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Ni mariée ni enterrée tome 1

Coucou les amis. Nous revoici en long week-end, certes que de trois jours, mais cela fait du bien. On va pouvoir profiter de ce temps pour se reposer, et surtout, lire beaucoup. Avec ma pile à lire qui est encore immense, je compte bien profiter de ces jours en plus pour la faire descendre, un peu. Et vous, vous avez prévu le même programme de votre côté ? Ou alors vous compter profiter de ces rayons de soleil pour préparer l’été ? Ce soleil et cette chaleur des derniers jours nous font nous sentir en vacances, si bien qu’on a hâte d’y être enfin. D’ailleurs, en parlant de vacances, le roman dont je vais vous parler aujourd’hui va nous y emmener. En effet, nous allons faire un petit tour du côté de la Thaïlande, en sac à dos version Road-Trip, avec Georgia. Je vais vous parler aujourd’hui de Ni Mariée, Ni Enterrée, de Kathy Colins, sorti cette année en mai chez Harlequin. Voici son résumé :

– Se faire plaquer à deux semaines de son mariage : fait.
– Se retrouver au chômage pour avoir préparé ledit mariage sur ses heures de travail : fait.
– Perdre toute dignité après avoir croisé le fiancé volage et la nouvelle femme de sa vie : fait.

Ce que Georgia n’a pas fait depuis longtemps, en revanche, c’est se demander ce dont elle a vraiment envie. Et, plus elle y pense, moins la sainte trinité « mariage-maison-maternité » la fait vibrer. Non, ce dont elle rêve depuis toujours, c’est de parcourir le monde. Apprendre une nouvelle langue au sommet du Kilimandjaro, s’ouvrir à la spiritualité auprès d’un moine bouddhiste, goûter des plats aux noms imprononçables… Alors, Georgia fait le grand saut : elle part. Six semaines en Thaïlande. Six semaines pour réaliser ses rêves et se recentrer sur l’essentiel : elle-même.

Nous suivons donc le personnage de Georgia, qui vient de se faire larguer par son fiancer quelques jours avant son mariage, complètement déprimée. Sa meilleure amie tente bien de la remotiver, mais Georgia voit tout en noir. Elle est seule, avec peu d’argent, sans domicile puisqu’elle a laissé sa maison à son ex-futur-conjoint, et elle déteste son travail. D’ailleurs, par un concours de circonstance, voilà qu’elle se retrouve virée. Georgia voit là une occasion pour partir loin, à la recherche de son existence. Et pourquoi ne pas partir très loin, seule ? Georgia rencontre une vendeuse de voyage qui l’expédie en Thaïlande, certaine que la jeune femme en reviendra transformée. Le voyage ne se passe hélas pas vraiment comme prévu, et Georgia a rapidement envie de rentrer, mais ce qui la retient, c’est que justement rien ne l’attend en Angleterre, où elle vit. Et si elle donnait une chance au destin, à la Thaïlande ? Des futurs amis l’attendent peut-être sur la route, et peut-être même un travail, et l’amour.

Ceci est un premier tome, que j’ai rapidement dévoré. J’attends d’ailleurs la suite avec impatience. En effet, je me suis facilement identifiée à Georgia, pauvre femme désespérée qui ne sait plus quoi faire de sa vie, qui est complètement perdue et qui n’a jamais vraiment pris de risque. Elle a suivi une voie toute tracée par ses parents, par la société, et ne s’est jamais demandé si elle était heureuse. Or, l’échec de son mariage, qui n’a pas eu lieu, lui fait prendre conscience qu’elle a des rêves a réaliser, qu’elle est encore jeune. Alors, elle décide de prendre son courage à deux mains, ce qui n’est pas facile pour elle, et de partir seule à l’autre bout du monde. Pour elle qui n’était pas une seule fois partie en colonie de vacances, la présence des autres voyageurs, dans le même tour qu’elle, va être une expérience particulière. Georgia va se retrouver être la plus âgée du groupe, la plus coincée aussi, celle qui va avoir du mal à s’intégrer, qui sera un peu à la masse. Elle m’a touchée par toutes ses maladresses, ses doutes, ses peurs, son envie aussi d’aller jusqu’au bout, de ne pas se décevoir, de ne pas regretter. Elle se pensait faible, mais elle démontre dans ce roman toute sa force, sa volonté, et son caractère. C’est une héroïne avec de l’humour, qui déteste l’injustice, et qui sait finalement ce qu’elle veut ou non. Elle fait tout son possible pour s’intégrer, pour aller contre son instinct, pour se rendre compte en cours de route que ceci ne lui correspond pas, et elle est capable de réagir, de partir à nouveau. Elle qui avait peur de ce voyage, de l’inconnu, finit par quitter son groupe de voyage pour partir seule avec son sac à dos en quête d’un refuge thaïlandais. Si ça se n’est pas une marque de courage… Après, elle a un petit côté naïf qui est parfois horripilant, elle se fait facilement avoir. Mais c’est aussi ce qui la rend humaine et proche de nous. J’ai aussi apprécié sa liste de voyage, tout ce qu’elle rêve de faire et qu’elle n’a jamais encore osé faire dans la vie, car trop coincée.

Une famille s’est installée sur les transats à côtés des nôtres. Ils se sont mis à bavarder dans une langue rapide – de l’espagnol ? Leurs intonations semblaient tellement exotiques par rapport à mon accent du Nord. Je n’avais jamais appris de langue étrangère, en dehors du mon français niveau collège, vieux de treize ans et dont je ne me rappelais rien. C’était peut-être une piste à explorer ?

En fait, hormis ce voyage avec Marie, je n’étais pas allée à l’étranger depuis des années. Afin d’économiser pour le mariage et la maison, j’avais passé tous mes congés d’été chez nous pour faire du bricolage ou dans la résidence secondaire d’Alex à Edimbourg. Plus jeune, je rêvais de claquer mon salaire en voyages lointains, mais mes maigres revenus ne me l’avaient jamais permis. Le jour où j’avais trouvé une promo de dernière minute pour Benidorm, Alex avait ironisé que ce serait comme partir en vacances avec nos voisins, que seuls ces gens-là réservaient des vacances tout compris pour ensuite passer la semaine à boire de la bière anglaise dans un bar irlandais.

J’ai adoré toute la partie sur la Thaïlande. J’ai vraiment eu l’impression de m’y trouver avec Georgia, et c’était une sensation agréable. J’avais réellement le sentiment de voir à travers ses yeux, de sentir les odeurs, etc. Les deux parties de son voyage ont été pour moi intéressantes, car on en apprend à chaque fois autant sur le pays que sur ses habitants, ou sur Georgia. J’ai apprécié ses découvertes, qui m’ont encore plus donné envie de visiter ce pays, mais peut-être pas de la manière dont la fait la jeune femme, qui a certes survécu à son voyage mais à subit bien des déconvenues, ce qui explique pourquoi son voyage se scinde en deux. La deuxième partie est d’ailleurs idyllique, et on n’a qu’une envie : celle de la rejoindre. Je me demande donc si un tel endroit existe, avec de tels personnages aussi sympathiques. Le pays devient alors presque un personnage à part entière, un être qui permet à Georgia, et aux autres, de se révéler.

Un peu plus tard, nous avons quitté l’autoroute pour nous engager dans une de ces rues pleines d’animation. Tous mes sens étaient en ébullition face à la cacophonie des klaxons et des cris, aux devantures colorées des magasins, aux odeurs de friture, aux enfants des rues et aux tours brillantes. Cet endroit était vraiment un mélange d’ancien et de moderne, de pauvreté et de richesse, de patrimoine orgueilleux et de spectacles sexuels sordides. Après avoir tourné dans des rues plus tranquilles, nous sommes passés devant un MacDonald’s et un Subway. Le ghetto pour routards où nous nous sommes arrêtés aurait pu se trouver en Angleterre, si on faisait abstraction de la langue et des insectes frits, que je n’avais jamais vus au marché à côté de l’étal de boudin noir de Bury.

Le petit groupe que rencontre Georgia vers la fin de son voyage est super sympa, et donne aussi envie de partir avec eux. J’ai aimé qu’il soit assez hétéroclite, mais que toutes ces personnes soient à la recherche de la même chose : le bonheur et soi-même. A partir de la rencontre avec toutes ces gens, on a un peu l’impression de tomber dans un roman feel-good, sur le bien-être et la recherche de soi. Heureusement, l’humour dont font preuve les personnages, le fait de rendre tout amusant, permet de gommer un peu cet aspect et de faire plus vacances. Après tout, ce n’est pas le but principal du livre de donner des méthodes pour se sentir bien. Le ton se fait donc plus léger. Mais l’amitié présente entre toutes ces personnes que va rencontrer Georgia est quand à elle bien forte, et j’ai été heureuse de revoir ces personnes plus tard dans le roman. Et surtout, c’est grâce à toutes ces personnes que Georgia va pouvoir accomplir sa fameuse liste de voyage.

  • Ce soir, nous allons communier avec la lune au cours d’une session de chant méditatif pleine de joie.

Notre groupe était debout en cercle dans l’obscurité, du sable entre les orteils. Little Em et Lou ont pouffé de rire, tandis qu’Astrid leur lançait un coup d’œil irrité.

  • Je sais que vous n’avez pas tous participé à ce genre de session auparavant, mais vous devez ouvrir vos cœurs et vos esprits afin d’atteindre le nirvana. Bon… On se tient par la main et on inspire profondément… et on expire…

Je me tenais entre Phil, qui avait l’air intéressé par cet événement inhabituel, et Shelley, qui avait les yeux fermés et se balançait doucement. Je n’arrivais pas à voir si elle se moquait ou si elle était vraiment prête à s’abandonner au pouvoir de la lune.

  • Ok. Maintenant, j’ai besoin que vous vous relaxiez et que vous vous concentriez pour ouvrir vos chakras.
  • Nos quoi ? ai-je demandé, horrifiée.

Après, je mettrais tout de même un tout petit bémol pour cette histoire, c’est son aspect prévisible. On devine la fin dès le début quasiment. On se doute que Georgia va revenir dans la boutique de voyage et va vouloir aider celle qui l’a envoyée si loin, tout comme on se doute qu’elle va rencontrer le fameux neveu sur lequel elle fantasme depuis qu’elle a vu les cartes postales dans la boutique. On voit venir tout cela. Néanmoins, on prend tout de même beaucoup de plaisir à voir les réactions de Georgia, ainsi que ses craintes qui refont facilement surface.

L’écriture de l’auteure est très fluide, on se laisse facilement prendre au jeu de cette histoire. Comme je le disais plus haut, on a vraiment l’impression de se retrouver en Thaïlande, de voyager avec Georgia. Si j’ai bien compris ce que dit l’auteure a la fin du roman, elle travaille dans une agence de voyage, et connaît donc bien ce pays qu’elle a fréquenté. Je trouve donc que ses descriptions nous emportent avec elle. On sent qu’elle sait de quoi elle parle. Le texte est vivant, plein d’humour, de couleur, de personnages qu’on a envie de croiser. Le roman se lit très bien, sans accroche. On a envie de le terminer rapidement, de ne pas le lâcher.

Même si le thème abordé n’est plus vraiment original, car beaucoup traité je trouve ces derniers temps, le fait de quitter sa vie où on s’ennuie pour une autre plus heureuse, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Son héroïne est intéressante, drôle, elle ressemble à beaucoup de femme, et le voyage est vraiment très beau. Voici donc un roman que je vous conseille de lire. J’ai passé un très bon moment avec, j’ai ris, j’ai souris, et il donne envie de voyager. J’attends avec hâte le tome 2, car j’ai très envie de me replonger dans les aventures de Georgia, et voir ce qui va lui tomber dessus cette fois. Pour moi, ce premier tome a le droit à un petit coup de cœur.

Et  vous ?

Quel roman parlant de voyage vous avez-vous lu dernièrement ?

Quel roman sur des destinations lointaines auriez-vous envie de conseiller ?

Où souhaiteriez-vous qu’un roman vous emmène ?

Bonne fin de week-end à tous 😀

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3 réflexions au sujet de « Ni mariée ni enterrée tome 1 »

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