chroniques littéraires

Comme par magie

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Bonjour tout le monde. J’espère que vous allez bien, et que pour ceux qui sont en vacances, ces dernières commencent ou se déroulent parfaitement. Ici, la vie suit son cours, entre l’écriture de mon prochain roman et le blog. Je vais d’ailleurs vous parler aujourd’hui d’un livre très important pour moi. C’est un livre à garder près de soi lorsqu’on veut écrire, ou faire quelque chose de créatif. Je dirais même, lorsqu’on veut vivre comme on le désire. Pour moi, c’est un livre à conserver sur sa table de nuit et à lire dans les moments où ça ne va pas, un peu comme le roman de Raphëlle Giordanno Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en n’as qu’une. Le livre que je vais vous présenter aujourd’hui est un titre que j’ai relu cette semaine. En effet, je l’avais déjà lu il y a environ deux ans, lorsque je travaillais encore à la bibliothèque. Et il n’y a rien à dire, ce livre est toujours un coup de cœur, même après ces années. Il s’agir donc du livre Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre, d’Elizabeth Gilbert. Si le nom de son autrice ne vous ai pas inconnu, c’est sans doute parce que vous avez entendu parler de son best-seller, Mange, Prie et Aime. Il faudra aussi un jour que je vous parle de ce coup de cœur. Mais en attendant, Comme par Magie est sorti chez les éditions Calmann-Levy en janvier 2016. Une version poche est sortie en mars 2017. Voici son résumé :

Depuis près de dix ans, des milliers de lecteurs de par le monde ont été inspirés et influencés par les livres d’Elizabeth Gilbert. Aujourd’hui, l’auteur puise dans son propre processus de création pour partager avec nous sa sagesse et son point de vue unique sur la créativité, et nous encourager à aller à la recherche de notre inspiration. Elle nous montre comment capturer ce que nous aimons le plus et comment tenir tête à ce qui nous fait peur ; évoquer les attitudes, les approches et les habitudes dont nous avons besoin pour vivre notre vie de la façon la plus créative qui soit. Que nous souhaitions écrire un livre, relever de nouveaux défis professionnels, poursuivre un rêve trop longtemps mis de côté ou simplement insuffler un peu plus de passion dans notre quotidien, Comme par magie nous ouvre les portes d’un monde de merveille et de joie.

Ce livre est construit comme un guide. Son autrice nous raconte alors, à travers des anecdotes autobiographiques, la manière dont elle conçoit le fait de créer. Elle évoque alors à la fois l’inspiration, mais aussi le travail que cela demande, la joie rapportée, la manière dont il fait trouver du temps pour l’art, etc. Ce sont pleins de conseils, ainsi que sa vision des choses, qui sont présentées. Je précise bien que c’est sa manière de concevoir la création qui est évoquée, car cette vision peut ne pas convenir à certains. En effet, la vision d’Elizabeth Gilbert de la créativité est assez particulière. Le titre n’est pas choisi par hasard.

Ce livre se découpe en 6 grands chapitres (Courage, Enchantement, Permission, Persistance, Confiance, Divinité). Je vais débuter cette chronique en vous parlant de mon chapitre préféré, celui qui s’intitule Enchantement et qui évoque la manière dont sont construites les idées et comment vient l’inspiration. Ce chapitre évoque aussi la façon dont il faut travailler cette inspiration, ainsi que la manière dont il faut accepter son départ par moment. J’aime beaucoup ce chapitre car il faut référence à la magie, celle qui nous arrive lorsque nous avons une idée. Il peut sembler assez enfantin aussi, parce que la vision de l’autrice sur l’inspiration est particulière. C’est une vision qui pour certain est enfantine, car elle-même utilise ce terme de magie pour parler de l’inspiration. En effet, pour résumer ce que dit l’autrice, les idées existent sans nous mais elles ont besoin de nous pour être dévoilées au monde. Les idées cherchent alors des humains pour les dévoiler, via l’écriture, la peinture, etc. Les humains sont alors des ponts entre les idées et leurs réalisations. Et lorsqu’une idée et un humain se rencontrent, c’est de la magie, comme un coup de foudre. Encore faut-il que l’humain soit le bon, car si tout le monde peut avoir des idées, tout le monde ne les concrétisent pas. J‘ai aimé cette vision de voir les choses, tout comme l’idée du contrat qui se met en place entre l’humain et l’idée, celui de la réaliser. Si le contrat n’est pas respecté, l’idée peut s’en aller comme elle est venue, sans s’en vouloir. Cela peut expliquer pourquoi certaines idées de romans peuvent disparaître comme ça. Ce que j’ai d’autant apprécié, c’est que l’autrice formule sa thèse avec des exemples, des anecdotes vécues ou non. Même si je ne connais pas les personnes citées – ma connaissance des auteurs américains est limitée – je trouve cela intéressant de voir que d’autres créateurs ont expérimentés la manière de voir les choses d’Elizabeth Gilbert. Ceci prouve déjà qu’elle n’est pas folle dans sa conception des idées, de l’inspirations. Et cela rajoute du poids à sa théorie. J’avoue que je trouve son texte convaincant. On a envie de croire que cela se passe de cette manière.

Voici en effet ce que j’ai décidé de croire concernant le fonctionnement de la créativité :

Notre planète est habitée non seulement pas des êtres humains, des animaux, plantes, bactéries et virus, mais également par des idées. Les idées sont une forme de vie désincarnée, composée d’énergie. Elles sont totalement distinctes de nous, mais capables d’interagir avec nous – bien que d’une manière étrange. Les idées n’ont pas de forme matérielle, mais elles ont une conscience et il est certain qu’elles possèdent une volonté. Les idées sont mues par une unique pulsion : se révéler. C’est le seul moyen pour une idée de se révéler dans notre monde, c’est de collaborer avec un être humain. C’est seulement par le biais de l’effort humain qu’une idée peut être extraite de l’éther intangible pour apparaître dans le réel.

Par conséquent, les idées sont éternellement en train de tournoyer autour de nous en quête de partenaires humains disponibles et consentants.

Ce qui m’a marqué de ce livre, c’est toute la positivité qui l’anime. L’autrice croit fermement que toute oeuvre est bonne, que tout fait de créer est bon, et surtout qu’il faut créer. Comme elle le rappelle, la première trace d’art remonte bien avant celle découverte de l’agriculture, ce qui fait que l’art est apparu avant l’agriculture. L’art est profondément ancré dans le genre humain, même si dans nos mondes modernes nous avons parfois tendance à l’oublier. Chacun peut créer, même sans talent, car le fait de créer est déjà bien, que le talent n’est qu’une chance, et qu’il ne faut pas se limiter à cela. Alors, parfois, toute cette positivité peut agacer, mais moi, c’est ce qui m’a plu. Elle voit dans chaque création quelque chose de bon, de bien, de nécessaire. Il ne faut ainsi pas oublier que le fait de créer doit être un plaisir. C’est d’ailleurs ce que l’autrice tend à rappeler en détruisant le mythe de l’auteur torturé. Le créateur torturé se fait du mal, et ne créer pas vraiment. Ce qui essentiel dans la création, c’est sa liberté et le plaisir qu’on y prend, plaisir qui va nous emmener au bout. Elizabeth Gilbert voit donc dans toute chose quelque chose de bien, qui apporte du plaisir. Sinon, cela ne sert à rien de créer. Dès qu’il y a de la souffrance, il faut mieux arrêter. La création doit être du bonheur. Il ne faut donc pas lui demander grand chose en dehors de cela. L’autrice évoque alors le besoin de vivre de la création, besoin naturel mais qui ne doit pas conditionner le fait de créer. C’est assez ironique de la part d’une autrice qui parvient à vivre de l’écriture de conseiller de ne pas vouloir absolument vivre de son art, qu’il ne faut pas y chercher l’argent. Cependant, je peux comprendre ses arguments, même s’il est vrai qu’on peut se demander si elle tiendrait ce genre de discours si elle n’avait pas écrit un best-seller et qu’elle n’était pas publiée depuis des années.

C’est pour cette raison (la difficulté, le caractère imprévisible) que j’ai toujours déconseillé aux gens d’aborder la créativité comme une carrière et je persisterai, car, à de rares exceptions, c’est une carrière nulle. (c’est-à-dire qu’elle l’est lorsqu’on définit une « carrière » comme un moyen de subsistance suffisant et régulier, ce qui constitue une définition plutôt raisonnable.)

Même si tout se passe bien pour vous dans le domaine de l’art, certains aspects de votre carrière resteront probablement toujours nuls. Il se peut que vous n’aimez pas votre éditeur (…). Faites-moi confiance, si vous voulez vous plaindre, vous trouverez toujours quantité de sujets de doléances, même quand la fortune semble vous sourire.

Mais une existence créative peut constituer une fantastique vocation, si vous avez l’amour, le courage et la persistance de le voir sous cet angle.

Ce que j’ai aussi aimé, dans ce texte, c’est qu’il est en grande partie autobiographique. L’autrice se sert de sa vie pour expliquer la manière dont elle voit les choses. Elle raconte ses déboires en tant que jeune autrice, ses échecs, comment elle les a vécus, mais aussi ses succès. Elle nous parle de la manière dont elle écrit, dont elle cherche l’inspiration. Elle évoque aussi ses parents, la manière dont ils ont forgés son caractère, les petits boulots qu’elle a fait, les auteurs, en formation ou non, qu’elle a croisé et qui l’ont inspirés. Ce sont finalement pleins d’anecdotes qui étoffent ses propos, mais qui la rendent aussi plus humaine, accessible. Je trouve cela intéressant car on a presque l’impression d’apprendre à la connaître. Personnellement, je me suis retrouvée dans certaines de ses petites histoires, surtout dans celles où elle parle de ses idées, ou de la manière dont elle écrit ou cherche l’inspiration. Par contre, on sent qu’elle est américaine, c’est-à-dire assez marquée par la religion. En effet, elle a tendance à en voir partout. Cela fait aussi partie de la magie, mais il y a un côté mystique, comme dans le chapitre sur la divinité, qui fait qu’on ressent qu’elle croit fortement en quelque chose, en une sorte de dieu, divinité magique ou univers bienveillant. Cela peut déranger certains lecteurs. J’avoue que vers la fin, ça m’a un peu agacée aussi, même si personnellement je veux croire à la magie citée plus haut et à une raison à l’univers.

Aux alentours de mes seize ans, je fis le vœu de devenir écrivain.

Je veux dire par là que je prononçai littéralement des vœux, à la manière dont une jeune femme d’une nature tout à fait différente pourrait prononcer ses vœux et devenir religieuse. Bien sûr, je dus inventer ma propre cérémonie, car il n’y a pas de saint sacrement pour une adolescente qui brûle de devenir écrivain, mais j’usai de mon imagination et de ma passion pour y parvenir. Un soir, je me retirai dans ma chambre et éteignis toutes les lumières. J’allumai une bougie, me mis à genoux et jurai fidélité à l’écriture pour le reste de ma vie.

Mes vœux étaient étrangement précis et, je continue de l’affirmer plutôt réalistes. Je ne promis pas d’être une écrivaine à succès, car je sentais que je ne pouvais maîtriser ma réussite. Je ne promis pas non plus que je serais une écrivaine géniale, car je ne savais pas si je le serais. Je ne me donnai pas non plus de limite pour agir, du genre :  » Si je ne suis pas publiée avant mes trente ans, je renoncerai à ce rêve et je trouverai un autre métier. » A vrai dire, je ne m’encombrai d’aucune condition ni restriction. Ma date limite était : jamais.

Le style décrire est simple, sans fioriture. L’autrice va droit au but, elle explique de manière claire la manière dont elle voit les choses. Il y a un petit côté poétique dans certaines de ses anecdotes, dans certaines de ses idées. Le texte est finalement assez court, moins de 200 pages, et il se lit très bien. Les chapitres sont plus ou moins longs, mais tous sont découpés à l’intérieur de différents paragraphes, ce qui fait qu’on peut facilement arrêter notre lecture et la reprendre plus tard. C’est bien écrit, bien raconté.

En résumé, à mon avis, ce livre est un très bon texte sur la création. Il devrait même être lu par tous ceux qui veulent se lancer dans un domaine créatif. Non seulement ce texte est assez beau à lire, mais il remet aussi les choses en perspectives, rappelant des choses simples, comme le fait que toute création est bonne, qu’il ne faut pas vouloir en vivre, que la création se suffit à elle-même, et qu’il faut du courage pour terminer tout ce qu’on commence. Le texte est assez philosophique dans les idées qu’il propose, tout en restant très abordable pour tout le monde. Les conseils donnés sont assez sympa. Même si certaines idées de l’autrice sont originales, particulières, on a envie d’y croire, à cette magie présentée. Comme je l’ai dit plus haut, c’est un livre que je prend beaucoup de plaisir à relire. J’ai une affection pour ce texte, pour ses premiers chapitres sur l’inspiration, le courage, même si quelques petits aspects m’ont dérangés, comme l’aspect divin du texte. Cependant, l‘aspect autobiographique est agréable et toutes les anecdotes sont sympathiques, apportent un plus à la lecture. J’en recommande donc sa lecture. Il devrait même être étudié, à mon avis, car il y a vraiment des passages très intéressants et passionnants. Alors, lisez ce livre, c’est un conseil.

Et vous ?

Avez-vous des livres que vous aimez relire ?

Avez-vous des livres de conseils d’écriture que vous aimez rouvrir ?

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui vous se lancer dans la création ?

Aimez-vous les aspects autobiographiques qu’on peut trouver dans ce genre de texte ?

Bon dimanche à tous 😀

3 réflexions au sujet de « Comme par magie »

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