autoédition·chroniques littéraires·service presse

L’origine des mondes

couvloriginedesmonde

Bonjour le monde. J’espère que vous allez bien en ce dimanche où le froid est vraiment bien présent. Je ne sais pas vous, mais malgré le soleil, j’ai beaucoup de mal à me réchauffer. Heureusement, aujourd’hui on peut être en mode cocooning, avec un plaid épais sur soi, un chat sur les genoux, un thé dans les mains et un livre au milieu de tout cela. D’ailleurs, en parlant de livre, je vais vous parler aujourd’hui d’un roman qui m’a été envoyé par une amie autoéditée. Il s’agit de son premier roman, qui s’intitule L’Origine des mondes. C’est un premier tome, une suite devrait arriver l’année prochaine. Il est sorti en octobre de cette année. L’auteure s’appelle France Missud. Voici le résumé de son histoire :

Sur son lit d’hôpital, la mère d’Éloïse lui révèle que sa vie est construite sur un mensonge. Le monde qu’elle a toujours connu n’est pas le sien, et elle doit y retourner au plus vite.
Forcée de la croire, lorsqu’elle est poursuivie par des assassins aux capacités étranges, Éloïse part alors à la découverte de ce monde parallèle, y entraînant son frère et sa meilleure amie.
Là-bas, elle comprend que rien dans son existence n’a été laissé au hasard : ce garçon qu’elle a tant aimé, disparu depuis dix ans sans laisser de trace ; ce père soi-disant inconnu ; la maladie de sa mère… jusqu’à l’origine des mondes. Toutes ses croyances s’écroulent les unes après les autres.

Si j’ai souhaité lire ce roman, c’est parce que son héroïne s’appelle Eloïse, et que le personnage principal de mon prochain projet, que je vous dévoilerais dans quelques semaines sur le blog, porte le même prénom. J’étais donc curieuse de voir ce que l’auteure de L’Origine des mondes allait faire avec son héroïne, la manière dont elle allait concevoir son histoire. Surtout que, comme moi, elle la projetait dans un univers parallèle. Parfois, la lecture d’un roman tient donc au nom de son personnage.

Ici, nous suivons donc Eloïse, jeune femme de dix-neuf ans tout à fait normale, à partir que sa mère est en train de mourir d’un cancer des poumons. Eloïse gère avec sa meilleure amie Julia son petit frère Martin, un tout jeune adolescent un peu geek et surdoué sur les bords. Puis, un peu avant de mourir, la mère d’Eloïse et de Martin leur confie un grand secret, le père de la jeune femme vint d’un autre monde. Ils doivent prendre un passage secret dans un lac pour le rejoindre. Seulement, rien ne va se passer comme prévu puisque la frère et la sœur vont devoir échapper à des tueurs avant, et entraîner Julia avec eux dans ce monde parallèle dont ils ne connaissent rien.

Après le passage secret qu’ils prennent donc tous les trois, ils se retrouvent sur une passerelle qui se situe entre les deux mondes, et ils y retrouvent Raphaël et son frère Jesua, deux amis d’enfance qui avaient disparus dix ans plus tôt. Là, ils vont devoir apprendre, aider par leurs nouveaux instructeurs, à développer tous leurs sens afin de comprendre, ou se parler par télépathie, afin de pouvoir enfin pénétrer dans ce nouveau monde qui sera à présent le leur.

Cette partie-là, sur le développement de leurs sens, ou pouvoirs, comme le dit Eloïse, est super intéressante. J’ai aimé imaginer de simples êtres humains pousser à fond leurs capacités afin de devenir « des super-humains ». J’adorerai suivre le même entraînement que celui que fond les trois héros que sont Eloïse, Martin et Julia. Les autres cours, comme ceux de l’histoire de leur monde, ou les révélations sur l’avenir de la Terre, sont de même très intéressants. J’y ai appris des choses, et par moment, cela m’a aussi fait réfléchir sur le monde qui nous entoure. Bon, j’espère que la vision de l’auteure est plus pessimiste que la vérité.

  • Et maintenant avec toute cette population qui augmente et qui ne cesse de vouloir plus, vous êtes quoi ? Cinq milliards de pollueurs ?

Des calculs se faisaient tous seuls dans mon esprit, quand Victor bondit hors de mes bras pour se pendre à une branche au-dessus de ma tête, je continuai comme si de rien n’était.

  • Alors effectivement, il ne reste plus beaucoup de temps avant…
  • Avant qu’il n’y ait plus rien de respirable Eloïse, exactement. Nous avons fait nos prévisions. Dans trente ans la moitié des espèces vivantes aura disparu, soit détruite par l’homme, soit par les catastrophes naturelles engendrées par le réchauffement climatique, soit par l’extinction de leur nourriture ou encore par les cancers. Oui, même les animaux peuvent être malades et surtout beaucoup n’arrivent déjà plus à se reproduire, leur système s’étant déjà complètement modifié. Et bien sûr la seule espèce qui arrivera encore à se multiplier restera la plus dangereuse pour elle-même et pour les autres, l’être humain. Il faudrait que chaque humain prenne ses responsabilités et arrête de surconsommer pour que nous arrivions à arrêter le décompte. Pire, il faudrait que chaque être humain fasse quelque chose dans le sens contraire pour inverser le processus et peut-être sauver la Terre, comme planter un arbre ou protéger une espèce animale. Mais nous avons peu d’espoir. Et dans cinquante ans, il ne restera plus assez d’air pur pour qu’un brin d’herbe puisse pousser, ce sera la fin.

En fait, en lisant le résumé et ce que je viens de vous raconter sur l’histoire on pourrait croire qu’il s’agit d’un roman fantastique. En fait, ce n’est pas le cas. Il s’agit bien d’un roman de science-fiction. Le roman est même présenté comme étant une dystopie par son auteure. J’avoue que cet aspect-là ne m’a pas trop marqué, sans doute parce que j’ai trouvé qu’il restait assez en périphérie de l’histoire. Je suppose que cela sera plus mis en avance dans le tome 2. Pour ce tome-ci, on ne suit finalement qu’Eloïse dans l’apprentissage de ses pouvoirs. Certes, son monde d’origine, celui de sa mère et de son père, est évoqué et décrit, mais j’ai trouvé que cela était plutôt marginal par rapport au reste. Je n’ai pas ressenti la dystopie dans ce que j’ai lu, j’attends donc le tome 2 avec impatience pour en avoir plus là-dessus.

En plus de l’apprentissage d’Eloïse sur ses pouvoirs, on la suit aussi dans ses retrouvailles avec Raphaël, qui était son premier amour d’enfance. Ses retrouvailles sont plutôt électriques, Eloïse estimant qu’il l’avait abandonné dix ans plus tôt, étant parti sans lui dire au-revoir. Il s’avérera que la réalité est beaucoup plus complexe. On va donc suivre leurs disputes, prise de bec, et réconciliation pendant toute la durée du roman. Le roman par moment, tire donc sur la romance qui apparaît entre ses deux-là. Même si elle n’arrête pas de le repousser, elle est toujours attirée par lui physiquement, et ne peut s’empêcher de tomber dans ses bras.

Puisque j’en suis à vous parler de la romance entre Eloïse et Raphaël, je vais à présent vous parler de ce personnage. Malheureusement, je n’ai pas du tout réussi à m’attacher à Raphaël. C’est un personnage qui m’a énervé, et j’aurai voulu qu’Eloïse ne l’aime pas, qu’elle le repousse définitivement. Pour moi, Raphaël reste un personnage manipulateur, qui cache beaucoup d’information à Eloïse, tout en jouant beaucoup avec ses émotions. Au cours de ma lecture, j’avais envie de lui coller des claques. J’espère qu’il s’améliora dans le tome 2.

  • Non, ça ne regarde pas que vous deux, m’énervai-je. J’ai passé dix ans à me demander pourquoi vous étiez partis, sans même un au-revoir.
  • Tu plaisantes ? Tu as passé dix ans de ta vie à te demander pourquoi nous étions partis ? Nous nous connaissions à peine.

 

Sa phrase me fit l’effet d’un coup de poignard. « Nous nous connaissions à peine ». Alors, il n’avait pas les mêmes souvenirs que moi ? Il ne se rappelait pas à quel point nous nous aimions ? M’avait-il aimé un jour ? Des larmes de rage me montèrent, je ne sus pas quoi répondre à son attaque.

  • Ecoute, continua-t-il, on n’était que des enfants, tu ne peux pas te gâcher la vie pour une amourette d’enfant Eloïse, il faut grandir. J’espère que tu vas passer à autre chose maintenant.

Quand à Eloïse, j’ai aimé sa fugue, ainsi que la détresse qui l’anime suite à la mort de sa mère et au fait de se séparer de son monde. J’ai apprécié le fait qu’elle se rebelle en permanence, qu’elle pose des questions et ne s’arrête pas aux réponses toutes faites que les autres lui donnent. C’est un personnage qui a besoin de comprendre, de remettre les choses en causes. Elle s’interroge beaucoup. Le lien qu’elle développe avec le petit singe dans la jungle est magnifique. Les relations qu’elle a avec Martin son petite frère, et Julia sa meilleure amie sont intéressantes et permettent d’apporter un peu de douceur et de calme dans les relations plus tumultueuses qu’elle a avec les autres, qu’elle a tendance à pousser à bout afin d’obtenir des réponses. C’est un personnage sympa à suivre, auquel on s’attache assez vite. Elle est tout feu tout flamme, et fidèle en amitié et en amour. Elle est une vraie lionne quand il s’agit de protéger ses proches. Son destin est certes classique, on le devine au bout d’un moment dans le livre, mais j’ai hâte de voir comment elle va s’en sortir dans le tome 2. Avec son tempérament et ce qu’on va exiger d’elle, je sens que cela promet. Le seul truc qui m’a dérangé avec Eloïse, c’est vraiment sa relation avec Raphaël.

L’écriture de France Missud est agréable à lire. On est vide immergé dans l’histoire, on ressent à la fois les sensations, les émotions des personnages, mais aussi les lieux dans lesquels ils sont. Les descriptions de la forêt où ils sont pendant quasiment tout le roman, cette fameuse passerelle, sont parfaites. On s’y croirait. De même, la description du décès de la mère d’Eloïse, sa tristesse, est très bien retranscrite. J’avais envie de prendre la jeune femme dans mes bras pour la consoler.

Elle ferma alors complètement les yeux et ajouta :

  • Je vous… aime… tant.
  • Maman, moi aussi je t’aime.

Je tournai le regard vers mon frère. Il avait réussi à articuler quelque chose parmi les sanglots et mon cœur se déchira encore un peu plus.

Je sortis les quelques photos de mon sac et lui glissai entre ses mains frêles. Je l’observai les yeux mi-clos, puis me penchai vers son cou, respirant son odeur si familière.

Dans un dernier effort, elle souleva un peu son visage afin de voir les clichés dans ses mains. Je l’aidai à passer de l’un à l’autre.

Elle les observa attentivement pendant de longues secondes et esquissa un sourire. Elle parut en paix. Son regard s’éteignit sur la photo au parc d’attraction et son visage retomba sur l’oreiller. On n’entendit plus rien. Ce n’était pas comme dans les films où l’on savait par le son du monitoring que c’était fini, mais je savais que c’était fini, elle ne respirait plus. Elle était immobile, les paupières fermées, l’air paisible et rassuré. Je criai, je pleurai. Je l’appelai. Je luis dis à quel point je l’aimais. Mais c’était trop tard.

C’était fini.

Pour conclure, je dirais que ce premier tome met bien en place l’histoire, avec des personnages pour la plupart agréables à suivre, si on occulte Raphaël. C’est un bon premier tome, qui m’a tout de même laissé un peu sur ma faim, car je n’ai qu’une hâte, savoir ce que les personnages vont devenir et ce qui va les attendre dans ce nouveau monde. Comme le premier tome se contente de se situer sur la fameuse passerelle, j’ai hâte de voir ce nouveau monde, et de plonger vraiment dans la dystopie. Il n’y a aucun doute, je lirais la suite avec plaisir, ce même plaisir que j’ai eu en lisant le tome 1. Je vous en conseille donc la lecture. D’ailleurs, si vous cherche ce roman, vous le trouverez ici.

Et vous ?

Quelle dystopie avez-vous lu dernièrement ?

Que cherchez-vous dans ce type de lecture ?

Quelle héroïne préférez-vous dans ce type de lecture ? Une forte, une attachante ?

Bonn début de semaine à tous 😀

Publicités

3 réflexions au sujet de « L’origine des mondes »

  1. Super chronique ! Mille mercis, elle est belle, bien écrite, poétique, et je dis pas ça seulement parce que tu as aimé 🙂 Et en plus c’est la plus longue et la plus détaillée de toutes les chroniques que mon livre a reçu ! J’imagine qu’en étant auteur toi même tu connais l’importance de la critique alors vraiment merci mille fois !
    Ps : Oui Raphael, on l’adore ou on le déteste, c’était un peu le but haha !

    J'aime

    1. Mince, je prends enfin le temps de répondre à ton commentaire, je suis un peu en retard :p Merci beaucoup de m’en avoir laissé un sur le blog ^^ je suis contente que la chronique t’ait plu, et qu’elle soit aussi la plus longue et la plus détaillée de celles que tu ais reçu 😉 j’essaye d’aller au bout des choses quand je lis un livre, même si du coup mes chroniques sont assez longues après 😉 Ah Raphaël, c’est sur qu’il faut pouvoir l’apprécier ^^ je l’attends au tournant dans le second tome 😉 et oui, les critiques sont importantes, il faut être en mesure d’argumenter 🙂
      Merci à toi pour ton roman 😀

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s