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Les soleils noirs des équinoxes, tome 1 : Celle qui sait

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien et que vous passez une agréable semaine. Par ici, c’est toujours la course. J’essaye d’avancer le plus possible dans mes cours, mais cela me demande un temps incroyable, et j’ai encore mes copies à corriger. Le seul bon point de ces vacances, pour le moment, c’est que je lis beaucoup. Et j’ai aussi repris l’écriture. Cela me fait du bien. C’est d’ailleurs pour cela que j’essaye d’avancer mes cours, d’en avoir plein de prêt, c’est pour ne pas les écrire la veille pour le lendemain, et surtout me dégager du temps pour pouvoir écrire. J’ai tellement d’idées de romans dans la tête que cela en devient dramatique, toutes ces histoires qui attendent d’être couchées sur le papier.

Aujourd’hui, je reviens justement sur le blog pour vous livrer une histoire intéressante à laquelle je ne m’attendais pas. C’est cependant son originalité qui m’avait séduite dans son résumé, et qui fait que je me suis intéressée à ce titre. C’est un roman que j’ai obtenu grâce à la masse critique du site Babelio, et je les remercie grandement de me l’avoir envoyé. Ce roman est un premier tome, j’ignore combien d’autres il devrait il y en avoir. Ce premier tome s’intitule Celle qui sait, et la série s’appelle Les Soleils Noirs des Équinoxes. Ce roman a été écrit par Dorothée Dieuzeide et est publié aux éditions Paul & Mike. C’est une maison d’édition que je ne connaissais pas mais que je vais maintenant suivre tellement leur travail sur ce roman est professionnel et agréable. C’est une chose bête mais j’ai bien aimé le papier utilisé pour ce roman, il est épais et agréable au toucher. Ce titre est juin 2019 et voici son résumé :

Au pied des montagnes basques éternelles, dans l’Aquitaine romaine menacée par la peste et les invasions barbares, Beleiza guide son peuple par son dialogue avec les esprits du monde-autre. Malgré la naissance de ses enfants particuliers, les jumeaux du solstice, elle refuse une vie paisible auprès de leur père et choisit de rester parmi ceux-qui-savent, constamment sur les chemins. Mais peut-on décider de son destin ? Les secrets les mieux gardés finissent toujours par être dévoilés, avec des conséquences que même celle-qui-sait n’avait pas imaginées…

Dans ce roman, on suit l’histoire de Beleiza, une jeune femme qui fait partie de la communauté de ceux qui savent. Cette communauté, composé de moins de dix membres, parcoure l’Aquitaine afin d’aider ceux qui en ont besoin. Beleiza peut aussi, comme les autres, entrer en contact avec le monde-autre, le monde de l’au-delà. Véritable connaisseuse des plantes, elle fait office de médecin, mais aussi de conseillère. Les gens ont besoin d’elle. Or, Beleiza tombe enceinte et met au monde deux jumeaux, une fille et un garçon. Ce sont des jumeaux du solstice, un signe particulièrement fort. Les élevant comme elle peut, Beleiza continue son travail. Mais ses enfants grandissent et prennent des voix différentes. Sera-t-elle les garder unis ? Même avec le secret de leur naissance, celui qu’elle ne leur a encore pas révélé ?

Ce roman est assez particulier car il ne se passe pas grand chose, sauf à la fin, qui est alors source de révélation. Nous suivons Beleiza sur plusieurs années, avec ses enfants. nous voyons alors le quotidien des habitants de l’Aquitaine à cette époque où l’empire romain est en train de se désagréger, ce moment de basculement entre l’Antiquité et le Moyen-Age, ce moment où l’empire est si grand qu’il ne peut plus se défendre contre les barbares ou les maladies. C’est l’apparition de la peste et des dégâts qu’elle laisse sur son passage. J’ai beaucoup aimé l’époque choisie, je trouve ce choix original car on a finalement, j’ai l’impression du moins, que très peu de romans se passant durant l’Antiquité, au moment de sa fin. J’ai donc appris des choses grâce à cette histoire, notamment la manière dont l’empire est en train de se désagréger, ainsi que la manière dont il essayait de garder sous sa coupe des peuples aussi différents et fiers. On suit aussi bien la mort que la vie, avec les rituels d’enterrements mais aussi les mariages de l’époque. Ce qui est aussi intéressant ici, c’est qu’on est plongé dans les croyances de l’époque, avec ceux qui savent et le monde-autre. Ce n’est pas vraiment de la magie, juste une croyance et un savoir particulier. Je me demande si l’on basculerait un peu plus dans le fantastique par la suite, avec le second tome, mais le fait qu’on soit entre les deux, entre un roman fantastique et un roman historique, ne m’a pas du tout dérangée. J’ai même trouvé cela agréable car finalement, ceux qui savent ont juste des visions grâce à une grotte qu’ils protègent, et ces visions ne sont pas très claires. Le reste, c’est l’humain, le savoir des plantes, la capacité à écouter et à prendre les bonnes décisions. Ceux qui savent ne sont pas des sorciers. Mais il paraît certain que si l’Antiquité Tardive les acceptent pour le moment, le basculement avec le Moyen-Age va être plus compliqué pour eux, puisqu’ils risquent d’être traqués et brûlés pour sorcellerie. Déjà que les rangs s’amenuisent, alors je pense qu’on verra leur fin dans les prochains titres. En tout cas, cela nous permet vraiment de nous plonger dans l’atmosphère de l’époque, où les esprits de la nature existaient encore et où on la respectait, où on en prenait soin, et où la médecine n’existait pas encore.

Les meules de blé furent achevées avant la fin de m’après-midi. La fête pouvait commencer. Après s’être régalés des nombreuses victuailles préparées par Auria et Ortxinga, les hommes sortirent leurs flûtes, les femmes leurs tambourins, et tous se mirent à danser. Parfois les hommes dansaient seuls, sautant et et bondissant le plus haut possible, puis les femmes prenaient le relais, virevoltantes et tourbillonnantes, avant que tous ne se mêlent, exécutant des pas complexes deux par deux, quatre par quatre ou tous ensembles. Odei et Izhaun étaient bien sûr de toutes les danses. Izhaun invita toutes les femmes, des petites filles qui rosissaient d’être emportées dans les bras du marié aux quelques grands-mères présentes qui riaient en se rappelant leurs premières années. Odei dansa également au bras de tous les garçons présents. Seul Erlantz resta à l’écart en raison de son boitement. Partout des cris et des éclats de rire. Auria était enchantée, elle n’aurait pu rêver une plus belle journée pour le mariage de son fils.

Un conteur qu’Atzain avait engagé était arrivé à la tombée du jour. C’était une surprise du jeune homme pour le mariage de son cousin ; les parents et amis avec qui il avait organisé la venue de cet homme très connu dans la région avaient su garder le secret. Les conteurs étaient aussi chanteurs, et lors des grandes fêtes il était courant qu’ils se prêtent à des duos improvisés où chaque artiste devait donner le meilleur de lui-même pour tenter de surpasser l’adversaire par la qualité de son chant et la richesse et l’originalité de ses paroles. Ces spectacles étaient très appréciés et passionnaient les foules.

J’ai bien aimé suivre Beleiza dans ses aventures, même si ici, il n’est pas question de se battre ou d’affronter un ennemi, si ce n’est la peste. On suit son quotidien avec ses enfants, sa manière de travailler. C’est un personnage très doux, très à l’écoute des autres, qui connaît aussi des échecs. Malgré son don, Beleiza n’est pas à l’abri de perdre des patients, à son grand désespoir. Il y a des moments où elle ne peut rien faire, notamment face à la peste. Mais même si elle perd des proches, elle essaye toujours de prendre cela avec philosophie, et d’éduquer ses enfants de cette manière, en leur apprenant à accepter la mort et à ne pas la craindre. Elle passe son temps à enseigner à ses enfants tout ce qu’elle sait, et ce dès leur plus jeune âge puisqu’elle les emmène avec elle après leur naissance. Avec ses enfants, c’est une vraie louve, et elle n’est pas prête de les abandonner. C’est une femme indépendante qui aurait pu choisir la facilité, celle de s’installer avec le père des jumeaux afin de leur donner un foyer stable, mais qui s’y refuse. Ce n’est pas son destin. Elle sait aussi se battre, et heureusement pour elle car sa vie n’est pas tous les jours facile. J’ai apprécié ce côté rebelle chez elle, qui se retrouve dans l’éducation qu’elle donne, et dans le caractère de ses enfants, plus ou moins marqué cependant. Avec la fin du roman, on comprend mieux certains de ces choix, et on a beaucoup de peine pour elle. J’avoue que j’ai eu de la pitié pour elle face à la situation avec son fils. C’est un personnage touchant et même si elle ne sera sans doute pas le personnage principal de la suite de l’histoire, j’ai pris plaisir à la découvrir et à la suivre dans son cheminement.

Elle rentra dans la maison et, après avoir bu son breuvage, commença à frapper son tambourin en tournant autour de la paillasse d’Auria. Puis elle entama un chant aux paroles incompréhensible. Izhaun et sa famille se tenaient à une distance respectueuse, les yeux rivés sur Beleiza. Bientôt la nuit fut complète et ils ne purent plus éclairés que par le feu qui luisait dans l’âtre à même le sol, l’éclat de ses flammes se reflétant parfois dans les serpents de bronze de l’initiée. Beleiza répétait indéfiniment sa mélopéen en battant son tambour. Elle entra dans une sorte de transe, tout en continuant à jouer frénétiquement de son instrument, son chant parfois entrecoupé de cris ou de paroles prononcées à quelqu’un d’autre dans la pièce. Au bout d’un temps interminable, l’initiée cessa de tourner autour d’Auria. Frappant toujours la peau de son tambour sur un rythme hypnotique qui accompagnait sa voix plaintive, elle s’agenouilla et commença à se balancer d’avant en arrière. Les flammes ondoyantes du feu jetaient des éclats dans ses yeux hallucinés. Elle se redressa tout à coup en hurlant en hurlant, le corps incroyablement tendu par la crispation soudaine de tous ses muscles. Puis elle cessa d’un coup son cri stupéfiant et s’écroula sur le sol en convulsant.

Je vais à présent livrer quelques lignes sur le personnages d’Urreki, qui est la fille de Beleiza. Urreki prend de l’importance vers la fin du roman, lorsqu’elle devient une jeune fille capable de faire ses choix et d’apprendre le secret que cache Beleiza depuis toutes ces années. En vérité, on la suit dès le début de l’histoire, mais elle n’est encore qu’un bébé. On la voit donc évoluer petit à petit et j’ai trouvé cela assez original car on a ainsi le temps de s’attacher à elle, même si à ce moment-là, elle est toujours suivie de son frère jumeau. On la voit grandir comme si on faisait partie des proches de sa famille, et on connaît donc les blessures qu’elle acquiert pendant l’enfance et qui vont la mener à devenir celle qu’elle est à la fin du tome. C’est aussi pour cela que je pense qu’elle sera le personnage principal de l’historie à partir de maintenant, car finalement, le but de ce premier tome est de nous montrer l’enfance d’Urreki. En tout cas, je me suis attachée à son personnage, bien plus malicieux que celui de Beleiza, avec une incroyable affinité avec les créatures de la Terre. C’est un personnage que l’on a envie de retrouver par la suite.

Après avoir longé un moment les berges ombragées de la rivière tranquille, ils avaient atteint une zone un peu plus dégagée où les bois frais alternaient avec des champs et des pâturages ensoleillés. Ils marchaient le long d’un champ de seigle quand Aska remarqua des petites constructions de bois et de liège alignées le long de la lisière des arbres situés de l’autre côté du champ ; des ruches. Une dizaine de ruches. Il regarda Urreki. Elle souriait, l’air espiègle. Quand ils arrivèrent au bout du champ, la jeune fille quitta le sentier pour s’approcher des abeilles. on entendait le bourdonnement des insectes qui s’activaient avec ardeur en cette chaude journée. Asja suivit la jeune fille sur quelques pas, puis il s’immobilisa, déclarant prudemment :

 » On va les déranger si on approche davantage. Elle peuvent nous attaquer.

– Reste là », répondit simplement Urreki.

Elle marcha droit vers les précieuses habitations. Aska voyait maintenant les insectes dorés tourbillonner autour d’elle. Elle alla jusqu’à la première ruche, et se pencha tout près pour observer son entrée animée. Des insectes s’étaient posés un peu partout sur son corps, mais aucun ne semblait la piquer. Elle inspecta de la même façon chaque ruche, puis, arrivée au bout de la rangée, elle leva les bras en l’air dans un geste théâtral, fit plusieurs tours sur elle-même en sautillant, et d’un coup se mit à courir. Elle repassa ainsi à toute vitesse au ras de chaque ruche pour finir en riant sa course devant Aska médusé. Quelques abeilles qui s’accrochaient encore à ses cheveux reprirent rapidement leur envol.

En ce qui concerne le style d’écriture de ce roman, je l’ai trouvé assez exigeant. En effet, ce n’est pas un livre que l’on lit d’une traite. En tout cas, moi je n’y suis pas parvenue. Il y a beaucoup de noms de personnages, beaucoup de descriptions, et finalement peu de suspens. L’histoire s’étale sur presque une vingtaine d’années, c’est parfois compliqué de savoir à quel moment on se trouve, à quelle saison aussi. J’ai parfois été perdue dans la narration, et j’avoue que cela a freiné ma lecture. Pourtant, il y a des passages qui se lisent tous seuls, donc c’est plus par moment, il y a des passages plus compliqués que d’autres. En fait, cela me fait penser au style de narration que l’on peut retrouver dans le Seigneur des Anneaux, même si cela est beaucoup moins poussé ici. Je ne dirais pas que cela m’a dérangée, mais que cela a juste rendue ma lecture plus ardue, et donc plus longue. Cependant, ce qui est intéressant aussi, c’est que cela change des romans qu’on a l’habitude de lire, avec une surdosage de suspens. On est vraiment face à un roman original où l’on prend le temps de planter le décor. Et cela nous permet d’être face à une vraie énigme policière à la fin de l’histoire.

En résumé, j’ai pris plaisir plaisir à lire ce roman, même si ma lecture n’a pas été des plus simples. C’est un roman assez intéressant, non seulement parce qu’il a une manière originale de raconter une histoire, mais aussi parce qu’il raconte une histoire que l’on a pas l’habitude d’entendre. On fait de belles découvertes avec ce roman, et j’ai hâte que sorte la suite pour découvrir ce qu’il advient d’Urreki et de son frère. Je suis curieuse de savoir comment les deux jumeaux vont se sortir de la situation dans laquelle ils se sont mises, et si l’énigme qui se présente à Urreki va être résolue. C’est donc un roman que je conseille.

Et vous ?

Aimez-vous lorsque l’histoire prend du temps à s’installer ?

Aimez-vous les récits originaux ?

Lisez-vous des romans historiques ?

Qu’appréciez-vous dans ces récits ?

Bon dimanche à tous 🙂

3 réflexions au sujet de « Les soleils noirs des équinoxes, tome 1 : Celle qui sait »

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