chroniques littéraires

Le journal d’Anne Frank (BD)

Journal d'Anne Frank (Le) - C1C4 v2.indd

Salut à tous. Voici enfin mon article, publié hélas avec quelques jours de retard. Je tiens à m’excuser pour ce décalage, j’ai pleins de choses à faire en ce moment, entre mon travail à la bibliothèque, l’examen blanc et le reste des devoirs à rendre pour la formation, j’ai peu de temps pour faire autre chose. D’ailleurs, cela fait un moment que je n’ai pas écris une ligne pour « Changez de vie ». La seule activité que j’arrive encore à faire, c’est lire un peu. J’enchaîne les lectures en ce moment.

Pour aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler de ma dernière lecture BD, qui est le Journal d’Anne Frank, écrit et dessiné par Antoine Ozanam et Nadji et publié chez les éditions Seuil au début de l’année 2016.

Tout le monde connaît l’histoire d’Anne Frank, cette jeune fille juive qui, pendant l’occupation des Pays-Bas par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale, a vécu avec sa famille cachée dans une maison dissimulée dans l’entreprise de son père. Durant 2 ans, ils vont vivre ainsi, sans jamais sortir de cette « annexe » , sans faire de bruit, comme s’ils avaient disparus du monde. L’un des témoignages de cette vie caché nous a été transmis par le journal intime de la jeune Anne, qui vivra ses années d’adolescente dans cette cachette. C’est dans ce journal qu’elle va y consigner toute sa vie, jusqu’à la fin. Car le journal d’Anne n’a pas été publié de son vivant, mais par son père, lorsque celui va rentrer des camps de concentration où sa famille va être envoyée. Anne n’y échappera pas, et finira sa vie dans un de ces camps, quelques jours avant sa libération.

Alors, ce que je peux dire d’abord sur cette BD, c’est qu’elle a fait un peu parler d’elle, puisqu’elle est l’une des premières adaptations du journal sans qu’il passe par le Fonds Anne Franck. En effet, ce Fonds gère les droits du livre, et donc toutes les adaptations. Or, ceci a fait couler pas mal d’encre, Anne Frank est décédée il y a cette année 70 ans, ce qui fait que son journal devrait être libre de droit. Ceci signifie qu’il tombe dans le domaine public, qu’il fait partie de ces œuvres qu’on peut par exemple télécharger gratuitement, ou qui peut l’exploité sans l’avis du Fonds d’Anne Frank, qui gérait les droits d’auteur. Ceci a fait débat, car le Fonds considère que le père d’Anne, Otto Frank, est coauteur du journal, puisqu’il l’a modifié, et donc qu’il faudrait atteindre les 70 ans après la mort d’Otto pour que le journal tombe dans le domaine public, c’est-à-dire attendre 2050. C’est là tout un débat sur les lois Européennes sur les droits d’auteur. Tout ce débat a été porté devant plusieurs tribunaux, dont en France la Cour de Cassation. Donc, cette BD est l’une des premières adaptations libre du journal.

Ici, le parti pris de la Bande-dessinée est que l’ouvrage qui est adapté est le journal non modifié, donc toute la partie écrite par Anne. Le but de l’ouvrage est de dévoiler l’adolescence de la jeune fille. Ainsi, le journal tel qu’il est décrit dans la Bande-dessinée est coupé, il ne raconte pas tout, notamment une partie de ce qui touche à la guerre. On sait juste que les Pays-Bas sont envahis, que les juifs sont soumis à la loi du IIIe Reich, que la sœur d’Anne en convoquée par les SS et que la famille emménage dans l’Annexe. Et que les Américains débarquent en Normandie, et que les Russes progressent vers l’Allemagne. Ce sont les seuls éléments sur la guerre qui se joue derrière les murs de l’Annexe, éléments transmis par la radio. Tout ce qui concerne le reste du front, ce qui se passe en Allemagne, les différentes libérations, ne sont donnés qu’en note à la fin de la BD, tout comme tout ce qui concerne l’arrestation et la vie d’Anne dans le camp de concentration.

Alors, si vous avez déjà lu le Journal d’Anne Frank, cette BD ne vous apprendra rien de nouveau. Elle suit ce qui est raconté dans le journal, sans apporter de nouveaux éléments. Elle se concentre seulement sur certains points, comme essayer de voir en Anne une adolescente normale, qui se dispute avec sa mère, qui cherche l’approbation de son père, qui vit ses premiers émois. Mais si vous voulez découvrir cette histoire, je vous conseille cette première approche. Personnellement, je ne suis jamais allé au bout du Journal d’Anne Franck. Pas parce que l’histoire est tragique, mais parce que j’ai un souvenir qu’Anne me tapait sur les nerfs, et que je n’arrivais pas à m’attacher à cette adolescente. L’avantage principal du format BD est qu’il est court, il faut donc choisir avec soin ce qu’on y raconte. J’ai donc trouvé plus attachante la Anne de la BD que celle dont je me souvenais dans son Journal. Elle fait moins capricieuse. Et le soin qu’on apporté les auteurs à la rendre normale malgré les circonstances qu’elle vit y sont aussi pour quelque chose, car cela retire la pression de la guerre.

Dans la BD, Anne rit, râle, se dispute avec sa mère, comme toutes les adolescentes de son âge. Elle tombe aussi amoureuse, elle se confit à sa sœur, et elle se bat pour des causes qu’elle estime justes. Ce que je vais retenir de cette BD, c’est toute la vie et la joie qui est mise en avant.

Le dessin est assez fluide. Je ne dirais pas que je suis absolument convaincue par le trait du dessin, que je trouve moyen, mais les couleurs sont très belles, elle participe à rendre la BD vivante. Il y a aussi pas mal de teintes de bleus, qui rappellent la guerre, la grisaille, la réalité tragique, et pourtant, l’apport rare mais présent d’autres couleurs permet de contrebalancer cette atmosphère triste pour le rendre gai, joyeux. En vérité, malgré les couleurs qui sont assez tristes, la BD est pleine de vie, elle est agréable à lire. Je salue le travail des artistes qui ont permis de ne pas rendre cette BD austère, et qui ont trouvé un juste équilibre entre le tragique, par le bleu, et la vie joyeuse d’Anne, par le dessin fluide et enthousiaste, et les couleurs plus vives.

album-page-large-28381

Pour moi, cette Bd a donc été une bonne découverte d’une histoire déjà célèbre. Elle m’a permis d’aborder la vie d’Anne d’une manière nouvelle, où la mort paraît si loin, où tout ce qui compte sont les joies de la jeunesse. Je vais y retenir la volonté d’Anne d’être joyeuse, heureuse. Parce qu’elle n’était qu’une enfant parmi d’autres, avant de devenir Anne Frank.

Et vous? Vous avez lu le Journal d’Anne Franc?

Qu’en avez-vous gardé?

Vous prévoyez de le lire? Pourquoi?

Et sinon, que lisez-vous cette semaine?

Publicités

3 réflexions au sujet de « Le journal d’Anne Frank (BD) »

  1. Je vais certainement lire cette Bd pour que l’on n’oublie jamais que cette fille est morte car elle était Juive… Pour aller à la rencontre de cet autre regard sur son journal… Merci de la suggestion.

    J'aime

  2. Moi je l’ai trouvé plutôt cool, c’est beaucoup plus accessible comme suport et ça peut permettre a des plus jeunes ou a des allergiques a la lecture de decouvrir cette histoire tristement célèbre… J’ai plutôt accroché.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s