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B.O.A. tome 1

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Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez tous bien et que le temps gris ne vous démoralise pas trop. J’avoue que j’ai hâte de voir le retour du soleil. Ce temps chafouin a tendance à me rendre triste. J’espère aussi, pour ceux qui commencent les examens, que vous êtes prêts. Ne vous inquiéter pas trop, tout va bien se passer. Et les vacances vont enfin commencer, comme la Coupe du Monde.

En attendant ces moments de tranquillité, je vous retrouve aujourd’hui sur le blog pour une nouvelle chronique littéraire. Je vais en effet vous présenter l’une de mes dernières lectures. Il s’agit d’un roman que j’ai reçu dans le cadre de la masse critique du site Babelio. Je les remercie d’ailleurs pour cet envoi, ainsi que la maison d’édition La Mortagne, qui est la maison d’édition de cet ouvrage. Il s’agit d’un premier tome, d’une saga nommée B.O.A., et écrite par Magali Laurent. C’est de la dystopie post-apocalyptique. Le roman est sorti en 2017. Voici son résumé :

Une loterie inhumaine.
Six immortels à gagner.

Dans la grande ville de Liberté, quand les citoyens achètent des billets pour la loterie annuelle, ce n’est pas pour gagner de l’argent.

Les BOA qui dirigent cette société post-apocalyptique espèrent remporter des Sacs à sang. Des esclaves. Des êtres humains auxquels ils pourront s’abreuver pour subsister. Jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Mais, cette année, la loterie est différente. Cette année, six adolescents sont en jeu, rendus immortels par un processus révolutionnaire. Destinés à offrir leur sang à leurs futurs propriétaires, ils sont condamnés à souffrir éternellement, car même la mort ne pourra les délivrer.

S’ils résistent, ils seront transformés en créatures terrifiantes. En Charognards. Des bêtes voraces.

S’ils obéissent, ils seront perdus pour toujours…

Dans cette histoire, nous avons trois personnages principaux que nous suivons tour à tour. Il y a tout d’abord Oxana, humaine élevée dans un Cellier, espèce de prison où elle est obligée de travailler. Ensuite, il y a Cléo, humaine élevée dans une sorte de bulle où elle est promise à l’excellence. Enfin, il y a Kael, un BOA, c’est-à-dire un humain qui n’est à jamais été un. Les BOA sont ceux qui règnent sur le monde. Suite à une épidémie, la race humaine s’est vu transformée en zombie buveuse de sang. Ceux qui sont dans cet état sont appelés les Charognards. Les BOA sont des Charognards qui n’ont pas totalement mutés, grâce à un vaccin qu’ils ont crées. Mais, même s’ils ne sont pas devenus des zombies assoiffés de sang, ils en ont besoin pour survivre. Et c’est à ça que servent désormais les humains : à leur donner leur sang. Liberté, la grande ville, est construite sur ce modèle, autour des Celliers fournissant du sang, et de la loterie qui, tous les ans, permet aux BOA de gagner leur humain, celui qui leur fournira son sang aussi longtemps qu’il vivra. Mais, cette année les règle ont changés. Ce sont six humains qui vont être mis en jeu. Et ce ne sont pas des humains ordinaires : ils ont été rendus immortels. Cléo, Oxana et son frère jumeau font parties des lots de cette terrible loterie. Ils devront servir à jamais les BOA qui vont les gagner. Mais ce n’est pas certain qu’ils soient tous d’accord avec les règles du jeu.

Je vais commencer cette chronique avec ce qui m’a plu dans ce livre, c’est tout le décor de cette histoire. Nous ne sommes pas ici dans une dystopie classique, comme pourrait l’être Hunger Games ou Divergente, mais dans un post-apocalypse. Les humains ne sont plus la race supérieure, ils sont des esclaves, et ils ne sont plus vraiment en état de se rebeller. Ils sont soumis, et servent de nourriture à l’espèce dominante, qui pourrait être humaine s’il n’y avait pas le fait qu’elle ne se nourrisse que de sang. Les BOA ont repris l’organisation de la ville comme l’auraient fait des humains, et ils gèrent cette dernière d’une main de maître, comme une dictature. Les humains ne peuvent pas voter, ils n’ont pas vraiment leur mot à dire. Ils sont du bétail. Et tout le monde trouve cela normal, du moins jusqu’à ce qu’on apprenne que certains se révoltent contre la situation. Et s’ils ne font rien, c’est parce que les BOA protègent les humains des Charognards, monstres horribles qu’il vaut mieux éviter de croiser. On peut alors se dire qu’ils n(ont pas le choix. Mais n’a-t-on justement pas d’autres choix ? C’est la question que pose l’univers de ce livre. La protection des puissants justifie-t-elle la mise en esclavage ? Ne vaut-il pas mieux tenter de se défendre seul ? En tout cas, on sent que l’univers derrière ces question est riche, et qu’il est assez effrayant, même si les BOA sont là pour veiller sur tout le monde. Le monde est violent, et cette violence se ressent partout, rendant certains personnages presque inhumains, sans cœur. Les humains sont face à deux menaces, les Charognards et les BOA Dans certaines scènes, on se demande même lequel des deux est le plus dangereux. J’ai donc trouvé tout le décor de cette histoire assez intéressant, et plaisant à découvrir. Il m’a fait frissonner, et je l’ai trouvé bien réussi, bien mené. Ce que je regrette néanmoins, mais c’est souvent mon problème avec ce genre d’histoire, c’est de ne pas en savoir plus sur la manière dont l’épidémie s’est mise en place, la façon dont les Charognards sont apparus, puis les BOA Bien que ce soit expliqué au début, et bien expliqué, je suis toujours en attente de plus d’éléments, notamment sur la fondation de Liberté. Mais c’est déjà mon problème avec Walking Dead, donc ce n’est qu’une petite réflexion sur ce décor que j’ai dans l’ensemble adoré. Et ce que j’ai aimé aussi, c’était de pouvoir avoir des avis différents, grâce aux trois personnages centraux, sur le monde dans lequel ils évoluent.

Elle passe devant les trois gibets installés devant la boulangerie industrielle. Les cages qui y sont suspendues s’y balancent lentement. A l’intérieur, trois Charognards ont tendu leurs bras nus à travers les barreaux de leurs prisons, vers les humains, vers cette nourriture ambulante qu’ils n’attraperont jamais. Leurs dents claquent à cause du froid. Bien qu’ils semblent moins sensibles que les BOA ou les Sacs à sang aux variations de températures, ça ne les empêchent pas de grelotter en hivers.

Si celle des BOA est très pâle, la peau des Charognards est complètement transparente. On voit le réseau des veines en dessous, mais aussi les muscles secs et contractés. La couleur de leurs iris a disparu. Ce sont des globes oculaires blancs qui se tournent vers Oxana, des langues longues et inhumaines qui lèchent les barreaux, des doigts sans ongle qui griffent l’air dans sa direction.

Le virus qui se trouve dans la minuscule fiole au centre du diadème d’Oxana est le même que celui qui les a transformés, ces trois-là. Dans ce contenant incassable qu’il est impossible d’enlever sans s’arracher le cerveau.

Je vais justement maintenant parler de ces trois personnages principaux. J’ai eu un coup de cour pour Oxana. C’est celle dont je me suis sentie la plus proche. C’est aussi celle qui, à mon avis, réfléchie le plus sur sa situation. Elle a en plus des remarques très justes ce qu’elle vit, même avant d’apprendre qu’elle va être le lot de la loterie annuelle, ou qu’elle est devenue immortelle. Elle a une manière bien à elle d’appréhender les choses, avec un fond d’ironie, mais aussi de pessimiste. Je pense que c’est la plus lucide, mais aussi la plus rebelle des six personnages. Je trouve qu’il est facile de s’attacher à elle, bien plus qu’aux autres, notamment à Cléo, qui est plus une princesse, qui a été élevée comme telle. J’ai aimé le caractère d’Oxana, très fort, son mépris des règles, qu’elle est pourtant obligée de suivre, et je suis certaine que c’est un personnage qui sera la clé de la suite de l’aventure. Je pense qu’elle aura un rôle important, voir qu’elle va devenir le leader, dans les prochains tomes. Même si ce n’est pas elle qui a la plus grande évolution, mais bien Cléo, je me suis plus retrouvée dans Oxana, qui a su me toucher, m’émouvoir et me faire rire aussi.

Ressentant sans doute sa frustration, Alex lui prend la main.

  • Au risque de me répéter : essaye de voir le bon côté des choses. On a un toit, on mange à notre faim et les BOA nous fournissent tous les soins de santé dont nous avons besoin.
  • Encore heureux, c’est grâce à nous qu’ils arrivent à survivre. Avec tout le sang que nous volent les BOA, il manquerait plus qu’on crève de faim !

Alex lui fit signe de parler moins fort et elle haussa un sourcil, dévisageant avec insistance les quelques Sacs à sang qui lui lancent des regards désapprobateurs. Personne n’aime entendre la vérité, c’est un fait, et Oxana sait qu’elle peut déranger avec son attitude d’éternelle insatisfaite. Mais elle est comme ça, et le feu de son corps ne disparaîtra pas du jour au lendemain.

J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Kael. On sent que c’est un garçon torturé entre ce qu’il est et ce qu’il voudrait être. Il est un BOA mais défend les humains. Il est entre deux chaises, ce qu’il est, qui le pousse à boire du sang d’humain, et l’aide qu’il veut leur fournir. On ne peut que l’apprécier, car on comprend vite qu’il veut faire toute ce qu’il faut pour les aider, même s’il se met en danger. Il ne supporte pas l’injustice, comme Oxana. Il en devient humain, même s’il n’a pas le physique et leur organisme. J’ai beaucoup apprécié la relation qu’il développe avec Oxana, et je suis curieuse de voir où cela va les mener. Je me doute que cela aura une importance capitale pour la suite. En tout cas, je l’ai trouvé attachant, et il est l’archétype même du héros, celui qu’on veut avoir pour nous protéger. Son histoire personnelle ne le rend que plus agréable. On a envie presque de prendre sa défense, de le protéger à notre tour. On sent chez lui une certaine faiblesse intéressante à creuser. j’ai aussi apprécier son impatience à agir. On sent qu’il veut faire le bien, même s’il se met en danger pour ça.

  • Vous m’en voulez pour hier ?
  • J’aimerais que tu prennes moins de risques, surtout. Nous ne devrions pas agir aussi tôt, tu te rappelles ?
  • Cette fille était à l’article de la mort, se justifie calmement le BOA en se détournant. Ceux qui se disaient ses propriétaires la saignaient depuis presque un an déjà. Un an… C’est un record, pour un prix de la loterie. Elle est la première à être restée en vie aussi longtemps. Et vous savez pourquoi ? Parce que ses propriétaires savaient qu’elles devaient récupérer entre deux prises de sang. Parce qu’ils étaient plus malins que les autres…
  • Je sais, Kael, mais la kidnapper n’était pas une idée très brillante, ç’aurait pu te coûter cher.

Les personnages secondaires sont assez intéressants aussi, même si je me suis moins attachée à eux. Je les ai trouvé un peu plus anecdotiques, mis-à-part le frère jumeau d’Oxana, Alex. J’ai aimé la relation qu’il a avec sa sœur. Il veille sur elle, et puisse en même temps en elle sa force. Ils sont mignons, et leur évolution devrait être plaisante à suivre. J’espère qu’on verra un peu plus leur duo dans les prochains tomes. Il y a aussi le personnage de Claudius Wolfe, qui fait un méchant très convaincant. On n’a qu’une envie, le détester. C’est un vrai sadique, qui teinte cette histoire d’horreur. Je pense qu’il n’a pas terminé de faire tourner en cauchemar la vie de nos héros. C’est l’ennemi à abattre. En tout cas, l’autrice le rend très crédible. Surtout qu’il est motivé par l’argent, le pouvoir. On pourrait facilement avoir un personnage aussi mauvais dans la réalité. J’ai quand les personnages sont aussi bien développés.

L’écriture de l’autrice est agréable à lire. J’avoue avoir trouvé parfois le roman long, de deviner un peu comment certaines scènes allaient se dérouler, mais avoir été prise au dépourvue sur d’autres. Malgré certains éléments prévisibles, le suspens est bien là. Par moment, on a beaucoup de mal à lâcher cette histoire. En fait, le début est assez long à se mettre en place, mais c’est assez logique puisque l’univers doit être présenter. Je n’ai pas du tout été déstabilisée par les changements de personnages, je les ai trouvé justement bien faits. Le fait que le roman soit écrit à la troisième personne permet justement cet changement, et on s’attache comme on veut aux différents personnages qui nous sont présentés. Ce roman est bien construit et bien écrit. On prend plaisir à le lire.

En résumé, c’est un roman à lire, surtout si vous aimez les dystopies et les romans post-apocalyptiques. C’est une super lecture que je vous conseille. J’ai adoré lire cette histoire, et je ne suis pas passée loin du coup de cœur. C’est un bon premier tome qui prend le temps de développer son univers, de le mettre en place. Je sens que ce sera d’autant plus explosif dans les prochains. Et j’ai adoré toutes les questions morales et éthiques qu’ils posent, même si ce n’est pas forcément le but recherché. Ce sont es questionnements qui m’ont parlés, que j’ai trouvé très intéressants. Pour ma part, j’ai hâte de lire le tome 2 et même le tome 3. Fermer ce roman, c’était comme abandonner des amis. J’ai même tout fait pour le faire durer, malgré le suspens qui se trouve à la fin. Bref, c’est une série que je vous recommande. Jetez-vous dessus cet été.

Et vous ?

Aimez-vous ce type de romans, qui mêlent plusieurs genres ?

Aimez-vous lire des histoires où l’horreur est présente ?

Cela vous dérange-t-il lorsqu’il y a plusieurs personnages principaux ?

Bon dimanche à tous 🙂

Une réflexion au sujet de « B.O.A. tome 1 »

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