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Le masque du silence, tome 1

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Bonjour les amis. J’espère que vous vous portez tous bien, et que ce premier week-end officiel des vacances d’été se passe come vous le souhaitez. J’espère pour vous que vous n’avez pas pris la route hier, avec tous ces bouchons. Aujourd’hui, je vous retrouve pour vous présenter un nouveau roman, qui s’inscrit dans un nouveau partenariat avec une maison d’édition. Celle-ci, je vous en avait déjà parlé, est une édition que j’aime beaucoup. C’est la maison Anyway, dont j’ai déjà chroniqué pour eux quelques titres, en services presse ponctuels. Or, ils ont accepté ma demande de partenariat, vous allez donc retrouver sur le blog bientôt d’autres titres publiés chez eux. En attendant, aujourd’hui, je vous présente un roman écrit par Charlène Gris-Piron, qui s’intitule Le masque du silence. Il s’agit du premier tome d’une duologie. C’est un roman fantastique. Je vous avais déjà présenté un roman de cet auteure : Les Originels, tome 1. Ce nouveau roman, qui est une réédition chez Anyway édition, est sorti chez eux en janvier 2017. Voici son résumé :

La famille Esperanza est une famille particulière, elle est issue d’une lignée maudite depuis 200 ans par Napoléon. Une génération sur deux est choisie pour recevoir le pouvoir.

C’est ainsi qu’Hélène, suite au décès de sa grand-mère, devient la détentrice du pouvoir. Elle qui n’a jamais désiré l’être, elle fera tout pour cacher ses dons à sa famille, grâce à l’aide de Fa, son chat garde-du-corps doté de parole qui est aussi son meilleur ami.

Mais lorsque des mèches blanches, signe qu’elle possède la magie, apparaissent dans ses cheveux, la colère éclate et Cybèle, la cousine d’Hélène devient sa pire ennemie.

Prisonnière d’un masque blanc la rendant totalement muette, Hélène découvre qu’elle est l’héritière du trône de la reine, à la tête de la société des enchanteurs. Seul le Prince Charmant pourra la libérer de ce masque… autant dire qu’Hélène n’est pas particulièrement ravie à cette idée.

Nous suivons donc Hélène, une jeune fille qui pourrait être tout à fait normale si elle n’était pas née dans une famille d’Enchanteurs. Et ce n’est pas n’importe laquelle : sa famille est maudite depuis des générations, depuis que ses ancêtres ont mis fin, avec d’autres, à un coup d’état. Chaque famille ayant participé à ce fait de l’histoire ont reçue une malédiction, toutes différentes les unes que les autres. Et celle de la famille d’Hélène est bien singulière : celui qui est marquée par elle reçoit en don la magie, et se retrouve obligée de porter un masque qui oblige son porteur à devenir muet jusqu’à ce que l’amour de sa vie, le seul, l’en débarrasse. Cette malédiction ne concerne que les filles de la famille Esperanza. La grand-mère d’Hélène avait eu cette malédiction. Alors qu’elle est sur son lit de mort, c’est maintenant à elle de la transmettre. Elle peut choisir soit Hélène, soit la cousine de celle-ci, Cybèle. Or, elle choisit Hélène. Et meurt une fois que le transfert de la magie est effectué. Seulement, Hélène n’en veut pas, de ce pouvoir. Elle ne veut pas devenir une enchanteresse. Elle ne veut pas aller à l’école des Enchanteurs. Et surtout elle ne veut pas être séparée de son petit ami, Célestino, qui est un Indifférent, un non magicien. Alors, elle va tout faire pour cacher son pouvoir, et le grand secret qui va en découler. Car Hélène ne semble pas être devenue n’importe qui en acceptant ce présent. Seulement, le secret ne pourra rester secret bien longtemps, et de nombreux ennemis vont se mettre sur sa route.

J’ai beaucoup apprécié le personnage d’Hélène. C’est une jeune fille très têtue qui sait parfaitement ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Or, elle ne veut pas de la magie. Elle veut une vie normale. Seulement, elle a aussi un grand cœur, et elle comprend pourquoi sa grand-mère lui confie ce don à elle, et non à sa cousine. Parce qu’Hélène est une personne juste, qui sait la dérive qu’apporte le pouvoir. Cette dernière est en effet très lucide sur ce que fait faire la magie aux gens, sur ce besoin d’avoir toujours plus de pouvoir qu’ils développent. Hélène ne veut pas être réduite à cette soif. Elle veut vivre comme elle l’entend. Ainsi, dès le début, au lieu de s’amuser avec ses nouveaux pouvoirs, elle va tout faire pour les cacher, pour faire comme s’ils n’existaient pas. Et même lorsqu’elle n’aura plus le choix, elle va tout faire pour utiliser la magie le moins possible. J’ai donc aimé sa vision sur la magie. Elle pense qu’elle est dangereuse, qu’elle change les gens. J’ai trouvé ce point de vue intéressant et surtout changeant par rapport aux autres romans de ce style. Pour elle, la magie n’apporte que des ennuis. Et la preuve en est qu’Hélène, qui n’a déjà pas beaucoup de chance, va voir sa vie changer du tout au tout à cause d’elle.

Le roman est écrit à la première personne, c’est donc Hélène qui raconte son histoire. Cela arrive qu’elle s’adresse directement aux lecteurs. On se rend compte alors que c’est aussi un personnage qui a beaucoup d’humour, et d’autodérision. Elle tourne tout en moquerie, utilisant aussi beaucoup le sarcasme. Et elle a un langage digne d’une adolescente. Elle connaît de nombreux noms d’oiseaux et autres injures, qu’elle n’hésite pas à utiliser en cas de besoin. Néanmoins, c’est aussi un personnage avec beaucoup de respect par rapport à autrui. Elle sait garder sa place, quand on ne l’énerve pas. Et elle est prête à défendre bec et ongles ses amis. J’ai aimé sa relation avec Célestino, surnommé Tino, qui évolue d’une manière logique suite à ses pouvoirs. Hélène est prête à tout pour protéger ceux qu’elle aime, même à se faire du mal. Elle fait toujours ce qu’elle pense être juste pour les autres, sans forcément penser à elle. J’ai aimé ce trait de caractère chez elle, même si cela la rend un peu masochiste.

J’ai adoré le personnage de Fasolasi, le garde du corps d’Hélène. Il s’agit d’un chat qui sait parler, un animal qui a été génétiquement modifié par la magie pour protéger les Enchanteurs. Cela n’empêche pas Fa de garder de nombreux points communs avec les chats normaux, comme le fait de se lécher en permanence, ou de dire tout ce qu’il pense. Il est aussi un personnage avec de l’humour. Le fait de protéger Hélène est loin d’être une mission simple, surtout que la jeune fille n’en fait qu’à sa tête. Cependant, il est son meilleur ami, son plus fidèle confident. J’ai apprécié leur relation, qui va évoluer lorsque le masque maudit va être posé sur le nez de la jeune fille, le chat devenant alors aussi son interprète, ce qui va donner des scènes cocasses. Fa, comme sa maitresse, est prêt à tout pour protéger ceux qu’il aime. C’est un animal qui peut se montrer dangereux quand il veut, aussi bien en parole qu’en acte. Il use aussi du sarcasme avec intelligence. On ne peut donc que l’adopter et apprécier son personnage.

Je soupirai et essuyai d’un revers de la main les larmes sur mon visage. Je me rafraîchis avec de l’eau du lavabo, me réarrangeai comme je le pus grâce à mon miroir, et me tournai vers Fasolasi.

  • De quoi ai-je l’air ? demandai-je d’une petite voix.
  • Tu es cramoisie et toute bouffie…, m’avoua-t-il en sautant sur le rebord du lavabo.
  • Oh, Fa…
  • Je ne veux pas te mentir, insista mon garde du corps. Je suis ton confident, et je me fais un devoir de te dire toute la vérité pour que tu puisses avoir un minimum confiance en toi.

Le personnage de Celestino est aussi agréable à suivre, même si j’ai trouvé plutôt frustrant de ne pas en savoir plus sur lui. En effet, c’est un personnage qui se dévoile tout au long du roman, et qui je pense ne nous a pas encore tout dit. Il a l’air de nous cacher encore des choses, et à Hélène aussi. J’espère seulement pour la jeune fille que ce ne seront que des choses positives, même si j’en doute un peu. C’est à la base un garçon normal, qui semble ne rien connaître à la magie, ni aux malédictions. C’est seulement un bon escrimeur, et un ami fidèle qui se montre rapidement essentiel au bien-être d’Hélène après le décès de sa grand-mère. Peu à peu, leur relation évolue. Il apporte beaucoup de bien à la jeune fille, l’aidant à faire face. Seulement, la malédiction est là et il semble incapable de l’effacer, d’empêcher Hélène d’avoir ce fameux masque. Je pense néanmoins qu’il aura un grand rôle avant la fin de l’histoire. J’ai apprécié d’ailleurs la manière dont il se comporte avec elle, sa capacité à la calmer presque immédiatement. C’est aussi un personnage qui reste très lié avec Hélène après que son masque soit là. Il défie alors ce qui semblent être les lois de la magie. Je n’en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler davantage. Une chose est néanmoins certaine : il donnerait sa vie pour sauver celle d’Hélène.

  • Disons que … déjà que j’ai la frousse en moto, alors …, hésitai-je en baissant mon regard, penaude.
  • Mais pourquoi es-tu montée avec moi, dans ce cas ?
  • Parce que, accessoirement, je te fais confiance.

Ma réponse sembla le satisfaire, et pas qu’un peu. Nous continuâmes de bavarder de tout et de rien, évitant toutefois soigneusement les sujets épineux. Je savais parfaitement que cela avait pour unique but de me distraire et de me faire pour un court instant oublier mes malheurs, mais Celestino avait un tel enthousiasme, une telle joie de vivre qu’il m’était tout bonnement impossible de ne pas me prendre au jeu.

Ce garçon n’avait de commun avec tous ceux que j’avais pu connaître, jusqu’ici.

J’ai au début eu un peu de mal à tout saisir l’univers très riche de l’auteure. En effet, je pensais que toutes les familles avaient la malédiction du masque. Or, en fait, chaque famille possède sa propre malédiction, qui ne concerne alors pas que les femmes, mais chaque membre de la famille maudite. Il en a été de même avec l’école des Enchanteurs, qui ne concerne en vérité qu’une seule partie des Enchanteurs, ceux qui maitrisent la magie, donc qui sont au même niveau qu’Hélène. Tous ne sont donc pas concernés, puisque seuls les plus puissants vont à cette fameuse école. De même, je n’avais au début pas saisis qu’Hélène avait deux oncles et tantes. Je pensais qu’Henri et Anne, deux personnages légèrement détestables, étaient mari et femme. Or, ils sont seulement frère et sœur. Ce sont des éléments du texte qu’il est essentiel d’avoir bien en main pour saisir tout l’ensemble. Heureusement, ils sont expliqués à de nombreuses reprises dans l’histoire, soit des angles différents.

  • En quoi consistait-elle, cette Malédiction ? questionnai-je, avide.
  • La Malédiction prit effet lorsqu’Arthur fêta ses douze ans. Je n’avais que neuf ans, à l’époque, expliqua la Princesse Catherine après un regard entendu avec son frère. Nous étions jeunes, on se chamaillait déjà bien, et nos pouvoirs étaient déjà considérables pour des enfants. Nous fûmes liés par une paire de menottes magiques, lui de la main droite, moi de la gauche. Terriblement pratique. Et cela dura jusqu’à ce que nous ayons utilisé notre potentiel magique à ses limites, que nous nous soyons dévoilés aux yeux de la SE, et que nous ayons trouvé ce pourquoi nous avons été crées : gouverner. Les vocations sont diverses, mais la clé reste la même : trouver sa voie.
  • Ce qui peut être particulièrement dangereux, car on passe parfois toute une vie à trouver son chemin, ajouta le monarque. Nous avons eu de la chance.
  • C’est encore différent avec la mienne, soupirai-je. La Malédiction des Esperanza me fait porter un masque, qui me rend muette, et qui muselle une partie de mon être, et ce, jusqu’à ce que j’aie trouvé l’homme de ma vie. Qui devra être un enchanteur de classe une, pour que la malédiction se brise.

Je disais donc que l’univers de l’auteure était très riche, et qu’il y avait pleins d’éléments à comprendre. Heureusement, l’auteure fait de nombreux rappels pour qu’on ne soit pas trop perdus, elle réexplique certaines choses d’une autre manière pour que cela soit plus simple. Ceci donne néanmoins l’impression d’être rabâchés. En fait, j’ai eu parfois le sentiment de relire les mêmes choses, qu’il y avait pas mal de répétitions. Cela n’est pas gênant pour les éléments un peu complexe de l’histoire, mais devient agaçants quand Hélène répète plusieurs fois qu’elle ne comprend pas pourquoi Fa se lèche autant. Je veux dire, il est un chat, c’est donc normal. Et il n’y a pas forcément d’explication à donner, même si finalement on en attend une à force que l’héroïne se pose cette question. Je trouve en vérité que cela n’était pas forcément nécessaire de se poser cette question quasiment à chaque chapitre. Il y a aussi à mon sens un autre problème, c’est celui de certaines déductions. En effet, j’ai dû relire certains passages pour comprendre comment en arrivaient les personnages à certaines idées. Il y a notamment un passage, celui sur des Dragons, où je n’ai toujours pas saisi comment Hélène saisissait toute la mesure de ce que disait le prince, tout simplement parce qu’elle déduit d’une phrase non dite un élément essentiel à la suite. En fait, j’ai eu l’impression qu’il manquait une phrase, une partie de dialogue, et cela à une ou deux reprises dans le roman.

Cependant, ce ne sont que de petits défauts, qui n’ont pas réellement gêné ma lecture, à part ponctuellement. Car l’auteure écrit très bien. On est porté par l’histoire d’Hélène, les pages se tournent bien, les chapitres s’enchaînent assez vite. Et il y a de l’action souvent, ce qui permet d’alterner avec les phases plus calmes. Le roman est agréable à lire, et l’histoire vraiment sympa.

En résumé, je conseille ce roman. Je l’ai trouvé plus mature que Les Originels, mais il est tout aussi agréable à lire. L’univers est très riche, avec de nombreux détails, l’histoire est plaisante et on a envie de suivre Hélène et ses amis dans ses aventures. C’est un bon roman de fantastique qui devrait plaire à tous. Et les personnages sont vraiment intéressants à suivre. J’attends de lire la suite avec une grande impatience, surtout qu’on finit ce premier tome sur un coup de théâtre, qui donne envie d’avoir le tome 2 pour savoir comment cette histoire va se terminer.

Et vous ?

Quel est votre dernier roman fantastique lu ?

Trouvez-vous qu’une histoire d’amour dans un roman fantastique est essentielle ?

Trouvez-vous original dans une telle histoire de considérer la magie comme dangereuse ?

Bon dimanche à tous 🙂

 

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