challenge·chroniques littéraires

Georges et les secrets de l’Univers

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Bonjour les amis. J’espère que vous allez bien, que vous profiter encore un peu de cet été qui touche malheureusement déjà sur sa fin. Pour ceux qui ont repris lundi, j’espère que cette reprise n’a pas été trop dure. Ici, je profite de mes derniers jours de vacances – je prie pour que ce soit le cas – en écrivant mes cours pour cette année. Vivement que j’ai un poste de professeur. Enfin, aujourd’hui, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous parler de philosophie, de Liberté ou d’autres choses. En fait, on va plutôt parler de science, d’astronomie principalement. Mais on va faire ça de manière intéressante, avec une série de romans jeunesses que j’ai découvert justement cet été. Aujourd’hui, je vais enfin vous présenter la série des Georges, écrit par Lucy Hawking et son père Stephen Hawking. Et oui, cette saga qui, je le rappelle, est à vocation des enfants, à été coécrit par l’un des plus grands génies de notre temps. Et ce que vous allez voir, c’est que toutes les théories et hypothèses évoquées sont parfaitement bien expliquées, bien ancrées dans le récit, puisqu’il s’agit bien d’une fiction. Cette série de cinq romans a été publiée chez Pocket Jeunesse. Le premier est sorti en 2007. Je tiens à préciser que, depuis, la science a fait des progrès et que certaines données présentées ne sont plus exactes, ce qui n’est pas du fait des auteurs. Voici son résumé :

Le jour où Georges rencontre ses nouveaux voisins – la jeune Annie et son scientifique de père, Eric -, il découvre chez eux un secret qui va bouleverser sa vision du monde.

Eric possède Cosmos, l’ordinateur le plus perfectionné qui soit. Il peut vous projeter aux quatre coins de l’univers : dès lors, explorer l’immensité de l’espace, frôler des planètes, traverser une tempête d’astéroïdes devient un jeu d’enfant… Mais entre des mains mal intentionnées cette super-intelligence pourrait être redoutable. Eric et Georges vont en faire l’expérience…

Dans cette histoire, nous suivons donc Georges, jeune garçon britannique qui s’ennuie beaucoup dans sa vie. Ses parents sont de fervents défenseurs de la nature, ce qui fait qu’il n’a pas le droit d’avoir accès à la technologie ou à des repas normaux. Ses parents ne consomment que ce qu’ils produisent et vivent presque en marge de la société. Le seul ami de Georges, c’est Fred, son cochon. Mais tout ça change le jour où Fred s’enfuit pour aller chez les voisins. Et là, Georges tombe sur Annie, une fille plus jeune que lui, qui n’arrête pas d’inventer des histoires, et sur son père, Eric, qui est un brillant scientifique. A partir de là, la vie de Georges va changer, car il va découvrir Cosmos, le super ordinateur d’Annie et d’Eric, qui va lui permettre de découvrir l’univers grâce aux portes qu’il est capable d’ouvrir. Georges va ainsi se promener dans le Système solaire et voir notre planète d’une autre manière. Et il va se retrouver précipiter dans un monde dangereux, où il va devoir être courageux pour défendre les siens.

Je vais d’abord vous parler du personnage de Georges. Je me suis, étrangement, beaucoup retrouver en lui. Alors, je suis loin d’avoir eu son enfance, heureusement pour moi, mais on ne peut que s’attacher à ce jeune garçon qui rêve d’un ordinateur et qui se retrouve confronté au refus de ses parents, ardents défenseurs de la nature et contre la technologie, qu’ils trouvent dangereuses. C’est aussi un garçon très solitaire, qui n’a qu’un seul ami, son cochon. La présence d’Annie, sa voisine, va alors tout changer. Ce que j’ai aimé avec Georges, c’est que c’est un garçon avide d’apprendre. Lui qui ne connaît pas grand chose aux sciences au début de l’histoire écoute tout ce que lui racontent Eric, Annie ou Cosmos. On sent qu’il a envie d’apprendre, de connaître l’univers. D’ailleurs, il est souvent frustré de ne pas pouvoir aller au bout de ce qu’il découvre. De même, c’est un garçon un peu aventurier sur les bords, mais qui réfléchir avant d’agir. Certes, on devine facilement lorsqu’il fait une bêtise, lorsqu’il se met en danger, mais il est loin d’être une tête brûlée. Il a besoin de bonnes raisons avant d’agir. C’est ce que j’ai aimé chez lui. C’est aussi un garçon généreux, prêt à prendre de grands risques pour sauver les autres. Il n’est pas vraiment courageux, mais ce n’est pas non plus un pleutre. Il sait quand il doit aider les autres, même si cela est très risqué.

Georges courut jusqu’au croisement puis il se retourna pour vérifier que ses parents ne lui faisaient pas signe depuis la porte d’entrée. Ni père ni mère en vue. Aussitôt, il prit la rue sur la gauche et non celle sur la droite qui menait au collège. Comme il n’avait pas beaucoup de temps devant lui, il mit le turbo. Pendant sa course, mille questions se bousculaient dans son esprit.

(…) A présent, Georges comprenait pourquoi Annie racontait toujours des histoires incroyables – après avoir goûté aux merveilles de l’Univers, la vraie vie était d’une tristesse… Désormais, il ne pouvait pas imaginer son existence sans Annie, Cosmos ou Eric. Enfin si, il le pouvait, mais il ne le voulait pas. Il devait sauver Eric, coûte que coûte.

J’ai aussi beaucoup aimé le personnage d’Annie. Comment ne pas s’attacher à cette petite fille qui, certes, raconte beaucoup de mensonges, mais qui est finalement assez seule puisque non seulement personne ne la croit, mais qui en plus ne peut pas parler de son superordinateur ou des aventures qu’elle vit dans l’espace ? Annie est un peu enfermée dans un monde fabuleux, où elle voit ce que les autres ne voient pas, mais qui ne peut pas en parler. Alors, comme tout le monde pense de base qu’elle ment, elle s’invente des vies, s’imaginant danseuse ou autre, ce qui paraît à ses yeux d’enfant plus crédible que de dire qu’elle va se balader sur la lune ou sur une comète. Moins courageuse que Georges, elle n’hésite cependant pas à n’en faire qu’à sa tête. Elle a une notion du danger assez relative. Ainsi, elle n’hésite pas à propulser Georges dans l’espace, sans même le prévenir avant. Elle ne voit pas le danger de la même manière. Annie est aussi têtue et aime être le centre du monde. C’est une fille qui vit presque seule avec son père et un ordinateur et qui a besoin d’attention. Elle apporte cependant une certaine candeur, naïveté, qui fait du bien à l’histoire. Et j’ai trouvé son sale caractère marrant.

  • Je voyage autour du Système solaire avec papa, fanfaronna Annie. Maman vient aussi de temps en temps mais elle ne se sent pas à l’aise dans l’espace.

Georges commençait à en avoir assez. Il n’était pas d’humeur à supporter les affabulations de la fillette.

  • Ca suffit, maintenant, grogna-t-il. Tu ne te promènes pas dans l’espace. Pour cela, il faut une navette spatiale et on ne te laissera jamais monter à bord tant que tu ne diras pas la vérité.

Annie n’en croyait pas ses oreilles.

  • Tu racontes des histoires stupides sur ta vie de ballerine ou d’astronaute. Ton père et Cosmos font semblant de te croire… continua Georges qui était en sueur, fatigué et aurait bien aimé goûter.

Annie fronça les sourcils. Ses yeux bleus s’emplirent de larmes.

  • Je dis la vérité ! rétorqua-t-elle, furieuse, ses joues rondes rougissant à vue d’œil. Tu… Tu… Je ne raconte pas d’histoires. Je suis une ballerine, je navigue dans l’espace et je vais te le prouver.

Elle se rua sur Cosmos.

  • Et tu m’accompagnes ! s’énerva-t-elle. Comme ça, tu me croiras.

Elle fouilla dans une boîte et en sortit une autre combinaison qu’elle lui jeta au visage.

  • Enfile-moi ça, ordonna-t-elle.
  • Ho, ho ! commenta Cosmos. (…) Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, la prévint Cosmos. Que va dire ton père ?
  • Il ne le saura pas, décréta-t-elle. On fait juste l’aller-retour. Dans deux minutes, on est là. S’il te plaît, Cosmos ! le supplia-t-elle, les yeux brillants de larmes. Toute le monde pense que je raconte des histoires mais c’est faux. Je dis la vérité sur le Système solaire et je veux le montre à Georges.

Les autres personnages sont eux aussi attachants. Je note deux points spéciaux pour Eric, le père d’Annie, qui est l’exemple parfait du scientifique débordé, et pour Cosmos, l’ordinateur qui ressemble à un grand frère. Vrai puits de science, il explique tout, essaye de respecter les règles, mais pousse aussi les enfants à les enfreindre. Cosmos amène un peu d’humour dans cette histoire. En plus, il a son propre caractère, comme un être humain. On voudrait tous avoir un ordinateur comme lui. Quand à Eric, on a envie de l’aider tellement il paraît par moment dépassé. Et on a aussi envie de le secouer, lui qui ne voit le mal non part. Les parents de Georges sont quand à eux assez inexistants, même si ce sont des personnages qui semblent intéressants. En ce qui concerne le grand méchant de cette histoire, on devine dès le début de qui il s’agit. J’ai trouvé ça un peu dommage, j’aurai aimé un peu plus de suspens là-dessus. c’est à mon avis le seul défaut sur les personnages. Le petit message écologique qui se trouve aussi dans ce roman, sur le fait qu’on habite toute de même une planète unique dans le système solaire, qu’on n’en a pas trop une autre comme la nôtre, est aussi intéressant et nécessaire à rappeler. J’ai aimé sa présence et j’espère que les enfants qui lisent cette histoire s’en souviendront longtemps.

Eric leva les yeux au ciel.

  • Georges, continua-t-il, patiemment, Cosmos est l’ordinateur le plus puissant du monde.
  • Exact, renchérit Cosmos. Dans l’avenir, des ordinateurs me surpasseront. Mais à ce jour, je demeure inégalé.
  • Je suis désolé, murmura Eric. Ces machines sont un peu susceptibles parfois.
  • Je suis plus intelligent qu’Eric, se vanta Cosmos.
  • Selon qui ? s’enquit Eric qui foudroya l’écran du regard.
  • Selon moi. Je suis capable d’additionner des milliards de nombre en une nanoseconde. En moins de temps qu’il ne te faut pour dire : « Cosmos est génial », je peux calculer la durée de vie des planètes, des comètes des étoiles, des galaxies. Avant que tu n’aies fini de prononcer : « Cosmos est l’ordinateur le plus impressionnant que j’aie jamais vu, il est vraiment incroyable », j’aurai…
  • Très bien, merci ! l’interrompit Eric. Cosmos, tu es l’ordinateur le plus impressionnant qu’o=e nous ayons jamais vu. On peut changer de sujet ? Je voudrais montrer à Georges comment naît une étoile.
  • Non, trancha Cosmos.
  • Non ? Qu’entends-tu par « non », espèce de machine ridicule ?
  • Je m’y refuse, décréta Cosmos. Et je ne suis pas ridicule. Je suis l’ordinateur le plus puissant qui…
  • Oooohh ! S’il te plaît; le supplia soudain Georges. S’il te plaît, Cosmos ! J’aimerais beaucoup assister à la naissance d’une étoile, s’il te plaît, peux-tu me montrer ?

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, c’est qu’on apprend beaucoup de chose sur l’espace, la vie. Certes, je sais aussi que certaines données sont erronées, dépassées à présent. La science avance super vite. Mais toutes ces informations sont très bien données, via Cosmos, et c’est vraiment bien fait. Je regrette de ne pas avoir eu un roman lorsque j’étais plus jeune, car je me serais sans doute plus intéressée aux sciences, à l’espace et autre. Je pense que tous les enfants devraient lire un tel ouvrage, qu’il devrait en exister beaucoup plus. C’est un bon ouvrage de vulgarisation scientifique pour les enfants, avec une vraie histoire. Ce roman ne se contente donc pas de livrer des informations, il les met en scène via un personnage sympathique : Cosmos. Ce qui est aussi très sympa dans ce livre, ce sont les photos qui y sont intégrées. Ainsi, on se représente bien le système solaire, l’espace, et elles donnent envie d’y voyager.

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Le roman est dans l’ensemble assez bien écrit. Il se lit bien, les chapitres s’enchaînent vite malgré les interruptions avec les écarts qui donnent des informations. Ces derniers ne sont pas obligatoires pour comprendre l’histoire, mais j’ai apprécié leur présence pour en savoir plus. Les illustrations sont très sympathiques et rappellent qu’on est dans un roman pour enfants. Toutefois, certains passages explicatifs sont un peu compliqués et peuvent nécessiter des relectures. Je pense donc que c’est étrange est plus destiné aux bons lecteurs, ou du moins aux enfants à partir de dix ans. Mais tout le monde peut le lire, même si on n’est plus un enfant. Des adultes peuvent l’adorer malgré le fait que les personnages principaux soient des enfants. Le seul défaut du récit est pour moi le fait qu’on devine immédiatement quel personnage va poser problème. Toutefois, à mon avis, il est très bien pour des collégiens ou des personnes avides d’en savoir plus sur l’espace, l’Univers. Personnellement, je le mettrais dans toutes les mains.

En résumé, je vous conseille vivement la lecture de ce roman. Comme vous l’avez constaté sur le blog, je suis d’ailleurs tellement fan que je suis en train de dévorer cette saga. Ce premier tome m’a beaucoup convaincu et c’est avec plaisir que j’ai découvert les aventures de Georges, d’Annie et de Cosmos dans l’espace. J’ai appris pleins de choses. Toutefois, même si j’aimerais bien voir ce que les deux enfants on vu là-haut, je ne suis pas prête à quitter notre bonne vieille Terre.

Et vous ? 

Lisez-vous des ouvrages de vulgarisations scientifiques ?

Pensez-vous qu’incorporer des connaissances dans un roman soit le meilleur moyen pour les diffuser ?

Aimez-vous apprendre des choses en lisant un roman ?

Bonne fin de semaine à tous 🙂

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Une réflexion au sujet de « Georges et les secrets de l’Univers »

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