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Le Musée des Monstres

 

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Bonjour les amis. Je reviens aujourd’hui, en ce mercredi ensoleillé mais glaciale, vous présenter une nouvelle chronique littéraire qui n’est guère de saison, puisque j’avais au début prévu de vous la présenter pour Halloween. En effet, dans ce roman dont je vais vous parler cet après-midi, il est question de monstres. Seulement, vu toutes les lectures qui s’accumulent dans ma pal depuis la rentrée, je n’ai pas pu vous en parler avant. Mais ceci n’est pas grave, puisqu’ainsi ce roman pourra peut-être se retrouver sur vos suggestions au Père Noël. Ce roman est un roman plutôt jeunesse qui plaira beaucoup aux enfants à partir de 10 ans. Non seulement il y est question de monstres, mais aussi de têtes réduites, de New York et de meurtres. Tout un cocktail garanti pour passer un bon moment. Ce roman, je l’ai lu dans le cadre d’un partenariat avec le site NetGalley et la maison d’édition Hachette jeunesse, dont je les remercie pour cet envoi. Il est paru cette année, et à été écrit par Lauren Oliver et H.C Chester, et les illustrations à l’intérieur, en plus de la couverture, sont de Benjamin Lacombe. Voici son résumé :

« Mesdames et messieurs, petits et grands, bienvenue au Musée des Horreurs de Dumfrey, venez découvrir ses curiosités en tout genre et autres bizarreries merveilleuses ! » Laissez-nous vous présenter Sam, le garçon le plus fort du monde, Philippa, la médium, Thomas, l’acrobate et assistant du magicien… Tous trois sont de jeunes orphelins qui ont grandi ensemble, heureux à l’abri des murs d’un étrange musée. Mais quand Max, lanceuse de couteaux, rejoint le groupe, une série de terribles évènements s’enchaînent. Suite à la mort d’une spectatrice lors d’une de leurs représentations, la ville accuse la tête réduite qui fait la fierté de Dumfrey d’être à l’origine d’une malédiction. Lorsque celle-ci disparaît, et que le musée se retrouve menacé de fermer, la bande des quatre orphelins extraordinaires décide de mener l’enquête… Leurs recherches vont les amener à croiser de dangereux individus et les entraîner au cœur de secrets sur leur propre passé…

L’histoire se passe donc à New York, pendant les années 30 je suppose, ou du moins entre les deux guerres mondiales. Sam, Philippa et Thomas vivent tranquillement au musée des Horreurs crée par Dumfrey, un homme qui les a recueilli lorsqu’ils étaient petits. A présent, ce sont trois adolescents ordinaires, si on met de côté leurs capacités extraordinaires qui font d’eux des artistes talentueux dans le musée, au milieu des autres artistes tout aussi incroyables. Ainsi, Thomas est un vrai élastique humain, Sam est l’enfant le plus fort au monde, et Philippa, dit Pippa, une future médium, qui pour l’instant se contente de lire dans l’esprit des gens ce qu’ils ont dans leurs poches. Tous les soirs, ils se produisent donc sur la scène du musée de Dumfrey. Tout va pour le mieux pour les trois adolescents âgés de 12 ans, jusqu’au jour où Dumfrey fait l’acquisition d’une tête réduite. Le jour de la présentation de cette fameuse tête, qui est sensé attirer pleins de monde au musée, Max fait une arrivé fracassante au musée. Cette jeune fille, de l’âge de Sam, Thomas et Philippa, est une lanceuse de couteau hors paire. C’est aussi une fille qui n’hésite pas à dire tout ce qu’elle dit. Or, ce fameux jour de son arrivée, une personne décède dans le public après avoir vu la tête réduite. Le lendemain, la tête est volée au musée, et les morts vont s’enchaîner. Nos quatre adolescents décident de mener l’enquête afin de retrouver cette tête, de sauver le musée et pourquoi pas arrêter un meurtrier. Ceci pourrait les mener jusqu’à leurs origines.

Nous sommes donc à la fois dans un roman fantastique, où les personnes ordinaires peuvent croiser des personnages extraordinaires tels que nos trois compères, mais aussi dans une enquête policière où les meurtres finissent assez par s’enchaîner. J’ai trouvé cela intéressant d’avoir le mélange des deux dans un roman jeunesse. On a parfois tendance à dire que les meurtres sont des choses qu’on ne trouve que dans les romans pour adultes, parce que ce sont des scènes qui peuvent être assez violentes et qu’il faut cacher cela aux enfants. Or ici, même la violence du crime n’est pas épargnée aux quatre héros. Ils n’enquêtent pas seulement sur des meurtres, ils croisent aussi les cadavres avant leurs découvertes, ils sont dès le début confrontés à la mort et à sa mise en scène. J’aime beaucoup cette idée comme quoi il ne faut rien cacher aux enfants, et qu’après tout ceci fait aussi partie de la vie. J’ai trouvé intéressant le parti pris par l’auteur, et j’aurais adoré lire un livre tel que celui-ci quand j’étais bien plus jeune.

Un feu brûlait joyeusement dans la cheminée et plusieurs lampes étaient allumées. Ce salon leur rappela aussitôt le musée de Dumfrey. La moindre surface était encombrée d’objets : cobra royal naturalisé, masque africain ouvragé, saxophone rouillé. Une tasse de thé était posée sur un grand bureau en acajou, un livre ouvert sur un fauteuil moelleux.

Et un corps pendait des poutres.

Pippa hurla. Sam aussi. Et Max lança un couteau. Plus vivre que l’éclair, la lame fendit l’air et trancha la corde, libérant le corps.

Les enfants se précipitèrent aussitôt près de lui. Son visage avait la teinte violacée des nuages d’orage. La corde enserrait son cou flasque. Il portait un vieux costume à rayures et des chaussures en cuir rapiécées.

Nous suivons donc les autre adolescents dans leur enquête pour retrouver la tête réduite et comprendre comment autant de mort peuvent croiser le chemin de celle-ci. Face à ce qu’il se passe, face à ce qu’ils découvrent, chacun des personnages a une réaction différente. C’est ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman, ce fait que les quatre héros soient totalement différents. D’ailleurs, avant qu’ils ne se lancent à la poursuite du voleur, ils n’étaient même pas amis. Ils se contentaient de vivre les uns à côté des autres, comme des colocataires. D’ailleurs, Max n’était pas encore arrivée. Thomas est le cultivé de la bande, celui qui lit pleins de livres et retient tout, mais aussi celui qui pousse les autres à chercher la vérité. Il adore se mêler de ce qui ne le regarde pas. Sam est assez discret, il se refuse à la violence malgré sa force herculéenne. C’est aussi un grand sensible. Philippa est aussi assez discrète, même si elle adore faire la morale aux autres. Elle joue un peu le rôle de la maman en rappelant où sont les limites à ne pas franchir. J’ai apprécié la relation tendue qu’elle a avec Max, le garçon manqué de la bande, celle qui n’hésite pas à foncer dans le tas pour poser les questions après avoir tapé, et qui sort ses poignards à tout bout de champs. Max est aussi la dernière arrivée, et elle se moque un peu de voir le musée fermé. Elle rechigne même à enquêter.

Ce que j’ai trouvé assez original, c’est que, bien que la narration se fasse à la troisième personne du singulier, on passe tout de même d’un héro à un autre à chaque chapitre. Ainsi, on a les ressentis de chacun face à ce qu’il se passe. Cela nous permet de nous attacher à tous les personnages, sans avoir une préférence pour l’un ou pour l’autre. En effet, à certains chapitres, j’avais une préférence pour Philippa, puis pour Thomas, ou un attachement à Sam. J’ai mis du temps à m’attacher à Max, parce que pendant tout une partie du roman, j’ai trouvé qu’elle était un peu mise de côté, sans doute parce qu’elle est moins impliquée dans l’histoire. C’est pourtant un personnage qui, jusqu’à la fin, se dévoile. J’ai apprécié son côté rebelle, qui se moque de tout. On apprend au fur et à mesure qu’elle n’a pas vécu que des choses bien, qu’elle a été longtemps obligée de vivre dans la rue. C’est une fillette forte et endurcie que doivent gérer les trois autres compères.

Admettons qu’il soit coupable, intervint Max, je ne vois pas en quoi ça nous concerne.

  • Oh, vraiment ? Et je suppose que ça t’est égal que le musée ferme ses portes et que nous nous retrouvions tous à la rue ? lança Pippa d’un ton glacial.
  • Je connais la rue !
  • Et tu es impatiente d’y retourner?

 

Max hésita. Elle avait beau jouer les dures à cuire, elle devait bien reconnaître que la vie dans la rue était insupportable. (…)

Elle avait passé l’essentiel de sa vie dans les rues de New York – lançant des couteaux contre quelques piécettes, faisant les poches des passants quand elle n’avait pas le choix -, et trois ans auparavant dans celles de Chicago. Tout ce temps, elle n’avait rêvé de rien d’autre qu’un toit, un feu auprès duquel se réchauffer, un endroit où dormir.

Dans la petite bande, j’ai aussi pas mal apprécié le personnage de Thomas, qui ne cesse de lire et qui a une si grande mémoire qu’il retient tout ce qu’il voit. Il est d’ailleurs capable de réciter des statistiques apprises dans les livres qu’il dévore. C’est aussi le plus curieux de la bande. Il met son nez partout, et le fait qu’il soit élastique lui permet de se glisser dans les moindres recoins, dont les tuyaux d’aérations, ce qui lui permet d’entendre toutes sortes de conversations normalement secrètes.

Thomas retourna au premier et s’introduisit dans le Palais de Cire. Derrière la scène représentant Adam et Eve face au serpent (un vieux tuyau d’arrosage que quelques coups de peinture avaient transformé en boa constricteur) se trouvait une grande bouche d’aération. La grille céda facilement – Thomas avait l’habitude de la déloger -, et il pénétra tête la première dans le passage.

Il avança de quelques centimètres sur le ventre pour atteindre la conduite qui menait directement au bureau de Dumfrey. A l’aide de ses mains et de ses pieds, il se hissa dans l’étroit tube métallique.

Le roman se lit très bien, l’écriture est adaptée je pense aux plus jeunes sans décourager les plus âgés ou rendre le roman inintéressant. On est assez vite capté par le récit et l’énigme qui est posée aux quatre adolescents. Néanmoins, pour moi, la fin arrive un peu trop vite, de manière trop abrupte. Certes, on devine assez vite qui est le coupable, mais j’ai trouvé les motivations de celui-ci expliquées de manière trop rapide sous prétexte que nous sommes dans le feu de l’action. J’ai dû relire ce passage pour être certaine d’avoir bien tout saisi et vérifier que c’était plausible, car quelque chose me gênait là-dedans. J’ai donc trouvé cela un peu mal amené, voir presque bâclé, mais ceci s’explique peut-être à cause du retournement de situation fait à ce moment-là. En tout cas, ce passage me pose encore question, même après avoir refermé le livre. C’est assez dommage, parce que le reste du livre est clair et très bien construit.

Je vous en conseille donc la lecture, car j’ai passé un bon moment avec les quatre adolescents fantastiques. C’est une bonne lecture et un début de saga qui s’avère assez prometteur. Ce n’est pas un coup de cœur, mais je lirais la suite avec plaisir pour savoir ce qu’il va arriver à nos quatre héros et au musée de Dumfrey. Et j’avoue que toute cette partie fantastique m’a plu plus que je ne le pensais. De plus, même sans le lire, il faut au moins le feuilleter, car les illustrations de Benjamin Lacombe sont tout simplement géniales. C’est super de pouvoir tomber sur de tels dessins en tournant les pages.

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Et vous ?

Quel est votre dernier roman jeunesse lu ?

Vous a-t-il plu ?

Cela vous arrive-t-il de lire des romans jeunesses ?

Pourquoi ?

Bonne semaine à tous 😀

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