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Les ensorceleuses

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Bonjour à tous. En ces temps compliqués, me revoici avec une nouvelle chronique littéraire. J’ai hésité à vous écrire cette chronique à cause de ce fameux deuil national, mais je pense qu’il faut aussi continuer à vivre malgré tout, et que parler de livres est très important. Cela peut apporter beaucoup de bonheur et de joie à ceux qui peuvent en avoir besoin.

Cette semaine, je vais vous parler d’un roman qui se passe dans le Sud, en partie à Avignon, en été. En fait, il se passe pendant le festival d’Avignon, qui a lieu en ce moment. Ce livre est publié chez Michel Lafon et qui est sorti cette année. Ce roman, qui pour moi est clairement pour les adolescents, m’a été envoyé par le site Livraddict dans le cadre d’un partenariat entre le site, l’éditeur et mon blog. Je les en remercie d’ailleurs pour m’avoir fait découvrir ce titre, écrit par Chloé Varin, une auteure québécoise, dont c’est le premier roman publié en France. Voici son résumé :

Horoscope du jour :

Poissons : Les réponses à nos questions se trouvent parfois là où on s’attend le moins. Faites confiance à votre instinct.

Clémentine est française. Flavie est québécoise. Un océan les sépare et pourtant, le temps d’un été magique en Provence, elles ont tout partagé.

Mais quand le séduisant Grégoire les a trahies, elles ont décidés de le lui faire payer… Depuis, elles ne sont plus revues.

Un an plus tard, les deux complices décident de se retrouver là où tout a basculé. Jusqu’où seront-elles prêtes à aller réparer le mal qu’elles ont causés?

Dans ce roman, on voyage entre le Canada et Lyon, où vivent respectivement Flavie et Clémentine, et en Provence, où elles se retrouvent. Flavie et Clémentine étaient amies, le temps d’un été en Provence. Maintenant, elles ne se parlent plus. Ou du moins Clémentine ne veut plus entendre parler de Flavie. Car durant cet été, il s’est passé quelque chose de grave, quelque chose qui les a marqué toutes les deux, ainsi que le meilleur ami de Clémentine, Grégoire. Ce dernier s’est retrouvé défiguré à jamais, suite à une vengeance orchestrée par les deux amies grâce à un rituel de magie noire. Or, Flavie a vu sa vie changée. Elle veut réparer ce qu’elle a fait, et pour cela, elle doit retrouver Clémentine, en Provence.

Le roman tourne autour de la rédemption, de la culpabilité, de l’amitié et de la magie. Flavie est marquée par ce qui c’est passé un an plus tôt en Provence, un acte dont elle se sent profondément responsable. Elle se sent enlaidie, et son visage porte des stigmates de cette culpabilité, par le biais d’une violente acné. Clémentine quand à elle ne veut plus entendre parler de ce fameux été. Elle tente d’oublier tout ce qui a pu s’y passer. Elle essaye de reprendre le cours de sa vie, avec beaucoup de peine. Ce fameux été, son meilleur  ami, celui avec qui elle passait tous ses étés, a été gravement blessé. Elle ne veut donc plus entendre parler de Flavie, qu’elle tient en partie pour responsable. Elle ne veut pas non plus affronter cette part sombre d’elle-même. Or Flavie elle ne veut pas abandonner. Elle veut pousser Flavie a changer les choses, à supprimer le mauvais sort. Mais le but de Flavie ne s’arrête pas à cela, elle veut aussi retrouver son amie, Clémentine, qu’elle n’a pas oublier. Elle veut rattraper les choses avec elle, recoller les morceaux détruits par ce fameux sort lancé après le 14 juillet.

J’ai beaucoup aimé cette amitié entre les deus filles. Malgré le ressentiment que Clémentine éprouve envers Flavie, elle est tout de même heureuse de la revoir, de partager à nouveau des moments avec elle. Malgré la colère qu’elle ressent, Flavie reste son amie. Comme quoi, alors qu’elles pensaient toutes les deux, surtout Clémentine puisque Flavie espère toujours, leur amitié n’est pas morte. Au contraire, ce qui c’est passé leur permet de renforcer leur amitié entre l’océan. Il leur a fallu se disputer, ne plus se parler pendant un an pour apprécier réellement leur amitié, et comprendre que chacune avait ses failles, ses problèmes, et qu’il fallait prendre les personnes telles qu’elles étaient. Surtout qu’elles ont toutes les deux des problèmes avec leurs familles, et que seule leur amitié peut les couper de ces mauvaises ambiances.

J’ai toujours eu horreur des adieux. Comme tout le monde, je suppose. Il faut être sadique pour aimer ça. J’aurais envie de zapper ce moment-là, de fermer les yeux  et de ne les rouvrir qu’une fois chez moi, bien au chaud dans mon lit. Histoire d’éviter à la fois le malaise et les larmes. Va-t-on se revoir? Je l’ignore. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve. La preuve : durant ces cinq jours (cinq petits jours, mais j’ai l’impression d’avoir vécu une vie entière), j’ai renoué avec mon amie, me suis fait une nouvelle confidente aussi âgée que mes deux parents réunis, et j’ai repris confiance en moi. Comme quoi, tout est possible avec la magie blanche.

L’aspect magique m’a aussi beaucoup plu. Flavie croit à fond en l’astrologie, les puissances surnaturelles, et elle entraine Clémentine dans cet univers. Il est très bien décrit, et ça donne envie de le découvrir. Ceci est vrai sauf pour la partie du sortilège lancé à Grégoire, car même si on ne sait pas si l’accident qu’il a eu est lié à cela, le doute demeure, et on pense tout de suite qu’il ne faut pas jouer avec des forces qu’on ne maitrise pas.

(Clémentine)

Flavie s’est ensuite appliquée à tracer ce qu’elle a appelé notre « cercle magique ». je venais de comprendre à quoi servirait le kilo de farine… Elle a répandu la moitié du sac en un large cercle imparfait d’une circonférence d’environ trois mètres. Puis elle s’est plantée dos à moi, face tournée vers la porte. Son ombre se découpait sur le mur, et la lumière tamisée formait un halo rougeâtre autour d’elle. Elle a allumé un bâtonnet d’encens en se mettant à déclarer un texte de manière d’abord imperceptible, puis de plus en plus audible au fur et à mesure que sa voir prenait de l’aisance. Elle s’adressait à un certain Urieus, gardien de la tour de l’Est. Elle s’est déplacée ensuite vers la gauche, qui s’est avéré être au sud, comme je l’ai appris un instant plus tard lorsqu’elle s’est mise à réciter.

 Je me suis plus sentie proche de Flavie, que j’ai trouvé assez drôle, pleine de vie. Enfin, on sent qu’elle n’a pas les mêmes problèmes familiaux que Clémentine, qui est moins joyeuse, moins optimiste, malgré le fait que sa mère soit partie en Asie. Surtout, je me suis retrouvée en Flavie qui est persuadée à fond que son sortilège a blessé quelqu’un. C’est cette croyance en la magie qui me l’a rendu sympathique. Clémentine fait plus renfermée. Chez  Flavie, il y a aussi son côté québécoise qui ressort beaucoup, avec des expressions plus ou moins loufoques pour nous. Et vraiment, elle prend toujours le meilleur côté des choses. C’est aussi pour ça qu’elle est persuadée qu’elle peut arranger les choses.

Il y a aussi une question qui est en suspens dans le roman. Non seulement on ne sait pas vraiment ce qui est arrivé à Grégoire pendant une bonne partie du livre, mais en plus, même à la fin, on ne sait pas si Grégoire n’avait finalement pas mérité ce qui lui est arrivé. C’est peut-être quelque chose qui finalement me gêne un peu dans ce roman, c’est le fait que tous les hommes dans ce roman finissent par trahir les filles, ou par leur faire des reproches. A part le père de Flavie, qui lui prend pourtant la tête à un moment donné, le père de Clémentine et Grégoire sont plutôt mal considérés. Ils sont même décrits comme des salauds. Enfin, jusqu’à la fin. D’une certaine façon, on a l’impression qu’il y a une sorte de moral au long de ce livre, comme quoi Grégoire avait besoin de cet accident pour devenir meilleur, pour ne pas devenir un homme méchant.

  • Madame Rose avait raison de dire que tu gardes en toit une colère refoulée. Tu dois te rendre à l’évidence : Greg t’a manqué de respect. Il s’est servi de toi comme d’un vieux mouchoir dont on peut disposer.
  • Ce n’était peut-être pas si grave…
  • Non, Flavie, je ne suis pas d’accord. Greg doit savoir qu’il s’est comporté comme un porc. Et qu’il a mérité ce qui lui est arrivé, le soir de l’orage.

Il y a un détail qui m’a beaucoup amusé dans ce roman, c’est toute la description de la vie de Flavie avec son père, qui est écrivain. J’ai trouvé ça très sympa la manière dont l’auteur imaginait la manière d’écrire de ce père. J’espère ne jamais écrire comme lui. C’est vraiment un calvaire pour ses proches.

L’ermite ne dort jamais bien longtemps, je n’ai pas une seconde à perdre. je rallume l’ordi, encore chaud d’avoir trop servi. Le pauvre engin aurait grandement besoin de vacances, sauf que ce jour n’est pas près d’arriver, puisqu’il est tombé entre les mains d’un indécrottable workaholic. Fidèle à son habitude, Jean-Benoît est en retard pour la remise de son manuscrit. Conséquences : ces jours-ci, il ressemble à un étudiant en période d’examens. Il ne se lave plus. Ne se rase plus. Passe ses journées en pantalon de jogging informe et en vieux tee-shirt d’une université qu’il n’a même pas fréquentée, rivé à son ordinateur, les yeux injectés de sang, carburant au café du matin au soir. Si je ne lui apportais pas de la nourriture et de l’eau fraîche une fois de temps en temps, on le retrouverait probablement mort déshydraté.

(…)

Ces jours-ci, Jean-Benoît est tellement distrait qu’il a :

  • tenté d’utiliser  calculatrice plutôt que son cellulaire pour téléphoner à son éditeur;
  • employé le prénom de ma mère à trois reprises pour m’appeler sans relever mes regards meurtriers et mes soupirs contrariés;
  • confondu les croquettes du chat avec ses céréales de semoule de maïs biologiques à grains entiers et s’en est servi un grand bol avec du lait;
  • uriné dans la plante à côté de son bureau durant une séance d’écriture nocturne sous prétexte qu’il était à moitié somnambule. (En vérité, je le soupçonne de l’avoir fait volontairement pour éviter de perdre un temps précieux à se rendre à la toilette, au bout du couloir. C’est dégoûtant, je sais, mais il m’a promis de ne plus le faire, et j’ai choisi de le croire).

En ce qui concerne l’écriture, elle est très fluide, agréable à lire. Le roman se lit bien. Chaque chapitre concerne l’une ou l’autre des deux filles. Ainsi, on a une alternance entre les deux héroïnes. Chaque chapitre commence donc d’une manière différente pour qu’on sache de quelle héroïne il s’agit. Non seulement on a le nom de celle qui parle, mais en plus, pour Flavie on a un bout de l’horoscope, avec le poisson qui est son signe, et pour Clémentine, ce sont des répliques de cinéma, pour une fille passionnée par le 7e art. le festival d’Avignon qui se déroule à la période où vient Flavie est d’ailleurs un prétexte pour Clémentine pour la rejoindre en Provence.

Pour conclure cette chronique, je dirais que j’ai passé un bon moment avec les deux filles, que la conclusion du roman est sympa, quoique un peu prévisible, mais peut-être un peu trop enfantin pour moi. C’est un roman qui devrait bien convenir aux adolescents, c’est un bon roman d’été, mais ce n’est pas un coup de cœur pour moi. Néanmoins, comme je l’ai dit, il se lit très bien. Il reste une bonne lecture.

Et vous?

Que lisez-vous pendant vos vacances?

Des romans d’été?

Des romans fantastiques?

Des romans policiers?

Passez tous de bonnes vacances 🙂

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