apprendre à écrire·Humeurs

Panne d’écriture

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que vous avez passé un excellent début de semaine. Pour ma part, il a été chargé, avec la fin de la préparation du brevet blanc. Et encore, je ne pense pas aux corrections qui vont suivre dès la semaine prochaine, puisque les épreuves commencent dès lundi. Et j’ai encore le contrôle de latin à faire, des textes argumentés à corriger ce weekend, et les cours à préparer. La vie de professeur est loin de tout repos.

Aujourd’hui, je reviens vers vous, sur ce blog, pour vous parler d’un sujet plus personnel que la vie de prof ou de chroniques littéraires. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’écriture. Si vous vous souvenez, lorsque j’ai ouvert ce blog, il y a six ans, déjà, même si le blog ne les aurait vraiment qu’en juillet, c’était pour vous parler de ma passion pour l’écriture. J’avais d’ailleurs commencé à vous présenter l’un de mes projets de sagas de fantasy. Ce type d’article me manque un peu, et j’ai plusieurs idées de prochains articles, dans les prochains mois, à vous proposer. J’ai encore envie de donner quelques conseils sur ma propre expérience, certes en auteur autoédité, mais qui compte quand même. Et quand je vois votre engouement pour mon article sur les descriptions de lieux, je ne peux qu’avoir envie de continuer à vous parler d’écriture. Toutefois, aujourd’hui je vais aborder avec vous un sujet bien particulier, qui est la panne d’écriture, que l’on peut sans doute appeler aussi le syndrome de la page blanche, même si je ne suis pas certaine que cela s’applique dans mon cas.

Alors, qu’est-ce qu’une panne d’écriture ? Pour moi, il ‘agit du fait de ne plus être capable d’écrire. Je veux dire par là que je peux toujours écrire, que j’ai toujours mes dix doigts, mon cerveau, et tout ce qu’il faut de physique pour écrire. Seulement, je n’y arrive pas. Ce n’est pas par manque de temps, mais par manque d’envie. Je ne parviens plus à rester devant mon ordinateur, à donner vie à mes personnages. Tout ce que j’écris me fait l’effet d’être mauvais. Et écrire ne me manque pas plus que cela. Alors, certes, imaginer des histoires me manquent, cela fait partie de moi, comme je vous l’expliquais dans cet article, mais là aussi, j’ai le sentiment que cela tourne court, d’être à court d’imagination, d’idées, d’images, de mots. Ce serait un peu comme un océan qui se serait desséché, comme un esprit qui se serait vidé. Les mots ne coulent pas aussi simplement que d’habitude. Et je n’arrive plus à imaginer mes personnages. Je les laisse donc dans la situation à laquelle je les ai abandonné la dernière fois que j’ai ouvert mes fichiers.

Pourquoi je pense que cette phase, qui j’espère est bien une phase, est différente de la page blanche ? Car, et cela n’engage que moi, la page blanche et le fait d’avoir des idées mais de ne pas parvenir à les exprimer. Ou aussi le fait d’avoir envie d’écrire mais de ne pas parvenir à retranscrire ce que l’on veut dire. En résumé, la page blanche serait le fait d’allumer son ordinateur, de se préparer à travailler, et de n’avoir que son curseur sur l’écran, parce que les mots ne viennent pas. Dans mon cas, je n’ouvre même pas mes fichiers, et je n’ai même pas envie de les ouvrir. Heureusement pour moi, je ne dépend pas que de l’écriture et je peux me permettre de ne pas à avoir à me forcer. Peut-être que si j’étais écrivain à plein temps, j’assimilerai ce que je suis en train de vivre au syndrome de la page blanche. Mais je pense que cela est encore différent de l’expérience que je suis en train de vivre.

Si je vous en parle, c’est parce que cela est rare que je me retrouve dans un tel état. Je n’a d’ailleurs pas de souvenir de la dernière fois où cela m’est arrivé. En général, c’est même plutôt le contraire. Je déborde d’idées et je regrette de ne pas avoir assez de temps pour écrire tout ce que je veux. Et des idées, j’en ai encore, même si elles sont déjà vieilles de plusieurs semaines, mois, années. Je crois qu’avec tout ce que j’ai noté, j’ai des idées de romans pour plusieurs années. Cet état est donc tout nouveau pour moi. Et même si j’ai déjà connu la page blanche, j’avais toujours ce désir d’écrire, ces idées qui me venaient naturellement et qui se transformaient en histoire. Or, aujourd’hui, cela n’est plus le cas.

A quoi cette panne est-elle dû ? Il y a une semaine environ, j’ai terminé le camps nanowrimo d’avril avec mon objectif de 50 000 mots validés. Dans le mois d’avril, j’ai écris 50 000 mots. Pour cela, j’ai beaucoup avancé dans ce qui devait être mon prochain roman, la suite d’une duologie de fantasy qui s’intitule L’Impératrice des Glaces. Le premier tome se trouve sur amazon. En parallèle, j’ai même commencé un roman plus feel-good, que je vais certainement abandonner. Je me demande donc si cette panne n’est pas dû au fait que j’ai beaucoup écris pendant le mois d’avril. Si cela ne viendrait même pas d’avant. Après tout, j’ai écris 7 romans en moins de trois ans. Et trois nouvelles. Tout cela m’a demandé pas mal d’énergie, que ce soit dans l’écriture, mais aussi dans la création de couverture, de recherche d’images, dans les corrections, la mise en page, la promotion aussi. A chaque roman, il y a beaucoup d’espoir en jeu. Même si je ne suis pas éditée, je rêve de connaître un petit succès, que les gens aiment ce que je fais. Il y a aussi beaucoup de peur, celle que les lecteurs n’aiment pas. Tous ces sentiments sont chronophages. Et cette demande d’énergie épuise. Le créateur n’est peut-être pas fait pour gérer ce genre de chose.

Ce qui est dommage, c’est que cette panne arrive un peu après que j’ai pris une grande décision. Bien entendu, ce n’était qu’un projet, mais cela représentait beaucoup pour moi. J’ai tellement pris de plaisir à écrire pendant les vacances d’avril, et cela m’a tellement manqué au moment de la reprise des cours, que je me suis dit, en accord avec mon compagnon, que je me laissais environ 5 ans pour réussir à gagner assez afin de ne vivre que de l’écriture, d’en faire mon métier à plein temps. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que cela est utopique et peut-être que, d’une certaine manière, cela m’a dégoûté de l’écriture. Je sais que je pourrais pas vivre de l’écriture. Je ne suis peut-être pas assez bonne pour ça. Je suis en train de subir une véritable remise en question sur ce que je fais, et je n’arrive plus à imaginer des choses comme avant. J’en suis la première triste et déprimée.

A la base, dans cet article, je voulais vous donner des conseils pour vous sortir de la panne d’écriture, de la page blanche. J’ai l’impression d’en avoir donc trop dit sur la manière dont je vivais tout cela. Et pourtant, c’est important. Je me souviens qu’Elizabeth Gilbert, qui a écrit Comme par magie, dit que les idées ne nous appartiennent pas, qu’elles ont leur vie propre et que nous n’en sommes que les serviteurs. J’aime beaucoup cette idée. Je la trouve très poétique. C’est pourquoi, malgré ma tristesse de ne plus écrire – pour le moment – et mon inquiétude aussi, j’essaye de me dire que les idées finiront par revenir, et que je serais à nouveau capable de vous livrer des histoires. Il faut seulement laisser du temps au temps.

En entendant, je vais profiter du temps libre que j’ai, lorsque je ne suis pas au collège. Je lis un peu plus, je joue aussi, je fais des projets d’avenir, et je m’occupe du blog. J’attends que, doucement, ma panne d’écrire passe. En croisant les doigts pour qu’elle passe.

Et vous ?

Avez-vous déjà eu des pannes dans votre travail ?

Ou dans vos loisirs ?

Des envies de ne plus rien faire, de ne plus y aller ?

De ne pas réussir à vous y mettre, de vous sentir incapable de faire quelque chose ?

Bon mardi à tous 🙂

4 réflexions au sujet de « Panne d’écriture »

  1. Chère sorcière,
    Je connais également ce problème, mais plus par fatigue et parfois manque de temps. Pour ma part, je connais une forte activité physique depuis quelques mois au travail et cela se traduit par un épuisement quotidien en fin de journée. Du coup, les moments devant mes écrans ne sont pas terriblement productifs.
    Ceci étant, si c’est une question d’envie, je pense qu’il vaut peut-être mieux donner la priorité à ce qui te fait réellement envie à l’heure actuelle. Effectivement, c’était un beau projet et il n’est sans doute pas perdu pour autant. C’est un peu notre rêve à tous, je pense…
    Mot de la fin : la frustration face au résultat obtenu doit devenir l’ingrédient de notre persévérance.

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  2. Salut. Nous ne nous connaissons pas encore, mais je suis tombée sur cet article qui fait écho à des choses que j’ai vécues aussi alors je te laisse un petit mot .
    D’après ce que tu décris, et sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, J ai l’impression que c’est cette grande décision de se mettre à l’écriture a plein temps qui a réveillé des peurs et des blocages. Et c’est logique. Soudain sentiment d’illégitimité, perte de confiance et de motivation… je ressens ces choses quand je me met trop la pression.
    Et oui j’ai déjà ressenti ça pour une autre de mes passions, aussi ancienne et plus importante encore que l’écriture (l’équitation ) : perte de confiance, peur, divers blocages jusqu’à refuser complètement d’en entendre parler…( jusqu a pleurer en voyant une selle …)
    Voici en 3 secondes ce qui a fonctionné pour moi : faire une vraie pause, se questionner pour comprendre quelles sont les peurs (parfois on peut avoir besoin dune aide extérieure, un proche ou un peu, surtout quand des enjeux importants sont impliqués comme ta « reconversion »), prendre le temps de les vaincre, petit à petit. Accepter de vivre un « échec » ou une difficulté. Ce n est pas grave. Il n y a que les gens qui n’esayent pas qui ne peuvent pas échouer.
    En tout cas tu as de beaux projets et j’espère que tu les mènera à bien 😉
    A bientôt

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