles sont assez fortes pour affronter tous les obstacles…y compris un Noël en famille !

Dans cette histoire, nous suivons quatre femmes à l’approche de Noël. Il y a Suzanne, la maman, Hannah, sa fille aînée qui est tombée amoureuse et à peur d’être enceinte, Beth, la sœur cadette, qui est maman de deux petites filles et qui rêve de reprendre une vie professionnelle, et Posy, la petite dernière des trois sœurs, qui vit près de chez ses parents et qui rêve de quitter un jour sa vallée écossaise. La période de Noël est toujours compliquée pour les trois premières, faisant revivre chez elles des souvenirs qu’elles préféreraient oublier à jamais. Vingt-cinq ans plus tôt, les véritables parents de Hannah, Beth et Posy sont décédés dans une avalanche. Suzanne, la meilleure amie de leur mère, y a survécu. Depuis, elle veille sur les filles, leur donnant un foyer, une famille. Mais la culpabilité du survivant est toujours là. Hannah lutte contre le rejet de son père biologique, qu’elle n’a jamais pu régler avant sa mort. Beth surprotège ses enfants. Quand à Posy, même si elle n’a pas de souvenirs de cette époque, elle vit avec tous les fantômes qui hantent les autres. Or, ce Noël s’annonce particulier, car il va être temps de crever les abcès pour continuer d’avancer.

Je vais commencer par les personnages que j’ai beaucoup aimer. Je me suis facilement attachée à Hannah. Même si la jeune femme est d’une nature assez froide, qu’elle tient les autres à distance, on s’aperçoit assez vite que ce n’est qu’une carapace, son mode de fonctionnement pour se protéger de la douleur de perdre quelqu’un. Elle avait une dizaine d’années lorsque ses parents sont décédés, cela a laisser de profondes cicatrices en elle, d’autant plus que sa relation avec ses parents n’était pas idyllique. D’une certaine manière, Hannah s’en veut de ce qui leur est arrivé et elle a l’impression de ne jamais avoir pu leur montrer qui elle était vraiment. Ayant peur d’être abandonnée, elle repousse les autres, même sa propre famille. Or, elle s’est ouverture à un homme, et maintenant elle doit en payer le prix. J’ai beaucoup aimé la manière dont elle se dévoile peu à peu, avec ses faiblesses, ses doutes, et aussi la manière dont peu à peu elle reprend le contrôle de sa vie, mais cette fois accompagnée. On ne peut que s’attacher à elle car elle est touchante, on a envie de la serrer contre nous, de l’aider, d’être l’épaule réconfortante qu’Hannah a besoin. Elle doit faire un choix qui n’a rien de simple et on aimerait la conseiller. Je pense que c’est le personnage qui évolue le plus dans cette histoire, parce qu’elle passe par beaucoup d’étape vraiment pas simples et parce qu’elle est celle avec le plus de lourd passé à porter sur ses épaules. Je me suis aussi beaucoup attachée à Suzanne, qui fait tout pour ce que sa famille passe un bon Noël et soit heureuse. Ce ne sont pas ses filles de manière biologiques, mais elles le sont par le cœur. Leur lien est magnifique et on voudrait tous avoir le même au sein de nos propres familles. Suzanne ferait n’importe quoi pour ses trois filles. Quand à Posy, la dernière de la fratrie, j’ai beaucoup aimé son ton mordant, son ironie, ainsi que son énergie. Elle est touchante, cette jeune femme, parce qu’elle fait tout pour ses parents, qu’elle considère comme les seuls qu’elle , puisqu’elle n’a aucun souvenirs de ses parents biologiques. Elle est même prête à se sacrifier pour eux et à passer à côté de sa vie, de ses rêves, pour rester près d’eux. Elle évolue aussi au cours du roman, même si cela est moins flagrant qu’Hannah. Elle apprend elle aussi à aimer.

– Je crois que je ne vous ai jamais vraiment remerciés pour tout ce que vous avez fait. Vous avez toute ma reconnaissance. Vraiment.

Elle aurait dû leur dire plus tôt. Les remercier jour après jour d’avoir été là.

– Oh ! ma chérie, je sais que tu es reconnaissante. Tu es une femme forte, intelligente et sensible, et je suis tellement, tellement fière que tu sois ma fille.

Suzanne serra sa main dans la sienne.

– Je suis là, tu le sais . Tu pourras toujours compter sur moi. Toujours.

Hannah réalisa que sa mère – et elle pensait bel et bien à Suzanne comme à sa mère- faisant toujours passer sa famille avant ses besoins personnels.

(…) Hannah trouva un couteau et une planche à découper. C’était la première fois qu’elle cuisinait ainsi au côté de sa mère. Elle commença par le jambon.

– Tu dois te poser des questions ua sujet de ma relation avec Adam. J’aurais dû vous parler de lui avant, mais… En fait, mes histoires avec des mecs ne débouchent jamais sur rien, d’habitude, et après je m’en veux de te décevoir.

– De me décevoir ?

Suzanne abandonna sa pâte un pain un instant.

– Tu ne me décevras jamais, Hannah. Je peux être déçue pour toi, mais c’est tout à fait autre chose. J’espère t’avoir aidée à le comprendre ce soir.

Je vais à présent parler du personnage que j’ai le moins apprécié dans ce roman, c’est celui de Beth. Même si je comprends parfaitement se raisons, je l’ai trouvée assez égoïste et imbue de sa personne. Cela est contradictoire avec son personnage, qui a un gros déficit de confiance en lui, mais j’ai trouvé qu’elle se mettait un peu sur un piédestal, qu’elle se montrait un peu supérieure à ses deux sœurs, qu’elle refuse d’écouter, que ce soit lorsqu’elles veulent lui donner des conseils, ou lorsqu’elles ont besoin de se confier. De ce fait, ceci contribue au rapprochement de Hannah et de Posy, mais Beth se retrouve écartée par sa faute, et le pire, c’est qu’elle ne s’en rend même pas compte. En fait, Beth rêve de retrouver une vie professionnelle, elle qui reste à la maison depuis la naissance de sa première fille. Mais pour cela, elle fait de mauvais choix, et c’est ce que je lui reproche. Par contre, son personnage permet de poser les questions du retour à l’emploi des mamans après leur congé maternité. Cela permet de se rendre compte à quel point cela est difficile, surtout lorsque son entreprise n veut plus d’elle et lorsque son mari a déjà un travail qui gagne bien sa vie. Je comprends donc aisément que des personnes puissent se retrouver dans le personnage de Beth, même si cela n’a pas été mon cas. Je n’aurais pas aimé avoir à la soutenir, alors que cela ne m’a pas posé de problème avec ses deux sœurs. Je trouve que Beth en fit trop et je l’ai trouvé casse-pied une bonne partie du roman.

– Comment avez-vous pu laisser faire une chose pareille ? Tu étais censée veiller sur elle, Hannah !

Elle respirait si vite qu’elle s’en étranglait presque.

– Ruby aurait pu partir seule dans la montagne et se perdre ! Imagine qu’elle se soit enfoncée dans une congère et qu’elle soit morte de froid ! Et elle aurait tout aussi bien pu s’aventurer sur la route et se faire renverser par une voiture. Ou se couper avec un couteau de cuisine.

Posy trempa son éponge dans l’eau savonneuse et continua de frotter. Hannah, elle, paraissait terrassée.

– Je suis désolée. J’avais un appel urgent à passer.

– Et ça ne pouvait pas attendre ? je te demande un petit service pour une heure. Une malheureuse petite heure, une fois dans ta vie !

Beth oublia que dix minutes plus tôt, elle assurait à Jason qu’elle ne se passerait de ses sœurs pour rien au monde. En cet instant, elle aurait étranglé les deux avec plaisir.

– Le travail ne devrait jamais passer avant la famille !

– Ah oui ?

Posy lui envoya une éponge.

– C’est toi qui dis ça alors que tu es littéralement obsédée par ton nouveau job potentiel ? C’en est arrivé au point où tu as quitté la table au moins huit fois hier soir pour prendre les appels de ton ex-boss psychopathe ! Alors arrête de prendre ces airs de martyre offensée, Bethany Alice McBride, et aide-nous à frotter. Ou démaquille ma chienne, si tu préfères, mais fais quelque chose, au lieu de rester là à nous sermonner avec ces accents de vertu outragée !

J’ai cependant adoré découvrir les Highlands avec les trois sœurs. Cela donne envie de découvrir cet endroit dans la réalité. Le paysage semble magnifique et magique, et les gens super chaleureux. J’espère que le café de Suzanne existe en réalité, parce que cela donne aussi envie d’aller y faire un tour. J’ai apprécié toutes les références on seulement à la nourriture, à la montagne, mais aussi aux travaux manuels, tel que le tricot. On sent que les personnages présents tels que l’a voulu l’autrice prennent le temps de vivre, et vivent d’ailleurs a rythme des saisons. C’est une jolie découverte que nous faisons et j’ai apprécié mon voyage. J’ai aussi beaucoup aimé la manière dont la famille est abordée dans ce nouveau titre. On nous parle beaucoup d’amour, mais cela ne s’arrête pas à l’amour amoureux entre nos trois sœurs et leurs prétendants. Ainsi, ce qui est vraiment mis en avant, c’est l’amour entre sœurs, mais aussi entre enfants et parents. Même si Suzanne et son mari ne sont pas les parents biologiques des trois filles, il n’en reste pas moins qu’ils les aiment comme si elles étaient de leurs chairs. Et cela se retrouve chez les trois sœurs, avec des démonstrations différentes, pour leurs parents adoptifs. La période de Noël est alors un bon moyen de démontrer tout cet amour, parce que c’est la fête de la famille par excellence, le moment où tout le monde se retrouve et où souvent les tensions familiales éclatent. Ici, ce qui est mis en avant, c’est le drame que tous ont vécu, la mort des parents de Hannah, Beth et Posy, mais c’est aussi le moment de régler le secret qui pèse sur eux tous. Ce Noël-là est donc différent des autres, et j’ai apprécié d’être plongée dans l’ambiance de cette famille à ce moment-là. On suit toutes les préparations de Suzanne, et toutes les confidences que les filles se font.

Le jour de Noël, Suzanne se leva tôt pour préparer la pâte à pancakes pour le petit déjeuner de sa famille.

La tempête avait fini par passer son chemin, laissant dans son sillage une belle couche de neige fraîche qui étincelait sous le soleil retrouvé. Tout avait disparu sous une blancheur étale : près, chemins, clôtures, et même la surface gelée du lac. Tant que Stewart n’aurait pas trouvé le temps de déblayer l’allée, ils resteraient coupés du monde. Suzanne ne concevait pas de façon plus poétique de passer la journée de Noël.

Tout en rinçant ses baies, elle s’accorda un moment de contemplation rêveuse devant sa fenêtre de cuisine. C’était une de ces journées d’hiver comme on en voyait dans les livres d’images, où les sommets des montagnes se découpaient avec une netteté ciselée dans l’air cristallin. Le ciel était d’un bleu presque méditerranéen même si les températures, elles, avaient plongé à des niveaux nettement moins méridionaux.

C’était une journée à enfiler de grosses chaussettes et un grand pull tout doux. Une journée à se blottir en famille autour du sapin de Noël pour siroter des boissons chaudes et regarder danser les flammes après une marche revigorante au grand soleil.

De ce fait, l’ambiance de Noêl est parfaitement bien décrite. On suit, comme je l’ai dis, tous les préparatifs de Noël, et cela met l’eau à la bouche. Ce serait plaisant de vivre un Noël comme le font les filles McBride. L’autrice arrive parfaitement à nous plonger dans l’ambiance des fêtes et des Highlands, on s’y croirait presque. Il y a quelques rebondissements peut-être pas nécessaires à l’histoire, mais j’ai apprécié l’ensemble, qui se lit très bien. Il est vrai qu’on a hâte de savoir pourquoi Luke est là, si Posy va le suivre ou non, si Beth va avoir son contrat, si Hannah va avouer son secret, et plein d’autres choses. Il y a donc plusieurs suspens dans ce récit, qui joue aussi avec les codes des romances traditionnelles. La plume est très agréable, et l’on passe un bon moment avec les trois sœurs. On est d’ailleurs assez tristes de les quitter lorsque l’histoire se termine. Même si le roman paraît long au début, il se lit bien, il se dévore même. J’avais vraiment envie de savoir la fin et comment tous les problèmes allaient être résolus, même si l’on reste sur un mystère concernant l’un des cadeaux du Père Noël. Ce récit, malgré son drame en arrière-plan, se déroule dans la bonne humeur et l’on a le sourire sur les lèvres en le lisant.

En résumé, je ne peux que vous conseiller cette lecture à l’approche des fêtes ou en hiver. C’est un bon roman familial avec de la romance, et il nous transporte bien dans les Highlands, nous faisant voyager et créant une atmosphère propice aux secrets et aux confidences. Il crée pleins de belles émotions et les personnages ont dans l’ensemble agréable. C’est une bonne lecture à découvrir. J’ai vraiment pris plaisir à le lire et la plume de l’autrice est très agréable et pleine d’humour.

Et vous ?

Aimez-vous les romans qui raconte l’histoire d’une famille ?

Qu’appréciez-vous retrouver dans ces histoires ?

La romance vous paraît-elle alors nécessaire ?

Bon dimanche à tous ❤

4 réflexions au sujet de « Les vœux secrets des sœurs McBride »

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