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Sweet

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Bonjour tout le monde. Me voici en ce mercredi ensoleillé, ça fait du bien, avec une nouvelle chronique sur un roman qui cette fois m’a enthousiasmé. Pour tout vous dire, pour cette lecture, je ne suis pas passée loin du coup de cœur. C’est un roman que j’ai dévoré en à peine une semaine tellement j’étais bien plongée dans l’histoire. D’ailleurs, j’aurai aimé qu’il dure plus longtemps, mais on parlera de ça plus tard dans la chronique. Je lève maintenant le suspens, ce roman dont je vais vous parler aujourd’hui, c’est Sweet, écrit par Emmy Laybourne et publié aux éditions Hachette. Il est sorti en septembre 2016. Je l’ai lu dans le cadre d’un partenariat avec le site NetGalley. Pour moi, c’est un roman entre la jeunesse et l’adulte, un roman mélangeant la SF, l’horreur et la romance qui aurait sa place dans un rayon pour adolescents/jeunes adultes, à la manière de beaucoup de romans qui se font aujourd’hui. En voici l’histoire :

Madame, Monsieur,

J’ai l’honneur de vous inviter à une extraordinaire croisière de luxe à bord de l’Extravagance !
Au programme : découverte en avant-première d’un produit miracle qui vous débarrassera de vos bourrelets disgracieux. Et sans efforts !

Vous rêvez de retrouver votre taille de guêpe ? Le Solu est fait pour vous.
Le Solu n’est pas un amincissant comme les autres.
Le Solu vous fera vraiment maigrir.
Vous ne pourrez plus vous passer de lui.

Je vous le garantis.
N’attendez plus : rejoignez-nous sur les rives de Fort Lauderdale, en Floride, pour un embarquement imminent !

Au plaisir de vous aider à mincir,
Timothy Almstead, président de Solu Corporation

L’histoire commence donc avec deux amies, Vivika et Lauren, qui montent sur un bateau de luxe effectuer une croisière de luxe. Cette croisière à un prix, il leur faudra consommer une substance particulière qui sera mise en vente dès la fin de la croisière, du Solu, un nouveau produit censé faire mincir. Car les passagers de cette croisière ont tous le même problème, il sont gros, en surpoids. Ils sont là pour perdre leur graisse, pour mincir et ainsi prouver au monde entier que le Solu fonctionne et permet de maigrir. C’est le contrat qui est passé lors du départ de cette croisière. D’ailleurs, lors du départ du bateau, deux lignes sont dessinées sur sa coque : celle poids actuel du navire et celle du poids auquel doit arrivé le navire en rentrant. Sur ce navire qui  navigue en quête de minceur vont alors se mêler célébrité et gens fortunés.

Lauren et Vivika sont deux adolescentes d’environ 17 ans qui sont un peu rondes. C’est du moins ce que pensent Lauren, qui s’accepte très bien comme elle est. Ce qui n’est pas le cas de son amie, qui elle enchaîne régime et stop faim en permanence, hélas sans succès. C’est pourquoi, lorsqu’elle a entendu parler du Solu, elle a absolument tenue à faire partie de cette aventure, et a su convaincre son père plein aux as de lui payer son billet, ainsi que celui de Lauren. Cette dernière n’est dont là que pour accompagner son amie.

Comme je le disais plus haut, sur ce bateau il y a aussi des célébrités qui ont soit besoin de maigrir ou qui ont besoin de se redorer une maison. Pour Baby Tom-Tom, ancien enfant star de la télévision américaine, sa présence sur le navire est dû à cette dernière option. Sa carrière ne décolle plus depuis des années, et il doit se refaire une image. C’est pour cela qu’il a été engagé par Almstead, le vendeur du Solu, pour couvrir la croisière. Il doit filmer tout ce qu’il se passe sur le bateau en direct et interviewer ses passagers. Ce qui le gonfle un peu.

Tom et Lauren finissent par se croiser sur ce bateau. Agé à peu près du même âge, Tom va être séduit par cette fille qui se moque des convenances, de la mode ou de son poids, et qui donne tout ce qu’elle a pour la musique. Et Lauren, qui état déjà bien accro à Tom depuis son poste de télévision, va lui tomber dans les bras. Bref, ils vont vivre un petit moment de bonheur, avant que l’horreur ne débarque sur la croisière. Car  le Solu est un produit dangereux, très addictif, qui s’il fait bien  fondre les graisses et mincir les gens, les rend aussi très accro, au point de les transformer en monstre n’hésitant pas à égorger et tuer d’autres passagers pour récupérer le Solu présent dans leur sang.

Le début du roman commence donc de manière très joyeuse, avec une avalanche de star qui monte sur ce bateau rempli de luxe, deux amies qui partent en vacances ensembles, qui s’amusent et découvrir l’itinéraire plein de promesse de la croisière, qui font la fête, l’une tombe amoureuse, pour progressivement basculé dans l’horreur et l’histoire de zombie. Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre cette histoire où le sang et la mort sont bien présents, remplaçant alors la fête et le bonheur.

Le paquebot est une merveille. Personnel impeccable. Tout dans les règles de l’art. La plupart des passagers sont de riches personnages qui rêvent de minceur. Je dirais qu’un quart des passagers sont de petites vedettes et de jolis fêtards venus faire le décor. Pas de vraie star. Hormis Luka Harris et Sabbi Ribiero, peut-être. Le mangeur d’asticots de Survivor, aussi. A tous les coups, ces trois-là – voire carrément toutes les célébrités – sont payées pour être là.

Des jolies filles en veux-tu en voilà. On n’a pas encore quitté le port que pas mal d’entre elles ont déjà fait péter le bikini. Elles le portaient peut-être sous leurs vêtements ?

Dans ce roman, tout tourne donc autour du poids et le fait qu’il existe des personnes jugées grosses par la société. Toutes veulent échapper à ce jugement et devenir minces, comme les mannequins dans les magazines, en espérant alors que cela les rendra plus heureuses, ou en tout cas leur permettra d’être aimées.

Son poids, à Viv’, ç’à toujours été sa grande obsession. Je la connais depuis qu’on a six ans, et à l’poque déjà, elle se pinçait le ventre en grimaçant devant le miroir. Entre-temps, je l’ai écouté (presque toujours) patiemment me détailler une centaine de nouveaux « plans nutrition » ou « modes de nutrition » (elle avait lu quelque part qu’il valait mieux éviter d’employer le mot régime). Je m’efforçais de partager son enthousiasme quand ces nouveaux régimes-qu’on-n’appellera-pas-régimes lui permettaient de perdre deux, cinq ou dix kilos. Et je luis tenais la main quand elle pleurait (invariablement) lorsque, au bout d’un ou deux mois, elle avait repris ces kilos, plus cinq.

L’histoire se découpe en 7 parties qui racontent les 7 jours de la croisière, soit une semaine avant que le Solu ne soit commercialisé dans le monde entier. Et dans ces 7 parties, on a des chapitres qui permettent d’alterner les points de vue des deux personnages principaux, Lauren et Tom, qui racontent chacun à leur manière la vision qu’ils ont de cette croisière et comment ils vont vivre l’enfer sur ce bateau. Parce que l’horreur, ils vont la vivre ensemble, et la côtoyer d’assez près. Je félicite l’auteur pour sa description de l’enfer, parce qu’elle est criante de vérité, et fait vraiment froid dans le dos. Je vous ai trouvé un passage plutôt soft pour vous montrer :

Des corps inconscients, peut-être des cadavres, jonchent le sol, et une cinquantaine de junkies fouillent les lieux. Certains debout, d’autres à quatre pattes. Ils sniffent, ils lèchent, ils sucent. Le gars qui vient de beugler réclame de l’aide pour dégager les gens afin de pouvoir chercher du Solu dessous.

Je claque la langue de dégoût. Tom me presse la main.

On pénètre dans la salle du restau, jusqu’à l’endroit où on a laissé Viv’. Tom se met à écarter les corps inconscients. Ils sont tous emberlificotés. Ils ont du sang partout, et j’ignore d’où il vient. C’est l’horreur. Un vrai champ de bataille.

Certains ont les yeux ouverts, ils tripent encore. D’autres sont endormis. Il y en a peut-être qui sont morts, mais je suis incapable de dire lesquels.

  • PAS TROP TOT, reprend l’autre maboul. Enfin de l’AIDE ! Je me tue à répéter qu’il faut s’organiser. Déplacer les morts et les comateux pour pouvoir fouiller COMME IL FAUT. Mais personne ne m’écoute !

Le personnage de Lauren est très agréable et intéressant à suivre. C’est une jeune fille tout à fait équilibrée, et qui remercie ses parents pour avoir fait d’elle ce qu’elle est, c’est-à-dire une fille un peu ronde qui s’aime quand même. Ses parents lui donnent la force de s’accepter, de ne pas vouloir tomber dans la spirale infernale des régimes, contrairement à sa copine Vivika qui elle n’a pas cette chance, son père n’hésitant pas à se moquer de son poids et de ses rondeurs qui le dégoutent. Grâce à cette certaine confiance en elle, Lauren va hésité à prendre du Solu. Ca et le mal de mer. Mais surtout, elle est assez méfiante vis-à-vis du produit proposé, craignant que son amie n’en soit déçue, comme elle l’a été pour tous les autres produits sensés la faire mincir. Lauren est une fille gentille qui rêve d’entrer dans une fac de musique afin de jouer de la guitare classique. Elle se moque de la mode et porte de grosses rangers plus utiles en campagne ou à la montagne que sur un navire de luxe. Elle est loyale en amitié, et aussi en amour. J’ai adoré la manière dont elle tombe sous le charme de Tom, comment elle tente de lui résister pour finalement se laisser aller C’est d’ailleurs ce qui plait à ce dernier, Lauren est une combattante qui n’a pas peur de dire tout haut ce qu’elle pense. C’est une fille vraie. C’est la bonne copine qu’on rêverait toutes d’avoir. Une fille qui évite de paniquer et sait garder l’esprit claire en toutes situations. Sauf quand il s’agit de Vivika, qu’elle va tout faire pour sauver de l’enfer du Solu et du bateau.

Je pourrais aussi parler du personnage de Tom, que j’ai beaucoup apprécié, mais cette chronique deviendrait alors trop longue à lire. Je vais donc passer directement à mon ressenti face à ce roman. C’est un roman qui montre à la fois l’addiction qu’on peut avoir face aux régimes, au sucre, mais qui est aussi une critique du culte de la minceur, qui ici va mener tout le monde à sa perte, à la mort. Nous sommes dans une société qui prône le fait d’être parfait, sans kilo superflu, alors que dans d’autres pays des gens meurent de faim, n’ont que la peau sur les os. Et au contraire, dans nos sociétés actuelles, on nous gave de coca cola, de burgers, mais en disant qu’il ne faut pas être gros. On nous rend schizophrènes, au point de se détruire la santé. L’auteure sait de quoi elle parle puisque, à la fin du roman, elle parle de sa propre situation et de son addiction au sucre, qu’elle a retranscrit dans le roman en la rendant plus excessive. Les gens se transforment en zombies, en tueurs pour pouvoir maigrir. On a aussi ici un parallèle avec l’anorexie. J’ai donc trouver que c’était un roman très critique, qui aborde des points essentiels, importants, sur notre manière de nous voir et de voir notre nourriture. Je pense que ce romans devraient être lus par les adolescents qui pourraient y voir la destruction à laquelle peut mener le culte de la minceur et de la dictature du corps. Car finalement, eux qui s’en sortent, ce sont ceux qui ne prennent pas de Solu, ceux qui s’acceptent tels qu’ils sont.

C’est aussi un roman critique envers le monde médicale et pharmaceutique qui nous poussent à consommer des édulcorants ou autres substances, mais sans vraiment les tester, sans vraiment prendre la peine de savoir si c’est bon à long terme pour nous. Ici, tout est lié au Solu, qui rend addictif à un point monstrueux.

Vous l’avez donc compris en lisant cette chronique, ce roman m’a beaucoup plu. J’ai vraiment pris plaisir à suivre les aventures de Tom et Lauren, à lire la plume très simple et efficace de l’auteure. Mais ce n’est pourtant pas un coup de cœur. Pourquoi ? Parce que la fin m’a laissé sur ma faim. Nous sommes mercredi, je l’ai terminé dimanche soir, et la fin de ce roman m’a en effet travaillé, car, étant de nature très curieuse, j’ai été déçue par la fin, je voulais en savoir plus, suivre plus les deux héros et ce qui allait suivre avec le Solu. Ceux qui ont lu le roman comprendront pourquoi la fin m’a frustrée. C’est une fin ouverte. J’en demande plus, je suis devenue moi aussi addicte à ce récit. Le fait que l’histoire ne s’arrête pas à la fin du roman m’a donc un peu embêtée, même si je comprends le choix de l’auteure, et que je trouve cela pas mal aussi. J’aurais juste voulu ne pas quitter si vite les deux héros.

Et vous ?

Vous avez lu ce roman ?

Vous aimez les fin ouverte, celle où on a l’impression que tout n’est pas dit ?

Cela ne vous dérange pas ?

Cela ne vous donne pas envie d’avoir la suite ?

Bon mercredi à tous

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7 réflexions au sujet de « Sweet »

  1. Les fins ouvertes font carburer notre créativité, ça me ne dérange pas si ce n’est pas une technique de flemmard pour camoufler des incohérences ! Je ne sais pas comment expliquer, mais je vais prendre Inception comme exemple. À la fin du film, le héros est-il dans la réalité ou le rêve ? On laisse la place au doute et ce n’est pas plus mal. Il y a bien des suppositions fondées mais dans le fond, on ne sait pas.
    J’adore les théories de films et de livres, ça donne une toute autre dimension à l’oeuvre, ça nous force à être attentif là où on ne l’imaginait pas.
    Après ce n’est que mon ressenti 🙂

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    1. Ah oui, dans ces cas-là les fins ouvertes peuvent être intéressantes 🙂 et je suis d’accord avec toi, elles stimulent notre imagination. Il suffit de voir toutes les histoires qui tournent autour de l’épilogue du tome 7 de Harry Potter ^^
      Je comprend ton ressenti, et selon les ouvrages cela ne me gêne pas, dans d’autres cas, je me sens vraiment frustrée parce que j’ai envie d’aller plus loin. Ca me rappelle les séries américaines où les fins de saisons finissent sur un suspens, on veut la suite absolument. Pour Sweet, ça m’a fait ça 😉

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  2. C’est pas faux :p là en exemple je ne vois que l’épilogue dans Salem de Stephen King, mais cet épilogue, tel qu’il est raconté, est déjà envisageable et concevable lors du dernier chapitre, puisqu’on se doute que les héros soient parvenus à leur but. En fait, une fin ouverte, pour qu’elle fonctionne, ne doit pas tomber comme un cheveu sur la soupe à la fin du roman. Enfin je pense ^^ heureusement, ce n’était pas le cas dans Sweet, enfin pas totalement, c’est juste que la conclusion m’a surprise ^^ ca peut arriver avec les fins ouvertes, d’être surpris par ce qu’on avait pas vu venir, tant que cela est bien amorcé dans le roman avant 🙂

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    1. Oui, on n’imagine pas ce type d’histoire en voyant sa couverture, on ne s’attend pas à ce que ce soit une sorte d’histoire de zombies (ça s’en rapproche ^^). En plus la couverture est super chouette je trouve 😉 C’est un bon roman, alors s’il te tente, n’hésites pas ^^ je serais curieuse d’avoir ton avis dessus 🙂

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