autoédition·chroniques littéraires·service presse

La tête du lapin bleu

IMG_20180510_110254

Bonjour les amis. J’espère que vous allez bien et que vous allez pouvoir profiter à fond de ce long weekend qui commence aujourd’hui. Quatre jours de repos d’affilé, c’est génial, non ? Aujourd’hui, je vous retrouve sur le blog pour un nouveau #JeudiAutoEdition. Cela fait un moment que je ne vous en ai pas présenté, et ce rendez-vous me manquait. Après tout, ce blog est aussi là pour vous faire découvrir des auteurs donc vous ne soupçonnez même pas l’existence. Alors, aujourd’hui, je vais vous présenter ma dernière lecture faite chez les auteurs indépendants. Il s’agit du roman La Tête du Lapin bleu, écrit par Wendall Utroi et donc autoédité. Il s’adit d’un roman contemporain, qui est sorti la semaine dernière, le 1er mai. Je remercie son auteur pour me l’avoir envoyé en service presse. Voici son résumé :

Quand l’amour terrasse Ava et Léo sur les bancs du lycée, et qu’un an plus tard, à l’approche de la naissance de jumeaux, ils convolent en justes noces contre l’avis de tous, on comprend que le bonheur peut être soudain. Les histoires toutes simples ne sont pas les moins belles. On s’aime, on se marie, les rires des enfants viennent peupler notre petit monde. Le bonheur n’est pas aussi exigeant qu’on le dit. Puis, avec les années, on pense que rien ne peut troubler notre quiétude, notre douceur de vivre.

Mais, c’est sans compter sur le destin. Lui peut se jouer de nous… brouiller les cartes, changer les règles. Vous pensez que rien ne peut vous arriver ? Et si vous vous trompiez ?

Dans ce roman, nous suivons Ava. C’est une jeune femme et tout est écrit de son point de vue. C’est une mère au foyer, qui aime de tout coeur ses deux enfants, des jumeaux de nef ans, Rose et Kévin. Elle est aussi folle amoureuse de son époux, Léo, comme au premier jour. Seulement, son bonheur va voler en éclat lorsque Léo les emmène tous en weekend au bord d’un lac. Suite à un accident de voiture, leur véhicule plonge dans le lac. Seul Ava est consciente au moment du choc, et elle doit alors faire des choix. En laissant son mari dans la voiture, bien trop lourd, elle tente de sauver ses deux enfants. Mais elle n’en parvient à en sauver qu’un. Pourquoi a-t-elle lâché l’autre ? Cette question va la hanter jusqu’à la fin de sa vie, d’autant plus qu’elle va découvrir certaines choses sur Léo qu’elle aurait préféré ignorer.

Ce roman, c’est d’abord un roman sur la vie, sur le bonheur qui est une chose fragile. Ava avait tout, et en un instant, elle n’a plus rien. Toute sa vie s’écroule comme un château de cartes. A cause d’un simple accident, elle perd. Et cela peut arriver à n’importe qui. Ce roman est donc là pour rappeler  à quel point il faut profiter de ce qu’on a car tout est éphémère. Ensuite, c’est aussi une histoire sur la dépression, celle qui détruit tout sur son passage. Ava se retrouve brisée, anéantie. Elle n’a plus goût à rien, même pas celui de vivre. Elle ne tient que parce qu’elle le doit à son enfant survivant. Mais la violence et la douleur prennent trop souvent le pas sur le reste, si bien qu’Ava se retrouve internée. Et c’est une horrible spirale qui commence pour elle. Enfin, à mon avis, c’est aussi un livre sur la société en générale. A travers l’histoire d’Ava, on voit comment sont perçus ceux qui se retrouvent comme elles, brisés à un point énorme qu’on peut difficilement les aider. Ava se retrouve prisonnière d’une spirale infernale, qui va la mener jusqu’à la rue, jusqu’à la prison.  Comment on peut aider les gens à s’en sortir dans ces cas-là ? Ce sont tous ces thèmes qui m’ont plus dans ce roman. C’est une histoire assez sombre, où il est parfois difficile de voir la lumière.

  • Tu vois, tous ces hommes politiques qui se bousculent au pouvoir, ils ont tous la possibilité de se bouger le croupion, mais cela ne les intéresse pas. On est trop utiles pour eux !
  • Comment ça ?
  • Notre société c’est comme une grosse pièce montée, elle est faite de couches superposées : comme une pyramide. En haut, t’as tous les richards qui exploitent tous ceux qui sont en dessous d’eux. Quand tu arrives à la dernière tranche, celle de ceux qui marnent comme des esclaves, pour juste survivre et se tenir la tête hors de l’eau, faut bien leur faire croire que leur situation n’est pas si mauvaise. Alors, y’a nous, on est là encore en-dessous…. bien visibles. L’état il nous préserve, comme un virus utile, une épée au-dessus de la tête des malheureux qui galèrent. Nous, on est là pour leur rappeler qu’ils ne sont pas si pauvres que ça. L’enfer qu’on vit dans la rue c’est bien pire que leur vie de merde, alors ils se disent qu’ils ne sont pas si mal, et ils ne bougent pas le petit doigt pour que ça change. (…) Avec nous, les rebuts de la société, aucun risque de révolte !

Je vais maintenant vous parler du personnage d’Ava. C’est un personnage touchant. On ne peut que compatir à sa douleur, à son chagrin, à sa détresse. Elle se retrouve du jour au lendemain sans rien, elle qui avait dédié sa vie à sa famille. Non seulement cette dernière se retrouve réduite, par sa faute, du moins c’est ce qu’elle croit, mais en plus elle est incapable de s’occuper de cette famille qui lui reste. Ava est tellement marquée par sa culpabilité et sa douleur qu’elle ne peut même pas s’occuper d’elle, alors de l’enfant qui lui reste, c’est impossible. De ce fait et à cause des choses qu’elle découvre au fur et à mesure, elle ne fait plus confiance à personne, même pas à ses propres parents qui tentent de l’aider. Ava est un personnage violent, capable du pire lorsqu’elle perd ses moyens. La douleur et le chagrin lui font perdre la tête, si bien qu’elle peut devenir un animal enragé. Ava est torturée. mais ce n’est pas ce qui m’a dérangé chez elle. En effet, j’ai eu par moment du mal à m’attachée à elle, à accepter de la suivre. J’avoue que parfois j’avais envie de lui coller une claque pour qu’elle arrête ses bêtises, pour qu’elle se reprenne. Non pas dans les moments où elle devient violente ou lorsqu’elle culpabilise, mais dans ceux où elle fait de très mauvais choix, ce qui arrive à peu près à chaque fois qu’elle est avec son enfant. Ainsi, Ava perd tout jugement dès qu’elle est avec son enfant survivant, car en prétextant qu’elle veut le meilleur pour lui, elle l’enlève, lui promettant de partir loin de cette horreur. Elle ne se rend pas compte alors du danger qu’elle lui fait prendre, ni même de la possibilité pour elle de se retrouver en prison. Ça, ça m’a énervé, car je peux comprendre sa peine, sa violence, mais pas son manque de réflexion. Cependant, ça correspond tout à fait à son personnage et à la suite de ce qui lui arrive. C’est logique dans sa manière de penser, même si j’aurais préféré qu’elle agisse autrement.

  • Faut pas pleurer… Il me saisit la main, la tira et d’une voix assurée ajouta… Vins, on va les chercher, allez maman, viens ! S’il te plaît !

J’étais tétanisée. Mon cœur cognait et résonnait jusque dans mon ventre, je devais lui dire… J’ouvris la bouche, sans pouvoir former un son, et presque malgré moi mon corps se leva ; automate que fuyait la raison. C’était plus fort que moi, je ne pouvais pas lui avouer ce qui s’était passé. Ma vérité, elle ressemblait à ces enfants qui découvraient l’école et qui s’accrochaient aux barreaux de la cour ; elle hurlait et m’implorait de la garder avec moi.

(…) Sans réfléchir, j’avais saisi mon sac, les clefs de la Clio. Discrètement, nous savions quitté le service tandis que les infirmières s’affairaient autour d’une radiographie. Je savais que je ne devais pas m’enfuir avec lui, mais c’était plus fort que moi, mon cœur prenait les rêves ou alors mon esprit fatigué et veule. Personne ne nous vit sortir, nous devions faire vite. Arrivés en bas, noyés dans le flux des premiers visiteurs et des malades, je m’étais arrêtée à l’échoppe de l’entrée, j’avais acheté quelques friandises et deux bouteilles d’eau.

a peine neuf heurs, le moteur de la petite citadine ronfla. Dans ma tête, ça remuait, mais surtout ça doutait à m’en fendre la boîte crânienne. Je faisais une connerie, j’en étais convaincue, mais je ne pouvais pas me résoudre à le décevoir. Je me jurai de lui avouer la vérité une fois au la, après quelques minutes de recherche quand désenchanté, il se serait lassé.

Je vais à présent vous parler de Margot. C’est le personnage qui, à mon avis, apporte un peu de lumière dans cette histoire. J’ai aimé sa joie de vivre, qu’elle tente d’insuffler à Ava. Elle voit la vie de manière très simple, et elle ne se plaint jamais. Elle est l’amie sur laquelle Ava va pouvoir se reposer, un peu. J’ai apprécié qu’elle ne l’abandonne pas, même dans les moments les plus terribles. C’est une vraie amie sur laquelle la jeune femme va pouvoir compter quelques temps, dans le but d’aller mieux. Leur duo fonctionne très bien, et j’ai pris du plaisir à les voir évoluer toutes les deux. Margot devient un peu le mentor d’Ava, alors qu’elle-même n’a pas vécu des choses faciles. J’aurais aimé la voir un peu plus dans le roman, mais elle a déjà une bonne place. C’est un personnage qui, comme Ava, m’a émue. J’ai aussi beaucoup aimé son franc-parler, son argot. C’est un personnage qui, comme une amie, tente de rappeler à Ava les priorités, de l’aider. C’est un personnage intéressant à suivre.

  • Détrompe-toi, et arrête de crier sur les toits que tu l’as tuée. Tu n’as pas réussi à la sauver, et ça fait une énorme différence. Tu crois que ce que tu as vécu est pire que tout, mais en fait tu devrais ouvrir les yeux et regarder autour de toi. Le malheur, la mort, la faim, la guerre, la maladie… tout ça, ça pourrit le quotidien de millions de gens. Alors, oui, tu as le droit de chialer, tu as le droit de pousser des jérémiades, mais tu n’as pas le droit de baisser les bras. (…) Ava, tu es trop dure avec toi-même, tout ça, ça te ronge, te bouffe et te détruit. Tu vas droit dans le mur. Tu me fais penser à ces péquenauds qui se bourrent la gueule à longueur de journée. Ils savent que la gnôle c’est leur petite mort, qu’il y a des solutions, mais ils s’en tapent la colonne et attendent de crever un jour sur un banc, de froid ou d’une cirrhose. Tu piges ?

L’écriture de ce roman est plaisante à lire, malgré les thèmes assez noirs de l’histoire. Ce roman se lit très bien. J’ai eu parfois du mal à le lâcher tellement javais envie de voir jusqu’où Ava pouvait aller dans sa folie, dans son mal-être. On a envie de savoir jusqu’où elle va s’enfoncer, si elle va réussir, ou non, à aller mieux. Du coup, il y a tout de même un certain suspens dans cette histoire, car on ne sait jamais quand ni comment Ava va péter les plombs, ni si elle va être en mesure d’affronter son enfant. Les descriptions du désespoir vécu par l’héroïne sont à mon sens très bien menées, on éprouve les sentiments qui l’agitent, et on ne peut que se demander ce qu’on aurait fait à sa place. On se met facilement à la place d’Ava. J’ai apprécié les descriptions aussi de l’hôpital psychiatrique dans lequel elle se retrouve, ainsi que les différents refuges qu’elle trouve sur sa route. L’histoire est donc bien menée, bien racontée, et fait peur par son réalisme.

En résumé, c’est donc un roman que je conseille, même s’il ne plaira peut-être pas à tout le monde. Ce n’est pas vraiment un roman feel-good, même si la fin peut-être surprenante et apporter un peu d’espoir. En fait, il faudrait que cette histoire aille plus loin dans la fin, dans cet espoir, pour être un roman feel-good. Elle est plutôt ce qui se passe avant un possible réapprentissage du bonheur. Cette histoire montre juste à quel point la vie peut détruire, faire mal, et même si Ava s’en sort, à sa manière, elle est brisée, détruite par tout ce qui lui est arrivé. Elle montre aussi comment la folie, le désespoir, peut se mettre facilement en place, sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit. Ava veut aller mieux, mais elle n’y arrive pas. Cette histoire, elle pourrait être celle de n’importe qui. C’est aussi pour cela qu’il faut la lire.

Et vous ?

Aimez-vous lire des histoires sombres ?

Aimez-vous lire des histoires sur le désespoirs, qui ne finissent pas forcément bien ?

Aimez-vous au contraire ne lire que des romans avec des fins heureuses ?

Bon jeudi à tous 😀

 

Publicité

2 réflexions au sujet de « La tête du lapin bleu »

  1. Très belle chronique ! Personnellement j’aime surtout qu’un roman reste logique et fidèle à lui-même. Je déteste les happy end forcées, je trouve que trop souvent, ça a un côté artificiel.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s