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Et tes larmes retenir

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Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien. Ici ça va mieux, mon moral remonte à la hausse suite à ce qu’il s’est passé la semaine dernière, je viens en effet de terminer la rédaction de mon 4e roman, donc je vous parlerai bientôt sur le blog. En plus, j’ai lu dernièrement un très beau livre, qui a contribuer à remonter mon moral. Ce qui est encore plus super, c’est que c’est le roman d’une copine autoéditée, que je vous avais fait découvrir il y a quelques mois sur ce blog. Cette auteure, c’est Charlotte Orcival, dont je vous avait présenté le recueil de nouvelles Vingt ans et quelques. Depuis ce recueil, elle a sorti un nouveau roman, d’abord en autoédition en janvier 2017, et qui est maintenant  publié chez Harlequin. Comme quoi, on est aussi être édité, même en étant à la base autoédité. Son nouveau roman, dont je vais vous parler aujourd’hui, s’intitule Et tes Larmes retenir. Il est sorti le 5 octobre, chez Harlequin. Je l’ai lu grâce au site NetGalley, qui me l’a envoyé en version numérique. Je les en remercie. Voici son résumé :

Que feriez-vous si vous retrouviez l’amour de vos 16 ans ? Laisseriez-vous passer votre chance une seconde fois ? Julien, 32 ans, photographe, papa et divorcé, doit très vite répondre à ces questions lorsqu’un mois exactement après les attentats du 11 septembre, il retrouve dans un avion pour New York, Anna, l’amoureuse de son adolescence. Ebloui par la jeune femme qu’elle est devenue, Julien fait rapidement le choix de l’amour et se jette à cœur perdu dans une grande opération de séduction. Mais le monde dans lequel ils sont rentrés tous les deux de plein fouet est devenu incertain, fragile, difficile, à l’image de la relation qu’ils rebâtissent tous les deux… Alors voilà bien la vraie question à laquelle Julien et Anna vont devoir répondre : sont-ils prêts à donner tout ce qu’il faut pour vivre enfin leur histoire ?

Dans ce roman, nous suivons Julien, un photographe de mode, trentenaire, papa divorcé, qui ne voit malheureusement pas assez son fils de cinq ans, Malo. Il voyage beaucoup à cause de son boulot. Justement, en ce début octobre 2001, il part pour New York. Nous sommes un mois après les attentats qui ont durement frappés la ville, marquant celle-ci et le monde à jamais. Julien n’a pas spécialement peur, jusqu’à ce qu’il tombe, dans la file d’attente, sur Anna. Anna, c’est son amour de lycée, cette fille qu’il a fini par abandonner car il voulait en voir d’autres, pour vivre pleinement son adolescence. Il se rend alors compte, en discutant avec elle dans l’avion presque vide pour New York, que malgré les années écoulées, il est toujours attiré par elle. Sauf qu’ils ne sont plus les mêmes. Anna a vécu de nombreux drames dans sa vie, et Julien n’a pas été mieux traité par la sienne. Tous les deux, ils vont devoir apprendre à se connaître de nouveau, à découvrir leurs nouvelles faiblesses, leurs peurs, leurs nouvelles forces aussi, et apprivoiser ce monde incertain qui est désormais le leur.

Je vais d’abord commencer par vous parler d’Anna. Il s’agit en effet du personnage qui m’a le plus émue. La première fois qu’on la rencontre, on découvre une jeune femme pleine de vie, certes stressée par l’avion, mais qui déborde d’énergie et qui a envie de s’amuser. Elle n’est alors pas encore éloignée des souvenirs que Julien en a, de cette Anna qui séchait les cours avec lui pour des siestes crapuleuses, qui rigolait beaucoup, qui le poussait à se dépasser, à réaliser ses rêves. La Anna de l’époque aimait croquer la vie à pleines dents. seulement, au fur et à mesure des discussions de Julien avec Anna, il va découvrir que tout ceci n’est qu’une façade, et qu’Anna cache une lourde réalité, un traumatisme qu’elle a beaucoup de mal à affronter, une épreuve qui la mine, et qui a bien failli la détruire. On s’attache alors facilement à cette jeune femme brisée, qui essaye quand même de se reconstruire, d’aller de l’avant. Tout cela est d’ailleurs assez compliqué pour elle, car elle doit sans cesse faire face à son passé, à ce qu’elle a vécu qui a eut certaines conséquences sur elle, sur sa manière d’être avec les autres. Anna est fragile, et c’est cette fragilité qui nous la rend attachante car, comme Julien, on a envie de la protéger, de la défendre contre le monde dans lequel elle évolue. D’autant plus que, même avec Julien, la vie ne va pas être tendre avec elle, malheureusement. Ses épreuves ne sont en effet pas terminées, et on découvrira rapidement la Anna au fond du trou qu’elle était avant de revoir Julien. Ce que j’ai cependant aussi beaucoup aimé avec ce personnage, outre cette fragilité, mais aussi cette furieuse envie de s’en sortir, ce sont ses peurs qui nous la rend touchante. Je l’ai trouvée trop mignonne lorsqu’il a fallu rencontrer le fils de Julien, et s’immiscer dans cette vie de papa célibataire que Julien a avec son enfant. Elle a alors des peurs comme n’importe quelles autres femmes dans cette situation, et pour une fois c’est une peur bénéfique pour elle, qui la fait se dépasser. Ce moment-là est vraiment mignon, et Anna en devient une femme normale, oubliant ainsi pour un temps ce qu’elle a pu vivre. Son histoire personnelle la rend intéressante, et plaisante à lire malgré tout ce qu’elle peut vivre et qui la façonne. On prend plaisir à la suivre dans ses aventures, même si celles-ci sont parfois éprouvantes. J’ai vraiment beaucoup aimé le personnage d’Anna, avec toutes ses facettes. C’est un personnage très riche, en plus d’être très généreuse.

  • Ca va aller ? j’ai demandé en me rapprochant de lui.
  • Oui, oui. Merci. Et c’est tellement bien que tu nous offres la possibilité d’une soirée pareille. Ca fait du bien.

J’étais perplexe. Il semblait beaucoup trop reconnaissant soudain.

  • Non, c’est rien. En plus c’est vous qui me rendez service. Je m’amuse bien avec vous.

Vincent m’a dévisagé soudain avec beaucoup d’attention. Puis il a semblé comprendre quelque chose.

  • Bien sûr, (Anna) ne t’a pas dit pourquoi elle était là…
  • (…) Tourisme ? j’ai faux ?

Vincent a poussé un long soupir. Il était las, ça se voyait. Comme s’il devait assumer une histoire, encore et encore.

(…)

  • Tous ces trucs, (…), ça la broie. Elle ne voulait pas venir. Elle ne voulait pas être à ce rendez-vous cette semaine alors que la présence des familles est capitale. Alors je l’ai convaincue en lui promettant d’être là avec elle. Mais aujourd’hui, ça été abominable. Elle a craqué en sortant. (…) Je crois que tout ça, ça l’a fait dériver un peu ce soir. Alors oui, elle boit trop de champagne, elle parle trop fort, elle fait la folle. Mais je pense qu’elle a besoin de lâcher prise. Et tu lui as permis de le faire ce soir.

En ce qui concerne le personnage de Julien, je l’ai aussi trouvé sympathique, mais peut-être moins approfondi que ne l’est le personnage d’Anna. Ainsi, on découvre au compte goutte son histoire personnelle, ses souvenirs, alors que l’histoire d’Anna paraît plus immédiate, alors même qu’elle la cache. Bien sûr, c’est Julien qui raconte l’histoire de son point de vue, et il n’a pas besoin de trop se dévoiler pour faire avancer le récit, mais j’aurai aimé, je pense, en savoir plus sur lui. Par exemple, il fait de nombreuses fois référence à sa famille, qu’il a laissé derrière lui à Vannes, mais il ne donne pas vraiment d’explication là-dessus. Il ne parle finalement que très peu de lui. On finit par le découvrir, en tant que personnage, dans ses souvenirs, lorsqu’il évoque sa jeunesse avec Anna, ou son fils Malo. Ainsi, à la fin de ma lecture, il me reste quelques questions sur lui, sur son départ de Vannes, sur sa famille, qu’on découvre rapidement à un moment du récit. J’avais l’impression que son histoire cachait un secret de famille, et je suis restée un peu sur ma faim en ce qui le concerne. Cependant, son personnage reste quand même intéressant, car j’ai aimé son attachement à Anna, cette peur qu’il a au début de la voir, puis cette certitude qui s’impose à lui, celle qu’elle est la femme de sa vie. J’ai adoré son optimisme, et sa foi en l’avenir. C’est un personnage très lumineux par rapport à l’obscurité qui vit en Anna. C’est lui qui porte leur histoire, qui fait tous les devants. Et ces gestes d’amour, parfois excessifs, sont aussi mignons. Il la pousse vraiment dans ses retranchements, et est toujours là pour la soutenir. Il est fou amoureux d’elle, comme il est fou de son fils. Leurs moments de complicités sont d’ailleurs agréables à suivre, on sent que c’est un père qui aime son fils. J’ai trouvé aussi son métier, en tant que photographe mode, intéressant à suivre.

J’ai aperçu le visage de mon Malo apparaître à la porte. Il est tout rebondi, tout joli. Le simple fait de l’apercevoir, de le savoir là tout près de moi, bientôt à la portée de mes bisous et de mon étreinte, j’ai le cœur qui bat plus fort. Malo descend les quelques marches du perron de l’école, avec son petit sac à dos coincé sur les épaules. Il cherche des yeux le visage d’Assia. Il la cherche, un peu inquiet, comme à chaque fois, avant de libérer sa joie à l’apercevoir avec un grand sourire. Puis soudain, sa bouche se tord de surprise. Voilà, il m’a vu, moi aussi.

  • Papa !

Même quand je me dis que j’ai tout foiré, même quand je me sens merdique, quand Malo fait ça, il efface tout. Malo est comme un médicament permanent. Malo est mon meilleur remède. Malo est mon tout.

Bien que la majorité de l’histoire se passe à Paris, puisque nos deux amoureux sont des parisiens, j’ai été très marquée par le début de l’histoire, qui se passe à New York, en octobre 2001, donc un mois pile après les attentats. J’ai trouvé que l’ambiance décrite par l’auteure devait vraiment correspondre à ce qui était vécu par les touristes qui visitaient la ville à ce moment-là, l’ambiance étrange qui devait y régnait à cette époque, cette ambiance post-attentats avec la ville qui essaye de faire comme si tout allait bien. J’ai d’ailleurs trouvé les réflexions de Julian et d’Anna assez justes sur ce moment de l’histoire. Me souvenant moi même du 11 septembre 2001, j’ai trouvé cela intéressant de situer l’histoire à cette époque. Ainsi, on pourrait presque comparer Anna et cette ville mythique, toutes deux dévastées, mais essayant toutes deux de se relever. C’est sans doute grâce à cette ville, que nous deux héros ont pu recommencer leur histoire d’amour, et vaincre leurs peurs. Je trouve donc cela parfaitement normal que leur histoire recommence là-bas, qu’ils se retrouvent là-bas.

La rue était tranquille, pourtant si proche d’avenues passantes. Nous n’étions pas loin des lieux des événements. A quelques blocks près. La veille, quand j’étais parti à pied de mon hôtel vers mon lieu de travail, j’avais dépassé Canal Street, la rue qui séparait Midtown de Downtown. (…) Bien sur, lors de mon premier voyage dans la ville, presque dix ans auparavant, j’avais été voir la vue de New York depuis l’une des tours jumelles. Tous les touristes faisaient ça. (…) C’était obligatoire. Aujourd’hui, il ne restait plus que l’Empire State Building pour cette expérience typique. L’Empire State Building, plus petit, plus vieux qu’elles, leur avait survécu. Il restait comme un emblème de la ville. Il incarnait sa résistance. Là, au milieu de la presqu’île, entouré de ses pairs, les protégeant, les veillant. Les tours jumelles avaient disparu de notre vue, de nos vies, et nous, petites fourmis débiles, nous poursuivions notre agitation vaine. C’était la seule chose que nous savions faire. Continuer. Non pas comme si rien n’était arrivé. Mais malgré ce qui était arrivé.

  • Vous avez été vers là-bas avec Vincent aujourd’hui ?

Je désignais du regard la zone. Ground Zero.

  • C’était peut-être glauque de ma part, mais oui, je voulais voir l’endroit où tout était arrivé. (…) Eh bien, le manque des tours, la fumée qui est encore dans l’air, l’odeur, un mois après… C’est vraiment perturbant. Ce qu’il s’est passé là-bas, (…), tout le monde a su qu’il s’en souviendrait toute sa vie de l’endroit où il était et ce qu’il faisait quand il l’a appris.

Elle avait raison. Nous avions tous ressenti cela immédiatement. Cet instinct que l’événement deviendrait individuel et collectif. Qu’il nous marquerait pour tout le reste de nos vies.

L’écriture de l’auteure est fluide, très agréable à lire. On ne voit pas les pages filer, ni le temps passer. On suit avec plaisir les joutes verbales de Julien et d’Anna, qui ne manquent pas de mordant. J’ai notamment aimé ces moments où ils se cherchent tous les deux, où ils s’amusent l’un avec l’autre, où ils se redécouvrent aussi. On frissonne avec eux lorsque ça ne va pas, et on s’amuse des peurs de la jeune femme, de ses doutes, alors que Julien semble sûr de lui. J’avoue pourtant que, par moment, j’aurais souhaiter qu’Anna se lâche un peu, mais quand elle le fait, cela lui retombe malheureusement dessus, un peu comme si elle était maudite. Cela donne alors des scènes très touchantes, qui peuvent même tirer quelques larmes pour les plus sensibles. Il y a notamment un scène à la fin qui est assez dure, mais qui va aussi permettre au couple d’être plus fort. Leur dernière épreuve en somme. Mais tout cela est traité avec justesse par l’auteure, sans tomber dans le mélodrame. C’est d’ailleurs toute la force de ce roman, qui parle de la vie en générale, avec ses épreuves, ses douleurs, ses joies aussi, sans tomber dans le facile, dans le dramatique. Certes, il arrive plusieurs catastrophes à nos héros, mais ils s’en sortent d’une manière réaliste, comme pourrait le faire n’importe qui, avec les armes qui leur sont donnés. Oui, ils abandonnent par moment, oui, ils s’énervent, mais c’est ce qui les rendent vivants. Ils ne cherchent pas à être absolument forts, ou à faire de la morale. Ils cherchent seulement à s’en sortir.

En résumé, je conseille la lecture de ce roman, certainement parce que ce n’est pas une histoire d’amour comme les autres, et c’est ce que j’ai beaucoup apprécié. Certes, on peut croire que c’est une histoire banale de deux anciens amoureux de lycée qui se retrouvent des années plus tard, mais cette histoire est en fait bien plus que cela. Elle est marquée par les tragédies qui sont arrivées dans la vie des deux personnages, qui les ont marqués à jamais. Ces événements sont gravés en eux, et ils doivent apprendre à faire avec, à en parler avec l’autre, à accepter les faiblesses de l’autre. C’est une histoire marquée par le sang, la mort, et nos deux héros doivent prendre sur eux pour dépasser les mauvaises ondes, pour continuer à vivre. Ce roman, il pourrait raconter l’histoire de tout le monde brisé par la vie. Il est en plus très bien écrit. Bien que ce ne soit pour ma part pas un coup de cœur, c’est une historie à lire, qui montre que tout le monde a le droit au bonheur, malgré les épreuves qu’il traverse, et qu’il faut parfois laisser le temps au temps pour se reconstruire et aimer à nouveau.

Et vous ?

Lisez-vous beaucoup de romances ?

Pour vous, un happy end à ce type d’histoire est-il obligatoire ?

Qu’aimez-vous dans les romances ?

Aimez-vous avoir dans les histoires des personnages brisés par la vie ?

Des événements tragiques ?

Bon mercredi à tous 😀

 

Une réflexion au sujet de « Et tes larmes retenir »

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