chroniques littéraires

La quatrième fée

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Bonjour les amis. C’est avec joie que je vous retrouve enfin sur le blog. Avec les vacances, mon dernier roman en cours de rédaction, et ma dernière lecture qui est un gros pavé dans lequel je peine à avancer, j’ai un peu l’impression de vous abandonner. Je suis donc super contente de pouvoir enfin vous écrire une chronique littéraire. J’espère aussi que vous vous portez tous bien, et que vous parvenez à avoir du soleil chez vous. Aujourd’hui, nous nous retrouvons donc pour une nouvelle chronique littéraire. Je vais vous présenter un petit roman que j’ai lu en un après-midi, qui s’intitule La Quatrième Fée. Je l’ai lu dans le cadre d’un partenariat avec NetGalley, et je remercie les éditions Lilys d’avoir accepté ma candidature pour lire ce roman. Il a été écrit par Brigitte Guilbau et est sorti en juin 2016. Voici son résumé :

Une légende vietnamienne raconte l’histoire de trois fées. La première veille sur l’embryon, le fœtus et la mère pour leur donner force et vigueur pendant la grossesse. La deuxième fée s’occupe de la naissance pour que la mère soit libérée rapidement et que l’enfant vienne au monde en bonne santé. La troisième apparaît quand vient l’heure de mourir : elle nous aide à passer la porte vers ce monde que l’on dit meilleur, à nous donner le courage et à nous apaiser. Qu’arriverait-il si, par un rendez-vous insoupçonné, une quatrième fée venait faire trébucher cette dernière ?

Alors, je tiens à préciser quelque chose à propos de ce roman : contrairement à ce que je pensais, il ne s’agit pas d’un roman fantastique. Je dirais plus que c’est un roman contemporain, qui va évoquer deux thèmes essentiels : la vie et la mort.

Nous suivons donc deux personnages, Chelsea et Natacha, la fille et sa mère. Chelsea doit participer à un grande course équestre. C’est une jeune femme passionnée, qui adore son cheval, Beau, qu’elle a vu naître et en qui elle a pleinement confiance. Mais une erreur sur le dernier obstacle va la conduire à l’hôpital, entre la vie et la mort. Sa mère, Natacha, va alors veiller sur elle, jusqu’à être obligée de se confronter à leur passé et à devoir prendre la décision la plus importante de sa vie.

Je vais d’abord commencer cette chronique par vous parler du personnage de Chelsea, qui est le personnage central de ce roman, le personnage autour de qui tout le roman tourne. Je vous ai dit que c’était une jeune femme passionnée. Elle se donne en effet à fond dans ce qu’elle fait. Bien que célibataire, elle aime de tout son cœur son cheval, Beau, un étalon non conventionnel, qu’elle a vu naître et qu’elle a décidé d’adopter. Ensemble, ils forment un couple fusionnel. J’ai d’ailleurs adoré cette relation qu’ils ont tous les deux, cette force qu’ils puissent l’un dans l’autre, cet amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. Dès les premières lignes du roman, on sent cet amour, cette fusion. On devine que Chelsea pourrait faire n’importe quoi pour son cheval, et vice-versa. Comme le dit sa mère plus tard dans le roman, Chelsea ne monte à cheval que pour Beau, elle ne monte que lui, et lui ne se laisse monter que par elle. S’il devait arriver quelque chose à sa monture, Chelsea arrêtait l’équitation. Ce qu’on retient finalement de Chelsea au début, c’est cette relation particulière avec son cheval. Malheureusement, c’est à elle qu’il va arriver quelque chose de terrible. C’est une fille entière, pleine de vie, de volonté, et qui sait ce qu’elle veut. Ainsi, pour elle, une vie à l’hôpital n’est pas une vie. Ce qu’elle veut, c’est bouger, aimer, sauter. Vivre pleinement, tout simplement.

Beau et elle ne faisaient qu’un : il frémissait à son contact, elle vibrait au sien.

(…) C’est un carrefour du hasard et du destin ou quelque chose qu’elle ne nommait pas qui les avait fait se rencontrer et Beau était, jusqu’à aujourd’hui, sa plus belle rencontre. Celle qui ne laissait aucun goût amer dans le cœur ou billes de dépit dans le ventre.

Il lui avait offert sa fidélité indéfectible comme elle la sienne et jamais elle ne lui ferait défaut. Chelsea avait, depuis sa plus tendre enfance, compris que l’amour, le vrai, celui qui ne déçoit pas, celui qui ne soumet pas, celui qui ne profite pas, celui qui ne met pas, est équin.

Vient ensuite le personnage de Natacha, la mère de Chelsea. C’est une mère aussi fusionnelle, d’ailleurs les deux vivent encore ensemble, et elles ont toujours vécus ensemble, que toutes les deux. Car Natacha n’a jamais révélé à Chelsea qui était son père. Elle a gardé sa fille pour elle, et serait capable de donner sa vie pour elle. C’est une mère prévenante, aimante, qui aime veiller sur sa fille, qui aime les sensations fortes. Natacha est plus posée, plus craintive aussi. Elle ne prend pas de risques inconsidérés. Elle est moins fonceuse que Chelsea, et se pose beaucoup plus de questions que sa fille, qui elle a des avis biens tranchés. Ainsi, alors que Chelsea lui avait confié certaines de ses envies, désirs, Natacha va longuement hésité avant de les mettre en place. En fait, c’est une mère, et comme toutes les mères, elle veut ce qu’il y a de mieux pour son enfant, même si ce qu’elle veut n’est pas ce que voulait Chelsea. Son amour la rend aveugle à ce qu’il faudrait faire. On s’attache donc facilement à elle, car c’est à elle que va revenir la lourde responsabilité de faire ce qu’il faut faire. Et en cela, elle va devoir faire preuve d’un immense courage.

Elle était prête à tout pour que sa fille lui fasse un signe et se réveille. Et s’il fallait danser le Kazatchok comme jadis les Cosaques, dans leurs plaines d’Ukraine, elle le ferait. Rapide, elle mènerait la danse de la Poupée Cosaque du Vertep en tapant dans les mains et en criant pour que son désespoir ressemble à de la joie de vivre. Pour que sa fille ouvre les yeux et sourie.

Elle aurait tout donné pour l’entendre dire :

« Maman ! Arrête, c’est ridicule ! »

Il y a d’autres personnages dans ce roman, des personnages secondaires, dont deux plus importants, qui se mettre à graviter par la suite autour de Natacha. Je ne vous en dirais cependant pas plus, afin de ne pas trop vous spoiler l’histoire. Néanmoins, ces deux personnages vont être essentiels pour la suite du récit, et ce sont eux qui vont faire basculer Natacha dans sa décision. Leur histoire est aussi très touchante, et belle. C’est grâce à eux que Natacha va se remettre de cette terrible épreuve, en devenant cette fameuse quatrième fée mentionnée par le titre. Ils vont permettre à ce que la vie revienne dans cette histoire.

Ce roman est en fait un véritable drame qui se joue entre les murs de l’hôpital. L’histoire de Natacha et de Chelsea est très touchante, j’ai même versé quelques larmes au cours de ma lecture, car on devine peu à peu la terrible décision que va devoir prendre Natacha, décision qu’elle refuse. Néanmoins, elle se doit de respecter les volontés de sa fille, et de se respecter elle aussi. Ce roman évoque des thèmes philosophiques comme les regrets et les remords, le départ vers l’autre monde, l’éthique de la mort, le don d’organe, le don de soi. C’est un roman bouleversant car il touche à l’amour d’une mère pour sa fille, à un drame familial. On se met facilement à la place de cette mère qui regarde sa fille partir, qui doit faire acte d’un courage immense, et qui se bat contre ça. On suit Natacha dans ses retranchements. Cependant, c’est aussi un roman plein d’espoir, car il montre aussi que derrière la mort se cache la vie. Il y a plein de beaux moments dans ce roman, des moments pleins de vie, qui permette de contrebalancer l’issue final.

C’est aussi un roman un peu polémique, car il évoque le droit à la fin de vie. Nos deux personnages vont d’ailleurs débattre de ce droit, du fait de savoir quand débrancher une personne ou non. J’ai aimé cet aspect du roman, car c’est aussi important de parler de ces choses-là. On pourrait presque faire de ce livre une éloge à ce droit à la fin de vie, une affirmation du droit à chacun de décider de ce qu’il veut. Il a une petite dimension politique, à mon sens. De ce fait, le roman a une certaine dimension philosophique, il aborde des sujets vastes comme ce fameux droit, mais aussi la religion, le mariage, l’amour et la soumission, ou la différence entre l’éducation d’une fille et d’un garçon. Ce sont tous ces sujets qui font de Chelsea la personne qu’elle est devenue.

Souriante, compatissante devant la fragilité de sa mère, Chelsea avait répliqué :

  • C’était son choix et je le respecte. Je respecte ceux qui continuent à lutter mais je pense que ceux qui ne le veulent pas ont autant le droit d’être considérés et écoutés. Pourquoi fait-on deux poids, deux mesures ? Il s’agit de notre vie et pas celle des autres ou de leurs valeurs. Il est où l’amour si, au moment où on a besoin d’être entendu, tous ceux qui disent nous aimer font semblant de ne plus entendre ? Elle est où la dignité quand, au moment où on a besoin de l’autre, il se dérobe ? Qui est indigne ? Celui qui demande son ticket de départ ou celui qui fait la sourde oreille ? Ne peut-on pas demander ça à ceux qui nous aiment ?
  • Mourir dans la dignité… un fameux débat….
  • Non, Maman, on ne meurt jamais dignement. Mourir, ce n’est pas digne, c’est juste un hasard, un truc qui arrive et qu’on ne peut pas empêcher. (…) C’est bizarre la vie… on arrête pas de nous dire qu’il faut être adulte, qu’il faut être émancipé, savoir ce que l’on veut, se comporter comme un vainqueur et refuser l’assistanat, être autonome, faire des choix et puis, le jour où tu montres que tu as compris la leçon, que tu es okay pour l’appliquer, on te montres du doigt comme un mécréant parce que tu désires faire un choix qui est en adéquation avec des valeurs que tu défends parce que tu es autonome. Alors, on te parle de foi, d’infidélité, d’un Dieu qui ne serait pas contente au nom d’une décision qu’Il serait seul à pouvoir prendre… tu ne trouves pas que ceci ressemble très fort à ce que fait l’autruche quand elle a peur ?

C’est un roman assez court, qui fait moins de 150 pages, que j’ai lu en un après-midi. Il se lit rapidement, on enchaîne les pages sans vraiment s’en rendre compte, car on s’attend à ce que Chelsea se réveille, à ce qu’il se passe quelque chose de beau dans ce drame. J’avoue avoir attendu un peu de la magie, du fantastique, en lien avec le titre, avant de me dire que ce n’était pas du tout le propos du livre, ce qui ne m’a finalement pas dérangé. L’histoire est vraiment belle, et on se laisse attraper par ce drame. Même si l’on devine la fin, on veut aller au bout. Nous aussi, on aimerait que Chelsea se réveille, et tombe dans les bras de sa mère. L’écriture est aussi très fluide, elle va au but en dévoilant ce qui est nécessaire au récit. On ne s’embarrasse ainsi de longues descriptions, on se contente des sentiments qui agitent les personnages. C’est aussi ce qui va permettre de ressentir leur peine, ou leur espoir.

En fait, il n’y a qu’une seule chose que j’ai regrettée dans cette histoire, c’est le fait qu’on ne parle de Beau que dans les premiers chapitres, ceux avec Chelsea. En effet, leur relation est tellement fusionnelle, et magnifique, que je suis étonnée qu’elle ne soit pas mentionnée plus que cela à la fin, alors que Natacha fait tout pour faire revenir sa fille. Car je pense que cela aurait été essentiel de confronter l’animal à sa cavalière dans le coma. Vu l’amour que Chelsea ressent pour son cheval, il y aurai eu quelque chose à tenter, selon mon avis. Et c’est aussi important pour l’animal, car eux ne comprennent pas les choses comme nous. Cette rencontre m’a donc manqué, comme le faut que Natacha ne va à aucun moment voir Beau.

Vous l’avez sans doute compris, ce roman est un petit coup de cœur. J’ai été très touchée par cette histoire, par le courage des personnages qui affrontent leurs peurs, leurs contradictions aussi. Ils ne sont pas dans des situations faciles, et ils finissent quand même par un choix. C’est un roman très beau sur l’amour en général, qu’il soit familial ou amoureux. Il démontre qu’il faut affronter les choses pour éviter les remords. J’en conseille vivement sa lecture. Même si le sujet est triste, c’est aussi un roman sur l’espoir, sur l’envie de se battre, et sur le fait qu’il faut trouver des sens à ce qu’il nous arrive.

Et vous ?

Cela vous arrive-t-il de lire des romans tristes ?

Des romans un peu polémiques ?

Vous aimez quand une histoire a quelques liens avec la philosophie ?

Bon dimanche à tous 🙂

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2 réflexions au sujet de « La quatrième fée »

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