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Prélude

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Bonjour tout le monde. Je reviens enfin sur le blog avec un rythme de publication de chronique un peu plus normal. Et oui, on se retrouve en ce jeudi pour parler livre, et de roman édité, non pas, hélas, d’autoédition. Je vais partager avec vous l’une de mes dernières lectures. Il s’agit du roman Prélude, de Suanne Laqueur, que j’ai eu la chance de lire grâce au partenariat du blog avec la maison d’édition MxM Bookmark. Je les en remercie d’ailleurs pour cet envoi. Prélude est un titre que j’attendais de lire avec impatience. Dès sa sortie, en février 2017, il m’avait tapé dans l’œil. Il s’agit d’un tome un. Voici donc son résumé :

Il règne sur les coulisses. Elle s’épanouit sous les projecteurs. Erik « Fish » Fiskare étudie à l’université de Philadelphie pour devenir technicien de théâtre. À vingt-deux ans, il est en couple avec Daisy Bianco, son âme sœur, une magnifique et talentueuse ballerine à l’avenir prometteur. Entre elle et son meilleur ami, le charismatique et passionné William Kaeger, partenaire de danse de Daisy, il trouve enfin son équilibre.
Entourés de leurs amis et mentors, Fish et Daisy construisent au fil du temps leur amour et leur quotidien comme on bâtit une cathédrale.
Mais quand une tragédie touche leur groupe, c’est la cathédrale de leurs vies qui tombe en ruine.
Le jeune machiniste découvre alors que face à l’adversité, l’amour n’est pas toujours suffisant pour vous faire rester. Pourtant, c’est parfois aussi la seule chose qui peut vous faire revenir.

D’habitude, je vous présente chez MxM Bookmark des romances homosexuelles. Dans ce roman, même s’il y a de tels couples, ce n’est pas le couple principal. Nous sommes dans une romance hétérosexuelle, avec un couple qui se compose de Daisy, une jeune danseuse talentueuse, et d’Erik, un jeune homme qui fait des études de machiniste. L’histoire commence d’ailleurs, après une rapide présentation du personnage d’Erik, qui est le personnage qu’on suivra tout au long du roman, par son arrivée à l’université de Pennsylvanie. Nous sommes aux USA. Là-bas, il va donc tomber, immédiatement, sous le charme de Daisy, qui danse sur scène. Aux USA, les danseurs, classiques ou contemporains, doivent suivre un cursus universitaire avant de se faire remarquer et de rentrer dans une compagnie. Ceci leur permet d’apprendre des notions d’anatomie, de spectacle, et autre. Et comme dans toutes les universités américaines, ils peuvent aussi suivre d’autres cours pour préparer l’après danse. Daisy est donc à la fac, en première année, comme Erik. Elle prépare le spectacle de mi-semestre, celui avant Noël, auquel participe aussi Erik, depuis les coulisses. C’est un coup de foudre. Ils vont alors avoir une relation très fusionnelle. Erik va incorporer dans cette relation Will, le partenaire préféré de Daisy, Lucky, la petite amie de Will, David, un copain machiniste comme lui, puis plus tard James, avec qui Will va avoir une relation étrange. Tout pourrait aller dans le meilleur des monde, si un drame n’avait pas eu lieu, un drame qui va entraîné de terribles conséquences sur leur petit groupe. Dévasté, détruit même, Erik s’en va, laissant tout derrière lui. Il fuit la réalité et passe des années à se chercher, à construire une vie en essayant d’oublier ce qu’il avait à la fac, sans parvenir à oublier totalement Daisy. Peut-on vraiment oublier un amour aussi passionnel que celui-ci, gravé dans leurs chairs et leurs sang ?

En fait, le roman se construit tout autour de la relation de Daisy et d’Erik. On ne voit qu’elle. Certes, pendant une partie du livre, ils ne sont plus ensembles, puisqu’Erik s’est sauvé, mais l’amour qu’il ressent pour la danseuse n’est lui pas parti. Il va d’ailleurs le conditionné, presque l’empêcher de vivre. Le roman raconte donc cet amour fusionnel, essentiel à nos deux héros, un amour qui fait qu’ils ne font que survivre une fois qu’ils sont séparés. On ne parle que de cet amour si fort qu’il en devient douloureux, dévastateur. Il est même écrit dans leurs peaux, inscrit dès le début dans le sang. Cela va marquer leur relation. Après, même si c’est un amour violent, puissant, il n’en reste pas moins attachant, parce qu’on envie ces deux héros qui s’aiment à en mourir. En tant que lecteur, on a envie de connaître cet amour passionnel, qui fait que les deux personnages gardent les mêmes sentiments l’un envers l’autre des années après. Ce sont deux aimants qui doivent impérativement se retrouver, qui ne sont pas complets tant qu’ils ne sont pas ensembles.

Il l’aimait.

Parfois, c’était juste une partie du monde, naturel, comme l’air ou l’eau. D’autres fois, comme maintenant, il regardait Daisy et n’arrivait pas à réaliser ce qu’il ressentait pour elle. « Amour » ne semblait plus convenir. Ce qui vibrait dans son cœur, son corps, ses os était plus gros que le monde. Au-delà de tout ce qu’il avait imaginé. « Faire l’Amour » avait dépassé ce contexte. Dernièrement, il avait été frappé par l’idée littérale. Pas juste l’expression sexuelle, mais celle créative. Comme si, chaque conversation, chaque expérience partagée et chaque fois que leurs corps prenaient du plaisir, ils construisaient quelque chose de plus grand. Montant, pièce par pièce, une structure magnifique. Une cathédrale au sein de leur univers à eux.

  • Je t’aime tellement, dit-il. Tu ne peux pas savoir. Tu ne sauras jamais à quel point. Je ne serais jamais capable de le dire.

Il posa sa tête à côté de la sienne. Les lèvres de Daisy effleurèrent son visage, sa main caressant sa nuque.

  • Je ne sais pas où tu commences et où je termine, dit-elle.

Il y a donc un terrible drame qui va séparer, à long terme, Daisy et Erik. Ce drame, une nouvelle fois, va être inscrit dans le sang, dans la mort. En effet, je vous en dévoile tout de suite sa nature, il va il y avoir une fusillade dans le théâtre où répétaient Will et Daisy, et ces deux amis vont être gravement touchés. Outre les conséquences que ce drame va entraîner, j’ai trouvé la scène très bien écrite, mais aussi très violente à lire. Elle m’a profondément marquée. En fait, nous avons un roman d’amour, une romance, entre les mains, et on ne s’attend pas à une scène aussi choquante, aussi réaliste, dans un tel récit. J’avoue avoir été fébrile en la lisant, car on est vraiment propulsé dans le théâtre avec les personnages, on subit autant qu’eux ce qui se passe. C’est une scène qui choque. Après elle, rien n’est plus pareil, ni pour les héros, ni pour le lecteur, qui voit d’un autre œil ce roman, qui bascule dans le dramatique, voir presque dans une certaine horreur, et quitte l’histoire d’amour légère qu’il y avait au début. C’est une scène puissante qui va déterminer toute la suite du roman.

(Il) pénétra dans les coulisses à Jardin, là où quatorze étudiants, danseurs et techniciens, regardaient Will et Daisy répéter. (Il) ouvrit le feu, tuant cinq personne et en blessant six autres. Les trois étudiants restants réussirent à s’échapper.

(…)

Erik n’avait jamais entendu de détonations auparavant. Quand une langue de feu éructa de la manche de l’homme et trois coups interrompirent la mélodie de Gershwin, Erik resta assis avec ses mains sur la console. Un temps incalculable s’écoula avant qu’il ne puisse associer son et action. Même là, son esprit refusait de comprendre, encore plus de mettre un nom sur le visage de l’inconnu.

Il entendit clairement les trois coups et n’oublia jamais leur cadence. Deux coups rapides. Une pause, Un troisième.

Deux tires et Will se redressa brusquement, dos cambré, son bras gauche volant dans l’air dans un jet de sang. Tout le poids qui reposait sur sa jambe fut renvoyé dans les airs et projeta Daisy. Puis (il) tira une troisième fois et le cri de Daisy coupa le théâtre en deux.

En ce qui concerne les personnages, j’ai été séduite par le côté sympa d’Erik, par son humour, par son amitié fidèle et loyale, par son amour inconditionnel pour Daisy, par son histoire personnelle et l’abandon de son père. Néanmoins, dans la partie du roman où il abandonne tout cela à cause des conséquences de la fusillade, il m’a aussi un peu agacé car il est catégorique dans son choix de fuir. Certes, celui-ci s’explique parce qu’il a vécu, par le modèle qu’il a de son père, mais il ne revient jamais sur sa décision, alors que tout le pousse à changer d’avis. Il met beaucoup de temps, peut-être trop, pour se remettre en question et s’apercevoir qu’il n’a pas fait le bon choix. Or, en faisant cela, il entraine aussi d’autres personnes dans son sillage. Il blesse des personnes sans s’en rendre compte, juste parce qu’il refuse de voir à quel point il est malheureux sans Daisy. Je l’ai trouvé égoïste et un peu lâche. J’aurais aimé qu’il se batte plus pour elle, au lieu de fuir. Après, il n’en reste pas moins un personnage auquel on s’attache, car il a des raisons tout à fait compréhensibles pour faire ce qu’il fait. Après, j’ai aussi par moment trouvé qu’il se la jouait un peu. A force d’écouter tout ce que lui dise ses ami s, comme le fait qu’il « est le mâle Alpha », il se répète ceci en boucle et y crois. Il se prend vraiment pour celui qui doit mener le groupe. J’ai trouvé que ce détail était un peu énervant à la longue car on a l’impression qu’Erik se prend pour le chef de la meute. Or, les humains ne sont pas des loups, et même si Erik est un meneur né, il n’en reste pas moins que c’est un être humain avec ses faiblesses et que tout ne peut pas reposer sur lui. C’est aussi ceci qui va le mener à sa perte.

Erik partagea sa vision de la situation avec David qui lui rit au nez :

  • Tout d’abord, tu es le mâle Alpha.
  • Moi ?
  • Quoi ? tu crois qu’il s’agit seulement de la taille que tu fais ou du magnétisme que tu dégages ? Tout est dans la mentalité de la meute. Tu fais ressortir le meilleur des gens.
  • Qu’est-ce qui te fait dire cela ?
  • N’as-tu jamais remarqué que les gens se calment en ta présence ?
  • Non.
  • Tu es un Valium sur pattes, mec…
  • Sors d’ici, répondit Erik en lui donnant une claque sur l’épaule.
  • Je te le dis, Fish. Tant que tu es dans le coin les choses restent cool. Ta petite copine c’est pareil. Vous avez tous les deux cette petite flamme intérieure qui ne vacille jamais. Les gens t’aiment. Mais c’est sans doute mieux que tu ne le saches pas.

Quand à Daisy, elle aussi fait des bêtises aux graves conséquences. Cependant on s’attache aussi à elle, surement parce qu’elle subit de grosses épreuves, trop grosses pour ses épaules. Elle tente de faire face à sa manière, tout comme Erik fait face comme il peut. En fait, on s’attache à elle et à lui parce qu’ils sont perdus, parce qu’ils ne savent plus, à un moment, comment vivre. Mais on s’attache aussi à ce couple lorsque tout va bien, parce qu’ils sont vraiment mignons tous les deux, dans leur bulle d’amour. Leur relation est magnifique.

J’ai aussi apprécié le personnage de Will, le sulfureux et humoristique partenaire de danse de Daisy. J’ai aimé la complicité qu’il a avec la jeune fille, une complicité naturelle qui leur permettent d’effectuer les pas les plus compliqués. L’alchimie présente entre eux est bien décrite, on la sent presque lors des descriptions de danse. Le lien qu’il développe aussi avec Erik est aussi très intéressant, car c’est un lien filial, qui peut être détruit à cause de Daisy. On sent pourtant l’amour, filial, que les deux garçons éprouvent l’un pour l’autre. Cela change des sentiments amoureux. Ce sont des sentiments forts, mais non romantiques. Cela ne les empêche pas d’avoir une relation presque aussi fusionnel qu’Erik et Daisy. J’ai aussi aimé son caractère fort, son humour. C’est un personnage solaire qu’on ne peut que aimer. Il met pas mal d’ambiance dans le récit, par rapport aux caractères de Daisy et Erik qui sont plus réservés.

L’écriture est assez fluide, percutante. On visualise très bien les scènes, comme le montre celle de la fusillade. les personnages sont aussi très bien décrits, avec chacun un caractère qui le définit. Le style de l’auteure va à l’essentiel. J’ai juste trouvé dommage qu’il y ait pas mal d’ellipses, à cause du fait que l’histoire se déroule sur des années, et du fait que, à certains moments, je ne sache pas à quelle période je me trouvais, si une année ou seulement c’étaient passés depuis le dernier paragraphe. En fait, c’est sans doute le seul défaut de ce roman, sa chronologie parfois hasardeuse. J’aime être capable de me situer dans le temps en lisant, et là j’ai eu un peu de mal. Mais c’est le seul défaut, parce que le roman est très bien écrit, et il se lit très bien.

En vérité, ce roman est très belle découverte. Je ne suis pas du tout déçue de l’avoir lue, j’en suis même très contente, car le livre correspond à mes attentes. Je lirais même avec joie le tome 2, qui sera concentrée sur l’histoire de Daisy, sur sa vision des événements. Néanmoins, je ne conseille pas ce roman aux âmes sensibles, à cause de la scène de la fusillade et de ce qu’elle engendre. On parle notamment de drogue, de vraie descente aux Enfers. Cela pourrait gêner certains lecteurs. Mais si vous aimez les histoires d’amour, si vous voulez savoir ce qu’il se passe après qu’un couple se soit construit, savoir que ce dernier peut survivre si on se bat pour, ce roman est fait pour vous. Il change des romances ordinaires et montre qu’un couple se construit aussi à travers les épreuves qu’il traverse, qu’il faut savoir le défendre, ne pas baisser les bras. C’est aussi une histoire de rédemption qui devrait vous convaincre. C’est une très belle histoire d’amour et de pardon. Ce roman mérite d’être connu, d’être lu. C’est avec plaisir que je pourrais le lire une nouvelle fois.

Et vous ?

Vous aimez les histoires d’amour différentes ?

Celles qui montrent que tout n’est pas rose, où il faut se battre ?

Sinon, qu’avez-vous lu dernièrement ?

Bonne semaine à tous 🙂

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