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Le cri du Cerf

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Bonjour tout le monde. Et voilà, pour plusieurs d’entre vous, comme pour moi, la rentrée est faite, une nouvelle année scolaire vient de commencer, avec une nouvelle classe, de nouveaux projets à concrétiser. Cette année moi je commence un nouveau travail, et oui, n’ayant pas trouvé de travail en bibliothèque puisqu’ils ne voulaient pas m’embauchez où  j’ai fait mon stage toute l’année dernière, il a fallu que je cherche un autre travail. Avec un prêt étudiant sur les bras, il fallait mieux que ce soit rapide. J’ai donc cherché dans ce que je savais faire, et cette année je me retrouve à nouveau nounou à temps partiel. Je fais les sorties d’école et le mercredi, comme quand j’étais étudiante. Cela va me laisser du temps pour terminer et corriger Changez de vie, mon roman, en commencer peut-être un autre, et surtout vous écrire pleins de chroniques sur le blog, surtout que j’ai une pile à lire qui a beaucoup grandi avec les vacances. J’ai donc pleins de chroniques à vous présenter, plus une nouvelle catégorie d’articles qui devrait voir le jour dans quelques semaines.

Je commence cette nouvelle année scolaire avec la chronique d’un roman que j’ai lu pendant l’été. C’est un roman qui m’a été proposé dans le cadre d’un partenariat avec une agence d’attaché de presse. Ne connaissant pas ce titre, c’est celui-ci que j’ai choisi dans leur catalogue. J’avais envie de lire un polar pendant ces vacances d’été. Parce qu’il s’agit bien d’un polar, publié par les éditions eaux troubles, que je découvre. Il a été écrit par Johanne Seymour et pour l’édition que j’ai, elle date de 2016. Voici son histoire :

Un matin d’octobre, Kate plonge dans les eaux glacées de son lac près de Perkins, dans les cantons de l’Est, et trouva le cadavre d’une fillette. Plus tard, une seconde victime confirmera la présence d’un tueur en série. Qualifiée par ses pairs de vindicative, le sergent Kate McDougall devra mener l’enquête la plus difficile de sa carrière. Pour démasquer la Bête, elle aura à affronter ses démons et remonter le fil de son passé. Une démarche qui l’entrainera au cœur d’un cauchemar et qui risque de briser le fragile équilibre sur lequel elle a bâti sa vie. Un vie marqué par le Cri du cerf.

Nous suivons donc Kate, une flic de Montréal qui a été mutée contre sa volonté en pleine compagne canadienne, à Perkins. Ici, il ne se passe jamais grand chose, sauf un matin où, la jeune femme allant se baigner suite à une nuit peuplée de cauchemar, dans le lac qui baigne son chalet, trouve un cadavre. C’est une petite fille qui n’a pas dix ans. Kate en bouleversée par cette découverte. Elle aimerait alors trouver quel monstre a pu faire ce genre de chose, la gamine étant vidée de son sang, et déposée près de chez elle. Mais Kate se voit retirer l’affaire par son ancien amant, Paul Trudel, son supérieur à Montréal. Ce dernier estime que c’est à la police de Montréal de prendre l’affaire en main, et que Kate est trop émotive pour prendre ce type d’affaire. Elle est en effet suivie par une psychologue suite à des accès de colère et un mépris de la hiérarchie. Mais elle refuse de lui parler des cauchemars horribles qui peuplent ses nuits. Enfin, une seconde fillette est découverte, elle aussi égorgée et vidée de son sang. Kate finit par récupérer l’affaire puisqu’il faut à tout prix arrêter ce tueur en série, qui tue de manière rapprochée. Kate finit d’ailleurs par se trouver dans le viseur du tueur, qui semble en savoir beaucoup sur elle, trop même. Il sait pour les cauchemars, et Kate se doit de l’arrêter avant qu’il ne prenne confiance et arrête de tuer des petites filles pour passer à sa véritable victime, Kate.

Puisqu’il s’agit d’un polar, je ne vais pas détailler plus que cela l’histoire afin de laisser une certaine place au suspens qui est très présent dans le livre. Je dirais néanmoins qu’il y a une escalade de la violence dans le série. Le tueur prend de plus en plus confiance et organise des mises en scènes de plus en plus morbides, afin d’atteindre sa cible et de lui faire peur. Jusqu’à ce que la situation lui échappe. Donc, comme dans beaucoup de ce type de récit, les crimes sont de plus en plus marquants, afin d’affecter non seulement l’héroïne, mais aussi le lecteur.

J’avoue que j’ai beaucoup aimé le personnage de Kate. Je l’ai trouvé touchante. Elle paraît forte, sûre d’elle, elle est un peu castratrice avec les hommes, qu’elle repousse sans cesse, mais elle est aussi hyper fragile. On comprend vite qu’il s’est passé quelque chose de grave dans sa vie, quelque chose qui l’a détruite, et qui en plus l’empêche d’aimer. Elle ne vit que des expériences amoureuses qui ne durent pas, même si elle est amoureuse de son supérieur, Paul Trudel. Elle est poursuit par de terribles cauchemars, et est surtout une tête brûlée qui déteste qu’on lui dise comment elle doit gérer son travail. Elle ne respecte pas les règles car pour elle, ce qui compte c’est le résultat, de sauver des gens, même si pour cela elle doit éprouver du mépris pour ses supérieurs. Ce qui m’a touché chez elle, c’est cette fragilité, cette terreur qu’elle éprouve dès qu’elle ferme les yeux. Néanmoins, c’est aussi un personnage qui m’a parfois agacée, parce qu’elle prend des décisions pour se protéger qui paraissent parfois absurde parce qu’elles mettent en danger l’enquête elle-même, donnant du temps au tueur, tout ça parce qu’elle refuse de se plonger dans son passé. Elle protège d’une certaine manière le tueur en refusant d’affronter son passé, d’en parler avec les autres. Sa fragilité la met aussi en danger.

En lui retirant l’enquête, ils l’ont acculée au pied du mur. Tant et aussi longtemps qu’elle était sur l’enquête, elle pouvait camoufler la vérité. Peu importait. Elle était là pour s’assurer que le tueur soit pris. Mais maintenant… Pouvait-elle, sans mettre une enfant en danger, retenir l’information qu’elle détenait ?

Kate sait qu’elle devrait parler, mais c’est au-dessus de ses forces. Si je ressuscite mon passé, je n’y survivrai pas une seconde fois, songe-t-elle avec désespoir. Et même si, tout au fond, elle devrait sentir que c’est faux, le monstre aveuglant de son passé l’oblige à n’envisager qu’une seule solution. Trouver le coupable elle-même.

Ce roman, bien qu’il soit un polar classique, avec un méchant qui tue et une héroïne qui le traque, reste un bon moyen pour s’interroger sur ce qui pousse les gens à devenir qui ils sont. En effet, Kate est marquée par la mort, par ce qui s’est passé son enfance, qu’on ne découvre qu’à la fin, et elle s’interroge pas mal sur ce qui aurait pu mal tourner chez elle si elle n’avait pas eu de la chance. De cette manière, elle comprend, ou du moins essaye de comprendre, ce qui peut pousser les tueurs. Elle sait que tout le monde peut basculer, et elle réfléchit donc à ce moment qui fait basculer les tueurs, qui les font devenir monstrueux. Elle espère qu’en trouvant ce moment, elle pourra trouver le tueur. Toute son enquête est en fait une enquête sur ce moment qui fait basculer une vie dans les ténèbres.

Le meurtre…., songe Kate. Est-ce l’ultime transgression ? Qu’est-ce qui peut bien pousser un être humain à franchir les barrières de la loi et de la morale pour accomplir les pires atrocités ? Quel est le déclencheur qui fait traverser un être de l’autre côté de la raison ? Les expériences passées ont sans doute leur responsabilité, mais tous les violés ne deviennent pas des violeurs. Ou tous les abusés, des abuseurs. Il doit bien y avoir un déclic quelque part ?

J’ai beaucoup aimé e fait que ce roman se passe au Canada. C’est assez rare que je lise des polars qui se passent là-bas puisqu’une majorité de cette littérature se passe plutôt aux Etats-Unis. J’ai trouvé ça intéressant de voir l’enquête se passé dans ce pays, avec les différentes règles qui peuvent être mises en place, qui sont un peu différentes de la France ou des USA. Les noms des collègues de Kate, Jolicoeur et Labonté, m’ont bien fait rire. Je ne pense pas que ces noms soient clichés, même si de notre côté, on a du mal à imaginer que des personnes puissent porter de tels noms. En tout cas, l’ambiance « grands espaces » qu’on peut imaginer en pensant au Canada est bien là.

J’ai bien aimé la construction de ce roman, où on alterne les points de vue. On a bien sûr ceux de Kate, mais aussi les avis de Paul Trudel, son ancien amant et chef, ainsi que ceux du tueur, qui se désigne lui-même comme une Bête. On voit donc parfois l’action à travers ses yeux. J’ai trouvé que cela donnait un aspect particulier à l’histoire, rendant le tueur un personnage à part entière, un personnage auquel on peut s’identifier dans une certaine mesure, qui nous le rend accessible. De ce fait, ce n’est que parce qu’il se désigne lui-même comme une Bête que son aspect de tueur resurgit, sinon il a tendance à être gommer à mesure qu’on apprend à le connaître.

Appuyé contre le cadre de porte, la Bête observe le vieux Thomas qui s’est endormi sur le sofa. L’homme empeste. Encore une fois, dans son délire, il a uriné dans son pantalon. La Bête s’approche de lui, et avec une infinie tendresse, tente de le réveiller.

  • Viens, murmure-t-elle au vieil homme qui émerge difficilement de son coma éthylique, je vais te laver et te changer.

Thomas lève ses yeux vitreux vers la Bête.

  • Tu es revenu…, souffle-t-il en s’accrochant à la Bête pour se lever.
  • Tu le sais… Je reviens toujours.

Le regard plein de gratitude, Thomas posse presque tendrement sa main rachitique sur la tête de la Bête.

  • Je ne te mérite pas, chuchote-t-il.

La Bête pourrait presque pleurer. Elle a tant d’affection pour ce misérable vieux.

  • Ce n’est pas vrai dit-elle les yeux humides, tu mérites tout ce que je fais pour toi, papa.

Papa… Le mot fait son chemin dans la tête embrouillée du vieil alcoolique et, en boitillant péniblement vers la salle de bain, un malaise l’envahit. Son enfant ? Mon dieu ! Lui qui le croyait mort…

Quand au titre un peu particulier de ce roman, l’explication arrive à la fin, lorsqu’on découvre ce qui est arrivé à Kate dans son passé et ce qui est arrivé la nuit où elle emménagé dans sa nouvelle maison, la nuit où les cauchemars sont revenus. A partir de là, le titre prend tout son sens, ce qui peut apporter quelques frissons face à cette vérité tellement elle peut sembler horrible. Je pense qu’une adaptation de ce roman en film ou autre pourrait faire dresser les cheveux sur la tête des plus sensibles tellement ce qui est arrivé à Kate est terrible, digne d’un film d’horreur.

En conclusion, je dirais que j’ai pris plaisir à lire ce roman. Certes, c’est un polar et c’est très compliqué de renouveler le genre, mais c’est une bonne histoire qui est racontée ici, avec un peu de suspens et d’angoisse, avec assez d’horreur pour que cela semble réel. On tremble avec les personnages, on a le cœur soulevé en même temps qu’eux. L’auteure utilise très bien les codes du genre policier, c’est une bonne maîtrise entre l’enquête et les éléments de la vie personnelle de l’héroïne. Même si ce n’est pas un coup de cœur, c’était une très bonne lecture et j’aimerai beaucoup lire la suite des aventures de Kate, puisque ce roman est le premier tome d’une série.

Et vous?

Comment s’est passée votre rentrée ?

Vous en êtes content ?

Vous attendez avec impatience les vacances ?

Avec quel livre avez-vous entamé cette nouvelle année scolaire ?

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2 réflexions au sujet de « Le cri du Cerf »

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