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L’interphone ne fonctionne toujours pas, tome 1

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Bonjour tout le monde. J’espère que vous vous portez tous bien et que les violents orages de dimanche n’ont pas faits trop de dégâts par chez vous. Ici ça a été, même si des parties de Nantes ont été complètement inondés et des plongeurs ont même été mobilisés dans certains endroits de la ville pour fouiller les garages. En tout cas, aujourd’hui, si je vous écris cet article, ce n’est pas pour vous parler de la météo mais pour vous présenter une romance autobiographique que j’ai reçu en service presse. Ce roman m’a été cette fois envoyé par l’auteur, qui est publié chez Rebelle Edition, dont le blog est partenaire. Ce roman, je l’ai lu en version numérique puisqu’il m’a été envoyé en epub. Il s’agit du premier titre de Pierre-Etienne Bram, qui s’intitule L’interphone ne fonctionne toujours pas. C’est une duologie dont le premier volume est sorti en février 2017 chez Rebelle. Voici son résumé :

Objet : Hola je m’appelle Celia. Et toi ? Je suis celle qui n’arrive pas à te parler sur Meetic. . . Mais tu vois, je ne suis pas totalement muette quand on m’en donne les moyens À bientôt peut être ? Celia.
Si seulement j’avais su, au moment d’ouvrir ce mail le tournant que ma vie allait prendre. . . Beaucoup de mes proches n’ont jamais vraiment pu comprendre notre histoire.
Comment as-tu pu continuer à garder contact avec elle après tous les lapins qu’elle t’a mis ? Ne crois-tu pas que ça cache quelque chose ?
Non, je ne crois pas. . . Sa vie est compliquée. . . La mienne n’est pas simple non plus. . . Et puis sa voix était tellement envoûtante. . .
Les autres ne comprendront jamais notre histoire. . . Ne les écoute pas. . . Demain je serai là. . . Promis
Comment résister. . .

Dans cette roman, nous suivons le narrateur dans son histoire d’amour avec Célia, une argentine. Or, cette histoire est loin d’être simple. En effet, Célia a pris contact avec le narrateur par mail, après avoir consulté son profil Meetic. Après plusieurs échanges de mail, et alors qu’ils prévoient de se rencontre enfin dans la vie réelle, Célia pose un lapin à son Roméo. Et ce ne sera que le premier d’une longue liste, faite de malheureux hasards, d’excuses foireuses et d’occasions manquées. Le narrateur va attendre désespérément que Célia arrive enfin dans sa vie réelle, et non plus par mail, sms ou appels téléphoniques.

En vérité, ce roman est assez étrange, car on suit les échanges des deux personnages comme si on découvrait leurs mails, sms et autres. Il est construit presque comme un roman épistolaire, mis-à-part le fait qu’on ait aussi accès au pensées du narrateur, qui commente de temps en temps ce qu’il reçoit, ou qui raconte tout simplement ce qu’il fait, et qu’il y ait d’autres personnages qui envois aussi des messages. Ainsi, on n’a pas que la correspondance du héro et de Célia, mais aussi d’autres messages reçus par le narrateur à propos de Célia. Le roman ressemble donc à un roman épistolaire sans en être un. De la même manière, il ressemble à une romance sans en être tout à fait une. En effet, c’est une romance que du point de vue du narrateur, qui lui éprouve des sentiments pour Célia. Mis-à-part les messages de cette dernière tout au fil de l’histoire, on n’est pas réellement certain que ces sentiments soient partagés. L’histoire pourrait presque passer pour une romance à sens unique. Et si l’on ne prenait que les messages de Célia, cette histoire pourrait presque passer pour du harcèlement. C’est ce qui m’a fait penser au dernier point, ce roman se lit presque comme un roman policier. Ainsi, on attend que l’affaire soit résolue, on attend pendant toute l’histoire l’arrivée de Célia comme on attend l’arrivée d’un tueur dans une affaire policière. Et il y a pas mal d’indices qui tout au long du récit sont remis en cause, indices qui remettent en cause ou non l’existence de cette fameuse Célia. J’ai donc vraiment eu l’impression d’être en train de suivre une enquête policière, enquête menée par le narrateur pour déterminer si la jeune femme avec qui il discute est bien celle qu’elle prétend être.

Au début, on s’attache facilement au narrateur. On le voit tomber amoureux, croire qu’il va enfin voir Célia, et on le suit de déceptions en déceptions. On suit même ses doutes et ses colères face à cette femme manipulatrice dont il ne parvient pas à se défaire.  Au début du récit, je l’ai trouvé assez drôle, prenant la situation à la rigolade. Il crée même, à son insu, des scènes cocasses, comme celle où il pense que son patron se cache derrière le pseudo de Célia. Mais son humeur se détériore au fil de la lecture. C’est sans doute ça qui a finit par m’agacer à la fin, ce fait que tout le monde lui dise de lâcher l’affaire, qu’en tant que lecteur on le lui conseille aussi, et qu’il continue tout de même à espérer voir Célia. En fait, il est tellement sous son charme qu’elle peut en faire n’importe quoi, il revient comme un chien vers elle en permanence, ne pouvant tenir plus d’une semaine sans avoir de ses nouvelles, se contentant des miettes qu’elle laisse derrière elle. Du coup, alors qu’on avait de la sympathie pour le héro principal au début, on finit par le trouver faible. On commence même à se moquer un peu de lui, de cette faiblesse. On attend de sa part une réaction finale envers Célia, qui n’arrive pas vraiment. C’est aussi ce qui fait l’histoire.

L’heure du rendez-vous a fini par arriver. Sur le pont, à côté d’un poteau, mon parapluie à la main, je scrutais au loin. L’imaginant derrière moi, prête à me sauter dessus en me disant « Devine qui c’est ! »

(…) Maintenant, c’était elle qui serait en retard. Mais elle allait enfin être là. Car elle viendrait, bien sûr qu’elle viendrait. Elle ne m’aurait pas posé de lapin… Pas avec tout ce qu’on s’était dit le jour d’avant son départ. la veille au téléphone, elle me disait être folle de joie, tout en ayant un peu d’appréhension néanmoins, de rencontrer « cette voix », qui la rendait toute chose dès lors qu’elle m’entendait.

Quand à la fameuse Célia, qui est le deuxième personnage central de cette histoire, on ne la voit pas. On ne peut donc pas s’attacher à elle. Mais on peut lui reconnaître des dons de manipulatrice, voire de perverse. Néanmoins, comme le narrateur, on a des doutes sur elle. Elle nous apparaît tantôt comme une femme froide et sans cœur, tantôt comme un animal en détresse qu’il faudrait sauver. En fait, on n’a aucun moyen de savoir si ce qu’elle raconte au narrateur est vrai ou non. Elle se fait passer pour une victime, et c’est ce qui nous pousserait à vouloir l’aider. En étant une victime, elle attire la sympathie, on la plaint. Mais elle se révèle aussi comme menteuse au cours du roman, si bien qu’on est comme le narrateur, à ne pas savoir quoi faire avec Célia, sans parvenir à la cerner réellement. Elle ne fait que poser des ultimatum, qui vont alors faire culpabiliser notre héro. Ce qui est aussi agaçant, c’est que notre narrateur ne peut pas faire un pas dehors, voir un plan cul par exemple, sans que Célia ne soit au courant. Elle a une sorte de 6e sens, ou alors elle l’espionne. C’est assez flippant pour notre héro. Et par moment, elle est même dangereuse, dans ses accès de colère, ce qui nous fait douter de sa santé mentale. On se rend alors compte qu’on ne sait finalement rien sur ce personnage, qu’on n’a que les informations qu’elle nous donne.

« Cela fait des semaines, des mois que soi-disant je te manque et quand je me débrouille pour te faire une bonne surprise (et encore…surprise, je j’ai prévenu avant ) tu me sors l’argument de l’ami que tu n’as pas vu depuis longtemps, le prétexte minable de vouloir connaître Lyon mais on ira ensemble découvrir Lyon si c’est si important pour toi !

Ne me fais pas croire que tu ne peux pas expliquer à ton « ami » que la femme de ta vie arrive ce jour-là et que tu as rendez-vous avec elle

Combien de fois as-tu voulu que je sois prêt de toi ? Et là, quand tout devient possible, tu me dis que finalement, lundi, c’est bien… Tu es minable ! Tu me donnes la nausée… Est-ce que je te fais peur ? Suis-je belle pour toi? Mais il aura fallu y penser avant, mon pauvre garçon

(…) Je te donne une dernière chance à prendre ou à laisser

Je te donne rendez-vous samedi à 12h30 sur le pont des Arts avec moi, si tu ne viens pas tu n’entendras plus parler de moi

D’ici là nous pouvons garder le contact mais si tu n’es pas au rendez-vous tu pourras m’oublier à tout jamais

Célia

En vérité, le grand tour de force de ce roman, c’est qu’on arrive pas à le lâcher. On se retrouve comme le narrateur, à attendre patiemment l’arrivée de Célia en vrai. En distillant des indices un peu partout, l’auteur crée une sorte de dépendance chez le narrateur qui est transmise au lecteur. Même si on aimerait que ce dernier abandonne une bonne fois pour toute cette fille qui ne semble pas aller bien dans sa tête, on a aussi envie de la voir. Du coup, on est aussi en train d’attendre Célia. C’est un sacrée tour de passe-passe de la part de l’auteur qui, grâce à sa plume acérée, nous prend au jeu. On devient comme les amis du narrateur qui attendent de voir jusqu’où cette histoire peut aller, quelle est sera l’issue, si Célia est folle ou non, si elle dit la vérité sur son ex, si elle a un lien avec la Mafia, etc. On se dit qu’il ne peut il n’y avoir que de bonnes raisons qui font qu’elle ne pointe pas le bout de son nez. On devient dépendant, comme le narrateur.

Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que cette dépendance se met en place par le genre épistolaire. On n’a accès qu’aux échanges des deux personnages, et à certaines pensées du narrateur. Moi qui ne suis pas vraiment fan du genre épistolaire, j’avoue au début ne pas avoir pensé que le jeu prendrait, sauf qu’on se retrouve comme une souris enfermée par un humain dans un jeu gigantesque. L’auteur parvient à nous piéger dans son roman. On devient ainsi complice de ces échanges, de ces dérives, de chaque côté, et on veut le fin mot de l’histoire. Tout cela qu’à partir d’échange entre deux personnages. Le roman est donc très bien écrit, on reconnaît la manière d’écrire de chacun des deux personnages, Célia ayant une plume sèche, sans véritable cohésion, le narrateur étant toujours plus modéré dans ses propos. Le seul bémol que je mettrais, c’es que dans la version numérique on ne fait pas vraiment la différence entre les échanges et les pensées du narrateur. Il n’y a pas de différence topologique, ce qui m’a un peut dérangé puisque je devais à chaque fois me demander ce qui faisait partie du mail et ce qui faisait partie des pensées. A voir si ce défaut se retrouve dans la version papier.

En résumé, j’ai dans l’ensemble apprécié ma lecture, j’ai passé un bon moment à savoir si Célia existait réellement ou non, si elle allait ou non apparaître. Comme le narrateur, j’ai espéré. La lecture se fait facilement, le roman se lit bien. On passe un moment agréable. Je me demande comment cette histoire va se terminer, il y a un tome 2. Je suis impatiente de savoir si Célia va enfin se montrer, et ce qu’elle cache réellement.

Et vous ?

Quelle est votre dernière lecture ?

L’avez-vous aimé ?

Quel genre préférez-vous lire en vacances ?

Plutôt romance, polar, autre ?

Bonne semaine à tous 🙂

 

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