chroniques littéraires·service presse

Faux raccord

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Bonjour à tous. Aujourd’hui, j’avais très envie de vous présenter un roman que j’ai fini cette semaine. C’est un roman que j’ai lu en service presse, qui m’a été envoyé par les éditions Boz’Dodor il y a environ un mois, et que j’ai lu entre plusieurs autres livres. Comme c’était en format e-book, ma liseuse ne m’a pas quittée ces derniers temps. Ce roman a été écrit par Mell 2.2, une jeune auteure que je suis sur les réseaux sociaux mais dont je n’avais pas encore découvert la plume. C’est chose faite, et je peux déjà vous confier que je n’ai pas été déçue du voyage. Je pense que je lirais ses prochains ouvrages. En ce qui concerne celui-ci, qui s’intitule Faux Raccord, il est sorti cette année, aux éditions Boz’Dodor. C’était aussi une maison d’édition que je ne connaissais pas, je n’avais encore rien lu de ce qu’ils avaient édités, et je suis assez contente de ma découverte. Le roman est catalogué comme étant de la romance, personnellement je l’aurai classé dans la dystopie, mais c’est mon avis. En voici son résumé :

Hors des hauts remparts protecteurs de Tenbo-dai, la vie n’existe plus.

Faux !

Clémentine, elle, vient de l’extérieur, dans une zone soit-disant contaminée entre la muraille deux et trois, au cœur des guerres de gangs pour contrôler ce secteur.

Elle ne s’imaginait pas voir un jour l’intérieur de la cité de ses propres yeux orange.

Elle ne s’attendait pas à ce que le vent ne fouette plus ses longs cheveux blanc comme le lait.

Elle ignorait que ses attributs particuliers pouvaient la lier à quelqu’un et ainsi lui faire perdre sa liberté à jamais… si tant est qu’ils soient compatibles.

Alors, quand j’ai commencé le livre, je n’avais qu’une très vague idée de ce qu’il pouvait raconter. Je n’avais pas lu son résumé, ou du moins vaguement, et j’avais juste retenu que le monde avait changé et que les héros devaient se battre contre le pouvoir en place. L’aspect romance m’était totalement sorti de la tête. A vrai dire, c’est de toute manière un élément qu’on retrouve facilement dans une dystopie, comme si le fait d’avoir un monde dévasté devait être contrebalancé par de l’amour. Heureusement, ce n’est pas quelque chose qui me gêne, même si parfois, les triangles amoureux peuvent être assez lassants.

Nous commençons donc l’histoire avec l’héroïne, Clémentine. Elle vit dans un le secteur deux, celui qui se trouve derrière les murs de la cité de Tenbo-dai, zone non irradiée par une guerre nucléaire survenue des décennies plus tôt. Clémentine, comme sa famille et ses compagnons, serait irradiée, puisque vivant dans cette zone hautement toxique. Ce sont des exilés, vivant hors des limites de la protection de la civilisation, car contaminés. Clémentine a les cheveu blancs et les yeux oranges. Dans son secteur, elle est la seule comme ça, elle est spéciale. Or, un jour, des soldats de Tenbo-dai débarquent dans le secteur deux et massacrent une partie de ses habitants, avant d’enlever Clémentine et Newton, le membre d’un gang rival à celui de Clémentine. Comme elle, Newton a les cheveux blancs et les yeux oranges. Ils sont alors amener dans une zone spéciale de Tenbo-dai, un gigantesque laboratoire, où ils apprennent leurs natures spéciales, celles de Symbiotes. Suite aux radiations apportées par la guerre nucléaire, des humains ont muté, se transformant en Virus. Ces derniers sont reconnaissables grâce à leurs yeux fendus comme des chats et leurs forces surhumaines. Et ces fameux Virus ne peuvent survivre sans se connecter à leurs Symbiotes, qui leurs fournissent une dose vitale de Mana, la source de leur énergie.

  • Je suis un Virus.
  • Jamais vu un microbe aussi gros, répliquai-je, du tac au tac.

Un sourire taquin fendit le visage sévère de Huit.

  • On nous a désigné ainsi, car nous pouvons répandre notre force avec facilité. Mais c’est une erreur. Le mot : Parasite, reflète plus en détail ce que nous sommes toi et moi, enfin… surtout moi. Il existe certains insectes dans le monde, comme les pucerons, qui nécessitent d’abriter dans leur corps une bactérie particulière: la Buchnera aphidicola. Le puceron ne peut pas subsister sans cet endosymbiote. L’absence de cet organisme affecte le code génétique de son hôte et lui retire certaines capacités.
  • Tu comptes me faire un cours d’entomologie? lâchai-je, fatiguée de son discours.
  • C’est important que je te raconte ça pour que tu piges, m’assura Huit. Les Virus survivent de la même manière. Sans une personne comme toi, je perds mes attributs de super-soldat invincible. En claire, Mandarine…
  • Clémentine ! corrigeai-je.
  • Clémentine, se reprit Huit, tu es une Symbiote. Je suis autant esclave de ta présence, que tu seras de la mienne

Clémentine se voit alors attribuée à Huit, un Virus très intéressé par son caractère indomptable et la rébellion qui couve dans l’esprit de la jeune fille. Intéressé jusqu’à tomber amoureux d’elle.

On a donc une romance dans une dystopie. Déjà, le monde dans lequel évolue nos héros est gouverné par la puissance nucléaire, qui a profondément bouleversé l’univers et la politique. Tout est fait pour les habitants de Tenbo-dai ne sortent pas des murs qui entourent la ville, et pour que personnes d’autres n’y entrent. Et surtout, le monde a vu l’apparition de deux nouvelles races d’humains qui ont mutés. Et comme les Symbiotes sont très rares, personne n’hésite à tuer pour en récupérer deux, même si cela signifie massacrer des innocents. Car, ce que j’ai oublié de mentionner, c’est que les soldats qui surveillent et protègent la ville sont des couples Symbiotes/Virus. Enfin, jusqu’à ce que Clémentine vienne y mettre son grain de sel et fasse éclater la vérité.

Ce que j’ai apprécié dans cette romance, c’est que Clémentine se bat d’abord contre Huit, qu’elle considère à la fois comme son maître, mais aussi comme celui qui profite d’elle. Même s’ils deviennent rapidement amis, qu’ils ne se disent pas qu’ils éprouvent des sentiments plus poussés, Clémentine se rebelle sans cesse contre sa nature de Symbiote, qu’elle considère comme esclavagiste. Et lorsqu’elle ne peut plus être en colère contre Huit, qui lui aussi n’y peut rien, elle se retourne contre l’institution qui se sert d’eux. C’est alors là qu’on retrouve tout l’aspect de la dystopie, où un héro souhaite renverser l’ordre établi, ou du moins s’y soustraire. Clémentine ne pense qu’à une chose, quitter Tendo-bai.

Dans cette romance, tous les sentiments sont traités avec beaucoup de pudeur je trouve. Même si les deux personnages principaux savent se lâcher et profiter de la présence de l’autre de manière charnelle, il n’y a aucune scène déplacée ou qui va trop loin. Tout est très bien décrit, ce qui permet de se concentrer que sur les émotions que ressentent les personnages, l’amour qui les lie mais aussi l’attachement puissant qui les connecte. Le couple reste très attachant. J’ai apprécié le fait qu’ils ne cessent de se chercher, Clémentine n’hésitant pas à frapper Huit lorsque celui-ci va trop loin.

Je me suis assez vite attachée au personnage de Clémentine, qui est un vrai garçon manqué, qui a été élevée en totale liberté, en devenant  presque chef de gang. Elle sait non seulement se battre, mais a aussi une répartie à la limite de l’insolence qui vont lui attirer des ennuis, et attirer aussi le regard de Huit sur elle. J’ai aussi apprécier le moment où elle raconte à Huit son enfance, ainsi que ce qu’est devenue sa mère. C’est un passage assez poignant je trouve. Le fait que Newton soit très attaché à elle la rend d’autant plus attachante, car elle doit sans cesse briser son cœur.

Il y a dans ce roman beaucoup d’originalité, mais aussi certains moments assez horribles, qui m’ont un peu dégoutés. Ainsi, pour éviter toute fuite de la part des Symbiotes ou des Virus, les autorités leurs ont fais poser un traceur, qui leur entoure la cheville, mêlé à la chair et inséré directement dans l’os des agents. Je suis peut-être une petite nature, mais rien que d’imaginer cela m’a presque soulevé le cœur.  Tout est traité sans trop dévoiler de détails, c’est le fait d’imaginer la scène qui m’a bouleversé. Surtout quand les amis de Clémentine commencent à parler de couper l’os, d’opérer afin de retirer ce traceur. Surtout que ce fameux traceur est bien plus que cela, il est vital pour les Symbiotes.

Le soldat s’arrêta, s’accroupit et releva son pantalon.

  • Tu vois, le boîtier qui contient une fiole?
  • Oui.
  • C’est leur meilleure méthode pour nous garder à leur service, maugréa Huit. C’est une seringue remplie de lysine, un acide animé indispensable à nos deux races. Les humains n’ont pas besoin d’un apport aussi important que nous. Ils peuvent très bien se passer de protéines, même s’ils rencontreront quelques carences alimentaires. Jusqu’à présent, la lysine ne t’était pas primordiale. Mais durant les deux semaines de ton coma artificiel, les scientifiques du complexe se sont arrangés pour rendre ton organisme dépendant à un point morbide.

En plus de l’originalité, de la romance et des connaissances incroyables, à mon sens, de l’auteure sur le fonctionnement du corps humain et des virus, il y a pas mal de suspens dans ce roman. Ainsi, j’ai par moment eu peur pour les héros, craignant ce qui allait leur arriver. A un moment de l’histoire, le rythme s’accélère, et le suspens sur ce qui va suivre est quasiment haletant. Il y a d’ailleurs un bon retournement de situation sur la fin, où celle-ci n’est pas du tout imaginable, prévisible. Je craignais un peu d’avoir une fin qui aurait été prévisible, et je suis contente d’avoir été surprise par celle-ci, par les aventures que vont vivre les deux amoureux et leurs compagnons.

Le seul bémol que je mettrais à ce roman, c’est sur ses dernières pages, sur sa toute fin, que j’ai eu du mal à accepter. En effet, il se passe un gros retournement de situation, qui hélas cette fois était assez prévisible, et qui moi en plus m’a gêné, car il m’a perturbé. Pour ne spoiler personne, je raconterai pas ce passage, mais je dirais juste que l’évolution du couple de Huit et de Clémentine m’a gêné, au sens où j’aurai préféré une autre fin, une autre évolution, moins prévisible. Je pense qu’on y perd en intensité, notamment suite à la perte d’un personnage central. Après, j’attends de voir avec impatience comment cela va être traité dans le tome 2, et qu’une solution sera trouvée pour pallier à ce revirement.

Ce fut en tout cas une super découverte. J’ai aimé toute la partie philosophique qu’on peut trouver dans ce roman, avec une réflexion sur la liberté et l’amour, sur l’esclavage qu’il peut apporter. Il amène une bonne réflexion sur jusqu’où on peut aller par amour, sur les prisons qui nous entourent. Même si ce roman n’est pas un coup de cœur, suite à sa toute fin, il reste un roman que je conseille vivement pour les personnes aimant les dystopies et la science-fiction. C’est un roman très agréable à lire, qui se lit bien. Il est d’ailleurs très bien écrit et bien mené. Il y aurait encore pleins de choses à en dire, pleins d’éléments que j’aurai encore pu vous évoquer, alors n’hésitez pas à vous rouer dessus.

Et vous?

Vous avez déjà lu  des romans de Mell 2.2?

Vous aimez les romances dans la dystopie? Vous les trouvez essentielles?

Vous devinez souvent les fins dans vos livres?

Cela vous arrive d’être dégoutez par des passages dans des romans?

N’hésitez pas à commenter.

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3 réflexions au sujet de « Faux raccord »

  1. Hello, les romances pour moi sont essentielles dans chaque lecture qu’elle soit ça donne un peu plus de piment et de charme et pour ce qui est dégoûtée, ça m’est souvent arrivée que j’arrêtais de lire pendant un moment pour reprendre mon souffle, et a force de lire je devine presque tous le temps la fin ou des fois où je suis trop confiante et paf l’auteur me surprend et là je ne suis qu’admiration mais ça n’arrive pas assez souvent 😉 belle journée

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  2. J’ai vu une chronique très récemment sur ce bouquin, et il me fait plutôt envie. Là encore, c’est le côté « romance » qui pourrait un peu me freiner, à voir comment c’est traité. Je ne connaissais pas du tout l’auteure par contre.

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    1. Moi non plus je ne connaissais pas l’auteure, je n’avais rien lu d’elle. Par contre, j’avais suivi son actualité grâce aux réseaux sociaux. C’est un très bon roman. C’est sûr que le côté romance est assez présent, mais il est pas lourd comme ça peut être le cas dans Twilight. Si tu peux le lire n’hésites donc pas 😉

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