chroniques littéraires

La vie secrète des écrivains

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien et que vous avez survécu à la reprise de Games of Thrones. J’ai l’impression de n’entendre parler que de cette série depuis la semaine dernière, alors que tout le monde faisait le décompte avant son retour. Enfin, pour être honnête, c’est ça et la Star Wars Célébration qui occupe mes réseaux sociaux. Heureusement que je ne regarde pas Games of Thrones. Il faudra peut-être que je m’y mette, un jour, pour me rendre compte de ce que cette série a de si génial, moi qui me suis arrêtée à la saison 1.

Mais aujourd’hui, je ne suis pas là pour vous parler de Games of Thrones, ni de Star Wars. Aujourd’hui, je vais vous présenter l’une de mes dernières lectures. Il s’agit du dernier roman de Guillaume Musso, que j’ai dévoré en début de semaine. Ce nouveau titre, intitulé La Vie Secrète des Ecrivains, est sorti aux éditions Calmann-Lévy le 2 avril 2019. C’est donc la nouveauté du mois. Voici son résumé :

En 1999, après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée.

Automne 2018. Fawles n’a plus donné une seule interview depuis vingt ans. Alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste suisse, débarque sur l’île, bien décidée à percer son secret.

Le même jour, un corps de femme est découvert sur une plage et l’île est bouclée par les autorités. Commence alors entre Mathilde et Nathan un dangereux face à face, où se heurtent vérités occultées et mensonges assumés, où se frôlent l’amour et la peur…

Alors, je tiens à préciser que lorsque j’ai commencé ce roman, je n’avais aucune idée de ce qu’il allait raconter. J’ai juste vu plusieurs personnes en parler en bien sur les réseaux sociaux, et j’avoue que le titre l’intriguait beaucoup. Toutefois, je n’ai pas pris le temps de lire son résumé avant de me lancer dans cette lecture. J’y suis allée à l’inconnue. Alors, dans ce roman, nous suivons deux personnages principaux, qui sont Nathan Fawles, ancien écrivain à présent à la retraite, qui vit reclus sur une île de la Méditerranée, et Raphaël, un jeune homme rêvant de devenir écrivain et qui est passionné par Fawles. Il n’a qu’un rêve, celui d’être publié et pour cela, il a besoin des conseils de son idoles. Mais voilà, alors que Raphaël est sur l’île de Beaumont, là où est Fawles, un meurtre horrible est commis. Une journaliste, Mathilde, s’approche un peu trop près de Fawles. Et si l’écrivain était d’une manière ou d’une autre mêlé à cette affaire ? C’est ce que va essayer de comprendre Raphaël.

Alors, je vais commencer par vous parler du personnage de Raphaël. Certainement parce que je suis comme lui, encore jeune et pleine de rêve, je me suis beaucoup retrouvée dans son personnage. Il n’a vraiment qu’une idée en tête, celle d’écrire et d’être publié. Pour cela, il fait preuve de courage, car il s’oppose à sa famille en quittant son école de commerce, en ne vivant que de petits boulots souvent mal payés. Il tient à son rêve et met tout en oeuvre pour le vivre. Il est obstiné. C’est fan de la littérature, et de Fawles en particulier. Comme il n’essuie que des refus de la part d’éditeurs, et qu’il commence à se démotiver, il décide de tout plaquer et d’aller à la rencontre de son auteur favori. Tout ne se passera pas vraiment comme il l’avait prévu. La rencontre avec Fawles va notamment le marquer, mais cela montre à quel point l’avis de l’auteur est important pour lui et qu’il va tout faire pour le convaincre de l’aider. A ce moment-là, il montre toute la facette têtue de son caractère puisqu’il n’hésite pas à se mettre en danger pour approcher Fawles. Au cours du récit, on s’aperçoit alors que Raphaël n’a pas beaucoup d’instinct de survie car il se met dans des situations toujours plus dangereuses. Mais ce que j’ai apprécié chez lui, c’est sa vision de la littérature. Sur l’île, il devient libraire et défend toute la littérature, avec tout ce qu’elle comporte comme richesse et variétés. On sent que c’est un passionné et qu’il est aussi un grand lecteur. Cependant, il est aussi un peu naïf. Il se comporte comme un personnage de roman, c’est-à-dire qu’il oublie qu’il est réel, il oublie la dangerosité de la vie. C’est pour cela qu’il n’a aucun instinct de survie. Mais sa fraîcheur, sa candeur, et son optimiste en font un personnage agréable à suivre. J’aurais néanmoins préféré une autre évolution pour lui. Je suis un peu déçue de ce qu’en fait l’auteur à la fin du roman, une évolution que j’ai trouvée trop simple, presque bâclée.

– Vous allez vraiment fermer la librairie ?

– Sans regret, affirma-t-il. Les gens ne lisent plus, c’est comme ça.

Je nuançai :

– Les gens lisent peut-être différemment, mais ils lisent toujours.

Audibert tourna le gaz pour couper le sifflement de la cafetière italienne.

– Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Je ne parle pas de divertissement, je vous parle de la vraie littérature.

Bien sûr, la fameuse « vraie littérature »… Il y avait toujours un moment avec les gens comme Audibert où cette expression – ou celle de « vrai écrivain » – revenait sur le tapis. Or je n’avais jamais laissé à personne le droit de me dire ce que je devais lire ou pas. Et cette façon de s’ériger en juge pour décider ce qui était de la littérature et ce qui n’en était pas me paraissait d’une prétention sans bornes.

Parlons à présent du personnage de Fawles. Cet homme est un vrai mystère. Il ne se dévoile que tout doucement dans le roman, si bien que jusqu’à la fin, on ne sait pas vraiment quoi penser de lui. J’avoue avoir eu du mal avec son personnage pendant un moment. Autant Raphaël représente la jeunesse, l’optimisme, la joie de vivre, autant Fawles représente la déception, l’aigreur, le pessimiste. Ce n’est pas un personnage agréable à suivre, même lorsqu’il se dévoile. En fait, plus on en apprend sur lui, et plus il fait froid dans le dos. Mais là encore, rien n’est simple, car j’ai apprécié le moment où l’on apprend plus sur son passé, sur sa vie d’avant. A ce moment-là, je l’ai trouvé presque touchant, lorsqu’il raconte ce qui lui est arrivé. Cependant, une fois encore, il est compliqué si cela est réel, la vérité, ou non. Fawles joue beaucoup sur les mots, sur son mystère. On a alors l’impression que rien n’est vrai chez lui.

Mathilde poursuivit ses questions :

– Et maintenant, qu’est-ce que vous faites de vos journées ?

– Je médite, je bois, je cuisine, je bois, je nage, je bois, je fais de longues promenades, je…

– Vous lisez ?

– Quelques polars parfois et des livres sur l’histoire de la peinture ou sur l’astronomie. Je relis certains classiques, mais cela n’est pas important.

– Pourquoi pas ?

– La planète est devenue une fournaise, des grandes parties du monde sont à feu et à sang, les gens votent pour des fous furieux et s’abrutissent devant les réseaux sociaux. Ça craque de partout, alors…

– Je ne vois pas le rapport.

– Alors je crois qu’il y a des choses plus importantes que de savoir pourquoi, il y a vingt ans, Nathan Fawles a cessé d’écrire.

– Les lecteurs continuent à vous lire.

– Que voulez-vous, je ne peux pas les en empêcher. Et puis, vous savez très bien que le succès repose sur un malentendu. C’est Duras qui disait ça, non ? Ou Malraux peut-être. Au-delà de trente mille exemplaires, c’est un malentendu…

Pour ne pas trop vous en dévoiler, je vais à présent vous parler de l’histoire en elle-même. Il s’agit bien d’un thriller. nous avons un meurtre et une enquête, dans cette histoire. Nos personnages vont essayer de comprendre ce qu’il s’est passé. Toutefois, cela semble bien secondaire lorsque Fawles, inquiet par la présence de Mathilde, commence à faire des recherches sur elle. Tout est fait pour produire plusieurs pistes au lecteur, dans le but de le perdre. Je dois avouer que cela est bien fait car il nous est presque impossible de saisir le dénouement de cette histoire, de comprendre comment les personnages en sont arrivés là, de deviner la fin. Ce qui est très intéressant ici, c’est que nous avons une histoire dans une histoire. Des événements se dévoilent peu à peu, qui sont liés au passé de Fawles, qui pourraient être à l’origine de tout, ou non. Et d’autres événements, survenus ailleurs, pourraient aussi être liés à tout cela. En fait, jusqu’au bout, le lecteur ignore ce qui est vrai ou non, ce qui est important ou non. Nous sommes presque dans un thriller psychologique, où tout le monde a quelque chose à cacher, où il ne faut pas croire ce qui nous est dit. J’ai beaucoup aimé cet aspect de l’histoire. Ainsi, on ne sait plus vraiment à qui faire confiance, que croire. Les personnages secondaires sont eux aussi intéressants, et bien construits. Ils apportent vraiment quelque chose à l’histoire, même s’ils ne sont que passagers dedans. Toutefois, j’ai été très déçue par l’épilogue, que je trouve en trop. Cela m’a presque gâché ma lecture. En effet, dans cet épilogue, Musso se met carrément en scène, cherchant alors à comprendre ce qui est arrivé à Fawles. On a alors l’impression que toute l’histoire n’en est qu’une, une histoire, et que l’auteur nous manipule réellement. Autant je peux le concevoir au sein même de l’histoire, mais que l’auteur se mette en scène en nous disant clairement qu’il se moque de nous, j’ai un peu plus de mal. Pourtant, l’idée est bonne, car Musso, en se mettant en scène, raconte comment l’inspiration peut venir, et que d’un simple lieu ou événement, on peut créer toute une histoire. Mais je n’ai pas été du tout convaincue par la manière dont il écrit cette partie-là.

Enfin, je dirais que ce roman est bien écrit. Je l’ai lu très rapidement, mais il ne fait après tout que 200 pages pour la version numérique. En deux soirées, le livre est donc lu. Toutefois, malgré cela, et le fait par conséquent que l’histoire est courte, je trouve que le suspens est bien monté. L’angoisse nous prend peu à peu à la gorge, les pistes à étudier pour comprendre ce qu’il s’est vraiment passé son nombreuses et paradoxales. Plus le récit avance et plus on sent l’apogée monter en flèche. On est comme en apesanteur face à ce qui va arriver. On se croirait réellement à Beaumont, qui n’existe pourtant pas, et l’on s’attache aux personnages. On est vraiment immergé dans l’histoire, qui est finalement un huit clos sur une île. Le roman est donc bien fait.

Située à trois quarts d’heure de bateau des côtes varoises, l’île Beaumont avait la forme d’un croissant. Un arc de cercle d’une quinzaine de kilomètres de long sur six de large. On la présentait toujours comme un écrin sauvage et préservé. Une des perles de la Méditerranée, où alternaient criques aux eaux turquoises, calanques, pinèdes et plages de sable fin. La Côte d’Azur éternelle, sans les touristes, la pollution et le béton.

Ces dix derniers jours, j’avais eu le temps de compulser la documentation que j’avais pu trouver sur l’île. Depuis 1955, Beaumont appartenait à une discrète famille d’industriels italiens, les Gallinari, qui, au début des années 1960, avaient investi des sommes folles dans son aménagement, menant de grands travaux d’adduction d’eau et de terrassement et créant ex nihilo l’un des premiers ports de plaisance sur la côte.

Au fil des années, le développement de l’île s’était poursuivi selon une ligne claire : ne jamais sacrifier le bien-être de ses habitants sur l’autel d’une prétendue modernité. Et pour les insulaires, les menaces avaient deux visages bien identifiés : les spéculateurs et les touristes.

En résumé, c’est un roman que j’ai trouvé agréable à lire et que j’ai pris plaisir à dévoré. Je pense que j’ai bien plus accroché à celui-ci qu’au dernier de l’auteur, La jeune fille et la Nuit. Toutefois, je regrette certaines facilités, et la fin. Je trouve que l’épilogue est en trop. Mais l’angoisse est bien faite, le mystère rondement mené et il plaira à beaucoup de personne. Je le conseille donc vivement.

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2 réflexions au sujet de « La vie secrète des écrivains »

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