chroniques littéraires·service presse

Niourk

nantes-20161120-00734

Bonjour tout le monde. Me revoilà pour notre habituel rendez-vous du dimanche, pour une nouvelle chronique littéraire que cette fois, j’ai bien eu du mal à écrire. En effet, aujourd’hui je vais vous parler d’un roman que j’ai déjà terminer depuis plus d’une semaine, mais dont il m’a fallu un peu de temps pour être en mesure de vous présenter mon ressenti face à cette lecture. Ce roman, je l’ai lu dans le cadre d’un partenariat avec le site Livraddict et la maison d’édition French Pulp. Il s’agit d’un roman de Science-Fiction que j’ai lu en format ebook. Il s’agit de la part de French Pulp d’une réédition d’un roman à l’origine publié par Fleuve Noir en 1957. Je remercie d’ailleurs les éditions French Pulp pour ce service presse, pour m’avoir envoyé ce roman par le biais de Livraddict. L’auteur du récit est Stefan Wul. Voici son résumé :

La Terre n’est plus qu’un vaste désert. Des monstres engendrés par d’antiques technologies radioactives hantent ce qu’il reste des océans – quelques lacs d’eau saumâtre, rien de plus. Dans ce monde âpre, un enfant noir, rejeté par tous les membres de sa tribu, se met en route vers Niourk, la ville mythique, peuplée de fantômes. Au bout de cette quête se trouve peut-être le moyen de redonner vie à notre Terre assassinée.

Nous suivons donc un petit garçon noir, sans nom, qui vit dans une tribu primitive dans ce qui était autrefois l’Océan Atlantique, près des côtes Américaines et non loin de Cuba. Nous sommes dans le futur, et la Terre a donc bien changée. Le monde des hommes semble avoir disparu, pour ne laisser derrière lui que quelques êtres humains vivant comme les tribus de la Préhistoire, ne sachant ni lire ni écrire, se contentant donc de chasser à l’aide d’arc et de bâtons rudimentaires les chiens sauvages et autres animaux peuplant les environs. La superstition est revenue en force, avec un vieux qui se fait passer pour un sorcier pouvant parler aux Dieux. Ce dernier estime d’ailleurs que l’enfant noir est une menace pour la tribu, puisqu’il est le seul de cette couleur. Et ceci n’est rien comparé aux rôles qu’ont les femmes et les enfants, qui sont traités comme des animaux par le reste de la tribu.

Un jour, ce fameux sorcier décide donc de partir pour « le monde des Dieux », qui correspond en fait à une ville d’autrefois. A son retour, l’enfant noir sera sacrifié. Or, le sorcier ne revient pas de son voyage, et l’enfant noir se lance sur ses traces pour découvrir ce qui lui est arrivé. En chemin, il découvrira cette ville du monde civilisé, et se procurera une arme formidable. Seulement, à son retour au campement, la tribu est partie suite à un incendie. Elle espère trouver un endroit meilleur pour vivre, même si pour cela elle doit passer sur le territoire des poulpes cannibales. L’enfant noir va donc les suivre, et il finira par gagner Niourk, les vestiges de New York, après une sacrée aventure. Et rien ne dit que cela se terminera à Niourk.

En fait, il y a pleins de choses qui m’ont perturbées dans ce roman, qui m’ont à la fois déstabilisées, voire paru malsaines. En effet, bien que cela corresponde à l’univers primitif qui est décrit dans le roman, j’ai trouvé indécent la manière dont les êtres humains étaient traités, surtout les femmes et les enfants. Cela m’a révolté. Et la plupart des animaux qui sont dans le roman finissent par mourir. A un moment, je me suis sérieusement demandé si je continuais ou non ma lecture. Je commençais à ne plus supporter le traitement des animaux. Heureusement, l’enfant noir à réussi à renverser cette tendance en adoptant un ours et en le protégeant. La relation que les deux êtres vont développer est d’ailleurs très intéressante. Je pense que sans cela, j’aurai eu bien du mal à poursuivre ma lecture. Bien que cela corresponde à l’univers décrit, je ne supporte pas la violence gratuite, et j’ai eu le sentiment au cours de ma lecture, dans les premiers chapitres, que c’était le cas et que certaines scènes étaient en trop, qu’on n’avait pas besoin de savoir la manière dont les animaux étaient mis à mort. C’est une impression tenace qui est restée au cours de ma lecture.

Mais la bête avançait lentement ; elle fit brusquement trois pas rapides et se dressa. Fermant les yeux, l’enfant poussa devant lui le tube des dieux et tomba à la renverse sous le choc de la bête. Une secousse ébranla son bras, il lâcha son arme et se cacha la tête dans les mains, attendant d’être déchiré par les griffes du fauve dont il sentait sur lui le poids velu. Mais le jaguar ne bougeait plus. L’enfant noir sentit une tiédeur poisseuse lui couleur sur le visage ; il ouvrit les yeux.

La bête morte était atrocement mutilée. Un coup de hache mystérieux l’avait coupée en biais, séparant la tête mafflue, une partie du poitrail et la patte gauche du reste du corps inerte. Le sang inondait l’enfant noir. Il se dégagea et se dressa sur ses jambes tremblantes.

Je pense que l’écriture de l’auteur n’a pas aidé non plus ma lecture. En effet, bien que ce dernier écrive très bien, qu’on soit bien plongé dans le récit et qu’on tourne les pages sans trop s’en rendre compte, j’ai tout de même trouver cette manière assez glauque et morbide. C’est une écriture assez sèche, sans fioriture, avec des phrases courtes qui contribue à rendre le récit dérangeant.

Néanmoins, comme je le disais, l’univers de ce roman est très bien décris, et assez crédible. J’ai trouvé intéressant ce monde futuriste détruit, ainsi que la mutation qui a transformée certaines espèces, comme les poulpes. De plus, la description de la manière dont la mutation est arrivé permet d’étoffer cet univers. Seulement, j’aurais aimé qu’il y a plus de descriptions et d’explications sur ce qui était arrivé à l’espèce humaine. J’étais curieuse de comprendre comment les hommes avaient régressés au point de redevenir primitif, en abandonnant toutes les villes.

Aux temps éloignés où l’océan couvrait la plus grande partie de la terre, où seuls émergeaient les massifs élevés d’Usa, de Cuba, de Haït, d’Eurafrique, ce tube avait été construit par les hommes. Ce n’était qu’un extraordinaire vide-ordure. Des déchets dangereux étaient englobés dans des sphères de béton plombé qui, chassées par pression, roulaient dans le tube jusque dans les fonds marins de six mille mètres au milieu des monstres des grandes profondeurs, là où régnait une nuit froide striées de poissons luminescents.

Depuis des millénaires, les sphères s’accumulaient au fond de la mer, et se recouvraient peu à peu de concrétions calcaires.

Lentement, très lentement, après des générations, des changements singuliers se produisirent dans l’aspect du paysage sous-marin environnant. Les boules de béton devinrent lumineux, et la nuit des abîmes cessa d’exister.

Des algues inconnues, à la forme étrange, firent leur apparition. Des espèces animales disparurent définitivement, soit tuées par les radiations, soit rendues progressivement stériles. D’autres naquirent.

 Ce qui pour moi sauve cette histoire, c’est le personnage de l’enfant noir auquel je me suis facilement attachée. Bien sur, je l’ai trouvé un peu stupide de ne pas resté dans la première ville qu’il découvre et qu’il veuille à tout prix retrouver sa tribu, même jusqu’à la fin. Pourtant, j’ai apprécié le suivre dans ses aventures et dans son cheminement. C’est un personnage qui évolue énormément au cours de l’histoire, qui se lie d’amitié avec un ours, qui perd sa tribu, qui la voit mourir, qui découvre le monde, et qui voit son intelligence grimper en flèche. J’ai aimé son amitié avec l’ours, elle est trop mignonne, et on sent que les deux personnages sont prêts à se sacrifier l’un pour l’autre. Les effets de la mutations des poulpes sur l’organisme de l’enfant noir est une idée très intéressante, et permet d’apporter quelques explications sur le monde actuel, voir même le rendre dangereux pour d’autres personnages rencontrés dans le récit. L’enfant noir finit même par se donner un nom : Alf.

Il les prit tous les deux par la main. Les deux hommes virent tout se brouiller alentour, ils eurent une sensation de chute vertigineuse dans le néant, puis se retrouvèrent dans une petite salle où dix enfants noirs feuilletaient des volumes à toute vitesse, jetant à peine un regard sur chaque page.

Alf tenait toujours ses amis par la main.

  • Qu’en dites-vous ? demanda-t-il.
  • Quels sont ces ?…

Alf éclata de rire. Il désigna l’un des enfants.

  • Celui-ci est moi, affirma-t-il, celui-là aussi. Tous les autres également.

Il ajouta d’un air sérieux :

  • Je suis en train de m’instruire. C’est plus rapide ainsi. Je lis tout, toute la bibliothèque de Niourk, même les ouvrages sans valeur. Il y a toujours quelque chose à glaner.

Le Doc et Brig gardèrent un silence attéré.

  • Lévitation, dédoublement, balbutia enfin le Doc. Où vas-tu t’arrêter ?

En fait, avec le recul, je me rends compte que j’ai dans l’ensemble plutôt apprécié cette histoire, que ce roman de Science-Fiction est un bon moyen pour découvrir ce genre, mais que ce dernier n’est peut-être pas pour moi, ou du moins la manière d’écrire de cet auteur m’a un peu rebuté. Peut-être que si je le relis dans quelques années, j’aurai un autre point de vue sur ce roman. En tout cas, j’en garde l’histoire, que j’ai trouvé originale, et cette impression étrange, déstabilisante, que j’ai eu en le lisant. Ce fut quand même une découverte agréable, je ne regrette pas d’avoir lu ce roman, même si mon sentiment général reste mitigé.

Et vous ?

Cela vous arrive-t-il d’être déstabilisé par une lecture ?

Vous continuez votre lecture quand vous la trouvez malsaine ?

Quel est votre dernier roman de SF lu ? Vous l’avez aimé ?

Bonne fin de week-end 🙂

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s