chroniques littéraires

Cupidon a des ailes en carton

Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien. Ici, tout va bien, même si la reprise a été très compliquée. J’ai eu beaucoup de mal à me remettre dans le rythme du collège. Heureusement que le lundi, je termine plus tôt, car la journée a vraiment été difficile. Et le reste de la semaine n’a pas été vraiment mieux. C’est bien quinze jours de vacances, mais la coupure est assez longue finalement. Du moins, c’est comme ça que je l’ai vécu cette semaine. En plus, les élèves sont assez excités, ce qui n’aide pas.

Mais aujourd’hui, ce ne sont pas les adolescents qui sont au centre de cet article. Aujourd’hui, je vais vous parler d’amour, et de la manière de conserver une relation. En effet, aujourd’hui je vais évoquer avec vous ma dernière lecture, qui est le dernier roman de Raphaëlle Giordano. Si ce nom ne vous est pas inconnu, c’est normal, puisque j’avais vraiment adoré son premier ouvrage, Ta deuxième vie commence quant tu comprends que tu n’as qu’une, chroniqué sur le blog. Malheureusement, j’ai lu son deuxième roman, comme vous avez pu le voir dans mes C’est lundi, que Lisez-vous ?, Le jour où les lions mangeront de la salade verte, et je n’ai pas été très emballée. J’ai donc commencé son nouveau roman, sorti en janvier 2019 chez les éditions Eyrolles, avec un peu d’appréhension. Et je vais donc vous livrer mon ressenti. Voici d’abord son résumé :


Meredith aime Antoine. Éperdument. Mais elle n’est pas prête. Comédienne en devenir, ayant l’impression d’être encore une esquisse d’elle-même, elle veut éviter à leur histoire de tomber dans les mauvais pièges de Cupidon. Alors, il lui faut se poser les bonnes questions : comment s’aimer mieux soi-même, aimer l’autre à la bonne distance, le comprendre, faire vivre la flamme du désir ? Meredith pressent qu’avec ce qu’il faut de travail, d’efforts et d’ouverture, on peut améliorer sa capacité à aimer, son  » Amourability « . 

Son idée ? Profiter de sa prochaine tournée avec sa meilleure amie Rose, pour entreprendre une sorte de  » Love Tour « . Un tour du Moi, un tour du Nous, un tour de l’Amour. 

Aussi, afin de se préparer à vivre pleinement le grand amour avec Antoine, elle doit s’éloigner. Prendre le risque de le perdre pour mieux le retrouver. Ils se donnent 6 mois et 1 jour. Le compte à rebours est lancé, rythmé par les facéties de Cupidon. 

Meredith trouvera-t-elle ses réponses avant qu’il ne soit trop tard ?

Dans cette histoire, nous suivons donc Meredith, qui est folle amoureuse d’Antoine. Seulement, Antoine a déjà une carrière bien tracée, il mène sa barque avec facilité. Meredith elle a encore du mal, sa carrière d’actrice ne décollant pas réellement. Et à cause de celle-ci, des peurs refont surface. Elle n’arrive pas à profiter vraiment de l’amour qu’elle éprouve pour Antoine et de celui que ce dernier lui rend. Alors, pour donner une chance à leur histoire, Meredith décide de s’éloigner. Elle se donne six mois pour se découvrir, lancer sa carrière, et comprendre comment fonctionne le véritable amour. Pendant ces six mois, elle va essayer de devenir une actrice à part entière, de revenir sur ses peurs, ses échecs, sur son histoire personnelle, et elle va voyager. Mais nous suivons aussi, avec elle, Rose, sa meilleure amie, dans sa quête d’un homme, et Antoine, face à ses propres doutes et sa certitude de ne vivre que pour Meredith. Ces trois personnages se partagent alors la narration.

Je vais commencer cette chronique par vous parler du personnage de Meredith. C’est tout d’abord le personnage principal, ceci est donc logique de commencer par elle, mais c’est aussi le personnage dont je me suis sentie le plus proche. On sent dès le début qu’elle a quelques fêlures, et lorsqu’elle évoque son passé, je me suis retrouvée dedans. Bien sur, je n’ai pas vécu les mêmes choses, mais je me suis retrouvée dans son ressenti. Meredith a quelques difficultés avec l’amour, qui ne sont pas de maintenant. Cependant, c’est quelque chose qu’elle va mettre du temps à comprendre. Elle va décortiquer ses souvenirs. Mais pour cela, elle a besoin de temps, et de se réaliser professionnellement. Pour elle, l’amour seul ne suffit pas. Et je suis d’accord avec elle. C’est certainement grâce à toutes les déductions qu’elle fait sur l’amour que je me suis sentie encore plus proche d’elle. Car Meredith agit presque en philosophe en élaborant sa théorie sur l’amour. J’ai aussi aimé toutes les expériences qu’elle mène pour mieux comprendre le problème qui la ronge. Une chose est certaine, elle aime profondément Antoine et a envie de vivre avec lui, mais elle est aussi capable de se projeter dans une vie sans lui. Elle n’est pas l’une de ses amoureuses transies qui ont besoin de l’être aimé près d »elles. Meredith sait être indépendante et c’est sa grande force dans cette aventure. Et je trouve son idée de base, son Love Tour, très originale. Meredith fait vraiment les choses à sa manière, se moquant parfois des convenances ou des règles. Elle va au bout de ses idées, avec une grande force de caractère. Seulement, j’ai été assez déçue par son attitude, à la fin.du roman. Je peux comprendre qu’elle se soit laissée aller, qu’elle ait fait une nouvelle expérience nécessaire pour la suite, mais je ne m’attendais pas à cela venant de sa part. Je l’ai trouvé maladroite. Et la décision qu’elle prend suite à cela n’est pas non plus à mon goût. Toutefois, cela démontre qu’elle peut aussi faire des erreurs, comme nous tous, et que ces erreurs font parties du jeu de l’amour. Je pense que j’ai été plus proche de la Meredith du début, voire du milieu de l’histoire, que de celle de la fin.

Comme hypnotisée par son propre discours, elle raconte. Qu’elle veut être à la hauteur de notre histoire d’amour. Que, pour elle, une histoire d’amour avec un grand A se mérite, se prépare…. Comparé à moi, elle a l’impression de faire figure de brouillon, d’être à peine une ébauche de ce qu’elle pourrait être, et cette idée lui est insupportable. Je veux hurler qu’elle se trompe, mais comment lutter contre des impressions aussi chevillées au corps ? Elle est convaincue que ce manque de fierté personnelle gangrènera fatalement ses sentiments et que cette absence d’estime finira par peser sur notre relation, et par la détruire. Elle argumente :  » Toi, tu as déjà tout. » Les honneurs. La reconnaissance. Un producteur d’émissions radio avec sa petite cour déjà conquise. Elle revient sur la soirée pince-fesse-à-la con de l’autre jour, me reparle du malaise désagréable qui apparaît quand je la présente, s’énerve qu’on lui demande dans quoi elle a jouée, n’en peut plus des petits sourires, gênés ou goguenards, croit-elle, portés sur elle. Le fichu complexe d’infériorité qu’elle traîne depuis des années, depuis que sa famille de bourgeois de province lui bat froid parce qu’ils n’assument pas ce qu’elle devient, une artiste, la hante sans cesse. J’ai beau lui dire que moi, je crois en elle, même si pour l’instant elle n’a pas encore « percé », rien n’y fait. Elle veut devenir « quelqu’un » avant de se lancer dans l’aventure d’une vie avec un autre, qui serait enfin The One. L’autre, c’est moi.

Je vais à présent vous parler du personnage d’Antoine. Alors, contrairement à Meredith, j’ai eu beaucoup plus de mal à m’attacher à son personnage. Antoine n’a pas réussi à m’émouvoir. En fait, il ne m’a même pas beaucoup attiré. Non pas qu’il soit un personnage fade, mais j’ai trouvé qu’il allait à contre-courant des envies de Meredith. Je peux alors comprendre son envie à elle de prendre du recul, de partir faire son Love Tour. Antoine semble moins indépendant que Meredith face à ses sentiments. Il a besoin d’avoir souvent de ses nouvelles et il a tendance à vouloir absolument l’aider, alors même qu’elle lui demande le contraire. En vérité, c’est cela qui m’a profondément agacée chez Antoine, son désir de contrôler Meredith à distance. C’est non seulement sexiste, mais ce n’est même pas une preuve d’amour. En tout cas, de mon point de vue. Et je crois que j’ai donc pris Antoine en grippe. Je pense que si un homme me fait ça, je ne reste pas avec lui. C’est nier la possibilité de se réaliser de l’autre, tout ce que ne veut pas Meredith. De plus, il reste accroché à elle, même après avoir appris certaines choses. Je pense que j’aurai préféré qu’il passe à autre chose, qu’il se rende compte ainsi de ce qu’il avait perdu, plutôt que d’attendre, un peu bêtement, le retour de sa dulcinée. Pour moi, ce n’est plus vraiment de l’amour, juste de la passion qu’il refuse d’abandonner. Il en devient obsédé par elle et je trouve cela presque flippant. Antoine est un amoureux qui fait donc un peu peur. Son seul avantage, à Antoine, c’est qu’il a au moins, conscience de ses défauts.

J’aime tellement Meredith que je peux avoir tendance à l’étouffer, à m’ingérer dans sa vie, ses prises de décisions. Un vieux réflexe de vouloir tout contrôler. N’est-ce pas d’ailleurs probablement ce qui la fait fuir ? N’était-je pas sur le point de la mettre dans une sorte de cage dorée dont j’aurais seul eu la clef ? C’est vrai, je la voulais pour moi. Cela m’arrangeait presque qu’elle ne brille pas trop dans sa carrière. J’avoue. Elle m’apparaît déjà si irrésistible ainsi, telle qu’elle est aujourd’hui. La beauté de l’inachevé. Qu’arriverait-il si en plus elle devenait star ? Elle m’échapperait, c’est certain… Je voyais déjà tous les crevards du métier baver sur elle,lui tourner autour comme des vautours, lui faire des avances… Finir par être meilleurs que moi ?

Je vais rapidement parler de Rose, la meilleure ami de Meredith, mais aussi amie proche d’Antoine. Dans le roman, c’est elle qui sait tout ce que fait Antoine pour sa dulcinée, elle l’écoute et se tait. Au début, son rôle m’a bien plus, et elle m’a fait franchement rire car c’est un personnage très solaire, qui amène de la joie et de l’amour dans ce texte. Seulement, elle aussi, sur la fin, m’a assez déçue dans les décisions qu’elle prend. En fait, j’ai eu l’impression qu’à partir d’un certain moment, tous les personnages agissaient à côté de la plaque, ou en en faisaient trop, en suréagissant. Rose n’échappe pas à cela, même si elle aide beaucoup Meredith au début, dans sa quête de l’amour.

En ce qui concerne les théories évoquées sur l’amour, je les ai beaucoup aimées. En fait, c’est l’un des points forts de cette histoires, à mon avis. Certes, l’histoire est sympa, quoique prévisible, mais ces théories, cette recherche faite par Meredith, apporte quelque chose de plus au roman. C’est là qu’on voit que c’est aussi un ouvrage de développement personnel. Après, nous pouvons être d’accord ou non avec les idées exposées par Meredith, mais je trouve cela intéressant de réfléchir sur l’amour, sur la place qu’on lui donne dans notre vie, sur sa recherche, et même le moyen pour le conserver, dans une histoire d’amour. Les histoires comme cela en général sont centrées sur l’amour, mais n’en font pas une réflexion. C’est donc pour cela que je trouve que cette recherche apporte un plus à l’histoire. Ce sont des passages qui font forcément écho en nous, dans nos histoires personnelles. Et cela permet de voir Meredith d’une autre manière. De plus, j’ai trouvé certaines réflexions plutôt jolies à lire. C’est certainement ce que j’ai préféré dans cette histoire.

En réalité, les incartades ne me semblent pas si graves. Un couple solide peut les traverser comme de légères et inévitables zones de turbulences. Le plus important n’est-il pas d’oser faire le point sur la véritable friabilité de son couple ? Amour roc ou amour irrémédiablement érodé ? Le cœur le sait. Car l’adultère, le vrai, celui de l’usure, de l’aigreur, de la lassitude et de la passivité, n’est que le résultat d’une politique de l’autruche. Le manque de courage de regarder la vérité en face : l’autre ne nous convient plus, ne nous plaît plus. L’histoire nous étiole, nous étient, nous coupe d’une authentique joie de vivre. On s’oblige à rester ensemble, au nom de quoi ? Des enfants ? Des conventions ? Par peur du changement ? De bousculer une organisation et des habitudes confortables ? Ou pire, à cause de l’argent ?

Se mentir à soi-même est pourtant une lente asphyxie. Une petite mort. Si l’on est mal dans son couple, il ne faut pas tromper son compagnon. Il faut le quitter.

Le roman se lit bien. Je l’ai lu assez rapidement, la plume de l’autrice est toujours aussi agréable à lire, et il y a de beaux moments qui sont décrits, de belles réflexions aussi. Je déplore simplement que l’histoire devienne, à un moment, un peu trop prévisible. Comme je l’ai déjà répété, j’ai été un peu déçue par la fin, tout simplement parce que je ne m’attendais pas à un tel coix de la part de Meredith, à Londres. J’attendais plus une telle réaction de la part d’Antoine, et je pense que cela aurait été plus intéressant si cela était venu de sa part à lui. Meredith aurait ainsi eut la même réflexion, mais d’une autre manière. Cependant, ceci n’empêche pas le fait que j’ai été très emballée par ce roman et que, par moment, j’ai eu du mal à le lâcher. Je le relirai certainement un jour.

En résumé, j’ai tout de même beaucoup aimé ce roman un peu particulier. J’ai pris plaisir à le lire malgré quelques déceptions. Je suis consciente qu’il ne plaira pas à tout le monde, mais si jamais vous avez envie de tenter l’expérience, je vous le conseille, ne serait-ce que pour la personnalité de Meredith et les réflexions intéressantes sur l’amour. C’est un bon ouvrage, avec de jolis moments philosophiques, et je pense que j’aurais plaisir à le relire dans quelques mois ou années.

Et vous ?

Comment un roman peut-il vous décevoir ?

Aimez-vous deviner l’intrigue d’une histoire ?

Qu’aimez-vous retrouver dans une histoire d’amour ?

Lisez-vous des ouvrages de développement personnel ?

2 réflexions au sujet de « Cupidon a des ailes en carton »

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