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Toutes les lectures sont-elles égales?

A woman reads a book at bookstore in Shanghai

Bonjour à tous. Aujourd’hui, en cette journée grisâtre de fin de vacances, j’ai décidé, non pas de vous proposer une chronique littéraire, mais plutôt un article coup de gueule. C’est un article que, depuis un moment, j’avais envie de vous proposer. En effet, j’ai envie avec vous aujourd’hui de débattre sur la conception de la littérature que nous avons notamment en France, et de parvenir à avoir vos avis sur ce que je vais dire. C’est aussi un moyen pour moi de vous parler d’un problème auquel j’ai été confrontée et qui m’agace profondément.

Comme vous le savez, je travaille en bibliothèque. Dans ce milieu, on est en perpétuel questionnement sur ce qu’est la lecture, sur ce qu’on doit apporter à nos lecteurs, à ce qu’on doit leur faire découvrir. En fait, les bibliothèques ont un statut, qui fait certes débat aussi, mais qui est quelque fois rappelé, c’est celui d’être prescriptive. C’est-à-dire que, dans la mission des bibliothèques, il est noté que les bibliothécaires doivent amener les lecteurs à la culture, et surtout sauvegarder cette dernière. Bien entendu, cette notion de culture est mélangée dans les textes avec celles d’enseignement, de l’information, de l’alphabétisation, de loisir, etc (cf les textes de l’Unesco et de l’Association des Bibliothécaires de France). Et pourtant, malgré le fait que la culture ne soit pas la notion principale au centre de ces textes fondateurs, elle est au centre des débats au sein des bibliothèques. Comme je travaille dans ce milieu, je fréquente des cercles de bibliothécaires, ce que soient sur internet ou non, et c’est une notion qui revient souvent sur le tapis. Et c’est la même chose lorsqu’on imagine la bibliothèque de demain.

Alors, cela peut paraître dérisoire de parler de la culture dans les bibliothèques. Dans ce cas, pourquoi je vous en parles? Parce que derrière cette notion, il y a un vrai problème sous-jacent. En effet, c’est une notion qui vous fait vous demander si lire un manga, c’est aussi bien que lire un vrai livre. Si lire Marc Levy, c’est bien? Je cite Marc Levy, parce que c’est un exemple, qui revient souvent dans les mots des bibliothécaires. C’est d’ailleurs l’une des choses qui fait que cela m’agace, car quand ils en parlent, c’est souvent dans de termes négatifs. Comme si le fait que Marc Levy soit l’auteur qui vende le plus de livres en France le rendait mauvais pour la culture française. Parce qu’en vérité, quand on évoque la culture française, on préfère toujours citer Balzac ou Victor Hugo.

Le véritable problème que cela sous-entend, c’est que tous les livres ne se valent pas. Que toutes les lectures ne sont pas équivalentes. Qu’il y a des livres qui participent à la culture, et d’autres qui la tirent vers le bas. C’est toujours le même débat, lire des BD ou des mangas, ce n’est pas lire des vrais livres. Et oui, même en 2016, c’est encore une remarque que j’entends. Certes, elle vient la plupart du temps des parents, mais c’est tout de même sous-entendu dans certains cercles de bibliothécaires ou de bénévoles. Parce que ce qui compte vraiment, c’est de lire des gros pavés avec une morale dedans, des livres avec pleins de mots compliqués, etc.

Je voudrais noter ici que c’est quelque chose qu’on retrouve aussi dans certains magazines spécialisés sur la littérature. Par exemple, dans les listes des meilleures ventes, vous n’avez que rarement la liste des meilleures ventes jeunesses. Et surtout, elles ne sont jamais mélangées. Parce que, on peut mettre dans les meilleures ventes le dernier titre d’Astérix, avec les autres romans qui sont en tête des gondoles, mais parler des ventes extraordinaires des livres ados comme Hunger Games ou Twilight, ça fait tâche. D’ailleurs, ces romans, on les oublie le plus souvent, sauf quand on rappelle que ce sont ces ventes-là qui sauvent l’édition française. J’aimerai savoir au nom de quoi les romans dit pour « ados » sont considérés comme moins intéressants que des romans plus « classiques ». C’est sans doute à cause de leur public, qu’on considère le plus souvent comme négligeable. Or, les ventes d’un roman comme Hunger Games sont nettement plus extraordinaires que ceux d’un roman de Guillaume Musso. Ainsi, selon le Figaro, il y aurait au moins 50 millions d’exemplaires des trois romans rien qu’aux Etats-Unis. D’ailleurs, pour parler d’une autre franchise très connue, Harry Potter, cette dernière ne doit sa réputation que parce que les adultes se sont appropriés le phénomène. Imaginez, si ces romans n’avaient pas acquis leur réputation de pouvoir être lu de « 7 à 77 ans », Harry Potter aurait-il eu le succès qu’il a eu? S’il était resté catalogué un « livre pour enfant »?

Il y a la même chose avec les romans publiés par certaines maisons d’éditions, comme Harlequin. On dit souvent que les romans publiés par Harlequin sont à mettre de côté, et ce n’est qu’un exemple parmi toutes ces maisons d’éditions qui publient de la romance. Le raisonnement est le même, au nom de quoi on considère ces romans comme de la sous-littérature, voir des livres à mettre directement à la poubelle? Alors que les grosses sorties de ces dernières années sont des séries comme After ou 50 Nuances de Grey? Ca veut dire que ces livres sont mauvais, et pas mauvais au sens où c’est mal écrit, mais mauvais au sens où ce ne sont pas de la vraie littérature? Mais d’ailleurs c’est quoi, la vraie littérature?

Pour beaucoup de personne, la littérature correspond à ces livres que nombres d’entre nous avons étudié à l’école. Par conséquence, on a tendance à dire que la littérature rassemble les auteurs qui sortent au bac, ces romans qu’on doit étudier au cours de nos vies. Derrière cette idée, on plaque sur le terme « littérature » l’idée qu’elle ne correspond qu’à des auteurs décédés, compliqués, qu’on doit décrypter. En résumé, ce sont les auteurs de la pléiade, des auteurs du siècle dernier. Pour nombre de personne, la littérature évoque donc un monde de poussière et de lecture contrainte, de lecture obligatoire. Il n’y a pas de notion de plaisir dans la littérature. En plus, elle est considérée comme étant pour une élite. Tout le monde ne peut pas lire de la littérature.

Et pourtant, la littérature, ce n’est plus seulement ça. Les auteurs eux-mêmes remettent en cause cette notion élitiste. La littérature se retrouve être définie comme « une rencontre entre un auteur et un lecteur« . Cela signifie que tout roman est de la littérature. A partir du moment où un livre est lu, il y a une relation entre l’auteur et le lecteur, une relation qui s’instaure entre eux. L’auteur n’est rien sans le lecteur, et c’est le lecteur qui donne sens à l’histoire. La littérature se retrouve donc à englober tous les livres. Il n’y a plus, et il ne devrait plus il y avoir de distinction entre les récits. Et cette idée a émergé au siècle dernier, sous la plume de Sartre, un auteur qui est défini comme étant un auteur de la littérature française, un de ces auteurs élevés au Panthéon de notre culture.

En vérité, ce fait la littérature, et donc la culture, c’est le fait de lire, le fait de s’immerger dans notre siècle et dans les livres qui y sont publiés. La littérature n’est pas celle du 19e siècle, elle ne sera pas celle du 22e siècle. Elle est celle de maintenant, elle évolue avec la population. Quand on voit les ventes exponentielles des livres pour la jeunesse, pour les jeunes adultes et pour les adolescents, qui forment à présent des genres à part entière, comme on ne peut pas les considérer comme faisant partie de notre littérature, de notre culture? Comment on pourrait se mettre des œillères et ne pas les prendre en compte? Ne pas considérer Marc Levy, ou autre, comme un véritable écrivain? Alors qu’on sait que peu de gens lisent le prix Goncourt, comment on peut continuer à l’acheter systématiquement, alors que les livres coûtent de plus en plus chers? Pourquoi on continue à faire étudier aux enfants des récits de Victor Hugo, alors qu’on pourrait les interroger sur des livres plus récents, qui leurs parleraient beaucoup plus? Pourquoi continuer à élever certains livres au-dessus des autres? D’ailleurs, pourquoi continuer à ne prendre en compte que des romans, de la fictions, alors que les documentaires, les BD, les mangas ou les albums sont aussi des livres, des relations entre des auteurs et des lecteurs?

Tous les livres méritent d’être lus, cela n’empêche pas d’aimer ou non. Dans ce blog, je chronique des livres qui parfois ne me plaisent pas, mais que certains ont adorés. Au nom de quoi devrais-je dire que mon point de vue est meilleur? Que j’ai raison de rejeter certains livres? C’est ce qui se passe dans certains milieux littéraires, pour toutes les pseudos raisons, au nom de la culture, que j’ai énoncé plus haut. Or, même s’il faut bien faire un choix dans nos lectures, puisqu’on ne peut pas tout lire, dire qu’un auteur est mauvais parce que ce qu’il écrit est populaire, cela m’agace. C’est comme revenir au débat de l’année dernière sur le livre d’EnjoyPhenix, que j’ai chroniqué ici, et où il était considéré partout comme un livre poubelle, par des gens qui ne l’avaient même pas lus. Tout le monde doit donc trouver ce qui lui plait, sans avoir à se confronter à une barrière mise par une soi-disant autorité. Chacun est libre de lire ce qu’il veut. Des exemples sur les critiques qu’on peut avoir face à nos lectures, j’en ai encore pleins, comme les parents qui considèrent que les Bd ne sont pas de la littérature, ne sont pas des livres. Ou des blogueurs qui refusent de lire sur tablettes car ils considèrent que ce ne sont pas des livres. On pourrait même revenir au débat sur les rémunérations des auteurs jeunesses qui, comme ils écrivent pour des enfants ou des adolescents, sont catalogués comme tels et sont moins payés. Au nom de quoi leurs textes seraient-ils différents des romans pour adultes?

Il ne faut pas s’arrêter à l’auteur, à la maison d’édition, au format, mais bien au texte. Car après, c’est toujours le texte, et ce qu’il raconte, qui prime. C’est le texte qui donne des émotions, c’est l’histoire qui nous fait voyager, même sans mots. Et ce sont les lecteurs qui les font vivre.

Et vous?

Qu’en pensez-vous? Pensez-vous que certains auteurs n’ont pas leurs places dans la littérature? Que tous les livres ne sont pas égaux?

Comment concevez-vous la littérature? Vous êtes-vous déjà confrontés à cette hiérarchie dans les livres?

Vous a-t-on déjà dit que ce que vous lisez n’était pas de la littérature?

N’hésitez pas à commenter et à donner votre avis.

Merci à tous les blogueurs qui chroniquent chaque jours tous les livres qu’ils peuvent, et font ainsi connaître à tous de merveilleux romans.

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29 réflexions au sujet de « Toutes les lectures sont-elles égales? »

  1. Merci pour ton billet. Je suis d’avis qu’il faut lire pour le plaisir… Le plaisir du texte… Peu importe le genre, un livre, c’est la rencontre entre deux univers, celui de l’auteur et celui du lecteur. Chaque lecteur a besoin de s’évader, pour diverses raisons, et le choix des romans lui revient… Je ne hiérarchise pas les livres car ce serait porter un jugement sur le lecteur…

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    1. Oui, le plaisir de lire doit d’abord primer. C’est étrange parce que d’après les enfants, l’école ne joue plus ce rôle, elle détruit plus le plaisir de lire. Enfin, c’est ce que j’entends. Donc on doit ré-établir ce plaisir, et rappeler que tout texte est bon à lire. C’est pour ça que la hiérarchie des livres est mauvaise 🙂 Tu as bien raison de ne pas le faire 😉 Et ton commentaire est bon, juger le livre nous impose de juger le lecteur, or on déteste être jugé 😉
      Merci de ton commentaire 🙂

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  2. Moi aussi je suis dans le métier…Parfois certains parents me disent « oui mon enfant lit mais seulement des bd » Et alors ? IL LIT, c’est important, tous les enfants ne le font pas. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Alors c’est sûr, certains titres sont mieux que d’autres, parfois il s’agit de littérature « bon marché, oui mais comme tu dis, ça se vend. J’ai une collègue qui ne lisait pas du tout avant de se mettre à 50 nuances de Grey, aujourd’hui, elle a élargi son cercle de livres et lit régulièrement, je trouve ça génial !

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    1. Oui c’est un peu énervant quand les parents se plaignent que leurs enfants ne lisent que des BD. C’est vrai que l’important c’est la lecture en elle-même. D’ailleurs, des BD comme Lucky Luck ou Les Tuniques Bleues sont assez compliquées à lire. Oui, certains titres sont mieux à lire, après c’est pas nous de décider je pense, et oui, ça se vend ^^ d’ailleurs c’est plus facile à justifier à nos lecteurs quand on les achète ^^ C’est bien de commencer à lire par 50 Nuances de Grey, puis de passer à autre chose. L’important, c’est de commencer 😉 Bravo à ta collègue de s’être lancée dans cette aventure 🙂
      Merci pour ton commentaire 🙂

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  3. Je suis entièrement d’accord avec toi, qu’importe le support ou le livre, le principale c’est de lire et d’y trouver du plaisir, que soit Levy, des BD, des mangas ou autre, seul le plaisir que l’on a de lire leur texte est le principale, à chacun sa lecture ;), bisous

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  4. Ah! Je suis heureuse que quelqu’un le dise! 🙂
    On dit qu’il n’y a pas de « sot métier », mais je pense qu’il n’y a pas de « sotte littérature ». Je sais qu’on s’est pas mal foutu de moi quand j’ai lu « Twilight » ou « Hunger Games », et je me confronte au problème du fait que j’écris aussi. Je conçois que certains genres littéraires, BD, fantastique, manga, bit-lit ou autre, ne soient pas du genre de tout le monde, mais je ne pense pas qu’il faille pour autant dézinguer un genre littéraire qui ne soit pas « intellectuel ».

    Je me suis beaucoup ennuyée avec des lectures dites sérieuses tout au long de mes études, et j’ai toujours (à une exception près) entendu mes professeurs de lettres se perdre en propos méprisants pour la S.F. par exemple, ou un ancien camarade qui n’aime que les lectures utiles, me dire que mon roman ressemblait à « un de ces romans écrits à la chaîne à la Twilight juste un peu mieux écrit » – quand ledit larron se vante de ne pas lire ces chiffons de bas étage! Finalement, la lecture, c’est comme le reste, bien des gens s’en servent pour se faire mousser, sans vraiment savoir de quoi ils parlent.

    Or pour moi la lecture, et par extension la littérature, a, outre une vocation culturelle, un rôle d’évasion. Je lis et j’écris parce que j’aime les histoires pleines de rebondissements, d’aventures, de choses que je ne vois pas au quotidien. Et c’est très réducteur que de les zapper dans le champ culturel, car étant dans l’air du temps, elles en disent beaucoup sur notre société, sur nous. Elles nous font ressentir quelque chose, développent notre empathie pour des personnages – ce qui se ressent aussi dans la vie, car cela nous permet d’appréhender certaines émotions. Elle nous émerveilles, qu’il s’agisse d’une histoire qui nous fait voyager, ou de magnifiques illustrations.

    Et je ne critique pas les lecteurs de BD. Ce sont des histoires aussi merveilleuses que les autres. Alors MERDE, je ne vois pas pourquoi certains la méprisent. 🙂

    La lecture est la culture, quoi qu’il en soit.
    Il n’y a pas, pour moi, de sous-genre.
    Encore merci pour cet article. 🙂

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  5. J’aime beaucoup ton article. C’est un sujet dont on ne parle pas souvent, pour cause on en a presque honte. J’ai déjà eu ce sentiment de gêne à lire un livre comme Not that kind of girl par exemple. Ça donne l’impression que l’on est pas assez intelligent de lire du Victor Hugo. Ce qui est complètement faux puisque personnellement j’adore lire du Jean d’Ormesson (j’en profite pour répéter que je l’adore, mon auteur du moment) ou bien lire un recueil de poésies de Rimbaud. Je pense que tous les livres sont de la culture, on plonge dans une histoire, on s’imprègne des mots et on voyage dans les différents chapitres avec son auteur. Pour je ne sais quelle raison , en France nous jugeons mal les best seller de Levy par exemple comme tu le dis dans ton article. Peut être que c’est juste de la prétention mal placée.
    Lisons en liberté et prenons du plaisir 🙂

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  6. Je vis en Belgique et j’ignore si les bibliothèques ont le même mot d’ordre. Mes premières lectures enfants étaient des BD. Yoko tsuno et natacha l’hottesse de l’air ont été mes premières découvertes littéraires puis la collection rose avec le club des 5. Par la suite au gré des prescriptions scolaires, j’ai lu d’autres ouvrages. A présent je lis pour mon plaisir des sujets qui m’interpellent et j’avoue que trop jeune (ado) je ne pouvais comprendre toutes les nuances d’un texte classique car dans ma propre vie je n’avais pas vécu l’expérience que l’on évoquait. Merci à vous de vous soucier de vos lecteurs.

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  7. J’aime beaucoup ton article ^^
    Je suis pas d’accord sur tous les points mais sur la grande idée complétement… Toutes les lectures ne sont pas égales, seulement parce qu’elles n’ont pas le même support ou les mêmes cibles, ça ne veut pas dire pour autant qu’il y en a des méritantes d’être lues et d’autres qui devraient être jetées. Car au fond, tous les livres ont des morales à retenir, faut juste se servir de son cerveau pour les faire ressortir et c’est tellement triste qu’il y ait des gens qui pensent encore que pour être intelligent il faut forcément lire des ouvrages compliqués, même s’ils n’y comprennent rien…

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  8. Ton billet est excellent ! Ayant travaillé quelques années en librairie, j’ai pu constater mes propres préjugés concernant « la littérature » et les « autres », préjugés renforcés par les éditeurs (livre publié chez Gallimard : le Graal ! Chez « J’ai lu » : mouais… révélateur). J’ai aussi essayé de les dépasser, même si – honte à moi – je n’ai pas encore osé lire un Marc Levy. Et j’ai tort : car il est impératif de me faire mon propre avis ! Dédaigner sans connaître : j’avoue, ce n’est pas très fort !

    De plus, je suis à présent professeur de français, et je peux vous dire que l’essentiel, pour mes loulous de 3ème, c’est qu’ils LISENT ! BD, journaux, sagas pour ados : peu importe, du moment qu’ils lisent, qu’ils se nourrissent des MOTS !!!

    Merci pour ton billet : un pavé dans la mare, qui nous renvoie à nos propres préjugés, mais aussi à nos évolutions.

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  9. J’écris et je lis de tout, justement parce que je respecte tous les genres !
    Se faire plaisir, façonner son imaginaire me semble le plus important !
    A bas les diktats et les préjugés ! Comme pour tout dans la vie :
    « On ne doit pas juger un livre à sa couverture » !

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  10. « Qu’en pensez-vous? Pensez-vous que certains auteurs n’ont pas leurs places dans la littérature? Que tous les livres ne sont pas égaux? » Je trouve que ceux qui disent ça, les pseudo intellectuels qui se la pète un peu trop, disent des aberrations. Tout est une question de gout, de mode, de sensibilité. Lire, c’est déjà bien.

    « Comment concevez-vous la littérature? » Je pense qu’on utilise le mot à tort et à travers. ça raconte une histoire à l’écrit? C’est de la littérature. Que se soit un conte pour enfant, un livre erotique, une romance cliché… C’pareil. Après, on aime ou on aime pas, voilà tout.

    « Vous a-t-on déjà dit que ce que vous lisez n’était pas de la littérature? » le premier qui me dit ça, il se prend ma pas littérature dans le coin du nez, nan mais 😛

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  11. Merci beaucoup pour cet article !
    Je travaille en librairie alors je retrouve certains de mes questionnements dans ce que tu décris.
    Personnellement je ne suis pas spécialement fan de Marc Lévy, j’entends autant de clients qui adorent que d’autres qui le dénigrent. Ses livres n’ont peut-être pas les mêmes qualités que ceux de Victor Hugo ou Balzac, mais Marc Lévy ne le prétend pas non plus. Le principal, je pense, pour beaucoup, c’est surtout de lire, se remettre à lire ou trouver un livre qui leur apportera de la « lecture plaisir ».
    Pour les BD/mangas j’entends la même chose, alors que certains textes sont vraiment très intelligents, et peuvent préparer à d’autres lectures pour la suite … Lire un bon gros pavé, un bon gros classique, c’est bien mais si on apprécie pas ? Si ça nous donne juste envie de fermer le livre et de ne plus jamais en ouvrir un ?
    Quant à la littérature ado, ce que je peux entendre là-dessus ! J’ai fait mes études là dedans, et je suis responsable entre autres du rayon jeunesse dans ma librairie. Et je confirme que c’est souvent dénigré. Heureusement on a de jeunes gros lecteurs, mais souvent j’entends « tu ne voudrais pas lire quelque chose de plus intelligent ? »
    Bref, pour moi qui aime lire depuis toujours, l’essentiel est de se faire plaisir. Je n’aime pas les 50 nuances de Grey, je n’accroche pas au style de d’Ormesson, je n’aime pas les livres de zombies … Alors qu’est-ce que ça veut dire ? Que mes lectures sont supérieures à celles-ci ? Qu’il n’y a rien de bon à en retirer ? Que c’est de la m**** ? Alors que dire de ceux qui aiment ça ? Qu’il y a de meilleurs lecteurs que d’autres ? Que ça soit du Harlequin, du Harlan Coben ou du Victor Hugo, le principal c’est que le lecteur trouve ce qu’il cherche, que ça soit du plaisir, de la documentation, ou autre …
    Le principal étant que les gens continuent de lire …

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  12. Bonjour,
    Je travaille en librairie et c’est vrai que c’est un débat qui revient souvent. Personnellement je suis plus attirée par les lectures « ado » ou fantastique, parce que j’y trouve un moyen de m’évader, que je ne retrouve pas dans la littérature classique ou contemporaine. Et lorsque je conseille des clients et que parfois je propose du Stephen King ou du Young Adult j’ai des retours négatifs en me disant que ce ne sont pas des vrais livres. Parfois les gens se laissent quand même tenter et je me dis que c’est génial de faire découvrir un nouvel univers à des lecteurs. Mais la plupart du temps ils restent sur leurs positions.
    Après, je trouve que le débat de savoir ce qu’il faut enseigner à l’école est différent. Selon moi il faut avoir lu des classiques, pour pouvoir apprécier le reste. Et puis ce sont des monuments de la « Culture », que l’on aime ou pas.
    En fait le seul critère pour choisir, et juger, un livre devrait être « est ce que je passe un bon moment en le lisant ? », et non pas une idée préconçue de l’auteur, de l’éditeur ou du genre.

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    1. ah, un collègue libraire, c’est chouette ^^ C’est bien de savoir que ce n’est pas un débat qu’on retrouve qu’en bibliothèque D’un certain point de vue, c’est rassurant 🙂
      Moi aussi j’adore les livres pour « ados », on se rend vite compte que c’est livres peuvent être aussi bien écrits et ont beaucoup plus de sens que d’autres plus « adultes ». C’est dommage que les gens ne s’en rendent pas forcément compte, qu’ils préfèrent l’ignorer. C’est vrai que c’est super quand on arrive à convaincre un lecteur, qu’on lui fasse découvrir quelque chose, un nouvel univers :).
      Tu as raison, je me suis un peu emporter sur l’école. C’est vrai que les classiques sont importants. Après il y peut-être une manière différente de les aborder, de les présenter. J’avoue que je me base beaucoup sur ma propre expérience à l’école, et surtout u collège/lycée, où on nous a rabâché les classiques, des romans que j’ai souvent détesté. Mais c’est sans doute parce qu’ils étaient rébarbatifs et mal présentés. Moins vivants que d’autres titres.
      Oui, on devrait se limiter à savoir si ce qu’on lit nous plait, au lieu de regarder le reste. Seule compte l’histoire et ce qu’elle nous fait éprouver 🙂
      Merci de ton passage sur le blog 🙂

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  13. Je suis entièrement d’accord.
    Je lis absolument de tout; auteurs francophones et étrangers : classique, BD, mangas, genres dit populaire, et y compris le genre si controversé des récits de fan-fiction (50 shades of grey est issue de fan-fiction). Kindle World pourtant paie les auteurs fans dont les récits se basent sur des séries TV et des livres…
    Le numérique change le rapport entre l’auteur et les lecteurs, (auto-édition, tablettes, sites de lecture, écriture communautaire en ligne…) la façon de « classifier » devra évoluer en conséquence, car l’élitisme ne pourra que contraindre la créativité et peut-être détourner des potentiels lecteurs qui vivent différemment la lecture. Après tout on lit pour le plaisir pas pour étaler sa science littéraire.
    Pour moi cela veux dire que toute forme d’écriture qui peut rencontrer un public est digne d’intérêt.

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    1. Et oui, 50 Nuances de Grey est une fanfiction ^^ Perso je ne l’ai pas encore lu mais il va falloir que j’aille voir ça 😉 C’est bien de tout, ça permet non seulement de varier, mais aussi d’avoir l’esprit plus ouvert, et de croiser parfois des pépites :).
      Oui, le numérique a tendance a tout chambouler. Certains ont du mal avec ça, ils aimeraient qu’on garde les classifications. on a tendance à vouloir que tout soit cadrer. Or, maintenant ça devient plus compliqué, et c’est aussi ce qui nous fait évoluer et réfléchir. L’élitisme ne voit pas la créativité de la même manière que celle*ci, car il a peur parfois de cette dernière qui bouscule les codes. C’est un peu comme ceux qui pensent qu’on va leur voler leurs travails, leurs places.
      Oui, normalement, on lit d’abords pour soi, puis après pour en parler, pour étaler sa connaissance littéraire ^^C’est pour ça qu’on doit apprendre à se détacher de ce que les autres pensent 🙂
      Tu as tout a fait bien résumé les choses, toute lecture/écriture peut rencontrer son public 🙂 Il y a un public pour chaque livre 🙂
      Merci de ton commentaire 🙂

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  14. Excellent ton article. Par contre je tiens à souligner que certains enseignants et professeurs font découvrir de belles histoires aux enfants. Il existe même des prix littéraires décernés par des collégiens ou des lycéens. Tout ça pour dire que l’école aussi est en progrès au niveau de la littérature et de la culture. J’ai appris dernièrement qu’il existait même des masters en littérature jeunesse. Alors même si on accuse un certain retard, nous progressons 🙂

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    1. Bonsoir, je suis contente que tu ais aimé mon article. Oui, j’ai été un peu dure avec les enseignants et professeurs. Je sais que certains font beaucoup d’effort, et essayent de montrer à leurs élèves la littérature de maintenant. je sais que dans certaines classes, des romans comme Harry Potter sont étudiés. Et je trouve cela génial. J’ai juste l’impression que c’est hélas encore super rare, et ce qui semble possible plus facilement en primaire devient compliqué au collège, et encore plus si tu vas au lycée. Je garde de ces années-là des souvenirs pas forcément glorieux sur la manière dont on nous parlait de la littérature. peut-être parce que j’étais en L et que tous les profs partaient du principe qu’on devait se cultiver. Enfin, ça date un peu, je suis contente de savoir que les choses bougent un peu 🙂
      Merci de m’avoir rappelé cela 🙂 Et oui, on progresse, certes lentement, mais il y a des avancées 🙂 Il faut continuer dans cette voie :).
      Merci de ton commentaire 🙂

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      1. Avec plaisir, je ne sais pas encore comment ça se passe au lycée (ma fille n’y entre que l’an prochain 😉 ) mais j’ai été très surprise par les choix fait par son enseignante de français … vraiment très intéressants (même moi j’en ai lu certains et je me suis régalée )

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  15. Lire est et doit rester un plaisir … Certains ont ou un peu tendance à l’oublier ! Alors que ce soit BD, manga, youg adult, SF, thriller, romance, contemporain, …

    J’ai une petite anecdote : ma fille devait avoir 8 ou 9 ans et était invitée à un anniversaire, je me souviens de la réponse de la maman à qui j’avais demandé des idées cadeaux pour sa fille … « Des livres !! Vous vous rendez compte, elle veut des livres !! Je me demande bien où elle a été chercher une idée pareille !? »
    Alors déjà que ce n’est pas toujours simple de faire découvrir et aimer la lecture (et ceci dès le plus jeune âge), si certains décident que tel ou tel style est mieux qu’un autre … Cqfd !
    Il est justement important de faire différentes propositions aux enfants, qu’ils puissent voir toutes les richesses de la littérature, qu’ils puissent faire des choix (personnels), se faire une opinion, savoir ce qu’ils aiment ou pas, …
    Et heureusement, quand on voit tout ce que la littérature peut nous proposer aujourd’hui, je pense que chacun peut y trouver son bonheur, n’en déplaise à d’autres ;-)!

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  16. Je suis bien d’accord avec toi. Pour moi, il en faut pour tout les goûts, le principal étant de lire puisque ça aide énormément pour la concentration, mémoire etc. Peu importe qu’on lise Musso ou Voltaire, l’important c’est aussi de passer un bon moment, ce qui est difficile si on ne comprend qu’un mot sur 3 ^^

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  17. Je suis totalement d’accord avec ton article. J’aime la façon dont tu abordes le sujet et notamment le point sur les auteurs. Je pense faire un article sur les auteurs jeunesse mais j’ai pas mal de documentation à chercher pour étoffer mon idée. Je suis contente de ne pas être seule à avoir cette vision concernant la littérature 🙂

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    1. Et oui, c’est un sujet qui hélas revient souvent, cette question « d’élitisme » dans la littérature. Comme je le dis, c’est une chose que je retrouve hélas dans mon métier, voir avec mes collègues. Et aussi beaucoup sur internet, par des professionnels. Je me dis qu’après, c’est logique que des enfants soient dégoutés de la lecture, si on n’arrête pas de les juger en disant que ce qu’ils lisent est mauvais.
      Un article sur les auteurs jeunesses et la manière dont ils sont perçus est intéressante. C’est sur qu’il faut de la documentation. Je pense que tu peux trouver quelques témoignages sur les réseaux sociaux ou dans d’autres articles. 🙂
      Et non, tu n’es pas seule à te poser des questions sur la littérature et le jugement qu’on porte sur nos lectures 😉 ça me rassure aussi de voir que d’autres ont ce questionnement 😉

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      1. Oui je pense même que pour l’occasion je poserais des questions à un auteur. Je vis le cas chez moi avec ma soeur de 14 ans qui a du mal à lire parce que la littérature jeunesse n’est pas de la vraie littérature selon certains de ses professeurs

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