chroniques littéraires·partenariat

Dans les ténèbres

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous profitez bien de vos vacances, ou du moins de l’été. Je dois avouer que, pour ma part, j’ai un peu la sensation que l’été est terminé. C’est sans doute parce que j’ai froid dans mon appartement. C’est certainement dû à la la fatigue, ou au stress, mais j’ai presque envie de ressortir les pulls. Pourtant, il ne fait pas si froid que cela, dehors. Mon corps doit être déréglé. En tout cas, cela ne m’empêche pas, le soir venu, de me glisser avec plaisir dans une grosse couverture pour lire. Et c’est super pratique lorsque ce sont des polars que l’ont lis, car même s’ils ne font pas frissonner, leur atmosphère est toujours particulière, voire glaçante selon les titres tellement ils nous plongent dans l’horreur humaine. Et cela nous change de l’horreur qu’on voit à la télévision, aux informations, qui nous glacent elles aussi les sens.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de l’une de mes dernières lectures, qui est donc un roman policier. Il s’agit du deuxième tome des aventures d’Adam Fawley, qui s’intitule Dans les Ténèbres et est écrit par Cara Hunter. Ce tome est sorti en France chez les éditions Bragelonne le 15 mai 2019. Je les remercie d’ailleurs pour ce service presse qu’ils m’ont envoyés. Il est la suite du roman Sous nos yeux, mais les deux titres peuvent se lire indépendamment. Voici son résumé :

Une femme et son enfant ont été séquestrés pendant des mois dans une cave d’un quartier d’Oxford. Personne n’avait signalé leur disparition, la femme est mutique, elle ne dit pas un mot, et le propriétaire de la maison jure ses grands dieux ne pas les connaître. Le quartier est sous le choc, évidemment. Comment expliquer que personne n’ait rien vu, rien entendu ? Que s’est-il passé ? Qui sont ces gens ?

D’expérience, l’inspecteur Adam Fawley peut l’affirmer : personne n’est jamais aussi innocent qu’il y paraît. La clef est donc sous ses yeux, à lui de la trouver.

Dans cette nouvelle aventure du policier Adam Fawley, que l’on retrouve avec plaisir, nous découvrons dans la cave d’un vieillard une jeune femme avec un bébé. Elle semble être là depuis des années et même avoir accouché dans cette cave. Tout porte à croire que le vieillard l’a enlevée et séquestrée, violée aussi. Dans le même temps, un cadavre est retrouvé dans le jardin de l’homme. C’est celui d’une femme, disparue depuis des années. Le problème, le vieillard, sénile, ne se souvient pas d’elle, encore moins de la jeune femme vivant dans sa cave avec son enfant. Projeté sur cette enquête, Fawley va devoir démêler le vrai du faux, convaincre une jeune femme choquée de parler, s’occuper d’un bébé, et gérer les problèmes internes à son équipe. Et élucider le meurtre de cette femme du jardin, femme qu’il connaît puisqu’il a enquêté sur sa disparition au moment de celle-ci. Et s’il était passé à côté de quelque chose d’important ?

Si vous vous souvenez de ma critique de Sous nos yeux, je disais que je regrettais de ne pas en savoir plus sur l’inspecteur Adam Fawley. J’avais en effet l’impression que son personnage était traité de manière superficielle, sans doute parce que le roman se découpe de plusieurs manières différentes, avec ses impressions à lui, mais aussi celles de ses collègues et celles du public via les articles de journaux ou des réseaux sociaux. De ce fait, on s’attachais à lui, mais pas trop non plus. Il était un personnage principal en retrait. Or, dans ce nouveau tome, on en apprend beaucoup plus sur lui et sur sa vie de famille. On savait déjà que son fils Jake était décédé, mais on apprend enfin les causes de sa mort et la raison qui fait que Fawley s’en veut autant. La culpabilité le ronge et on sait enfin pourquoi. De ce fait, alors qu’on commençait à s’attacher à lui dans le tome précédent, on comprend mieux certaines de ses réactions, et il devient évident qu’on ne peut ressentir que de l’empathie pour lui, d’autant plus que cette nouvelle affaire va le mettre face à ses angoisses les plus profondes. En effet, une décision prise par sa femme va chambouler sa vie en profondeur. J’ai beaucoup aimé d’en apprendre plus sur lui et de voir comment il réagit face aux propositions de son épouse. On sent que même s’ils s’aiment, la mort de leur fils a brisé quelque chose dans leur couple. Et ce changement pourrait le détruire, ou au contraire les rapprocher. On ressent les peurs d’Adam face à cette décision et j’ai trouvé cela super intéressant. Pour certains, il peut donner l’impression d’être froid, dénué de sentiments, mais cette carapace se brise peu à peu lorsqu’il est confronté au changement. On ne peut qu’être touché par sa détresse, par ses peurs. C’est quelqu’un de fragile, qui ne montre ses faiblesses qu’en présence de sa femme. J’ai aimé suivre leur lien qui peu à peu évolue dans ce roman.

– Alors, pourquoi est-ce que tu refuses même d’y réfléchir ? Emma m’a parlé des enfants dont elle s’occupe. Ils ont désespérément besoin d’amour. Ils n’attendent que la stabilité et le soutien que nous pourrions leur apporter…

Je me lève, saisi le verre et la bouteille, et file vers la cousine où je mets en route la machine à laver. Lorsque je relève les yeux cinq minutes plus tard, Alex est sur le seuil.

– Tu as peur d’aimer un autre enfant plus que Jake ? Parce que si c’est le cas, alors je comprends. Vraiment.

Je me raidis et prends appui sur le plan de travail.

– Ce n’est pas ça. Tu sais très bien que ce n’est pas ça.

Elle s’approche et pose une main sur mon bras, timidement, comme si elle craignait que je la repousse.

– Ce n’est pas ta faute, dit-elle d’une voix douce. Ce n’est pas parce que… parce qu’il est mort que nous étions de mauvais parents.

Ce que j’ai aussi trouvé intéressant dans ce nouveau tome, c’est qu’on suit aussi les péripéties des collègues d’Adam. Et autant vous dire qu’il va il y en avoir quelques unes, puisque l’un de ses collègues va se retrouver piégé par une des suspectes, ce qui va grandement perturber l’enquête. J’ai trouvé cela agréable de suivre ses collègues car les romans policiers ont tendance à ne suivre qu’un seul personnage principal et a oublié que d’autres gravitent autour d’eux, qu’une enquête aussi compliqué ne se résout pas grâce à une seule personne. Ici, justement, le travail d’équipe est mis en évidence. Adam ne peut pas résoudre l’enquête tout seul, d’autant plus qu’il s’est déjà cassé les dents sur une partie de celle-ci deux ans plus tôt, lors de la disparition d’Hannah Gardinier. Il a donc besoin d’aide et c’est tous ensemble qu’ils peuvent avancer, s’en sortir du casse-tête qu’est cette enquête, comprendre ce qui s’est passé et pourquoi ça s’est passé ainsi. Ce qui est aussi sympathique, c’est de voir que les policiers sont des humains comme tous le monde, avec de grosses faiblesses, qu’ils peuvent être facilement attiré par de belles paires de jambes, et que cela peut mettre un vrai bazar dans une enquête. On voit parfois ce genre de choses dans les séries policières, où des inspecteurs cèdent à des pulsions et partent avec des suspectes, mais ici, on traite essentiellement des conséquences graves que cela peut entraîner à la fois pour l’enquête, mais aussi pour la carrière du policier. De ce fait, le roman est assez profond et nous montre l’envers du décor pour ne pas oublier que la faiblesse d’un seul homme peut détruire tout un travail de groupe et que le travail d’équipe peut donc être mis en danger par une seule personne.

Quinn gravit les dernières marches qui mènent à l’appartement et ouvre la porte.

– Pippa ? Tu es là ?

Il n’entend rien d’autre que le son de sa propre voix. Les restes solidifiés du repas de la veille sont toujours sur la table basse, mais les sacs qui étaient entreposés dans le coin ont disparu. Le seul signe de sa présence est une petite culotte en dentelle accrochée au coin de la télé à écran large.

– Merde ! s’exclame-t-il à haute voix. Merde, merde, merde !

Le fait que nous ayons deux enquêtes n’est pas un problème, même si j’aurais aimé que la première, soit celle qui concerne la jeune femme retrouvée dans la cave avec son enfant soit un peu plus mise en avant. Je ne dirais pas que l’une des deux affaires est plus mise en avant que l’autre, mais j’avoue que j’étais assez attirée par l’aspect horrible que peut requérir le fait de trouver une femme vivant dans une cave depuis des années. L’aspect séquestration était assez intéressant et c’est ce qui m’a attiré dans ce roman, mais j’ai trouvé qu’il n’était pas assez développé, ou du moins, on ne sentait pas vraiment l’horreur que cela avait pu être pour la victime. Certes, on sent que la jeune femme est choquée, elle refuse de parler, de voir son enfant, mais j’ai trouvé qu’on ne ressentait pas assez l’horreur qu’elle avait pu vivre. C’est sans doute parce que la victime elle-même est assez détachée, finalement, de ce qu’elle a vécu, comme si elle sortait d’un cauchemar et qu’elle en oubliait les faits. C’est assez perturbant car finalement, on ne s’attache pas à elle. Je crois que le fait qu’elle renie son fils, qu’elle ne vet pas le voir, contribue à cela. C’est assez étrange, car je n’avais pas cette impression au début du roman, mais plus l’histoire avance, et plus on voudrait qu’elle demande des nouvelles de son fils, qu’on comprenne pourquoi elle n’en veut pas, mais en fait, elle, elle s’en moque, de cet enfant. Du coup, cela apporte une certaine antipathie envers elle, malgré ce qu’elle a vécu. J’ai eu plus finalement d’empathie envers Hannah, la deuxième victime, alors qu’il n’y a aucune surprise dans ce qui lui est arrivé.

– Vous souvenez-vous de ce qui est arrivé ? Comment vous êtes arrivée dans cet endroit ?

Des larmes se mettent à couler lentement sur son visage.

Elles restent un moment sans rien dire. Seuls les bruits ambiants de l’hôpital trouent le silence. Des pas, des cliquettements de chariots, des voix, l’ascenseur.

– J’ai vu votre petit garçon, finit par murmurer Everett. Ils disent qu’il va bien.

La fille ouvre les yeux.

– C’est un enfant adorable. Comment s’appelle-t-il ?

Elle secoue la tête, visiblement terrifiée, puis se met à hurler et se couche en chien de fusil sur le lit. Les infirmières se précipitent et Everett se retrouve dans le couloir.

Le gros point fort de Sous nos yeux, c’était le dénouement, l’épilogue, qui remettait en cause tout ce qu’on avait lu dans le roman. L’épilogue changeait tout, nous apportait une nouvelle vision de l’histoire. Ici, on a beaucoup de rebondissement au sein même de l’enquête, il est très compliqué de savoir qui a tué Hannah et comment la première victime a été emmenée dans la cave, mais vers la fin du roman, des éléments se mettent en place et font qu’on devine ce qui s’est passé. On peut émettre des hypothèses. Alors, c’était aussi ce qu’on pouvait faire dans le premier tome, sauf que tout était chamboulé avec la fin. Ici, ce n’est pas le cas. L’épilogue ne sert finalement pas à grand chose puisqu’il ne change rien à l’histoire. Je veux dire que j’avais compris où l’autrice voulait en venir, ce qui était finalement arrivé à la dernière victime. Je m’attendais, vu le premier tome, à ce que tout soit à nouveau chamboulé, à ce qu’on découvre qu’en vérité, les faits n’étaient pas tout à fait ce qu’ils étaient. Or, ce n’est pas le cas, et je dois avouer que cela m’a légèrement déçue car je m’attendais à un nouveau retournement de situation. Néanmoins, je ne peux pas nier que l’autrice a bien joué e coup, qu’elle a bien mené son histoire, car pendant une bonne partie du roman, les trois quarts, il est impossible de savoir ce qui s’est passé, et l’horreur de la situation fait justement qu’on ne peut que tomber dans le panneau, nous empêcher d’imaginer la vérité. Et là encore, l’autrice nous montre tout son talent pour broder une enquête.

En résumé, j’ai beaucoup aimé ce roman, même si je trouve qu’il est un peu en dessous de Sous nos yeux, qui avait été un coup de cœur. Mais ceci n’empêche pas que ce roman se lit très bien, qu’on est happé par l’histoire et qu’on veut en savoir le dénouement, et le fait qu’on puisse imaginer en même temps que les enquêteurs ce qui s’est passé est très intéressant. J’ai retrouvé avec plaisir la plume de l’autrice et le personnage d’Adam Fawley. La tension, la pression de résoudre l’enquête est bien là, la personnalité du suspect numéro 1 rend l’histoire fascinante, surtout lorsqu’on connaît la fin, et donne l’impression de courir contre la montre, de se battre contre la mémoire elle-même. C’est un bon roman policier et je vous en conseille la lecture. C’est un roman à lire et je vais suivre avec impatience la suite des événements, il reste deux tomes des enquêtes d’Adam Fawley à être traduits en français et je sais déjà que je vais les lire tellement j’aime la plume de Cara Hunter et ce qu’elle raconte dans ses histoires.

Et vous ?

Aimez-vous les romans policiers ?

Qu’aimez-vous retrouver dans ces histoires ?

Au contraire, pourquoi évitez-vous ces romans-là ?

Bonne journée à tous 🙂

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2 réflexions au sujet de « Dans les ténèbres »

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