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48 heures- disparition

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Bonjour les amis. J’espère que vous allez bien, et que le début de semaine n’a pas été trop éprouvant. En tout cas, la chaleur et le soleil sont de retour, on sent qu’on approche de juin, et donc des vacances. Je ne sais pas si en vacances, vous aimez les polars, mais il paraît que ce sont les lectures privilégies en vacances. Apparemment, les lecteurs aiment lire des romans policiers sur la plage. Et ça tombe bien, car j’ai un roman policier à vous présenter, aujourd’hui. Alors, attention, il s’agit d’un polar plus à destination de la jeunesse, des adolescents. Mais je suis certain qu’il plaira aux adultes, et pourquoi pas à ceux qui aiment moins le genre policier qu’on peut trouver dans les romans « adultes ». En tout cas, aujourd’hui, c’est le roman 48 heures – disparition, de Gabrielle Lord et publié chez les éditions Rageot. Le roman est sorti en avril 2018. Je remercie d’ailleurs les éditions Rageot et le site NetGalley qui m’ont permis de découvrir ce roman et de vous en parler. Voici son résumé :

Un enlèvement.
Un crime irrésolu.
Deux enquêteurs amateurs passionnés par les méthodes d’investigation scientifique.
Ils n’ont que 48 heures pour résoudre les deux affaires.
Le compte à rebours a déjà commencé.

Dans ce roman, nous suivons deux adolescents, qui sont au lycée, Phoenix et Jazz. Jazz a deux meilleurs amies, Mack et Anika, et elle évite toujours Phoenix, jeune homme très doué en informatique, qui vient notamment de se faire renvoyé du lycée pour avoir piraté leur système informatique. Cela ne générait pas le jeune adolescent, sauf qu’il n’a plus le droit de pénétrer dans le laboratoire de sa mère, scientifique médico-légale. Jazz, elle, a une passion : le crime. Or, lorsqu’Anika publie sur son blog un mystérieux journal intime parlant d’un crime, vexée de ne pas avoir été dans la confidence, Jazz s’éloigne de son amie. Mais une nuit, Anika est enlevée dans sa chambre. Son ravisseur, qui ordonne de ne pas appeler la police, réclame une boite liée au journal. Jazz n’a plus que 48 heures pour trouver cette fameuse boite, pour sauver son amie, et peut-être pour résoudre le fameux crime publié par Anika, qui se trouve dans le journal et qui est lié à cette boite. Et tout ça, elle va le faire avec le garçon le plus intelligent qu’elle connaisse, Phoenix.

Je vais commencer cette chronique par vous parler de ce qui fait le roman, c’est-à-dire l’aspect policier. Nous sommes ici dans un roman à destination des plus jeunes, à partir de 12 ou 13 ans, mais qui n’a rien à envier à ceux pour les adultes. En effet, nos deux jeunes héros se retrouvent confrontés à une disparition, un kidnapping qui a eut lieu dans une chambre, et à un meurtre vieux de 20 ans. Nous sommes donc face à un vrai mystère, qui se dévoile peu à peu, avec des indices à la fois scientifiques ou obtenus par déduction. J’ai aimé tout cet aspect de l’enquête. On pourrait facilement se trouver dans un roman d’Agatha Christie. En effet, Anika a été enlevée dans sa chambre, sans que personne ne s’en aperçoive. Il y a donc un mystère a résoudre, des explications à trouver. Puis, il y a ce meurtre, ou du moins cette présomption de meurtre, qui est dans le fameux journal trouvé par Anika, qui rajoute de l’angoisse, du mystère, de l’attrait, du crime. Ce meurtre pimante l’histoire car on découvre que le ravisseur d’Anika n’a rien d’un tendre, il a sans doute déjà tué. Ce qui fait que ces fameuses 48 heures sont vitales pour retrouver Anika. En tout cas, je trouve qu’on est face à une bonne histoire policière, qui prend aux tripes. On a vraiment envie de savoir ce qui se cache derrière cette disparition, derrière ce meurtre potentiel. Et si Anika va revenir près de sa famille. Et j’ai beaucoup aimé tout l’aspect scientifique qui est présent. Nous ne sommes pas seulement face à deux détectives en herbe, comme on peut en trouver dans des romans policiers pour la jeunesse, mais aussi face à deux adolescents qui connaissent les procédures médico-légales et qui savent faire des analyses de preuves. Je trouve que cela donnait un petit côté Les Experts à ce roman, comme dans les polars classiques. Moi, ça m’a bien plu, je trouve que cela rajoute de la crédibilité à l’histoire, du réalisme aussi. J’ai trouvé l’aspect policier de ce roman très bien mené.

Lorsqu’elle se pencha vers la poubelle, un détail attira son attention.

  • Regarde, dit-elle en désignant le mur. Tu ne trouves pas qu’il est bizarre ?
  • Tu as raison. On dirait que le lambris se décolle.

Phoenix tira de toutes ses forces sur le panneau et faillit tomber à la renverse. Jazz n’en croyait pas ses yeux : derrière le bois, il y avait un trou béant.

  • Ça alors ! Le kidnappeur a creusé un tunnel ! s’écria-t-elle.
  • Au premier étage ? Impossible. Et on dirait que c’est là depuis longtemps.

Maintenant, je vais vous parler des deux personnages principaux, Jazz et Phoenix. Ce sont deux personnages intéressants, sympathiques, et un duo plaisant à suivre. Au début, on sent que ces deux personnages ne s’apprécient pas beaucoup. Ils n’ont en effet pas grand chose en commun, si ce n’est l’amour du crime, dont ils ne connaissent pas l’attrait qu’à l’autre pour cela. En fait, Phoenix et Jazz s’ignorent, alors qu’en vérité, ils ont pleins de choses à partager. Mais ils subissent les a priori, les jugements rapides qu’ils ont fait. Jazz voit en Phoenix un garçon intelligent, mais un peu imbue de lui-même, qui méprise les règles. Quand à Phoenix, il ne voit pas l’intérêt de la passion dévorante qu’à Jazz. Phoenix est attiré par la science, les analyses faites en laboratoire, et Jazz elle est intéressée par la réflexion, par les motivations des tueurs, par l’enquête qui se fait avec l’esprit. Mais en vérité, ils vont se rendre compte qu’ils sont complémentaires. Et surtout, qu’ils vont devoir s’apprivoiser pour retrouver Anika vivante. Leur duo fonctionne alors rapidement. Ils finissent par se faire confiance, par se découvrir, par se lier, pour résoudre rapidement cette enquête qui ne va pas seulement mettre en danger Anika, mais eux aussi. En tout cas, j’ai trouvé que c’était un duo intéressant, assez comique aussi. Les piques qu’ils s’envoient pas moment sont drôles, ironiques, et font parties de leur monde de fonctionnement. C’est comment ça qu’ils font connaissance, en se dévoilant peu à peu. Et ce qui est sur, c’est que ce sont deux personnages secondaires, très réactifs, et très intelligents aussi. Leur complicité est agréable à voir apparaître.

  • Phoenix ? Phoenis Lyons ?

Une blonde courait vers lui en agitant la main. D’un coup, la journée lui parut bien plus prometteuse. Après avoir vérifié que sa frange était en place, il s’accouda à la boîte aux lettres et tenta de prendre un air détaché. Mais lorsque la fille approcha, sa bonne humeur disparut. « Oh non, pas elle ! gémit-il intérieurement. Pas Jazz Mandel ! » Pas celle qui sautillait sur place chaque fois qu’elle le battait en maths (ce qui n’arrivait pas souvent). Pas celle qui se prenait pour une détective en herbe et interrompait toujours le prof de sciences avec ses questions sur les analyses médico-légales. Depuis qu’elle avait découvert le métier de sa mère, Phoenix l’évitait soigneusement. Pourquoi séchait-elle les cours pour venir le voir ?

Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, hors d’haleine, il constata avec surprise qu’elle avait pleuré – même si elle baissait la tête pour dissimuler ses paupières gonflées.

  • Phoenix, j’ai besoin d’aide.

Il hésita à la réconforter avant de se souvenir qu’il était censé rester cool et nonchalant en toutes circonstances.

  • Je ne donne pas de cours particuliers. Si tu veux bosser tes maths, il y a plein de sites très bien sur internet. (…) Si tu veux me proposer d’intégrer un club secret, désolé, je n’ai pas le temps. Vois ça avec tes copines. A moins qu’elles te fassent la tête ?

Les personnages secondaires sont, à mon avis, peu exploités. Le roman est assez court, on reste très concentrés sur Jazz et Phoenix, si bien qu’on en apprend peu sur les autres, sur ceux qui sont là avec eux dans cette histoire. En fait, à part sur Anika, on ne sait pas grand chose sur les personnages secondaires. Cependant, j’ai bien aimé faire la connaissance de Simon, le professeur de boxe de Phoenix. C’est un personnage dont j’aurai aimé en savoir plus.

Le style de l’auteur est très plaisant. On est rapidement plongé dans le mystère de cette histoire, et tout est fait pour impliquer le lecteur, grâce à l’application de détective de Jazz ou les découvertes scientifiques de Phoenix. J’ai aimé la tension qui grimpe peu à peu à mesure qu’on découvre ce dont est capable le ravisseur d’Anika. Cette dernière est vraiment bien mise en place, bien dosée. Elle arrive au fur et à mesure et se développe crescendo, nous faisant imaginer le pire pour la jeune fille, mais aussi pour Jazz et Phoenix qui se mettent en danger pour la retrouver. L’idée d’inclure dans cette histoire un cold case est super intéressante, car cela implique de se pencher sur le passé du quartier, de la maison. Il faut trouver des personnes capables de parler, de raconter, de donner des informations sur ce qui a pu se passer vingt ans plus tôt. Le suspens est lui aussi bien mené, on a du mal à lâcher ce roman, heureusement qu’il se lit très vite, car c’est un vrai page turner. L’humour, dû au duo, est lui aussi présent, ce qui est sympathique. En fait, la seule chose qui m’a déconcertée dans ce roman, c’est le fait que Phoenix utilise le laboratoire de sa mère, situé chez eux. Je trouve étonnant que des adolescents savent se servir, en partie, de machines aussi complexes. Après, l’autrice étant australienne, on peut se dire que c’est crédible, là-bas. En tout cas, la plume de cette dernière est très agréable, et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman.

  • Waouh, c’est quoi ? demanda-t-elle, le doigt tendu vers une espèce d’énorme cuisinière au couvercle percé de dizaine d’alvéoles, reliée à un écran.
  • Le séquenceur d’ADN, déclara Phoenix avec emphase. La dernière acquisition de ma mère.

Dès qu’il ouvrit le sac, Jazz constata que les petits tubes à essai provenant de la chambre d’Anika faisaient exactement la taille des fameuses alvéoles.

  • Il est très rapide et super précis, continua Phoenix. On n’a plus besoin de préparer les échantillons comme avant, ce qui prenait des heures. On les place directement dans la machine qui fait tout le travail. A la fin, elle sort un profil pour chaque ADN analysé, et on n’a plus qu’à les comparer.

En fidèle lectrice de blogs de médecine légale, Jazz connaissait l’existence de ce genre d’appareil. Mais elle était impressionnée d’en découvrir un chez le Dr Lyons, et encore plus d’apprendre que Phoenix savait s’en servir. Elle avait vu des exemples de profils dont il parlait ; ils étaient extrêmement complexes.

  • Génial ! Au boulot alors, dit-elle en plongeant sa main gantée dans le sac de sport.
  • Ok. Du coup… euh… je vais l’allumer. (Il tripota quelques boutons) Ça met un moment à chauffer. En attendant, on va s’occuper des cheveux, des empreintes digitales et des traces de peinture.

En résume, je vous conseille ce roman, surtout si vous aimez les histories avec du mystère, du suspens et de l’amitié. Ce n’est pas parce que ce roman est plus destiné aux adolescents, qui sont les héros de cette histoire, qu’un adulte ne peut pas se retrouver dedans. Au contraire, je trouve que cela nous permet de changer des romans policiers plus traditionnels. Et le duo de personnages est génial à suivre. J’ai cru comprendre, en regardant la version originale, que ce roman était le premier tome d’une série. J’ai donc hâte de retrouver notre duo de détective dans leur prochaine aventure. C’est un bon premier tome et un bon roman.

Et vous ?

Cela vous arrive-t-il de lire des romans plus destinés à la jeunesse ?

Qu’aimez-vous retrouver dedans ?

Aimez-vous les aspects scientifiques dans les romans policiers ou préférez-vous plus l’aspect détective ?

Bonne semaine à tous 😀

2 réflexions au sujet de « 48 heures- disparition »

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