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Boulevard des solitudes

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Bonjour les amis. Oui, j’avoue, c’est un peu n’importe quoi sur le blog en ce moment. Les articles sont un peu tous décalés. Moi qui pensais que les vacances m’aideraient à m’organiser, et même que les travaux dans ma résidence me permettraient enfin de pouvoir planifier tous les articles que je dois écrire, je suis complètement en retard sur tout. J’avoue que j’ai pas mal d’inspiration en ce moment, et donc quand je ne suis pas en train de lire les livres que je dois lire pour la semaine livresque, je suis en train d’avancer dans ma nouvelle histoire, Te Retrouver, donc je vous ai parlé la semaine dernière. Ceci fait donc que le blog en pâti un peu.

Enfin, je vais tout de même réussir à vous parler de ce roman que j’ai terminé il y a deux semaines maintenant. Il s’agit d’un roman découvert dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition Mix, dont vous pouvez retrouver toutes les parutions sur leur site internet. N’hésitez pas à aller regarder, ils ont de jolies sorties qui me tente beaucoup. Pour eux, j’ai donc lu un roman paru en  et écrit par Alessia Dan et Paula Stefan. C’est une œuvre en duo. Je tiens à vous préciser tout de suite que nous allons parler d’amour dans ce roman. Voici son résumé :

Lancé à toute allure sur sa moto, Olivier manque de renverser Laurent et chute. Lorsque ce garçon trop blond aux yeux trop bleus l’aide à se relever, Olivier sait déjà que sa vie vient de se jouer sur un coup de frein. Pour Laurent, fuyant le domicile familial et l’indifférence paternelle, les choses sont moins évidentes.

Le temps d’un été perdu au cœur des années 70, ballottés par une société en plein bouleversement, les deux garçons vont se croiser, apprendre à s’aimer, à se déchirer, à se retrouver. À dire adieu à l’enfance pour devenir des hommes avec l’azur de la Méditerranée pour seul témoin.

L’histoire se passe donc dans en 1970, donc un peu après la libération sexuelle des années 60, mais à une époque où la femme se doit encore de rester à la maison et où les enfants ne peuvent pas encore décider de leurs vies. Les crises d’adolescences n’existent pas, les jeunes gens sont soumis à leurs parents. L’homosexualité est une tare à guérir, d’ailleurs on peut être arrêté pour cela et envoyés en hôpital psychiatrique. C’est dans cette atmosphère que Laurent, jeune homme de seize ans, décide de se rebeller face à l’autorité parentale et de s’enfuir sur la Côte d’Azur. Là-bas, il va faire la connaissance d’Oliver, jeune homosexuel qui s’est lui aussi enfuie de chez lui après que son père ait découvert ce qu’il était, mais aussi d’Alexia, une femme entretenue par un homme marié, de Luce, la sœur d’Oliver qui rêve de trouver un garçon riche à épouser, et Laurent va apprendre, grâce à toutes ces personnes l’amour, mais aussi l’indépendance. Toute cette histoire va aussi lui permettre de découvrir son père, et ce qu’il veut de la vie. Nous sommes face à un roman initiatique, d’apprentissage.

J’ai apprécié tout le décor, tout ce qu’il y a autour de cette histoire. En effet, nous sommes dans les années 1970, et l’homosexualité n’est pas du tout tolérée. C’est une époque de transition, entre la liberté des années 60 et l’ancien monde, celui où les parents décident pour leurs enfants. On sent ainsi que quelque chose est en train de se passer, que le monde est en train de se transformer. On parle de crise de l’adolescence, de laisser vivre les enfants. Laurent, pour ouvrir les yeux à son père sur ce qu’il est en train de vivre, son enferment dans un monde qu’il ne veut pas être le sien, n’a pas d’autre choix que de fuguer, que de se rebeller contre cette autorité qui l’empêche d’exister. Mais ceci va lui être bénéfique, car son père va enfin s’intéresser et comprendre cet enfant qui devient adulte. J’ai donc trouver que la période a laquelle se passait cette histoire était très importante, bénéfique, à cette histoire. Elle n’aurait pas le même impact si elle se passait de nos jours. Ici, on a le sentiment qu’il y a presque un message militant, un message qui marche encore à notre époque, car finalement, avons-nous réellement évolué depuis ces années-là ? Bien que les adolescents soient reconnus comme rebelles, ils n’en sont pas moins pas écoutés, et ont peut-être même moins de liberté que Laurent n’aura pendant ce fameux été. J’ai aussi apprécié le fait que l’histoire se passe dans le Sud. Cela permet encore plus de se sentir en été, de vouloir avoir le soleil sur sa peau.

  • Ne minimise pas la situation ! Les adultes sont bien souvent concernés par ce que deviennent leurs enfants.
  • Ce n’est quand même pas de la faute de ton père si tu es gay ni la faute du mien si je marche sur tes traces.
  • Qu’en sais-tu ? Bien sûr, ce n’est pas de sa faute si je suis gay, mais c’est de sa faute si j’ai dû assumer seul, sans regarder aux moyens que j’utilisais. De sa faute encore si j’ai quitté la maison. Il ne m’a jamais regardé comme je suis, il avait une idée bien arrêtée sur ce que doit être un homme et donc de ce que je devais devenir. Pour les gens qui ont une telle optique de l’être humain, se révéler différent, c’est commettre un véritable crime. Ce que je dis, ce que je pense, ce que je ressens, tout le monde s’en fout. Pour eux, tu dis « gay » et ils pensent sexe, rien de plus, à croire que tu n’es qu’un phallus géant sans rien autour. Non, pour être normal, je doit être hétéro et pas autre chose. Qui en a décidé ainsi ? Je n’en sais rien et eux non plus d’ailleurs, mais qu’importe ! Naître noir au milieu de moutons blancs, c’est tellement condamnable qu’on est voué au mépris. Au départ, je ne voulais qu’un peu d’aide, un peu d’amour, de compréhension, mais pour avoir tout cela, il faudrait que les autres me regardent avec indulgence, et non avec les yeux d’un juge.

L’histoire se découpe en fait en deux parties, la première qui concerne la fuite de Laurent et sa rencontre avec Olivier et Alexia, et la seconde se passe des années plus tard, alors que Laurent est adulte et termine ses études. Ces deux parties sont nécessaires car elles permettent de mettre en lumière les changements survenues chez le garçon, la manière dont il a évolué, mais aussi de terminer l’histoire qui ne se limite donc pas à ce seul été. J’ai trouvé ça intéressant de pouvoir suivre l’évolution de nos héros quelques années plus tard, voir ce que cet été avait apporté à chacun. Cela permet de bien clore l’histoire.

J’ai aimé la longue évolution de Laurent, qui passe d’un adolescent un peu rebelle, mais finalement assez mou, sans ambition et sans rêve, à un adulte responsable qui sait un peu plus ce qu’il veut. Certes, il y a des moments où j’aurais aimé qu’il se bouge plus, qu’il affronte bien plus la réalité, mais il finit par le faire en quittant Alexia et Olivier pour prendre sa vie en main et se débrouiller. J’ai par contre eu l’impression qu’avec la fin de l’été, il avait un peu perdu cette attitude et que dans la deuxième partie du roman, il est retombé dans ses travers, même s’il assume plus ce qu’il est. C’est aussi très intéressant de voir la manière dont ses sentiments évoluent. Il est en effet un jeune de son époque, qui est persuadé que sa vie ne peut se faire qu’avec une femme, et lorsqu’il apprend qu’Oliver, qu’il ne connaît pas encore beaucoup, a des sentiments pour lui, il ne peut que fuir. L’amour avec un homme lui semble être quelque chose de dégoutant et d’affreux. Il se fond alors dans les bras d’Alexia, qui lui fait découvrir l’amour avec une femme. Pourtant, peu à peu, il se rend compte que cela ne lui suffit pas. Son regard sur les autres changent, sur la vie en elle-même. Le fils de riche qu’il est découvre la misère et la prostitution que doivent faire ses deux nouveaux amis pour vivre. Il change aussi de regard sur son père, avec qui il a une relation extrême, qu’il déteste. Ils vont, grâce à cet été, se découvrir pour enfin construire quelque chose. Laurent va donc peu à peu s’accepter, et accepter les autres, même si ce chemin sera semé d’embûches.

  • Non, ne pars pas ! j’ai besoin de toi, Laurent ! Je t’aime !

L’adolescent, du fait de son désespoir, avait haussé le ton, ce qui eut pour effet de faire monter le rouge au visage de Laurent. Honteux, il regarda autour de lui ce que les convives avaient bien pu saisir de leur conversation. Certains avaient un sourire amusé, d’autres continuaient de manger, indifférents.

  • Parle plus bas. Je ne veux pas passer pour ce que je ne suis pas.

Furibond, il retira sa main de celle d’Olivier.

La présence d’Alexia dans le roman permet d’apporter un peu de fraîcheur. Bien qu’elle soit la jeune femme principale dans ce récit, elle apporte la joie de vivre et l’optimisme nécessaire. Elle est quasiment tout le temps de bonne humeur, et surtout de bons conseils. C’est grâce à elle que l’évolution de Laurent pourra se faire. Elle est à la fois son amante et la figure maternelle qui lui manque. En fait, je me suis aussi vite attachée qu’elle s’attache à Laurent. J’ai aimé ses coups de sang, mais aussi sa manière de voir le monde.

A l’autre bout de l’appartement, Alexia chantonnait. Elle était heureuse qu’il lui soit revenu. Elle ne cherchait pas vraiment à analyser les sentiments qui l’habitaient lorsqu’elle songeait à Laurent. Des hommes dans sa vie, il y en avait eu quelques-uns, mais aucun ne lui avait inspiré cette tendresse, ce désir profond de l’avoir entier pour elle. Pourtant, ce n’était pas de l’amour ni une irrésistible attirance sexuelle. Non, c’était autre chose, quelque chose de plus profond, de plus viscéral. Cet amour qu’elle ressentait pour lui prenait ses racines au plus profond de ses entrailles, dans les méandres les plus reculés de son cerveau, dans ce désir inassouvi de maternité. C’était là, la raison de sa réaction de tout à l’heure, lorsqu’il avait mis sans le vouloir son doigt sur sa blessure à elle.

Quand au personnage d’Oliver, j’ai eu plus de mal à m’attacher à lui. Il est certes sympathique et il vit des choses pas simples qui l’obligent lui aussi à fuir de chez lui, mais à mon sens, il est le personnage qui change le moins au cours de cette histoire, alors qu’il perd beaucoup lui aussi durant cette aventure. En fait, comme c’est le personnage qui est le plus sur de lui, qui sait ce qu’il veut et ce qu’il est, un homosexuel, il ne se remet pas en question, ce qui par moment aurait été bien, pour lui et pour Laurent. Il a trop tendance à foncer dans le mur et cela m’a un peu énervé.

Dans l’ensemble, j’ai donc apprécié ce roman. Il m’a fait passer un bon moment et m’a fait voyagé, aussi bien dans l’espace que dans le temps. C’est une bonne histoire que nous livre les auteurs, et elle est très bien écrite. Je pense même qu’il est important de la lire car elle nous livre un autre côté de l’homosexualité, celui où il est tellement difficile de s’accepter que la prostitution devient le seul moyen pour vivre sa sexualité. Comme je l’ai dit au début, ce roman a un côté militant qui m’a plu. Même si de mon côté de ce n’est pas un coup de cœur, à cause de certaines réactions des personnages qui m’ont agacées, il n’en reste pas moins que c’est une lecture que je vous conseille vivement.

Et vous ?

Quelle est votre dernière lecture ?

Qu’en avez-vous pensé ?

Bonne semaine à tous 🙂

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