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Tout est une question de choix 1 – Etre ce que l’on attend

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Bonjour à tous. Je vous retrouve enfin pour la première chronique littéraire de cette nouvelle année. Et celle-ci donne bien, parce qu’elle concerne justement mon premier coup de cœur de l’année. Et oui, ce fut ma première lecture de 2017 et le premier roman que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher tellement j’étais bien avec les personnages et intégrée dans l’histoire. Mais nous verrons cela plus tard, au fur et à mesure de la chronique. Ce roman, je l’ai obtenu l’année dernière dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition MxM Bookmark, dont j’ai d’ailleurs chroniqué déjà deux de leurs romans sur le blog. Je les remercie beaucoup pour ce service presse. Comme pour les romans précédents il s’agit aussi ici d’une romance, mais d’une romance entre deux hommes, donc une romance M/M. Ce roman, je vous en ai déjà parlé sur le blog, puisqu’il était dans ma liste pour la semaine à lire. Il s’agit du premier tome d’une duologie qui s’intitule Tout est une question de choix. Le titre du tome dont je vais vous parler est Etre ce que l’on attend. Son auteur est Ness Ivanek, c’est un Français. Ce premier tome est sorti en juin 2016. Voici son résumé :

Nos choix définissent qui nous sommes et la vie que nous mènerons.
C’est une leçon que Vincent, 18 ans, n’a pas encore apprise. Jusqu’ici, il a toujours suivi les décisions que ses parents ont prises pour lui. A l’aube de l’âge adulte, il découvre sa sexualité dans les bras de Fabien, crée de nouvelles amitiés et cherche à se découvrir lui-même tout en essayant de correspondre à ce que l’on attend de lui.
Sa rencontre avec Tony bouleverse son quotidien et ses certitudes. Ce dernier l’entraîne dans son monde, où vivre pour soi-même, suivre ses envies et passions, atteindre ses propres buts ne sont pas que des concepts mais bien une philosophie de vie.
Au gré de ses choix, Vincent doit faire le tri entre les attentes de ses parents, ses peurs, ses préjugés, ses principes et ceux des autres afin de découvrir qui il est et ce qu’il veut vraiment. En évitant si possible d’y perdre son cœur.

Nous suivons donc l’histoire de Vincent, un jeune garçon de 18 ans qui, au début de l’histoire, est encore au lycée. Toute l’histoire est racontée du point de vue de Vincent. D’ailleurs, je dirais que le roman se découpe en deux parties inégales en taille, dont la première concerne la relation de Vincent et Fabien au lycée, puis l’entrée de Vincent à l’université, et donc dans le monde des adultes. Mais lorsque l’histoire commence, Vincent se met tout juste à sortir avec Fabien, un garçon  de sa classe de Terminale L. Nous sommes à quelques semaines du bac, et les deux garçons vont vivre leurs premiers ébats ensemble, se découvrir et découvrir aussi ce qu’est l’amour. Puis, vint le bac, les vacances d’été, l’inscription dans les facs pour les deux amoureux, où Fabien décide de remonter sur Paris d’où il est originaire et Vincent d’aller sur Toulouse, lui qui vint de Carcassonne. Nos deux héros sont donc séparés et vont devoir vivre leur relation à distance. Au même moment, Vincent fait la rencontre d’Antonio, un garçon très connu sur le campus car il est surnommé « l’annuaire » parce qu’il connaît tout le monde, et qu’il a entraîné beaucoup de personnes dans son lit, dont un prof et des personnes hétéros. Personne ne semble lui résister. Et il fait de Vincent sa cible, le mettant au défi de l’embrasser, puis de lui apprendre la vie. Seulement, Vincent ne se laisse pas faire puisqu’il est fidèle à Fabien. Il passe alors un pacte avec Antonio : pendant une semaine, il va le suivre, participer à sa vie et en échange, ce dernier arrête toutes tentatives pour le mettre dans son lit. Evidemment, rien ne va se passer comme prévu. Vincent arrivera-t-il à échapper à Antonio ? La réponse se trouve dans le roman.

Alors, je dois dire que j’ai été séduite par cette histoire, et par la plume de l’auteure, dès l’introduction. Cette dernière démarre en effet sur quelques réflexions sur la vie et sur le fait qu’on dépend beaucoup des autres, notamment du regard qu’ils portent sur nous. C’est une réflexion assez philosophique sur la manière dont nos existences sont conditionnées par le rapport que nous avons avec autrui. Même si nous nous croyons libres, les autres nous jugent en permanence et nous réagissons par rapport à cela. La bonne manière serait de s’en moquer, mais peu y arrive. J’ai trouvé que c’était une super belle manière de commencer l’histoire. A travers cette introduction, on en apprend plus sur le personnage de Vincent qui, comme beaucoup d’adolescents, et encore plus homosexuels, est mal dans sa peau et voudrait être libre de toutes les contraintes imposées par les autres, la société, la famille. Il voudrait être lui-même. Cette introduction est aussi une manière de résumer une partie du livre, puisque Vincent se laisse manipuler facilement, le regard des autres est très important pour lui, alors qu’Antonio fait tout l’inverse et vit comme Vincent aimerait vivre s’il était plus libre. Antonio ne se laisse manipuler par rien ni personne, il vit seulement comment il a envie de vivre.

C’est une chose que peu d’entre nous savent faire. On se laisse manipuler par les médias, tels que la publicité : « Achetez ce soda, il vous rendra cool ! », « Avec une belle voiture », vous emballerez toutes les filles ! « , « Sans ce wonderbra, vous êtes invisibles ! », « Sans ces chaussures à deux cents euros, tu ne vaux rien. », « Si tu es un mec et que tu aimes Britney Spears, alors tu es forcément homo », ou encore les informations… « Les jeunes d’aujourd’hui sont de plus en plus violents, de plus en plus tôt. La faute à Marilyn Manson et aux jeux vidéos. », « L’Insécurité règne dans nos cités. Les arabes sont tous des voleurs. », « Le milieu homosexuel est totalement dépravé. »….

On se laisse manipuler par les mœurs : « Tu portes un appareil dentaire et des lunettes? Alors tu es le parfait bouc émissaire. », « Tu ne peux pas porter une jupe, puisque tu es un mec ! », « Tu es blonde, tu es conne. », « Mini-jupe ? T’es une pute. », « Si t’es pédé, tu mourras du SIDA. »…

Et surtout, on se laisse manipuler par nos parents: « Non, tu ne sors pas ce soir. », « Hors de question que tu deviennes acteur, tu seras médecin ! « , « Range ta chambre. », « Fais tes devoirs. », « Je ne veux pas que tu fréquentes ce garçon. », « Ne regarde pas ce film, c’est trop violent ! », « Non, mon fils ne sera jamais un pédé ! »…

Pour quoi vit-on ? Pour vivre selon les autres, ou selon nos envies, nos goûts, nos capacités, notre ambition, nos amours et nos plaisirs ?

Alors, je disais plus haut que le roman se découpait en deux parties : celle au lycée et celle à l’université. De cette manière, on suit la façon dont les sentiments de Vincent évoluent, ainsi que sa manière de voir la vie. On le suit aussi dans sa découverte sexuelle, avec sa première fois avec Fabien. Ce que j’ai vraiment aimé avec ce fait, c’est l’aspect pédagogique qui ressort, à mon sens, des expériences qu’il fait. Ce qui est intéressant, c’est l’aspect inexpérimenté qu’à Vincent, ce qui permet à des jeunes comme lui, qu’ils soient hétéro ou homo, de se retrouver dans son personnage. On rappelle ainsi que les rapports doivent être protégés, pour éviter de flipper sur les maladies sexuellement transmises, ou que le fait d’être dans une boîte de nuit complètement bourré peut aboutir à des désastres si on se met à suivre des inconnus. Vincent est une brebis égarée, comme beaucoup de jeunes étudiants, qui découvre la ville, les boîtes de nuit, la fac, l’alcool, le sexe. En fait, heureusement qu’il tombe sur Antonio, qui va se montrer protecteur envers lui, lui évitant ainsi des situations gênantes, voire dangereuses.

En vérité, l’histoire est surtout centrée sur la manipulation que tente d’instaurer Antonio sur Vincent. Avec lui, c’est l’affrontement entre deux modes de vie qui s’exerce. Antiono est persuadé que l’amour n’existe pas, que tout n’est qu’une question de sexe, et que la fidélité ou le couple ne sont que des annihilations qui pervertissent les hommes et les femmes. Vincent lui est dans l’effet inverse, il est très romantique et est persuadé que Fabien est l’homme de sa vie. Antonio tente donc de lui démontrer que ce qu’il croit vivre est faux, qu’il se leurre, et qu’il doit expérimenter et vivre, comme tous jeunes de son âge. Peu à peu, il va démontrer à Vincent qu’il doit se dérider et profiter de sa jeunesse, et qu’une relation à distance ne peut pas fonctionner, qu’à son âge, son corps à des besoins essentiels auxquels il ne sert à rien de résister, à part à devenir fou. Du coup, même si on n’est pas forcément d’accord avec la vision de la vie d’Antonio, on se laisse tout de même facilement prendre au jeu qu’il instaure avec Vincent, car il lui montre plein de bons côtés de la vie auxquels Vincent sera passé à côté sans cela. C’est vraiment un jeu du chat et la souris où l’un comme l’autre tente de pousser l’autre dans ses retranchements et le convertir à sa vision de la vie.

  • L’amour ? ricana-t-il. Ca n’existe pas. Ce n’est qu’une illusion. Les gens croient être amoureux, ils sont justes devenus de pauvres larves incapables de mener leur vie comme ils l’entendent, forcés d’être avec l’autre crétin que leur cœur a prétendument choisi pour pouvoir survivre. L’amour, c’est la faiblesse, c’est un choix délibéré de devenir un pauvre con. Et plus tard, ce n’est qu’une habitude qu’on prend, et qui nous force à rester en couple. Quant à la fidélité, c’est de la bêtise. Pourquoi se priver d’aller voir ailleurs quand on en a envie ? Pourquoi se brider, s’empêcher de vivre vraiment ? La vie est trop courte pour ce piège idiot. Il n’y a que le sexe qui est vrai, pur, sans prise de tête et sans mensonge.

(…)

  • Un jour, tu ne me supplieras plus de te lâcher, mais plutôt de continuer.
  • Ce n’est pas demain la veille.
  • Mais ça viendra plus vite que tu crois.

En ce qui concerne les personnages, je les ai trouvé tous attachants. Dans la première partie, celle sur Fabien et Vincent, on ressent bien tout l’amour que ce dernier a pour lui. Et même si tout est décrit du point de vue de Vincent, on a tout de même l’impression que ses sentiments sont partagés. Le couple nous donne un sentiment d’être trop mignons. On a envie de les protéger, puisqu’ils vivent dans la clandestinité, Vincent ayant peur de tout avouer à ses parents ou ses amis. Seulement, j’ai eu le sentiment que tout change avec l’inscription en fac, et que Fabien s’éloigne un peu. Il y a aussi la scène de leur première fois, où on a l’impression que Fabien ne fait pas attention à Vincent et ne fait qu’assouvir son propre plaisir. J’avoue avec eu un peu de mal avec lui à partir de ce moment-là, parce qu’on voit Vincent tout faire pour lui faire plaisir en s’oubliant lui-même. Du coup, on prend assez vite le parti de Vincent qui, comme je faisais tout à l’heure la comparaison, ressemble à une brebis égarée qu’on a envie d’aider. Il a un vrai cœur d’artichaut, et il a réussi à de nombreuses reprises à m’attendrir, que ce soient par ses réactions ou ses sentiments. Quant à Antonio, il a vraiment tout du mauvais garçon qu’on a envie de détester. D’ailleurs, dès le début, il se comporte ma avec Vincent, n’hésitant pas à le bousculer. Il paraît vraiment antipathique. Et sa conception de la vie est assez étrange, voir déstabilisante pour quelqu’un comme moi, qui ressemble beaucoup plus à Vincent. Mais peu à peu, on apprend à le connaître, et je comprends pourquoi Vincent se laisse tenter, même si parfois on a aussi envie de lui en coller une. C’est un personnage haut en couleur qui nous fait réfléchir, mais qui aussi peut être agaçant, comme dans la vraie vie.

  • Suivant ! appelle une des personnes de l’administration à l’intérieur.

Je soufflerais presque un soupir de soulagement, ravi de pouvoir éviter l’approche déterminée de ce type dont j’ai l’impression de m’être fait un ennemi sans vraiment savoir comment. Mais alors que je lève un pied pour avancer dans la salle, une main se pose fermement sur mon torse pour me retenir et le motard me passe tout bonnement devant, sans un regard ni un mot.

  • Hey ! C’est à notre tour ! s’exclame aussitôt Fabien.

Son sens de la justice est craquant… mais pas quand on risque on coup de poing ! Le motard ne se retourne même pas pour nous faire face et se dirige vers la table de l’employé libre de la fac. Ce dernier hésite une seconde mais un de ses collègues se voit libéré au même instant et il nous le désigne avant d’étudier le cas de ce sans-gêne.

Fabien est limite fou de rage, moi je suis mal à l’aise quand on s’avance vers l’autre employé. Je luis confie mon dossier et je tourne un regard discret vers le motard se trouvant à un mètre de là.

  • Répétez-moi votre nom, s’il-vous-plaît ? lui demande l’employé administratif en consultant ses listes.
  • Macci. Antonio Macci.

Je vais finir cette longue chronique par vous parler de la plume de l’auteur. Elle est très fluide, efficace, elle retransmet bien les émotions, les actions, la vie courante d’un étudiant, d’un amoureux, etc. Même les scènes plus osées sont bien décrites, pas gênantes, elles sont bien dosées et sympas à lire. En lisant ce roman, j’ai eu l’impression de regarder un film avec des acteurs devant moi, voir même par moment d’être revenue en arrière, à l’époque de la fac. Bon, le seul défaut, c’est que je me demande comment c’est possible que des étudiants aient encore des cours après des partiels, mais c’est le seul petit défaut que je pourrais trouver, et encore, ceci est peut-être crédible. J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce roman. J’aurais aimé pouvoir le lire d’affilé tellement j’étais bien dans l’histoire, avec les personnages, et à quel point le suspens est maîtrisé. On veut absolument savoir si Vincent va céder à Antonio, si son couple avec Fabien va tenir. D’ailleurs, je dois vous avouer que dès le roman terminé, j’ai entamé la suite, dont je vous parlerais bientôt. J’avais trop besoin de savoir ce qui allait suivre, de retrouver les personnages. Ce roman est un gros coup de cœur pour moi, je ne peux que vous le conseiller. Je pense qu’il peut aider les jeunes adolescents ou jeunes adultes qui s’apprêtent à entrer à la fac ou qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle. Ce roman est vraiment très bien fait, je pourrais vous en parler, mais cette chronique est déjà assez  longue. Je ne peux donc vous donner qu’un dernier conseil : aller le lire.

Et vous ?

Quelle a été votre première lecture de l’année ?

Est-ce un coup de cœur ?

Vous lisez beaucoup de romance ?

Cela vous arrive-t-il de lire des romances gays ?

Bon dimanche à tous 🙂

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Une réflexion au sujet de « Tout est une question de choix 1 – Etre ce que l’on attend »

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