chroniques littéraires·Mon monde·partenariat

Les arcanes du temps

nantes-20161105-00725

Bonjour tout le monde. Aujourd’hui, je vous propose, non pas une chronique littéraire sur un roman autoédité, bien que nous soyons jeudi, mais une chronique qui aurait dû paraître mardi et que je n’ai pas pu poster suite à un changement de programme au travail. Cet après-midi, je vais donc vous parler de ce roman dont j’aurai dû vous parler plus tôt dans la semaine. Il s’agit d’un roman de science-fiction qui parle de voyage dans le temps. Vu le titre, on devine en effet assez vite son sujet. Il s’agit d’un livre que j’ai lu dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Rebelle, avec qui le blog est maintenant partenaire. Ce roman est sorti en 2014. Il a été écrit par Lionel Behra. Je remercie la maison d’édition pour m’en avoir envoyé un exemplaire papier. Voici le résumé de cette histoire :

Et si les voix que Jeanne d’Arc prétendait entendre n’étaient pas d’origine divine et que la réalité se révélait plus stupéfiante encore ? Et si une technologie de voyage intertemporel permettait d’agir sur le passé pour modifier le présent ?

Après de multiples aventures, Khéléan va découvrir que notre Histoire n’est que le fruit d’une incroyable machination.

L’histoire commence avec Khéléan, son meilleure ami Maxime, sa petite sœur Alexia, et leur cousine Auriane. Les quatre adolescents, Alexia étant la plus jeune avec seulement ses 12 ans, font leur jeu annuel dans les bois qui entourent leur village. Ce jeu consiste en une gigantesque chasse à l’homme. Khéléan, pour empêcher sa cousine de le trouver, décide de se faufiler dans une propriété privée située dans ces bois. Il ne se contente pas de rester dans le parc, il va jusqu’à se faufiler dans le salon de ce manoir. Or, caché là, il assiste à un spectacle étrange : un homme, un anglais, demande à deux autres hommes de se téléporter en 1428, afin de tuer Jeanne d’Arc. Mais Khéléan est découvert, et il se retrouve lui contraint de partir en 1425. Seulement, le bracelet qui l’a emmené en plein Moyen-Age n’a pas de possibilité de revenir à son époque. Khéléan est bloqué dans le passé. Enfin, ce serait le cas si Jonathan, un orphelin de son âge, n’avait pas reçu de la part de ses ancêtres la délicate mission de veiller sur la vie de Jeanne d’Arc. Jonathan a en sa possession une lettre, transmise de génération en génération dans sa famille, de Khéléan lui-même lui expliquant la situation, et la date de son transfert dans le passé. Jonathan n’a plus qu’à voler un bracelet temporel à l’anglais pour rejoindre Khéléan et empêcher le meurtre de la Pucelle. Pour cela, il va entraîner Auriane, Maxime et Alexia dans son voayge. Les amis tous réunis vont alors tout faire pour protéger Jeanne d’Arc, et se faire aussi des amis en chemin, et des ennemis. Ils vont aussi faire quelques bonds dans le temps et convaincre Jeanne de mener à bien sa mission.

En fait, dans ce roman, on n’a pas un seul voyage dans le temps, mais une multitude, si bien qu’à certains moments, on a du mal à savoir à quelle époque on est, et qui se transfère. En effet, nous avons d’abord le voyage des deux tueurs engagés pour tuer Jeanne d’Arc en 1428. Puis, il y a celui de Khéléan, transporté dans le passé, en 1425. Jonathan, Auriane, Alexia et Maxime le suivent à un intervalle de trois semaines déroulées dans le passé. Ils vont ensuite se transporter en 1428, l’année où Jeanne d’Arc doit approcher le Dauphin, futur roi de France, pour la première fois, afin de la protéger des deux tueurs. L’anglais se téléporte lui aussi en 1428. Puis, tout le monde, ou presque, revient dans le présent. On est donc en permanence ballotté entre ce qu’il se passe dans le présent, et ce qu’il se passe dans le passé, mais pas seulement un passé, mais deux, celui de 1425 et celui de 1428. Et entre temps, on sait aussi qu’un mystérieux homme est venu cacher quelque chose dans l’un des deux passés. On s’y perd donc un peu par moment.

Puisque je viens de vous parler d’un des points qui m’a un peu gêné dans ce récit, celui de la multitude de voyage, je vais à présent vous parler d’un autre qui m’a un peu perturbé. Il s’agit de la manière dont le récit est construit. Je ne pense pas que l’auteur de ce récit écrit mal, parce que dans l’ensemble j’ai aimé sa plume, mais il y a des moments où on est perdu, et où on doit aller relire certains passages. Il y a ainsi des paragraphes que j’ai dus relire plusieurs fois pour être certaine d’avoir compris. Entre ça et les chapitres qui ne suivent pas forcément, où on a des retours sur l’histoire vu à un moment différent par un personnage différent, on est vite perdu. En effet, alors que Khéléan est dans le passé, en 1425, on a aussi le récit de sa recherche par Alexia, Maxime et Auriane, mais aussi celui de l’anglais, et celui de Jonathan. C’est un peu compliqué de s’y retrouver. Le gros défaut de ce roman est donc pour moi le fait que le texte ne coule pas tout seul. Il n’est pas fluide, et moi cela m’a assez gêné. Je n’aime pas revenir lire des paragraphes pour comprendre toutes les conséquences d’une action. De plus, ici, le voyage dans le temps est assez complexe, il y a des conséquences importantes qu’il faut comprendre pour saisir les choix des personnages.

  • Il est possible de quitter 1425 pour une autre année que 2011. (…) Tu as écrit qu’on ne peut pas dépasser de plus de quelques secondes le moment du départ initial. Rien ne nous empêche de fixer une date antérieure à celui-ci.
  • Mais si je rentre la veille de notre transfert, je pourrais me prévenir moi-même de ne pas m’introduire dans la propriété de Blackrow. C’est-à-dire qu’en un instant T, je pourrais exister en double, voire en triple ou en quadruple, si je renouvelais l’expérience ? demandai-je, intrigué.
  • Je ne pense pas que les bracelets le permettent, admit Jonathan. Exister en plusieurs exemplaires à une même époque pourrait créer des paradoxes aux conséquences inconnues. Mais le problème ne se pose pas en ces termes. Lorsque je mentionnais une date antérieure, je n’évoquais pas une antériorité de quelques minutes ou de quelques jours. Il est, en effet, strictement impossible que vous retourniez au XXIe siècle. (…) Parce que, dans ce cas, Blackrow n’aurait jamais abattu l’homme au tatouage de serpent pour nous remettre les bracelets.

(…)

  • Mais nous les avons, ces bracelets, puisque nous sommes venus avec !
  • Oui, nous les avons déjà reçus. Mais Blackrow ne nous les a pas encore donnés !

Par contre, ce sont les seuls défauts que j’ai trouvé à ce roman. L’histoire est en effet très intéressante. J’aime l’idée que Jeanne d’Arc ne doit sa passion et sa ferveur que parce qu’elle a été manipulée par des voyageurs du futur. Car c’est ce qui se passe ici. La théorie du roman est que sans l’intervention de Jonathan et des autres, jamais Jeanne d’Arc n’aurait eu l’idée d’aller sauver la France de l’envahisseur anglais. C’est parce qu’elle est une figure de l’Histoire de France qu’elle est connue de Jonathan et des autres, mais ce sont eux qui font d’elle cette figure de l’Histoire. L’Histoire s’écrit grâce au voyage de nos cinq héros. En allant dans le passé, les cinq adolescents permettent au futur de continuer à exister puisqu’ils sauvent Jeanne. Ce que j’ai apprécié aussi, ce sont les choix des personnages face à Jeanne, notamment celui de Khéléan, tombé sous le charme de la jeune fille, qu’il doit abandonné à son sort funeste, celui d’être brûlée vive quelques années plus tard. On a là droit à un choix de conscience, faut-il avouer la vérité à Jeanne ou laisser l’Histoire s’écrire ? C’est l’une des choses qu’on retrouve facilement dans un tel voyage temporel, celui de laisser les choses telles qu’on les connaît ou sauver une personne qu’on a appris à apprécier. J’ai aimé la réaction de Jeanne face à son destin.

  • Jeanne, il faut que je te dise….

Elle posa la main sur ma bouche pour m’empêcher de continuer.

  • Non, je t’en supplie. N’en dis pas plus. J’ai compris, tu sais.
  • Mais on peut l’en empêcher.
  • Je dois faire ce que Dieu veut que je fasse. Si Jonathan, toi et tes amis êtes venus jusqu’à moi, c’est parce que je vais réussir ce qui semble impossible. Vous me connaissez parce que je suis entrée dans l’Histoire. Et comment la renommée d’une pauvre paysanne d’un village perdu de Lorraine aurait-elle pu traverser les siècles si elle n’avait pas accompli des exploits incroyables ? Tant pis si, à la fin, les choses tournent mal pour moi. Ma vie sera peut-être courte, mais elle sera riche. Riche de victoires et de passions, et riche aussi de souffrances et de larmes. Voilà ce que « vivre » signifie pour moi, Khéléan. Je ne veux pas que tu m’empêches de de devenir un personnage dont ma famille sera fière, et dont les générations futures se souviendront avec respect. Et, qui sait ? Peut-être que le Seigneur décidera de me sauver, malgré tout ce que tu crois savoir.

Justement, en parlant de Jeanne, c’est un personnage que j’ai aimé rencontrer et voir évoluer. Elle est encore jeune en 1425, et un peu naïve, apeurée aussi, et sa foi m’a par moment énervée, mais en 1428, elle a grandie et est devenue beaucoup plus mûre. Elle a pris conscience de son destin, du poids qui pèse sur ses épaules, mais aussi de ce que ses amis lui cachent. Elle n’est plus si naïve, et elle n’hésite plus à agir ou à prendre position. C’est une adolescente qui est entraînée et qui prend des décisions assez inattendues. Elle devient imprévisible, et j’ai aimé son amitié avec Jonathan, sur qui elle sait qu’elle peut compter. Elle donne envie d’en savoir plus sur elle, sur ce qu’elle a vécue à ce moment-là et après.

J’ai aussi beaucoup accroché avec le personnage de Jonathan. Il est lui aussi un personnage qui évolue beaucoup dans le roman. Au début de l’histoire, il est orphelin, sa famille étant tragiquement décédée dans un accident de voiture. Il ne vit plus que pour la mission que lui a légué son père sur son lit de mort, celle d’aller dans le passé pour protéger Jeanne. Il est guidé par ces derniers mots, toute sa vie est tournée vers ça. Avec cette aventure, il se découvre des amis, mais aussi une famille. Bloqué à son tour dans le temps, il va se laisser aller à l’amour et à la création d’une nouvelle vie. Il va beaucoup grandir, et suivre Jeanne. Lui qui avait beaucoup de réponse au début finit par perdre ses certitudes, et son arrogance. J’ai aimé son histoire triste et la manière dont il arrive à s’en sortir, à avancer. Le passé va lui permettre d’écrire son futur.

Jonathan avait toujours su qu’il resterait de 1425 à 1428 aux côtés de Jeanne pour la préparer à sa destinée. il avait toutefois préféré ne pas révéler cette information à ses compagnons de voyage. Ils n’auraient pas compris son ambition historique, et se seraient peut-être méfiés de lui, appréhendant le moment où il les laisserait repartir seuls vers le futur.

Pendant ces trois années de séparation avec ses contemporains, Jonathan avait surmonté plusieurs défis.

le premier d’entre eux avait consisté à faire croire à Jeanne que des voix divines lui ordonnaient de libérer la France des Anglais. Il avait pour cela projeté le film tourné avec l’aide de son ami Kévin, sur les murs de Notre Dame de Bermont.

De même, j’ai trouvé génial le personnage d’Halima. C’est une jeune femme forte qui va se révéler décisive tout au long de l’histoire, aussi bien au début en sauvant Khéléan qu’à la fin en formant Jeanne d’Arc au maniement des armes. Je ne sais pas si les femmes savaient vraiment se battre comme elle le fait au Moyen-Age, mais cela fait du bien d’avoir une autre figure féminie forte aux côtés de Jeanne. Halima permet au groupe de mener à bien leur mission. Son histoire personnel et ce qui lui arrive au cours du roman sont aussi très intéressantes.

En définitif, j’ai dans l’ensemble aimé lire cette histoire. Je l’ai trouvé très originale. Même si j’ai trouvé sa lecture ardue par moment, et que j’avais du mal à m’y remettre, j’ai tout de même était plongée dans cet univers du passé. J’ai apprécié les personnages et les très nombreux rebondissements. On ne s’ennuie jamais dans ce roman, jusqu’à la fin il y a des surprises. Je conseille néanmoins de s’accrocher à la lecture et de ne pas hésiter à la poursuivre, même si parfois on a envie de poser le roman. C’est un roman quand fait il ne faut pas poser, car sinon la reprise de sa lecture est plus compliquée. Il faudrait presque le lire d’affilé. C’est du moins l’impression que j’ai eu. Donc, si vous aimez les voyages dans le temps, n’hésitez pas à vous plonger dans cette histoire.

Et vous ?

Vous aimez les voyages dans le temps ?

Vous poursuivez votre lecture quand il y a des passages que vous avez du mal à saisir ?

Comment vous remotivez-vous pour terminer un roman ?

Bonne lecture à tous 😀

Publicités

3 réflexions au sujet de « Les arcanes du temps »

    1. Je comprends ^^ après c’est à double tranchant, il ne faut rien modifier pour éviter les paradoxes temporels 🙂 et ne pas y rester bloqués, sauf si on le veut bien, bien sûr 😀 Le futur peut être assez effrayant, je ne sais pas si j’aimerai le savoir à l’avance… Et j’aurai peur qu’on en fasse un mauvais usage 😦 Mais c’est vrai que ça pourrait quand même être chouette ^^
      Merci de ton commentaire 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s