chroniques littéraires

Yin et le Dragon

couvyin

Bonjour à tous. J’espère que votre semaine s’est bien passée. La mienne oui, même si cela a été assez laborieux au début, j’ai fait pas mal d’aller et retour mardi matin avant de trouver où étaient passés mes collègues de la bibliothèque. Résultats, près d’une heure passée sur la route, tout ça parce qu’elles avaient oubliés de m’avertir que la réunion prévue était décalée d’un quart d’heure. Mais le plus important, c’est que je suis enfin en vacances, avec pleins de lectures et de chroniques de prévues, plus l’écriture de Changez de Vie. Et pour cette première chronique des vacances, je vous propose de vous emmener en voyage, dans la Chine de la Seconde Guerre Mondiale. Pour cela, je vais vous parler de la Bande-Dessinée Yin et le Dragon, qui est une nouvelle série dont le premier tome est paru en janvier, aux éditions rue de Sèvres. Elle est dessinée et scénarisée par Richard Marazano et Yao Xu. En voici le résumé :

Shanghai 1937. L’armée impériale japonaise a fait main basse sur une large partie de la côte chinoise. En ces temps de tristesse, la menace de l’antique prophétie plane, celle de l’invincible dragon noir Gongong qui doit venir anéantir les hommes quand le désespoir et la haine régneront. Yin, petite fille d’une dizaine d’année est élevée par son grand-père pêcheur, Liu. Un soir, alors que Liu sort en mer, Yin se faufile sur le bateau. Soudain une bête puissante se débat dans ses filets : un dragon d’or, blessé, que Yin convint son grand-père de cacher et de soigner… Une décision qui les emmènera bien plus loin qu’ils ne le pensaient.

Nous sommes donc au début de la Seconde Guerre Mondiale. Dans un village chinois, une petite fille, Yin, vit seule avec son grand-père qui est pêcheur. Ils essayaient de survivre en ces temps difficiles. Elle vend le poissons qu’il prêche, mais n’arrête pas de se faire voler par une bande de gamins des rues. Un jour, après un énième vol, le grand-père de Lin retourne pêcher en pleine nuit. Il refuse bien sûr que la petite l’accompagne. Il a déjà perdu son fils, sa belle-fille et sa femme à cause de la mer, il ne veut donc pas que la petite quitte la terre ferme. Mais cette dernière ne l’entend pas de cette oreille, et se faufile sur le bateau. Elle finit par être découverte, en pleine mer. Et là, entre leurs filets, se débat un Dragon d’Or, une bête mauvaise que Lin parvint à garder et à soigner. Tout cela sur fond d’invasion japonaise, et de Dragons venus d’un autre âge pour reprendre la terre aux hommes.

Alors, j’ai trouvé cette Bande-dessinée très poétique, et j’en suis ressortie assez frustrée. En effet, il y est fait beaucoup référence aux légendes chinoises, notamment à celle des Dragons d’Or, créatures méchantes par excellences, voulant l’extermination de la race humaine. Si j’ai été frustrée, c’est parce que j’aurai voulu plus d’explication sur cette partie du récit. Dans la BD, le grand-père est terrorisé par la vue du Dragon. C’est plus qu’une peur envers l’inconnue, c’est une peur parce qu’il sait que le Dragon est là pour les détruire. Mais on ne sait pas d’où il sait ça, ni comment il le sait. Surtout que toute cette vision terrifiante est contrebalancée par celle de Yin, la petite fille, qui est persuadée qu’elle peut changer le Dragon. Elle le voit un peu comme un petit animal blessé à sauver. Et jusqu’à la fin de la BD, on se demande si le Dragon est un ennemi ou un ami, si c’est une petit animal sans défense ou une arme destructrice.

Si la BD est poétique, c’est d’abord grâce à son thème, à cette petite fille trop mignonne qui veut adopter un Dragon comme elle adopterait un chiot. On sent tout au fil de la lecture que la petite s’attache au Dragon, qu’elle couve le plus possible. Elle veille sur lui, et le défend bec et ongles contre son grand-père qui lui adorerait se débarrasser de cette grosse bête encombrante et menaçante. Sauf qu’il ne sait pas dire non à sa petite fille. Quand au Dragon, même s’il ne dit rien, il accepte, avec quelques réticences, l’aide de cette fillette qui le soigne.

J’ai beaucoup apprécié la relation entre le grand-père, qu’on sent dévasté par la vie, et cette petite fille si vivante, si espiègle. Elle est devenue toute sa vie suite au décès de ses parents, et Liu lui cède tout. C’est un homme fatigué qui n’a pas le courage de se battre contre la vie, alors elle le fait pour lui. D’ailleurs, suite à l’arrivée du Dragon, et à sa faim grandissante, alors que Liu baisse les bras, c’est Yin qui va devenir le pilier de la famille, qui va se débrouiller pour trouver de la nourriture et défendre son grand-père. Je me suis bien attachée au personnage de Yin, qu’on découvre bagarreuse, qui s’affirme au fil du récit dans le but de protéger son grand-père, mais aussi son Dragon, quitte à se confronter aux soldats japonais envahisseurs. Et faire de ses anciens ennemis de nouveaux alliés.

Le dessin est magnifique, il correspond aussi la poétique du texte, on dirait de l’aquarelle.  Il apporte de cette manière une fluidité au récit, une épuration des planches, qui correspond à l’enfance, mais aussi au dessin chinois, un peu comme des estampes. Il permet non seulement de se retrouver dans cet univers chinois, mais aussi de centrer le récit sur Yin.

bd-planche-yinn

J’ai apprécié l’époque à laquelle est raconté le récit. Personnellement, pendant mes études, je n’ai jamais entendue parler de l’invasion de la Chine par les japonais. Moi qui suis fan du Japon, j’ai trouvé intéressant de voir aussi ce peuple présenté comme un peuple conquérant, qui souhaite annihiler le peuple chinois sous prétexte qu’ils sont colonisés par les Occidentaux. Ca permet aussi de rappeler que les japonais étaient avec Hitler lors de la guerre, et ça permet de faire entrer cette histoire fantastique dans l’Histoire, de montrer une période bien sombre, qui est contrebalancée par le dessin, très claire et lumineux. Je pense donc que cette Bande-dessinée peut-être éducative, qu’elle remet en valeur une partie de l’Histoire qu’on ne connaît pas.

Alors, le seul défaut de cette bande-dessinée, c’est un défaut qu’on retrouve hélas trop souvent dans ce type de format, c’est le peu de pages qu’il peut il y avoir. Comme je l’ai dit, j’ai été un peu frustrée dans ma lecture, car peu de choses sont détaillées, et la fin se fait en queue de poisson. Surtout qu’il y a un gros retournement de situation. Je crois que j’en aurais voulu en peu plus. On n’a qu’une envie, c’est d’avoir la suite.

Et vous?

Vous pourriez être tenté par cette histoire?

Vous l’avez lu? Qu’en avez-vous pensé?

Vous aimez les BD? Non? Pourquoi?

Bonne semaine à tous

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3 réflexions au sujet de « Yin et le Dragon »

  1. Cette BD me tente bien ! Je l’ai feuilleté quelques fois en librairie et elle a l’air franchement pas mal. Après j’ai aussi vu quelques avis mitigés sont ça doit être ça qui fait que je ne me suis pas encore lancé, mais je le ferais ! Les dessins sont très beaux en tout cas.

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