chroniques littéraires

L’espace sans gravité

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Bonjour les amis. J’espère que vous allez tous bien, et que vous profitez du mieux que vous le pouvez, pour ceux qui en ont, de vos vacances. Et oui, nous sommes déjà fin octobre, les mois passent à une vitesse folle. D’ailleurs, en parlant d’octobre, savez-vous que nous sommes dans le mois de l’imaginaire ? Et oui, avec la présence de la fête d’Halloween, le mois d’octobre est considéré comme étant le mois de l’imaginaire. Mais c’est aussi le mois de la science. Avec la fête de la science durant la mi-octobre, et le plus grand salon scientifique à destination du grand public en fin de mois, j’ai nommé les Utopiales, qui mêle science et littérature de l’imaginaire, le mois d’octobre est donc tourné vers le fantastique, la fantasy et la science-fiction. Mais aujourd’hui, je ne vais pas vous présenter un roman qui traite de l’un ou l’autre de ces genres. En fait, aujourd’hui, je ne vais même pas vous présenter un roman. Ce n’est pas d’une histoire que je vais vous parler, mais des histoires qui fonde l’Histoire. Ainsi, aujourd’hui, c’est plutôt un ovni littéraire que je vais vous présenter, un livre qui n’est pas un documentaire, à mon sens, mais pas un roman non plus.  C’est un recueil d’anecdote sur l’Histoire de l’espace et de la conquête spatiale. Ce livre a été publié par les éditions Marabout en 2016, et a été écrit par Florence Porcel, que j’ai eu la chance de rencontrer à Nantes pendant la fête de la science, lors d’une séance de dédicace. Si vous ne la connaissez pas, il s’agit d’une ancienne journaliste qui fait des podcast de vulgarisation scientifique, notamment d’astrophysique et sur l’exploration spatiale. Voici le résumé de son premier ouvrage :

Saviez-vous qu’un astronaute français a réparé le télescope Hubble en communiquant avec les dialogues de Star Trek ? Que la fortune des géants du web est en train de bouleverser l’exploration spatiale ? Que le premier homme à être sorti dans l’espace était trop poilu pour devenir cosmonaute ? Que la preuve du big bang a été découverte grâce à des fientes de pigeons ? Ou qu’aucun homme n’aurait marché sur la Lune sans deux génies féminins ? L’histoire de l’exploration spatiale et des sciences des l’Univers regorge d’anecdotes croustillantes, de personnalités hautes en couleur, de ratés incontournables et d’héroïnes méconnues. Embarquez pour un voyage dans l’espace-temps, depuis les premiers exploits soviétiques jusqu’aux confins de l’Univers, à travers 31 histoires dans lesquelles la réalité dépasse souvent la science-fiction…

Comme je le disais plus haut, il s’agit ici de présentation d’anecdotes, toutes véridiques, sur l’espace et son exploration par les humains. Ainsi, nous avons 31 chapitres dans ce livre qui évoquent des points, plus ou moins amusants, plus ou moins sérieux, de l’histoire de l’exploration spatiale. Pour ne pas vous raconter l’ensemble du livre, je vais vous présenter quelques uns de ces chapitres, parmi ceux les plus emblématiques.

Je vais commencer par vous présenter l’un des chapitres qui m’a sans doute le plus marqué, et qui a dû marquer aussi plusieurs personnes. Il s’agit de l’histoire des Mercury 13, ces astronautes hyper qualifiés pour aller dans l’espace, mais qui ne voleront finalement jamais. Pourtant, ces personnes avaient les compétences pour, avec des diplômes prestigieux, les plus hautes heures de vol, une vie irréprochables. Pourquoi alors ces personnes ne volent-elles pas, ne vont-elles pas dans l’espace ? Tout simplement parce que ce sont des femmes, et que nous sommes en 1962, et qu’il est alors impensable d’envoyer une femme dans l’espace. Un homme oui, mais pas une femme. Tout simplement parce que les hommes étaient jugés plus qualifiés, alors même qu’ils n’avaient ni les diplômes de physique ou d’ingénierie pour, ni même autant d’heures de vol que les femmes. Et il y a aussi une donnée importante à prendre en compte : pour aller dans l’espace, il faut être militaire. Les femmes n’auront le droit de rentrer dans l’armée américaine qu’en 1977. C’est donc une histoire assez triste qui se cache derrière les Mercury 13, une histoire sur le sexisme, qui empêche alors l’Histoire d’avancer.  Une partie des Mercury 13 ont participer à la Seconde Guerre Mondiale en tant que pilotes, mais n’ont jamais été reconnues comme telles, ce qui les empêchera d’aller dans l’espace. Malgré le soutien du public, le Congrès lui-même leur refusera ce droit, et l’une des plus grandes figures des femmes pilotes de la Seconde Guerre Mondiale, Jackie Cochran, enfoncera même les Mercury 13 à cause de son égo.

Malgré cet échec, Jerrie Cobb a continué à militer. Mais même les résultats scientifiques ont été tournés en dérision par un psychologue de l’agence spatiale américaine : bien sûr qu’une femme est moins lourde ! Si on arrive à la convaincre de ne pas emporter son sac à main…. Les femmes supportent mieux l’ennui et le confinement que les hommes ? Enfin voyons… les maris, habitués à entendre leurs femmes raconter leur journée, vont bien au-delà en terme de tolérance en d’ennui, non ?

Et l’Oscar du sexisme revient à Robert Gilruth, directeur du Manned Spacecraft Center de la NASA. Des femmes dans le programme spatiale ? Avec plaisir : nous prévoyons 55 kilos de charges utiles dédiée aux équipement de loisir.

(…) Quelques mois après la conclusion du comité en défaveur des Mercury 13, la Soviétique Valentina Terechlova passait trois jours dans l’espace. Les Américains étaient encore les perdants sur cette première. Malgré les efforts de Jerrie Cobb qui répétait à l’envie que ça leur pendait au nez, les Etats-Unis avaient décidé qu’envoyer une femme dans l’espace était plus humiliant que de se faire battre, une fois encore, par l’URSS.

Heureusement, toutes les histoires ne sont pas aussi tristes, et il y en a plusieurs qui sont même assez drôles. Ou du moins, qui prêtent plus à sourire maintenant qu’à l’époque. Et oui, parce que certaines de ces histoires concernent les erreurs humaines, et que l’histoire de l’exploration spatiale en compte quelques unes d’assez ridicules. J’avoue qu’à l’époque, ils n’ont pas dû beaucoup rire, comme le rappelle un des chapitres, l’espace, c’est aussi de l’argent dépensé, mais tout de même, ils auraient dû y penser à deux fois avant d’envoyer leurs engins vers l’espace. Plus d’attention de la part des ingénieurs et des concepteurs aurait ainsi évité quelques désagréments à Leonov lors de la toute première sortie dans l’espace de l’Histoire, aurait évité qu’Hubble soit réparé dès sa mise en fonction, aurait évité la destruction lors du décollage d’Ariane 5, et aurait surtout évité le crash de Mars Climate Orbiter.

Cette sonde américaine, conçue pour étudier le climat de Mars, arrive à destination le 23 septembre 1999. Elle effectue une manœuvre pour ralentir et se mettre en orbite. Tout fonctionne parfaitement bien, jusqu’à ce qu’elle disparaisse comme prévu derrière Mars… pour ne plus jamais donner signe de vie.

A son point le plus proche, la sonde doit passer à 226 km d’altitude. En fait, elle frôle la planète à 57 km. Trop bas pour survivre.

Tout ça parce que Lockheed Martin, entreprise qui a conçu la sonde, utilise les unités de mesure anglaise (livre-force par seconde) et que la NASA utilise le système métrique (newton par seconde) pour mesurer la force de poussée des propulseurs.

Voilà.

En fait, si j’ai autant aimé ce livre, c’est que, grâce à ces nombreuses anecdotes sur l’exploration spatiale, j’ai appris plein de choses sur l’Histoire en générale. Etrangement, ce ne sont pas des choses dont on parle à l’école, au lycée, ou même après. il faut déjà s’intéresser à ce sujet pour apprendre de telles choses. Or, je trouve cela profondément dommage, parce que ces histoires font parties de la Grande Histoire. Ne pas parler des Mercury 13 est un manque de connaissance qu’on a. Ne pas savoir, comme moi, que les Russes avaient envoyés le premier être vivant, la chienne Laïka, dans l’espace, puis le premier homme, Gagarine, et la première femme, est aussi un manque de connaissance. Les Russes avaient gagnés la bataille spatiale de la Guerre Froide, et c’est presque un miracle qu’Armstrong ait réussi à poser le pied sur la Lune avant les Russes. Ne pas parler des découvertes apportés par l’explorations spatiale, comme les ordinateurs, le GPS, internet, est aussi un manque qu’on. Saviez-vous que les premiers vols touristiques dans l’espace existent ? Qu’en France, quelqu’un travaillait exclusivement sur l’éthique spatiale, et que c’était unique dans le monde ? On parle beaucoup d’investissement en ce moment avec internet, savez-vous que les milliardaires américaines investissent eux en masse dans l’espace ? Le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec ses avancées technologiques, scientifiques, tint de l’exploration spatiale. Et cela aurait été impossible sans quelques hommes, et la ténacité de certaines femmes. Et cette exploration ne serait maintenant plus possible sans les hommes qui ont fait, et qui font encore, internet.

Si Margareth Hamilton a posé les fondations d’un domaine de plus en plus indispensable à l’exploration spatiale, habitée ou non, elle a également ouvert une voie royale à des hommes devenus milliardaires après avoir conçu des programmes, des systèmes d’explorations, des services en lignes ou encore des jeux vidéo. Et comme s’il y avait une force liant l’informatique à l’espace, quelques-uns de ces richissimes entrepreneurs réinvestissent une partie de leur fortune dans… l’exploration spatiale.

(…) Et puis… il y a Elon Musk.

(…) Qu’a-t-il fait pour en arriver là ? Il cofonde Zipe2 qui fournit des logiciels de publication de contenus sur le web, puis Paypal, célèbre service de paiement en ligne – le voilà richissime, il peut passer à la vitesse supérieure et monter des business qui ambitionnent de changer le monde, voire de le sauver.

(…) Certes, il n’avait jamais construit de fusé ; mais il avait commencé une thèse de physique et s’est entouré des meilleurs. Dix ans plus tard, personne n’est mort, mais tout le monde s’affole : en 2012, SpaceX et sa capsule Dragon deviennent le premier fret privé de l’histoire du spatial et le seul vaisseau cargo récupérable à ce jour avec du fret retour ; en 2016, le premier étage de leur lanceur Falcon 9 réussit son retour et son atterrissage à la vertical, constituant une première historique et consolidant la voie low-cost ; et Arianespace veut s’inspirer de son modèle industriel.

Elon Musk doit présenter son programme martien à l’heure où ce livre sera imprimé, et quoi qu’il annonce, plus personne ne peut se payer le luxe de ne pas le prendre au sérieux.

La plume de Florence Porcel est géniale. J’ai adoré son style, humoristique quand il le fallait, mais aussi grave quand l’histoire le demandait. Ces notes apportent aussi beaucoup au livre, des notes légères qui donnent envie d’en savoir plus, qui précisent certaines choses, ou qui nous font justes rirent. L’écriture est fluide, l’ouvrage se lit quasiment tout seul. J’ai seulement eu du mal avec un chapitre, auquel j’ai dû me reprendre plusieurs fois pour le saisir, et je ne suis pas encore certaines d’avoir compris toutes les implications. C’est le problème avec l’espace, non seulement il y a des données scientifiques, mathématiques à bien appréhender, mais aussi beaucoup de personnes qui agissent dessus. Ainsi, j’ai été perdue dans le chapitre sur les fientes de pigeons et la preuve du Big Bang. Je n’ai pas réussi à appréhender cette anecdote dans son intégralité. Néanmoins, c’était très intéressant, et ça démontre encore que les humains pensent tout savoir de l’univers, jusqu’à ce que celui-ci leur envoie une preuve du contraire. Sur l’ensemble du livre, non seulement j’ai appris des choses, j’ai eu envie d’en apprendre plus sur d’autres, mais j’ai aussi beaucoup ri. Certaines histoires sont vraiment drôles, notamment grâce à la manière dont l’auteure les raconte.

En résumé, je vous conseille vivement cet ouvrage. Il faut le lire, car il n’évoque pas seulement l’espace, mais il nous parle aussi de notre Histoire, de notre évolution technologique et scientifique, de l’égo des êtres humains, des Etats, de leur manière de concevoir le monde et d’apporter sa pierre aux découvertes. Je pense même qu’il a parfaitement sa place dans les écoles, collèges et lycées. Cet ouvrage devrait être étudié, car il est accessible aux adolescents, mais il pourrait en plus les intéresser à la science et à l’Histoire, tout en les faisant rire. Il est très bien pensé, et chaque chapitre est indépendant des uns des autres. C’est un livre à mettre absolument dans toutes les mains.

Et vous ?

Vous intéressez-vous aux étoiles, à l’espace ?

Vous mettez-vous au courant des différentes avancées des sciences ?

Les sujets des sciences vous intéressent-ils ?

Regardez-vous des sériées télévisées ou des films évoquant les sciences ?

Bon mercredi à tous 😀

 

Une réflexion au sujet de « L’espace sans gravité »

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