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Aux petits mots les grands remèdes

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Bonjour tout le monde. Enfin, voilà le week-end. Il faut garder courage, c’est enfin une semaine de finie, une semaine qui nous rapproche de plus en plus vers les vacances. Je suis désolée pour tous ceux qui, contrairement à moi, ne profitent pas des vacances scolaires. Après je dois avouer que j’attends ces vacances avec impatience. Même si les petits que je gardent sont assez sympas, je serais quand même mieux en vacances.

Aujourd’hui, je vous propose une nouvelle chronique littéraire. Il s’agit d’un roman que j’ai lu dans le cadre d’un partenariat avec le site NetGalley et les éditions Préludes. J’avais déjà lu pour eux Les mots entre mes mains, que j’avais adoré. Hélas, pour ce roman-ci, Aux petits mots les grands remèdes, écrit par Michaël Uras, je suis plutôt très loin du coup de cœur. Je vais vous expliquer pourquoi. Voici déjà le résumé de ce roman :

Alex a choisi d’exercer un métier peu commun : bibliothérapeute.

Il tente de soulager les maux de ses patients grâce à la littérature. Parmi eux, Yann, un adolescent malmené à l’école, qui refuse de s’ouvrir au monde, le cynique Robert Chapman, étouffé par son travail, qui a oublié comment parler à sa femme et Anthony Polstra, le célèbre joueur de foot qui refuse de s’avouer certaines de ses passions.

Mais si Alex se montre doué dans sa profession, il doit bien reconnaître que sa vie privée laisse à désirer…

La littérature pourra-t-elle aider le bibliothérapeute lui-même ?

La clef du bonheur se trouve-t-elle entre les lignes des ouvrages qu’il a tant aimés ?

Dans ce roman, on suit donc Alexandre, bibliothérapeute à Paris. Il vit dans un petit appartement avec sa copine, Mélanie. Il a fait ses études au Canada, d’où il a ramené cette discipline qui consiste à soigner les gens avec des livres qu’il leur propose. Ce roman nous propose alors de voir comment il travaille, comme il arrive à apporter du bien-être à des personnes ayant des affections différentes, venant de tout horizon, en proposant des extraits ou des romans entiers. Le centre du livre est donc la littérature qui devient médicament, thérapie. Le roman tourne alors autour des patients que va rencontrer Alexandre, qui seront au nombre de trois. Il commence par un jeune adolescent, Yann, qui a le visage et le corps ravagé par un accident de voiture. Le pauvre ne peut même pas parler. Il est scolarisé à la maison, avec sa mère, Anna, qui veille en permanence sur lui. Puis, Alexandre fait la connaissance d’une star du ballon rond, Anthony Polstra, qu’on pourrait comparer à Zidane ou à Zlatan vu la manière dont il est adulé dans le roman par tout le monde. Il demande d’ailleurs de l’aide à Alexandre pour l’aider dans ce monde où les footballeurs sont considérés comme incultes. Voir un bibliothérapeute lui permettra alors de reconsidérer sa vie. Et enfin, il y a Robert Chapman, un salarié dans une horlogerie de luxe au bord du burn-out qui cherche comment reprendre un rythme de vie sain. Voilà donc à quoi se résume le livre. Car en fait, en dehors de l’histoire d’amour d’Alexandre et de Mélanie, qui vire un peu à l’orage puis à l’arc-en-ciel, ce n’est qu’une succession d’histoire, celles des patients.

Je pense finalement que cet amas d’histoire est le gros défaut de ce roman. J’ai en effet eu du mal à discerner une vraie histoire, un fil rouge, dans ce roman, quelque chose qui aurait attisé ma curiosité, qui m’aurait donné envie de lire ce livre d’un bout à l’autre. Ici, ce ne sont donc que des petites histoires qui sont liées entre elles parce qu’Alexandre s’en occupe. Alors, c’est intéressant de le suivre dans ces histoires, de le voir se confronté à ces patients, seulement, cela amène une certaine répétition. Certes, les personnages qu’il va aider sont tous différents, il les traite de manière différente, avec des textes différents, mais finalement cela revient au même. Il n’y a pas de tension dans ce roman. C’est ce qui m’a manqué.

De plus, le personnage d’Alexandre est, à mon sens, assez plat. Il n’est guère intéressant à suivre, il ne prend pas vraiment de décision, il se contente de suivre ce qui lui arrive. C’est un personnage balloté par la vie qui se contente de ne pas faire de mouvement et voir où le destin l’entraîne. Cela pourrait être intéressant, mais pas sur l’ensemble du roman. C’est un personnage qui a fini par m’ennuyer. J’ai alors eu plus de respect pour ses patients, qui eux donnent le sentiment d’agir, de faire quelque chose. En vérité, Alexandre est un personnage mou, comme en témoigne sa rencontre avec la discipline de la bibliothérapie.

Comment devient-on bibliothérapeute?

Je ne savais pas. Rien n’était prédestiné. Une chose était certaine, je ne voulais pas devenir universitaire. Il fallait m’opposer à ma mère, mais pas trop. Rebelle, sans plus. J’avais donc opté pour un métier en rapport avec les livres. Un métier incertain mais qui me permettrait d’avoir des horaires agréables. Aucun patient ne souhaitait me voir avant 10h le matin. Le temps de se réveiller, pour eux. Et l’envie de ne pas me croiser aussi tôt dans la journée.

La seule chose qui est intéressante chez Alexandre, c’est sa relation avec les deux femmes de sa vie, Mélanie et sa mère. Cette dernière est une grande universitaire qui ne vit que pour comprendre le langage, pour décortiquer les mots. Elle ne mit pas pour le plaisir mais pour trouver les racines des phrases, ce qui a été dit derrière. La lecture plaisir est pour elle une perte de temps. Alexandre a donc vécu dans une maison où les livres étaient partout, mais comme objet d’étude. Même sa passion de la lecture, qui va découler de cela, n’est pas choisie, il ne le fait que par réaction à ce que fait sa mère. Il en est de même avec Mélanie. Elle est une révolutionnaire, une combattante qui le traîne à toutes les manifestations possibles. Alexandre ne sait pas lui dire non et la suit comme un petit chien, même si Mélanie finit par le quitter. Et le destin finit par la lui rendre sans qu’il n’ait encore besoin de faire quelque chose pour tenter de la reconquérir.

Finalement, le gros point fort de ce livre, ce sont toutes les remarques sur notre monde et celui de la littérature faites à la fois par les personnages et l’auteur. Ainsi, nous avons distillé dans le texte des remarques sur la manière dont les gens lisent en France, sur la considération qui est faite sur ceux qui lisent ou sur la littérature en générale. J’ai apprécié ces petits moments où l’auteur se tente de critiquer notre société, la manière dont on vit la littérature. J’ai trouvé ses petites remarques assez vraies et censées. Et du coup, ce roman ne devient plus seulement un roman où s’entremêlent plusieurs histoires, mais il devient aussi une analyse du monde littéraire français d’aujourd’hui, voir du monde tout entier. Et là, la plume de l’auteur devient assez mordante devant ses constatations.

« On lit peu dans l’horlogerie de luxe. les clients, des gens aisés, ne lisent pas non plus. Je n’avais plus grand intérêt à parler littérature. Vous avez remarqué que les gens riches ne lisent presque jamais?

  • Je n’en connais que très peu. Je ne saurais vous répondre. Comment expliquez-vous cela?

  • Les livres ne rapportent rien ! Regardez un peu la misère des écrivains. Depuis des siècles ils se plaignent de leur condition misérable. Je propose des montres qui valent trente ou quarante mille euros. Quelqu’un paierait-il autant pour un livre? Je ne le pense pas.

En ce qui concerne ma lecture et le style du texte, j’ai quand même été assez convaincu, puisque le style de l’auteur est assez fluide. Le roman se lit bien, le texte est assez aéré et les phrases bien construites. Même s’il y a beaucoup de références littéraires, elles sont toujours bien amenées, de manière à ce qu’on puisse les comprendre facilement, et sinon, il y a aussi beaucoup de notes à chaque fin de chapitre pour dire d’où sont tirées telles ou telles références, qui peuvent en fait être soient littéraires, mais aussi musicales. Il y a notamment dans un passage tout une référence à Charles Trenet. Le roman est donc assez agréable à lire.

Je conclus cette chronique en disant que, finalement, c’est un bon roman qui nous est proposé, un roman bien construit, avec certains personnages haut en couleur. Les seuls problèmes, ce sont que le personnage principal, et surtout l’histoire, ne m’ont pas convaincue. Or, ce sont les points principaux qui doivent nous faire adhérer à un roman. Ici, il me manque donc le principal pour que je puisse trouver ce livre bien. Je pense que ce roman peut trouver son public, puisqu’il est bien écrit et permet de découvrir la bibliothérapie, mais hélas moi il m’a laissé sur ma faim.

Et vous?

Vous avez lu et aimé ce roman ?

Quel a été le dernier livre qui vous a déçu ?

Pour quelles raisons ?

Bon dimanche à tous

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10 réflexions au sujet de « Aux petits mots les grands remèdes »

  1. Ce roman ne me tente pas plus que ça, l’histoire a l’air d’être un prétexte pour parler des livres plutôt qu’une réelle histoire en fait, c’est un peu bizarre, je ne saurais pas mieux l’exprimer. Je préférerai limite carrément lire un essai sur la littérature en France aujourd’hui et/ou le principe de la bibliothérapie ^^.

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    1. Ah oui ^^ moi l’histoire me faisait bien envie ^^ peut-être qu’il m’aurait plus plu si je l’avais lu à un autre moment, si j’avais été plus réceptive. En tout cas il me plaisait beaucoup ^^ Mais je comprends ton point de vue, et tu as raison, je pense qu’un essai serait pas mal non plus pour découvrir ce milieu, ça éviterait de se poser la question si c’est un documentaire ou une romance, au moins on serait mieux comment se positionner 🙂

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  2. Moi j’ai vraiment aimé ce roman, comme quoi.
    J’ai aimé le héros, je me suis retrouvé en lui, il est passionné par les livres. Je n’ai pas trouvé que l’histoire était un prétexte pour parler des livres classiques aimés par le héros. C’était le contraire plutôt, selon moi.

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    1. En effet, comme quoi on a tous des ressentis différents 😉 J’ai peut-être mis trop d’attente dans ce roman, dans le fait de vouloir découvrir la bibliothérapie et d’avoir une bonne histoire et d’avoir un héro charismatique. Mais on a tous des attentes différentes en ce qui concerne les romans, c’est pour ça que je précise pourquoi moi je n’ai pas été convaincue, et pourquoi il pourrait plaire à d’autres. Et je n’ai pas dit que l’histoire était un prétexte pour parler de livre classique, mais plus pour montrer la manière dont lui travaille. En fait, ça pourrait presque penser à un documentaire si ce n’était pas un peu romancé et s’il n’y avait pas en toile de fond la romance entre Alexandre et Mélanie. En tout cas c’est toujours intéressant de discuter sur un livre. Et je suis contente que tu ai aimé ce roman 🙂

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  3. C’est agréable d’échanger les points de vue 🙂
    Ce qui trompe (peut-être) avec ce roman c’est une couverture un peu fun. Elle laisse penser à un roman léger alors qu’il y a plein de références assez pointues. J’avais lu le premier roman de cet auteur , Chercher Proust, c’était pareil. Voilà pourquoi aussi je n’ai pas été surpris par le contenu.

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    1. Ah oui, toit aussi tu l’a reçu par NetGalley. C’est vrai que du coup on hésites beaucoup dans ces cas-là à abandonner ou non un livre quand c’est dans le cadre d’un partenariat. J’avoue que moi je me suis un peu forcée pour le lire. L’auteur a vraiment un style particulier et tout le monde ne peut pas accrocher. Lis-le encore un peu, poursuis ta lecture et si vraiment tu ne peux pas, abandonne-le. C’est le seul conseil que je peux te donner 🙂 En tout cas, bon courage 😀

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