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Le voyage de Wendy ou l’effet sac à dos

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Bonjour les amis. J’espère que vous allez bien, que vos vacances se passent bien et que la canicule ne vous empêche pas de faire ce que vous voulez. L’avantage de vivre dans un très vieil immeuble, c’est qu’il y fait super frais l’été. Si bien que lorsque je sors, je ne me rends pas tout de suite compte à quel point il fait chaud dehors. Le problème, c’est alors la différence de température entre l’intérieur et l’extérieur, qui peut parfois surprendre, comme c’est le cas depuis le début de cette canicule. D’ailleurs, en vous parlant de différence de température, c’est tout à fait ce que j’ai vécu avec le roman que j’ai envie de vous présenter aujourd’hui. En effet, j’ai envie de vous emmener en voyage – c’est une bonne manière de célébrer les vacances – et du coup, aujourd’hui on part dans un pays qui en a l’habitude, de ces différences de température. Des différences mêmes beaucoup plus énormes que celles qu’on connaît chez nous. Aujourd’hui, grâce à Wendy, je vous fait visiter l’Amérique du Sud, et principalement l’Argentine. En terme de changement de temps, vous n’allez pas être déçus.

Le roman que je vais vous présenter aujourd’hui sur le blog s’intitule Le voyage de Wendy ou l’effet sac à dos. Il a été écrit par Anne Thoumieux et est sorti aux éditions First en avril 2018. Je tiens à remercier le site NetGalley et les éditions First pour l’envoie de ce roman. Je précise aussi que c’est un roman, mais aussi un livre de développement personnel. Il y a donc une histoire mais aussi des conseils pour aider à mieux gérer sa vie. Cette histoire comporte aussi un aspect feel-good. Voici son résumé :

Wendy est une jeune fille sans histoires. Quand elle perd brutalement son travail, ses parents et sa grand-mère, elle se retrouve seule, terriblement seule. Une rencontre surprenante dans un bar vient bouleverser son existence et la mène jusqu’en Argentine. Commence alors un voyage initiatique où les souvenirs de ses parents se mêlent à ses nouvelles rencontres.

Ses pas la portent de la jungle tropicale aux grands froids d’un glacier, et de forêt de cactus en désert de sel, elle avance vers elle-même, souvent en bonne compagnie. Sur sa route, un bel Argentin, un vétérinaire français, une voyante ou encore un jeune Suédois sont autant de compagnons de voyage qui vont apporter leur pierre à son édifice personnel. Un cheminement bouleversant dont elle ressortira grandie, heureuse et prête à vivre sa vie en liberté.

Dans cette histoire, nous suivons donc Wendy, une jeune femme, qui vient de perdre ses deux parents en une année. Comme si le sort s’acharnait sur elle, elle se retrouve endettée, la faute aux deux successions, sa grand-mère décède aussi, et elle perd son travail. Ou plutôt, elle fait un burn-out et attaque son patron en justice. Suite à toute cela, Wendy ne va pas bien, jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance de deux cousins qui vont l’emmener en Argentine. Et si c’était l’occasion pour Wendy de découvrir sa voie ? Et grandir ?

En ce qui concerne Wendy, qui est donc le personnage principal, je suis un peu mitigée. C’est en effet une jeune femme fragile, qui nous touche par sa fragilité, sa candeur, sa naïveté, mais qui a aussi un petit aspect agaçant, justement à cause de ce que je viens de citer. En fait, on a à la fois envie de la protéger, et de lui donner un coup de pied au fesses. Elle fait de grosses erreurs. Mais ce qui est bien, c’est qu’elle apprend de ces dernières. Pour moi, c’est un peu comme une petite sœur, qui nous énerve, mais qui nous touche aussi beaucoup. On a envie de l’aider, et de la laisser apprendre par elle-même. Elle suscite deux émotions contraires. Elle est du genre atachiante. Mais ce que j’ai adoré chez elle, c’est sa capacité à rebondir, et sa détermination. Wendy, une fois en Argentine, ne se laisse pas abattre et apprends très rapidement à se débrouiller toute seule. Certes, elle n’a pas vraiment le choix, mais elle fait preuve d’initiative et de débrouillardise. Je ne suis pas certaine que j’aurais réagis de la même manière qu’elle, et elle m’a impressionnée. C’est en cela que son personnage m’a beaucoup plu. Il montre que dans la vie, il ne faut pas se laisser abattre et qu’il faut continuer. J’ai aussi beaucoup aimé sa manière de voir la vie, sa philosophie, une fois qu’elle comprend qu’elle est finalement seule au monde. Je pense que, à sa place, beaucoup de gens se seraient effondrés. C’est cet optimiste qui la caractérise qui m’a fait apprécié son personnage. Elle ne se prend pas la tête et prend les choses avec philosophie, avec beaucoup de maturité aussi. Ce voyage en Argentine la fait se découvrir et grandir. Et surtout beaucoup réfléchir sur elle et les autres.

Tout devient relatif dans cette plaine gelée. La vie, la mort, finalement nous ne sommes pas grand-chose. Le syndrome de la petite fourmi. Je le savais déjà mais cette évidence est toujours rassurante : tout est dans nos mains et finalement tout tient au mystère de la vie. « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille… » Qu’est-ce qu’on se donne comme importance ! Dans le business, les mecs pensent que le monde tourne autour d’eux, ou pire, qu’ils font tourner le monde. C’est fou de voir que ce sont toujours les gens les plus vrais, qui ont des missions vraiment centrales et profondes, qui sont les plus humbles. Sages-femmes, pompiers, enseignants… Du sens, des valeurs. Les bénévoles qui tendent une main aux migrants qui n’ont plus rien en se rendant coupable d’un « délit d’hospitalité ». Qu’est-ce qui n’allait pas dans notre société pour donner plus de reconnaissance et d’argent à un type qui vend de la margarine ou des tampons, passablement toxiques qui plus est, qu’à quelqu’un qui aide à donner la vie ou à un mineur isolé qui a fui la guerre ? Donner plus de valeur social à un homme politique misogyne ou véreux qu’à une assistante maternelle ou une maîtresse, responsable du bon développement des enfants ?

Alors, ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, et ce qui m’a aussi attirée vers cette histoire, c’est tout le voyage de Wendy en Argentine. Non seulement elle apprend des choses sur elle, grâce aux paysages magnifiques de ce pays, et grâce aussi aux rencontres qu’elle fait, mais en plus elle nous fait découvrir ce pays. J’avoue que j’étais un peu comme l’héroïne au début : l’Argentine était pour moi un pays comme le Brésil, soit avec des forêts luxuriantes, tropicales, et un climat tropical. Mais en fait, on découvre en même temps que Wendy que l’Argentine, ce n’est pas seulement ça. C’est même un pays extrêmement vaste et riche, avec des paysages à couper le souffle et très divers. Ce roman donne d’ailleurs très envie de prendre un billet d’avion et de faire comme Wendy, se laisser porter par des voyages en cars, bus, et l’envie de découvrir. Ainsi, elle passe du fameux paysage tropical à un désert de sel, à des grottes vertigineuses, à des villes, des villages, et un semblant de paysage Suisse, avec des montagnes, des prairies gelées, des pistes de skies. Pour quelqu’un comme moi qui n’avait pas vraiment d’idée de l’Argentine, c’est un bon moyen de faire connaissance avec ce pays. J’ai donc adoré découvrir toutes les régions visitées par Wendy grâce à cette dernière. Mon seul bémol, c’est que j’ai eu quelques fois du mal à me représenter les descriptions faites par l’autrice. J’ai eu des difficultés à visualiser ce qu’elle voyait. Peut-être que des photos auraient pu agrémenter le roman. Mais ce n’est pas un gros défaut, car j’ai pris plaisir à tenter d’imaginer ces lieux incroyables. Et à avoir eu l’envie de les visiter.

On remonte dans le bus afin de découvrir un nouveau site absolument incroyable : la seconde « Garganta del Diablo » de mon voyage. Une sorte de chemin passe au milieu d’une montagne qu’il fend en deux. Il ressemble au passage d’un labyrinthe fait de murs démesurés qui se dressent tout droit vers le ciel, donnant à chacun une impression de vertige personnel tant il faut lever la tête pour apercevoir un peu de bleu. Comme si je marchais au fond d’une rivière très profonde. La sensation est très inhabituelle et ce phénomène géologique me coupe le souffle. Nous marchons dans cet univers minéral et tourmenté, les yeux écarquillés. Mon regard ne pet se défaire des murs rouge brique ornés d’innombrables strates reflétant les milliers de déformations auxquelles les mouvements tectoniques les ont soumis et je constate avec joie que le groupe partage ma fascination. A peine 2 kilomètres plus loin, nos yeux brillent encore quand nous arrivons à l’Anfiteatro, une aire circulaire immense qui elle aussi évoque immédiatement le mot « gigantisme ». Les yeux ont du mal à se faire à cette échelle, à la fois vaste et que l’œil englobe tout d’un coup.

Le petit défaut de ce roman, selon moi, c’est l’écriture de ce roman. En fait, l’histoire se lit super bien, très rapidement même, et je ne dirais pas que c’est mal écrit. Mais ce qui m’a dérangé, c’est que c’est écrit de manière un peu trop parlé. Je sais que c’est ma manière d’écrire aussi, et que cela permet un effet de style, on se retrouve directement dans les pensées de Wendy, mais j‘ai trouvé ça fait de manière assez enfantine. En fait, on a l’impression que Wendy parle, et du coup pense, comme une adolescente de seize ou dix-huit ans. Cela m’a un peu gêné, et c’est sans doute ce qui a contribué à ce que je m’attache moins à elle qu’à d’autres personnages. Je l’ai aussi trouvé assez exubérante, capable de raconter sa vie à de parfaits inconnus beaucoup trop vite. Là-dessus, elle n’est pas pudique. C’est certain que l’alcool qu’elle boit y est pour beaucoup. Pour revenir à l’écriture, on passe aussi beaucoup du présent, moment donc où Wendy voyage, au passé, moment où elle décrit la mort de ses proches. L’alternance se fait parfois dans le même chapitre, ce qui fait que j’ai été un peu perdue à certains moments, trouvant alors que les temps s’accordaient mal. Mais cela ne sont que des impressions fugaces qui disparaissent au profil du récit. Ce que j’ai néanmoins aimé, ce sont les nombreuses touches d’humour disséminées dans le texte. Wendy vit vraiment des moments pas simples, mais qui, s’ils ne lui arrivaient pas à elle, pourraient être très drôles. On a parfois l’impression qu’elle se trouve dans une série comique, alors que la situation n’a rien de drôle, mais c’est juste surréaliste. Ces moments-là reviennent souvent lorsqu’elle évoque la mort de ses parents et ce qui a suivi, comme les enterrements. Cela permet d’apporter une touche de légèreté à des passages tout de même assez durs. Sur la fin, j’ai trouvé l’écriture plus douce, mature, comme Wendy, et cela m’a beaucoup plus émue que le début.

J’avais décidé que papa méritait bien de finir avec ses chaussures les plus belles, et je les avais donc emportées à l’hôpital. C’est là que le géant de la morgue était apparu. Il avait jeté un regard dans le sac que je lui avais tendu et dit :

 » Pour les chaussures, je crains que ce ne soit pas possible, car les tissus ont beaucoup gonflé et… « 

Hein ? Quoi ? De quoi tu me parles, mec ? De mon père là, non ?

 » …du coup j’ai peur que les chaussures ne passent pas. « 

Mon pilote automatique avait répondu :

 » Ok, Ok, faites au mieux, faites comme vous pouvez « , mais ça n’avait pas suffi.

 » Si vous aviez fait les soins de conservation, ce ne serait pas comme ça, je suis désolé mais là il me faudra forcer sur les pieds et j’ai bien peur que ça risque de craqu… » Joignant le geste à la parole, il était en train de mimer le fait d’enfiler des chaussures à un corps, peinant à faire passer le pied qui finirait par céder sous la contraintes. Je m’étais mise en mode  » j’écoute-pas-j’entends-pas, lala-lalalalalalala. »

En résumé, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire et à voyager avec Wendy. Même si je ne suis pas une grande fan de son personnage, que je ne suis pas autant attachée à elle que je l’aurai cru, j’ai apprécié son évolution au cours du roman, et surtout sa vision de voir les choses. Les descriptions de l’Argentine nous donnent envie de faire comme elle, partir avec juste un sac à dos sur le dos. Et j’ai trouvé que cet récit était plein de philosophie, avec de jolies passages surréalistes et émouvants. C’est donc un roman que je conseille, même si, pour ma part, j’ai moins accroché avec le style d’écriture de l’autrice. C’est un roman qui vous fera voyage et relativiser surtout sur vous et vos problèmes. C’est une belle leçon de vie.

Et vous ?

Qu’est-ce qui vous fait vous attacher à un personnage ?

Aimez-vous les romans qui parlent de voyages ?

De road-trip ?

Bon dimanche à vous 😀

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2 réflexions au sujet de « Le voyage de Wendy ou l’effet sac à dos »

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