chroniques littéraires

Sally Lockhart, tome 1 : La malédiction du rubis

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien. Ici, tout va bien, enfin, pour moi. Mon fiancé lui s’est fait opéré d’une dent de sagesse; enlevée par la dentiste, ce qui fait qu’il souffre pas mal. J’ai hâte que ça passe pour lui. Les dents, il faut vraiment y prendre soin.

Sinon, je continue mes lectures de sagas. Je vous en avais parlé dans cet article. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une série de romans jeunesses que j’avais commencé à lire dans ma jeunesse. Pour vous en parler, j’ai donc relu le tome 1. Et cette série me plaît toujours autant. Il s’agit de la série Sally Lockhart, de Philip Pullman, auteur britannique très connu pour sa saga Les Royaumes du Nord. Il a aussi écrit d’autres séries, dont Sally Lockhart, qui se passe dans l’Angleterre victorienne. C’est une série policière, où Sally se retrouve à jouer les Sherlock Holmes. La série a été publié chez nous à partir de 2003, par les éditions Gallimard. Voici le résumé du premier tome :

Lorsque son père disparaît en mer de Chine dans des circonstances suspectes, la jeune et intrépide Sally Lockhart se retrouve livrée à elle-même dans le Londres inquiétant de l’époque victorienne… Sans qu’elle le sache encore, un grand danger rôde autour d’elle. Parviendra-t-elle à percer le secret d’un rubis fabuleux qui excite les convoitises et sème la mort autour de lui ? Il semble être au cœur du mystère…

Dans cette histoire, nous suivons donc Sally, une jeune adolescente de seize ans, de bonne famille, qui se retrouve orpheline à la mort de son père. Mais voilà, alors que son père est décédé en mer de Chine, Sally ne compte pas se laisser abattre. Alors qu’elle vient de recevoir une lettre lui disant qu’elle doit fouiller un peu ce décès suspect, elle se retrouve mêlée à une sombre affaire touchant un rubis mystérieux et un trafic d’opium. Sally va devoir compter sur toutes ses ressources et ses nouveaux amis pour essayer de comprendre pourquoi son père est mort et pourquoi on tente à présent de s’attaquer à elle.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Sally. C’est un personnage que j’ai beaucoup aimé, pas seulement parce qu’elle est l’héroïne, mais parce que c’est une fille forte mais aussi fragile. Sally n’est encore qu’une enfant, perdue entre l’enfance et le monde des adultes. Elle montre ainsi les difficultés qu’ont tous les adolescents, demandant plus d’autonomie sans toutefois être capable de se débrouiller seule. La vie à cette époque était encore pire, puisque Sally, en tant que femme, ne peut pas vraiment subvenir à ses besoins, sauf si elle devient servante ou gouvernante, ou qu’elle trouve un bon époux. Elle ne peut pas gérer sa fortune à sa convenance, c’est un avocat qui le fait pour elle, justement parce qu’elle est trop jeune et parce qu’elle est une fille. Elle doit donc trouver d’autres moyens de gérer sa vie, d’autant plus que Sally a un caractère explosif, qui va lui faire claquer la porte de la tante qui l’héberge. Élevée presque comme un garçon, elle ne connaît pas grand chose à la mode ou à l’élégance, mais sait tirer avec un revolver et se battre. C’est certainement grâce à son caractère et avec tous ce qu’elle sait qu’elle est en mesure de se lancer dans une telle entreprise, celle de comprendre ce qui est arrivé à sa famille. Et c’est que qu’on apprécie chez elle, cette force, cette ténacité, qui la fait tenir et aller jusqu’au bout. Elle n’abandonne pas facilement, surtout lorsque ses amis sont menacés. Et ce que j’ai aussi trouvé très intéressant, c’est que c’est une fille comme les autres. J’entends par là qu’elle aussi doute, voudrait une vie calme, normale. Elle aussi a des peurs et hésite à faire certaines choses. De ce fait, ce n’est pas une héroïne parfaite, et elle fait des erreurs. Ceci ne la rend que plus touchante parce qu’elle n’a rien d’extraordinaire, elle montre ainsi que ce qu’elle fait, tout le monde, avec un peu de volonté et de courage, peut le faire. Il suffit pour cela de mettre ses peurs et ses doutes de côté pour avancer. Elle a une vraie évolution au cours du roman, on sent ainsi qu’elle grandie à mesure qu’elle rencontre des épreuves. Elle gagne en courage et en force. Et surtout, elle comprend mieux le monde qui l’entoure, en perdant de sa naïveté. Lorsqu’on lit le roman en étant jeune, on ne peut donc que la prendre pour modèle car c’est un personnage inspirant pour tout le monde.

– Tu sais Sally, tu as en toi deux personnes totalement différentes.

– Ah bon ?

– Quand tu prends les choses en main, tu es forte…

– Moi ?

– Et à d’autres moments, tu es si discrète que c’est comme si tu n’étais même pas là.

– C’est affreux ! Suis-je trop autoritaire ? Ce n’est pas volontaire.

– Non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire. C’est juste que tu donnes l’impression de savoir ce qu’il faut faire, alors que Fredrick et moi, nous n’en avons aucune idée… C’est formidable !

– Je sais si peu de choses, Rosa ! Je ne sais même pas parler aux gens. Et ce que je sais, c’est tellement… Je ne sais même pas comment dire… Ce ne sont pas des choses qu’une fille devrait savoir. J’adore ça, tu ne peux pas savoir combien, mais ce n’est pas… Je me sens coupable d’une certaine façon. Car je ne suis pas normale, je ne connais rien à la couture et à toutes ces choses.

Je vais à présent vous parler des personnages principaux. Puisque je me souviens assez bien, je pense, de leur évolution dans la suite de la saga, je ne vais pas faire un paragraphe pour chacun, mais vous en parler de manière plus large afin de ne pas vous spoiler certaines évolutions. Chaque personnage est développé avec soin, même ceux qui disparaissent au cours de l’histoire. Ceci ne les rend que plus réels. Ainsi, on s’aperçoit que tous ont une histoire, qu’ils sont là pour une raison bien précises, et qu’ils ne sont pas balancés dans l’histoire pour servir un moment. Ils ont un rôle bien définis. Ils sont tous bien travaillés. J’aime particulièrement les personnages de Jim et de Fred, les deux alliés de Sally, mais le personnage de Mme Holland, la grande méchante de l’histoire, est lui aussi très bien fait. Elle ferait presque peur. C’est vraiment une grande méchante. Elle ne donne pas envie de se frotter à elle. Quant à Jim, il apporte de l’innocence, de l’humour, dans cette histoire qui est finalement assez sombre. Il suffit de voir le destin de la pauvre Adélaïde pour s’en rendre compte. Jim permet de contrebalancer le suspens et l’angoisse qui peuvent survenir. Et Frederick est là pour amener une touche de sérieux, de légèreté aussi, voire de romance. Plus l’histoire avance et plus il se rapproche de Sally, sans outrepasser la bienséance, évidemment. J’aime beaucoup son personnage. C’est un artiste qui est loin d’avoir la tête sur les épaules. Pourtant, lui aussi est prêt à tout pour protéger ses proches, et ce n’est pas le dernier à se jeter dans la bagarre ou à prendre des risques. J’ai apprécié sa légèreté, son côté simple, mais aussi cette envie de tout faire pour ceux qu’il aime. Bien entendu, les voir tous aussi développés donnent envie de savoir ce qu’ils vont devenir dans la suite de la série.

– C’est un artiste, miss, c’est ça le problème. Il pourrait gagner plein d’argent avec la photographie s’il voulait, mais m’sieur Fred, ça ne l’intéresse pas de faire des portraits et des photos de mariages. J’lai vu passer toute une semaine assis au même endroit, immobile comme un statue, à attendre la lumière idéale sur une flaque d’eau ! Il est doué, vous pouvez me croire. Mais il veut inventer des choses, et pour ça, il dilapide l’argent à une vitesse que vous ne pouvez pas imaginer.

Ce que j’ai aussi beaucoup aimé dans ce premier tome, ce que j’avais déjà apprécié lors de ma première lecture, lorsque j’étais plus jeune, ce sont tous les aspects historiques que l’on retrouve dans ce roman. Ainsi, on apprend certaines choses sur l’empire britanniques de cette époque que l’on ne retrouve pas dans d’autres romans, qui vont se limiter à des choses plus soft, plus agréables, en cachant une partie de la vérité. Ici, justement, on ne dissimule pas cette vérité peu glorieuse, et on l’assume même. C’est assez rare pour un roman jeunesse, du moins à cette époque. Personnellement, je me suis déjà renseignée sur ce sujet à travers une duologie de romans pour adulte, L’Empire des larmes, mais je n’en avais pas entendu parler ailleurs que dans ces deux titres. Je parle de la guerre de l’opium et ce que les britanniques ont fait aux chinois justement pour gagner la guerre des Indes, pour avoir la main basse sur le pays. Pour cela, ils ont vendus de l’opium aux chinois, les noyant sous la drogue, ce qui s’est retournée aussi contre eux lorsque les chinois en ont vendus aux britanniques. C’est une part assez sombre de l’histoire de l’Empire, et c’est donc rare d’en entendre parler. Je trouve donc cela judicieux que cela soit évoqué dans un tel roman, même si c’est un peu édulcoré, parce que c’est pour les enfants. Ce n’est pas quelque chose que l’on voit à l’école et qui est pourtant importante pour comprendre l’histoire mondiale, même si cela peut paraître un détail. On parle aussi de la pauvreté de cette époque, de la misère qui existait déjà et contre laquelle personne ne faisait rien.

– La plupart de ces endroits sont effroyables, expliqua-t-il, alors qu’ils étaient assis dans l’omnibus. Une planche pour s’allonger, une couverture crasseuse et une pipe, c’est tout. Mais Mme Chang, elle prend soin de ses clients et veille à la propreté de son établissement. Je suppose que c’est parce qu’elle ne consomme pas personnellement cette substance….

– Ce sont toujours des Chinois ? Pourquoi est-ce que le gouvernement ne fait rien ? demanda Sally.

– Parce que c’est le gouvernement qui cultive l’opium et qui le vend. Il en tire d’énormes bénéfices.

– C’est impossible !

– Tu n’as aucune connaissance en histoire ?

– Euh… non.

– Il y a trente ans, nous avons mené une guerre à cause de l’opium. Les Chinois ne voulaient pas que des marchands anglais en fassent entrer illégalement dans leur pays : ils ont essayé de l’interdire. Alors, nous avons fait la guerre pour les obliger à accepter l’opium. Il est cultivé en Inde, sous le contrôle du gouvernement.

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3 réflexions au sujet de « Sally Lockhart, tome 1 : La malédiction du rubis »

  1. J’aime beaucoup cette saga également, découverte il y a 1 an ou 2 seulement, suite au cadeau d’une amie qui ne voulait plus de ses vieux tomes. C’est une très bonne surprise, l’art de la narration de Pullman est toujours aussi bonne et le personnage de Sally (non sans rappeler Lyra) envoie de vrais messages positifs aux jeunes (voire moins jeunes) filles. Son entourage est très attachant aussi, et son évolution au fil de la saga merveilleuse !

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