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Lebenstunnel tome 2

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Coucou les amis. J’espère que vous allez tous bien, et que la frénésie de la rentrée ne vous déprime pas trop. En effet, on peut difficilement échapper au fait que septembre et de retour, et que l’école va devoir reprendre. Dommage, j’aimais bien ces vacances d’été. Enfin, n’ayant pour le moment toujours pas d’affectation de la part du rectorat, pour un poste de professeur remplaçant, je pense que je vais être encore en vacances pour un moment. J’ai pourtant hâte de pouvoir commencer à donner des cours.

En attendant ce moment, pourquoi ne pas se plonger dans une petite dystopie, afin de se rappeler que la rentrée n’est qu’un mauvais moment à passer ? J’ai d’ailleurs celle qu’il faut pour cela : le deuxième tome de la saga Lebenstunnel, la saga uchronique et dystopique sur l’Allemagne Nazie d’Hitler qui aurait gagné la Seconde Guerre Mondiale et que nous retrouvons 200 ans plus tard, toujours à la tête de l’Europe. La chronique du premier tome se trouve ici. Ce tome deux est un service presse qui m’a été envoyé par les éditions Rebelle, dont le blog est partenaire. Le roman est sorti en juin 2017 et a été écrit, comme le premier, par Oxanna Hope. Voici le résumé du roman :

À présent, Krista a perdu ses alliés et ses repères. Elle est seule. Seule dans un univers qui est le sien et dont elle ne veut pourtant plus. Un pied dans chaque camp, elle ne sait plus qui elle est ni où elle doit aller pour découvrir la véritable personne qui se cache en elle. Une seule solution s’offre à elle désormais : quitter Germania. Mais que se trouve-t-il au-delà des limites de la ville ? Le monde entier est-il sous l’égide du régime eugéniste dont elle est un pur produit ?

A  la fin du premier tome, nous avions laissé Krista face à une terrible révélation. Elle qui était persuadée d’être une Aryenne sans histoire, banale, qui était tombée par hasard sur des Juifs et qui s’était laissée embrigadée dans leur rêve de renverser le régime allemand nazi découvre qu’elle n’est pas ce qu’elle pensait, et que rien de tout ceci n’était un hasard. Abandonnée par ses nouveaux amis, elle se doit maintenant de survivre seule, rejetée par les deux camps. Enfin, pas si rejetée que cela, car Krista va avoir besoin de l’aide d’Elias, le jeune Juif pour lequel elle éprouve des sentiments contradictoires mais de plus en plus affirmés, pour pénétrer dans le camp d’expérimentation médical tenu par les Allemands, tout ceci afin d’aider tous ceux qu’elle pourra. Car Krista ne compte pas s’arrêter là. Maintenant qu’elle sait la vérité sur la Seconde Guerre Mondiale et sur ce que son peuple a fait, elle ne peut plus faire marche arrière, et il va lui falloir faire un choix terrible, un choix qui pourrait avoir un impact sur leurs deux peuples.

Alors, c’est avec un grand plaisir que je suis retournée dans les aventures de Krista. Et cette dernier a bien changé depuis le premier tom. En effet, elle est passée d’une jeune fille effrayée, convaincue que son peuple est supérieur, naïve, à une jeune femme battante, rebelle, convaincue que tout le monde à sa place sur Terre. C’est une jeune femme prête à défendre ses convictions, à tuer, que nous retrouvons. J’ai beaucoup aimé ce changement chez Krista. Elle assume maintenant ses choix. Elle est aussi blessée, et en quête de son identité. Elle est moins enclin à faire confiance à autrui. Elle ne compte plus que sur elle-même, et les membres de la communauté d’Elias. Elle est plus sauvage, et fait bien plus confiance à son instinct. Elle découvre aussi qu’elle est prête à se sacrifier en cas de besoin. Elle ose aussi prendre bien plus de risques qu’au début.

Je tire de ma poches le contrat qui me lie au Führer dans le cadre de « L’Opération Vermine ». Si je ne conçois toujours pas de l’avoir signé de mon plein gré, je dois bien lui reconnaître un avantage certain à cet instant. (…)

  • La navette pour le camp est sur le point de décoller, dépêchez-vous d’aller remettre votre prisonnière aux pilotes.

Je ne me le fais pas dire deux fois et j’entraîne Eden avec moi en m’efforçant de garder un regard fier et une démarche assurée. Nous avons réussi à passer ! Pourtant, au fond de moi, je me sens prête à m’effondrer sous la pression.

Je suis faible.

Je suis forte.

Je suis les deux à la fois.

J’ai beaucoup aimé aussi la relation que développe Krista avec la petite Eden, une petite fille Juive que nous avions déjà croisé dans le tome précédent. On découvre ainsi que Krista peut se comporter comme une véritable mère avec quelqu’un d’autre. Elle prend ainsi Eden totalement sous son aile. Leur relation est très belle, même si elle est aussi un peu étrange. En effet, c’est sous les traits d’Eden que va se manifester la culpabilité de Krista, cette culpabilité qui fait que Krista s’en veut d’avoir mené, dans le premier tome, sans le vouloir, les soldats SS vers la communauté d’Elias. L’innocence d’Eden renvoit Krista face à sa propre innocence, celle qu’elle a perdu.

  • C’est la vérité. C’est ta faute si tout le monde a été capturé. Ils sont tous morts maintenant… à cause de toi.

Ma gorge se serre et je suis juste capable de laisser échapper un petit son étouffé. C’est ce qu’elle pense de moi ? Que je suis une traîtresse ? Que j’ai vraiment provoqué la mort de tout son peuple ? (…)

  • J’ai une solution, déclare soudain Eden.

(…) Elle glisse sa main dans son dos et en sort un pistolet. Mon pistolet qu’Elias a récupéré dans la navette. Posé entre ses mains, elle me le tend comme une offrande.

  • C’est la seule solution si tu veux tous nous sauver, murmure-t-elle.

(…)

  • Tu as fait un cauchemar, c’est tout ! Personne ne t’a demandé de te tuer et personne ne le fera jamais ! (…) C’était un cauchemar, Krista. Rien de plus.

On finit aussi par retrouver Elias dans ce tome, le jeune homme pour lequel Krista éprouve des sentiments. Et ce dernier se révèle plus vulnérable qu’il ne l’était dans le tome un, tout simplement parce qu’il a tout perdu. C’est alors à Krista de le guider, de le pousser à continuer. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé cette part de faiblesse soudaine chez Elias. Lui qui essaye de toujours tout contrôler va se retrouver perdu, voir soumis, dans une autre partie du roman. Il n’est plus le chef, et il va devoir accepter de se faire diriger. J’ai apprécié de le voir dans une telle situation, car cela montre que tous les personnages ne peuvent pas être forts en permanence. J’aime aussi beaucoup la relation qu’entretiennent Krista et Elias, qui sont une sorte de Roméo et Juliette, mais marqué par la guerre, par leurs différences. Ils sont attirés l’un par l’autre, mais leurs différences les empêchent de s’aimer totalement, de s’abandonner l’un à l’autre. D’ailleurs, tout le monde ne cesse de leur rappeler qu’ils ne peuvent être ensemble, tout comme dans le tome un on leur reprochait de s’entraider. Mais lorsqu’ils se retrouvent enfin seuls, la vérité finit par éclater, ils sont des amis proches.

Dans ce second tome, on sent que la guerre est proche, que les groupes armés veulent en découdre avec les dirigeants de Germania. Le fait que dôme de la ville soit détruit et que ses habitants soient en situation de faiblesse ne suffit pas, il faut que le régime entier tombe, et cela passe par le Führer et sa mort. Il faut aussi que le camp, s’il n’y en a qu’un, tombe. La question est alors de savoir lequel va tomber le premier. Mais ce second tome est plus marqué par la violence sous-jacente que ne l’était le premier. En effet, on sent les groupes plus vindicatifs, les soldats SS plus sur les dents aussi. Et il y a toute la partie sur le fameux camp d’expérimentation qui est très importante, car on reprend l’idée des camps d’extermination de la Seconde Guerre Mondiale, sauf qu’on en fait ici un camp qui se sert des juifs, ou autre non-Aryens, pour des expériences afin de faire évoluer la science. Et de ce fait, l’imagination prend le dessus, car il est facile d’imaginer les tortures auxquels sont soumis les êtres vivants là-bas. On sent l’horreur du Troisième Reich bien présente. Et cela donne l’occasion à Krista de se poser plein de questions intéressantes sur son peuple.

Quand des images de corps mutilés sur des tables métalliques s’imposent à moi, je ne peu m’empêcher de sentir mon menton et mes lèvres trembler. Je ne peux pas oublier que c’est dans ce camp que sont supposés avoir été déportés les gens faisant partie de la communauté d’Elias. (…) D’un point de vue purement humain, je ne peux pas concevoir de telles choses. Aussi Aryenne que je sois, l’amélioration d’une race ne peut pas passer par la cruauté envers une autre. Tout ça me révulse au plus haut point.

Je pensais que cette série était une duologie, et que ce second tome était donc le dernier. Or, vu la fin de ce deuxième tome, je trouvais qu’il manquait quelque chose, ou du moins que le suspens laissé à la fin avait un goût d’inachevé, que le roman ne pouvait pas se terminer de cette manière, que l’auteure était bien cruelle si cela était le cas. Et en même temps, la fin est géniale. Rien que pour cela, je conseille de lire ce roman. Mais en fait, ce n’est pas une duologie, car un troisième tome ne va pas tarder à sortir. Cela me rassure, car j’espère bien retrouver Krista rapidement, et mettre fin à toutes les questions qui agitent ma tête depuis la fin de ce roman.

Pour l’écriture, ce second tome se lit aussi bien que le premier. L’auteure gère très les émotions de ses personnages, ainsi que les descriptions de ce monde apocalyptique. On s’y croirait, ce qui est assez effrayant. Les chapitres sont courts, il se lisent très bien, le suspens est bien dosé. C’est un bon roman.

Je vous conseille vraiment de lire ce roman, rien que pour sa fin, car celle-ci est inattendue, et vraiment imprévisible. Ensuite, tout l’aspect uchronique, sur le fait que l’Allemagne a gagné la Seconde Guerre Mondiale, est vraiment intéressant, bien traité, et que c’est un plaisir de suivre ces personnages, les voir se démener pour survivre, et pourquoi pas faire tomber un régime raciste et totalitaire. C’est une bonne leçon d’histoire et de philosophie qui est donnée dans cette saga.

Et vous ?

Vous aimez les dystopies ?

Vous aimez lorsque les romans vous font vous poser des questions sur la nature humaine ?

Quelle dystopie avez-vous lue dernièrement ?

Bon dimanche à tous 🙂

 

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