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La prisonnière du diable

Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé une excellente semaine, que vous n’avez pas eu trop chaud non plus. Ici, la semaine s’est déroulée en plein suspens. Déjà, nous avons commencé avec le report du brevet, alors qu’il ne faisait pas encore trop chaud dans l’ouest. J’avoue qu’avec la canicule annoncée, je m’attendais un peu à un tel scénario, je regrette juste qu’il n’ait pas été décidé plus en amont, cela aurait évité de prendre tout le monde par surprise, d’autant plus que chez nous, les cours devaient, pour les autres classes, s’arrêter le mercredi 3 juillet. L’annonce du report a donc été un tollé pour tous ceux non concernés par le brevet, qui devaient alors revenir sur les jours prévus pour l’examen. Mais vu la chaleur de mardi, il a été évoqué le fait que nous sonnions la fin de l’année dès le mardi soir, ce qui n’était pas prévu, là encore. Finalement, cette décision n’a pas été gardée, et on on devait finir vendredi soir. Mais.jeudi, avec les températures qui se sont affolées, nouveau retournement de situation : nous avons arrêté tout ce soir-là. Bref, tout cela pour dire que ça y est, j’ai fini mes cours. Je suis en vacances, il ne me reste que la surveillance du brevet et les journées pédagogiques cette semaine. Et stresser pour la rentrée prochaine. Je regrette juste de ne pas avoir pu dire au revoir à certaines de mes classes, comme c’était prévu.

Parler de décisions irrévocables, comme le fait de changer le jour d’un examen, peut aussi faire penser au destin. Notre voie est-elle déjà toute tracée ou non ? Nos décisions influencent-elles réellement notre avenir ? Nous sommes dans le thème du roman d’aujourd’hui. En effet, je vais enfin vous présenter le dernier roman de Mireille Calmel. Si je dis enfin, c’est parce que je l’ai finis depuis un moment, mais je n’avais pas encore eu le temps de taper sa chronique. Je me rattrape donc aujourd’hui, et je remercie dans le même temps Mireille Calmel et les éditions XO pour l’envoi de ce roman, intitulé La Prisonnière du Diable, dédicacé en plus. Je l’ai dévoré et je vais vous expliquer pourquoi. Ce roman est sorti le 23 mai 2019. Je suis une fan de Mireille Calmel depuis des années, je ne pouvais donc pas passer à côté de cette nouvelle histoire. Il s’agit d’un roman historique. Voici son résumé :

Mai 1494, en Égypte.

Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret. 

Lorsqu’elle s’arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche. 

Celui dont le diable s’est emparé et qui sera exécuté par l’Ordre. 

La volonté de Dieu… 

Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice.

Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame. 

Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue. 

Mais lorsqu’elle lit le message, elle vacille. 

Jamais ce nom n’aurait dû apparaître… 

Un thriller médiéval vertigineux…

… dans les flammes de l’enfer

Dans ce roman, nous suivons plusieurs personnages, dont Myriam, qui est le personnage autour de qui tourne cette histoire. Jeune veuve, elle doit veiller sur ses deux enfants, travailler dans une auberge pour les nourrir, tout cela en portant le dernier enfant de son mari. Myriam est enceinte et doit bientôt donner la vie, pour une troisième fois. Son époux, architecte, est décédé dans de mystérieuses circonstances, la laissant toute seule. Or, voilà qu’elle découvre que son enfant à naître serait désiré par le maître de son village, le baron Raphaël, et qu’une histoire de sorcellerie serait à l’origine de ce désir. Jusqu’où le baron peut-il aller ? Et que vient faire la nonne Hersande dans cette histoire, elle qui veille sur Myriam dans l’ombre et qui vient de recevoir un papier provenant d’Egypte, avec le nom de celui qu’elle doit condamner à mort ? Et si les forces du diables étaient bien plus puissantes et diaboliques que ce q’ils imaginaient tous ? L’autrice nous plonge ici dans un secret médiévale, à la recherche d’une sorcière, ou un sorcier, qui serait en train de tuer pour le diable.

Je vais commencer ma chronique, chose rare, par vous parler de l’ambiance de ce roman. C’est quelque chose qui m’a beaucoup marquée. Non seulement nous sommes face à un roman historique, qui nous plonge dans la France du XVe siècle, qui est encore au Moyen-Age, mais en plus nous sommes face à une ambiance fantastique. Le roman commence en Egypte, face à une roue mystérieuse qui a pour but de sceller le destin de certaines personnes en les condamnant à mort. Cela sera la volonté de Dieu afin d’empêcher le Diable d’assouvir ses desseins sur la Terre. Dès le début, nous sommes plongés dans l’atmosphère mystique du roman, et j’ai particulièrement apprécié cela, car le rythme s’enchaîne très vite. Les morts tombent et on sent que le piège se referme rapidement sur la petite ville d’Utelle, près de Nice, où la majeure partie de l’histoire se déroule. Le Diable ne pouvant pas encore tuer puisqu’il ne règne pas sur le monde, qui est-ce qui laisse des cadavres derrière lui, pour le Diable ? Seul un être humain en est capable, mais qui dans la petite ville veut empêcher le meurtre de la personne désignée par la roue ? En plus de l’atmosphère magique, nous sommes face à une énigme, à une enquête qui ne commence pas avec la roue, mais qui prend racine plus loin dans le temps, pour nous mener jusqu’au moment où le message venant d’Egypte arrive en France et est délivré à son destinataire. L’atmosphère est glaçante, car le meurtrier ne fait pas dans la dentelle. Ses crimes ont pour but de faire peur, d’empêcher les autres d’enquêter sur lui. Ils sont là pour marquer les humains. Nous sommes face à de la sorcellerie, mauvaise et dangereuse. J’ai apprécié cette ambiance sombre qui est mise en place, qui est là pour nous faire peur, autant qu’aux personnes. Et l’on ressent parfaitement le combat entre des choses qui nous dépassent, un combat entre le Ciel et les Enfers. Jusqu’au bout, on ne sait pas lequel va gagner, et si les humains suivent les bonnes indications ou au contraire les interprètes mal.

C’est à cet instant que le sol vibra. Une secousse, brève, qui arracha un petit cri aux nonnes, pourtant habituées à ces légers tremblements de terre.

– Allons, du calme. C’est déjà terminé, les rassura Hersande. Remercions la Madone d’avoir apaisé les enfers.

Elles nouèrent leurs mains, baissèrent le front sous leur guimpe et récitèrent leur prière. Elles se recueillaient encore lorsque cette fois ce fut la porte qui fut ébranlée.

On dirait des coups de marteau, de gigantesques marteaux, nota Hersande au milieu d’un silence glacé.

Elle attendit, le souffle court.

Rien ne bouega plus.

Elle cueillit le regard de Camilla. Comme elle, la sœur portière était perplexe.

Emplie de curiosité, elle se leva et s’en fut écarter délicatement le battant. Elle ne vit rien, dehors, que les dernières vapeurs sur les montagnes. La lande, devant elle, était paisible, aucun bruit inhabituel n’en perçait le silence. Pas même du côté des enclos avalés par le contre-jour.

Intriguée, elle ouvrit complètement pour laisser entrer l’air doux que caressait un parfum de genièvre.

C’est alors que derrière elle on hurla. Au même instant, s’on œil s’arrêta sur la face extérieur du bois que jusque là l’ombre avait avalée.

Une main ouverte, sectionnée, y était clouée.

Une main dans la paume de laquelle se dessinait une crois dans un triangle.

En parlant d’indications, il y a un personnage qui m’a beaucoup marqué dans cette histoire, c’est celui d’Hersande. Etant une femme d’un certain âge, retraité dans un sanctuaire, Hersande se retrouve à tenir entre ses mains le destin de l’humanité toute entière. Elle s’est préparée à ce rôle toute sa vie, en espérant n’avoir jamais à prendre une mauvaise décision. Mais voilà, lorsque le message arrive de la roue, avec la personnage qui doit mourir, Hersande hésite. Elle qui a la foi, qui croit en Dieu, remet en question sa décision. Elle n’est alors plus sûre de rien. J’ai apprécié ce doute qui naît chez elle, cette part d’humanité qui fait qu’elle réfléchit longtemps, quitte à mettre tout le monde en danger, avant de faire le choix qui s’impose. On sent alors que, même avec sa foi, elle n’est pas prête à faire n’importe quoi. Cela est intéressant car cela montre que même avec des croyances, il ne faut pas suivre aveuglement ce que l’on croit, il faut impérativement garder une réflexion, une part de décision personnelle. Nous parlons après tout d’un meurtre. Et comme le fait remarquer Hersande, on ne peut pas revenir en arrière après. Même si c’est la décision de Dieu, ce sont les hommes qui commettent les crimes en son nom. Quelle valeur peut-on alors leur donner ? Ce qui est agréable avec Hersande, c’est que c’est une mère, elle fait tout pour protéger tout le monde, elle voit sa ville avec des yeux différents. Cela va-t-elle la mener à sa perte ou non ? La réponse est dans le roman, mais Hersande peut se faire avoir par celles qu’elle considère comme des membres de sa famille.

– Vous n’avez toujours pas pris de décision concernant la cible divine.

– Non. Et ce qui vient de se produire ne m’y aide pas. Je vous l’ai dit. Il me paraît impensable que cet être soit la proie de Satan.

Camilla plongea tristement dans son regard démuni.

– Pourtant il rôde et assassine pour le protéger. J’ai réfléchi à ce que je vous ai dit ce midi. Et j’en suis arrivée à la conclusion qu’il n’a pas frappé avant pour nous montrer qu’il est déjà ici, à Utelle. Qu’il veut vous effrayer, vous empêcher de remplir votre mission.

Hersande fut transpercée par un nouveau frisson. Tout son corps était raide, glacé.

– J’y ai pensé. Tout aussi bien il pourrait avoir changé le nom sur ce billet, vouloir faire exécuter un innocent pour nous détourner du coupable. Je refuse de me précipiter avant d’avoir vu le cadavre dans son entier, avant d’être certaine que ce meurtre est bien l’oeuvre d’un démon. Je sais qu’el est mon devoir, mais je n’ai pas non plus le droit de me tromper. Les conséquences seraient trop graves.

Camilla s’appuya des deux mains sur les accoudoirs. Puis se leva péniblement.

– Oui, je l’entends. Exécuter la mauvaise cible reviendrait à servir Satan au lieu de le repousser. Faites ce que vous devez en votre âme et conscience.

Enfin, je vais vous parler du dernier personnage important de cette histoire, celle à laquelle on s’attache tout autant, c’est bien sûr Myriam. On est touché par cette mère désespérée, avec de grosses dettes, enceinte jusqu’au cou, qui est obligée de travailler pour pouvoir nourrir ses deux premiers enfants. Elle est épuisée, à bout, et lorsqu’on lui apprend que le baron veut son enfant à naître, elle perd complètement pied. Pourquoi cet homme voudrait son enfant ? Serait-ce à cause du secret de son mari ? Mais pourquoi pas sa fille aînée ? Myriam décide de comprendre, et elle va se battre pour obtenir la vérité. Dès lors, Myriam va oublier ses problèmes pour obtenir des réponses. Elle va se moquer de sa fatigue, de sa grossesse, et enquêter sur les secrets du baron, qui pourraient être liés à elle. C’est un personnage courageux, qui va se mettre parfois en danger pour essayer de comprendre, mais aussi pour protéger ses enfants. Car Myriam est une mère louve, c’est-à-dire qu’elle donnerait sa vie pour ses enfants, pour les défendre. Et pour cela, elle est même prête à tuer, si c’est nécessaire. Encore faut-il que son adversaire soit humain, car les démons sont bien plus résistants. J’ai aimé son côté mère protecteur, qui fait qu’elle ferait n’importe quoi pour ses proches, même se priver de nourriture, l’amour qu’elle éprouve pour les siens, et son côté courageux, fait d’abnégation, qui la pousse à essayer de comprendre ce qui ne va pas à Utelle. Elle ne s’arrête pas jusqu’à tout comprendre, jusqu’à ce que ses proches soient protéger. Jusqu’à ce qu’elle rencontre le diable en personne. On ne peut donc n’être que touché par tant de courage, de foi aussi envers l’avenir, car Myriam est certaine de faire les bons choix, que cela ne peut que lui apporter de bonnes choses. Elle est certaine d’agir dans le bon intérêt, de ne pas se tromper, comme si elle était guidée. N’importe qui aurait abandonné bien avant. Seulement, elle n’envisage pas à un seul moment que son enfant puisse avoir un rôle important à jouer dans toute cette histoire. Elle pense comme une mère, et c’est ce qui va lui jouer des tours.

Durant quelques minutes, elle demeura tétanisée par cette idée, le drap ramené au menton, l’oeil traquant l’obscurité de la pièce et jusqu’à la moindre lueur sous la porte. Comme si accepter cette possibilité avait le pouvoir de vie ou de mort sur elle. Peu à peu elle se relâcha et joignit ses mains en prières.

D’accord. D’accord, Seigneur. Je prendrai la place de Pascal. Je ferai ce qu’il Vous plaira pourvu que vous protégiez mes enfants. Y compris celui à naître…

Elle guetta un signe d’assentiment, mais le silence régnait, ponctué seulement du craquement des marches de l’escalier, du parquet sous les pas, de plus en plus nombreux. Onze coups emportèrent les cloches, traversant les volets de sa chambre, la faisant sursauter. Bientôt, tous dormiraient dans la demeure. Elle se demanda si cela la rassurait. Conclut que non. Que plus rien ne la rassurerait vraiment désormais.

Allons, c’est absurde, se ressaisit-elle. Tu dois combattre ta peur. Te montrer forte. Déterminée à accomplir les desseins de Dieu comme tu l’as été jusque-là à nourrir et à protéger tes enfants.

Elle prit une large inspiration et, malgré ses jambes flageolantes, repoussa le drap. Elle demeura un instant assise, les pieds au sol, les poings enfoncés dans le matelas, forçant les battements déraisonnés de son cœur à ralentir.

Voilà. C’est mieux. Tu peux y arriver. Tu dois y arriver.

En résumé, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman. J’ai adoré encore une fois la plume de l’autrice, qui nous plonge dans le médiévale et ses mystères, dans la foi qui guidait les personnages, dans une région que nous avons envie de découvrir. On apprend pleins de choses avec ce roman, et nous sommes face à un vrai roman policier, qui fait que nous concevons des théories sur le nom inscrit sur le papier de Hersande, mais aussi sur celui mené par le diable et accomplissant tous ces crimes. Il y a un vrai suspens dans cette histoire, une tension liée au temps qui passe, qui fait que le démon doit être supprimer avant un moment précis, sinon le monde s’écroule. Et on s’attache aux personnages, qui se retrouvent tour à tour en danger mortel, nous faisant craindre pour leurs vies. Personnellement, c’est un coup de cœur, donc si vous ne savez pas quoi lire cet été, jetez-vous sur cette histoire parfaite qui change de ce que nous pouvons lire.

Et vous ?

Aimez-vous les romans historiques ?

Appréciez-vous de changer de temporalité ?

Aimez-vous trouver des histoires policières dans un autre temps ?

Qu’aimez-vous retrouver dans les romans historiques ?

Parler de religions vous dérange-t-il dans un roman ?

Bon dimanche à tous ❤

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