chroniques littéraires

Fils du Shéol

Bonjour les amis. J’espère que vous avez bien profitez des vacances scolaires, pour ceux qui en ont eu, et de la fête d’Halloween. Vous avez réussi à avoir peur? A vous amuser, à faire la fête? Comme vous l’avez vu, je n’ai pas encore posté mes chroniques sur les livres que j’ai lu pour cette occasion. La raison en est que j’ai des livres qui se sont intercalés entre mes lectures, des romans plutôt épais que je devais lire pour le travail. Je vais d’ailleurs vous parler aujourd’hui de l’un d’en eux. Il s’agit de Fils du Shéol, d’Anouar Benmalek, paru aux éditions Calmann-Lévy en 2015. C’est un premier roman. En voici la couverture et le résumé :

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Trois histoires d’amour pour remonter à l’origine du mal?Trois générations, deux génocides. Tout commence dans la touffeur ignoble d’un wagon à bestiaux. Le jeune Karl y fait la connaissance d’Helena, son bref et unique amour le temps du voyage.  À son arrivée en Pologne, le gamin juif est gazé. Dès lors, depuis un étrange séjour des morts, le Shéol, il est condamné à regarder évoluer les siens et à tenter d’éviter désespérément la catastrophe. Ainsi retrouve-t-il son père, devenu Sonderkommando. Dans la noirceur de sa condition, ce dernier rêve à sa lumineuse Élisa, la mère de Karl, rencontrée et épousée en Algérie des années auparavant. Poursuivant son effroyable voyage à rebours, Karl croise Ludwig, son grand-père, qui au début du siècle a servi dans l’armée allemande du Sud-Ouest africain. Et le secret que l’aïeul n’a jamais pu raconter de son vivant ? Sans doute la clé de leur destinée à tous ? Son petit-fils finit par l’apprendre depuis sa nouvelle demeure : celui de l’existence d’Hitjiverwe, une jeune femme héréro passionnément aimée, victime avec son peuple d’une barbarie oubliée, terrible avertissement aux générations futures.

Pour tous ceux qui me suivent sur Facebook, ce roman doit vous dire quelque chose car j’en ai pas mal parlé ces dernières semaines, parce que j’ai eu beaucoup de mal à le lire. Comme on peut le lire dans le résumé, c’est un roman sur la Shoah, sur les juifs et ce qui c’est produit durant la Seconde Guerre Mondiale. Il faut que vous sachiez quelque chose, c’est un sujet avec lequel j’ai beaucoup de mal. Je n’aime pas regarder ou lire des choses sur cette période. Pendant ma première année de collège, j’ai été passionnée par cette période, j’adorais lire tout ce qui me tombait dessus sur ce sujet. Seulement, j’ai est peut-être trop lu, ou alors l’intérêt s’en est allé, mais maintenant, je ne supporte pas que cette période soit évoquée en dehors du devoir de mémoire, donc lors des jours fériés. Je trouve qu’en parler dans un livre, dans une série ou dans un film est assez facile, que c’est un sujet qui revient trop souvent. J’ai l’impression que c’est assez passe partout, un moyen de faire parler du livre sans que ce dernier soit bon. C’est comme si le fait d’évoquer ce sujet assurait de faire des vente. En plus, c’est un sujet sur lequel on a fait le tour, c’est un peu souvent les mêmes histoires qui reviennent, avec les juifs ou les résistants. Mais c’est mon avis. En général, j’évite donc de lire sur ce sujet-là, je trouve qu’il y en a d’autre beaucoup plus passionnantes dans l’Histoire.

Je suis donc partie avec des apriori sur ce roman. J’ai dû le lire dans un cadre bien précis, celui du comité de lecture de ma bibliothèque. J’avais donc deux semaines pour lire ce roman, ce qui s’est avéré assez court tellement le thème était dur. Je vais l’avouer tout de suite, c’est le premier roman que je chronique sur le blog que je n’ai pas terminé. Déjà, parce qu’il a fallu que je le rende, ensuite parce que c’était au-dessus de mes forces.

Le premier chapitre du roman nous présente le héros, Karl. C’est un jeune adolescent juif, dans un wagon qui roule vers les camps de concentration en Pologne. On a alors droit à tout le descriptif des conditions de vie dans le train, si on peut appeler ça des conditions de vie puisque les personnes mises dedans sont traitées pire que des animaux, vivant dans leurs déjections et sans nourriture ou eau. Le seul avantage de ce passage est la présence d’Helena, une jeune juive dont Karl va tomber amoureux, qui va permettre d’apporter un peu de lumière dans ce wagon si sombre.

Puis, une fois ce passage, déjà assez dur, passé, nous arrivons en Pologne, au camp de concentration, où Karl va vivre les douches, ces fameuses douches où les nazis remplaçaient l’eau par du gaz. La suite est facile à deviner, Karl n’en réchappe pas.

Le second chapitre concerne alors le père de Karl, que nous suivons ensuite dans un camp, nous ne serrons jamais si c’est le même que celui où Karl est déporté, et cet homme est employé par les nazis. Comme beaucoup de juifs, il a été choisi pour brûler les corps de ceux qui sont gazés. Le narrateur raconte alors comment le père de Karl a découvert le corps de sa femme, quelques semaines plus tôt. Et malgré toute cette horreur, il doit encore survivre, trahir ses amis pour espérer vivre encore une semaine de plus.

Plus l’histoire avance, et plus nous comprenons que Karl, dans la mort, est obligé de remonter le temps, de revoir sa famille et ce qui les a précipités dans la mort. Parce que le père de Karl n’a pas su prendre la mesure de la montée d’Hitler, parce qu’il n’a pas voulu fuir à l’étranger, parce qu’il a eut foi envers les Allemands, parce qu’il a fait confiance à un ami, il a précipité la chute de sa famille. On comprend alors pourquoi ils en sont tous là, la responsabilité du père de Karl envers ce qui c’est passé.

Je me suis arrêté à la fin de cette histoire, de celle de la famille de Karl avec ses parents, mais le roman continue, évoquant ensuite la jeunesse en Afrique du grand-père paternel. Cette partie aurait pu être intéressante, parler d’une Histoire que l’on connaît beaucoup moins, mais avec ce que j’avais déjà lu dans le livre, je ne pouvais pas lire encore des passages sur un autre génocide, sur la suprématie à ce moment-là des « Blancs » sur les « Noirs », sur ce qui avait pu se passer d’encore plus terrible là-bas. Peut-être que, si j’ai encore ce roman entre les mains, je terminerais cette histoire, mais pour le moment, je suis bien contente de l’avoir abandonnée.

La narration de ce roman est donc assez particulière, l’histoire n’avance pas, elle recule. On remonte sans cesse le temps. Je pense que c’est l’une des choses, en dehors de l’horreur décrite, qui m’a le plus dégoûté de ma lecture. Parce que dans un récit comme celui-là, on veut de l’espoir, on veut que cela se termine bien, même si on sait que cela risque de ne pas être le cas. Dans un récit comme celui-là, j’ai besoin de pouvoir croire que les personnages vont s’en sortir, qu’il va il y avoir un échappatoire pour au moins quelqu’un. Mais avec ce type de narration, l’espoir est effacé. On sait déjà la fin, la manière dont se clos la vie de Karl et de ses proches. Et alors, si à certains moments on peu espérer que cela va changer, on est rattrapé par la réalité, tous les personnages dont nuis suivons l’histoire sont morts. C’est comme si on commençait le Journal d’Anne Franck en racontant d’abord comment les Allemands les ont trouvés et tous exterminés. Cela a peut-être un intérêt d’écriture, mais j’ai trouvé qu’en tant que lectrice, cela ne me convenait pas. On ne commence pas un roman par dévoiler la fin.

Le problème de ce roman, c’est qu’il est très bien écrit. C’est un plaisir de lire la plume de l’auteur. Le style est fluide, on est aspiré par l’histoire, les phrases se lisent toutes seules, le ton est bien dosé. Je n’ai vu aucun défaut dans l’écriture, et c’est ça le pire, parce que bien que l’histoire soit dure, les mots s’enchainent, comme si on ne pouvait plus quitter le livre, comme un spectacle morbide qui nous déplait mais dont on n’arrive pas à détourner les yeux, alors qu’on le voudrais. Le livre nous happe en lui, il nous fait prendre par à l’horreur. Il nous fait nous sentir impuissant, comme le sont les personnages. C’est une prouesse de la part de l’auteur. J’aurai pu prendre du plaisir à lire ce roman si le récit n’avait pas été aussi horrible. C’est assez frustrant de mettre de côté un livre bien écrit, mais dont l’histoire ne nous plait pas. Je préfère encore lire un roman mal écrit mais avec une histoire qui me plait.

Et vous? Cela vous arrive d’abandonner des romans? De les mettre de côté? Vous lisez beaucoup de romans sur cette période? Vous aimez les histoires historiques?

N’hésitez pas à commenter, et donner votre avis si vous avez lu ce livre.

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8 réflexions au sujet de « Fils du Shéol »

  1. Je n’ai pas eu peur à Halloween ;(

    Il m’arrive d’abandonner des romans, même si cela est extrêmement rare.
    Je lis quelques romans qui s’avèrent plutôt basé sur l’Histoire, que parlant de l’Histoire elle-même.

    J’espère que ta prochaine lecture sera plus plaisante 😉

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    1. Hélas, moi non plus je n’ai pas eu peur à Halloween, on a voulu regarder avec mon copain la dernière saison d’American Horror Story, et c’était pas la meilleure idée qu’on ait eu. 😦
      Moi aussi j’abandonne rarement les livres, je n’aime pas ça ^^.
      D’habitude les romans historiques, ça ne me gêne pas, sauf ceux là ^^ Je préfère le Moyen-Age 😉
      Je te rassure, ma lecture actuelle est géniale 😉 je vais d’ailleurs commencer sa chronique maintenant, elle devrait être sur le blog dans la semaine 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Je n’ai pas encore commencé la nouvelle saison de AHS ; elle n’est pas bien ?

        Oh oui, le Moyen-Âge ! Tout ce qui est féodal, j’adore 🙂

        Je t’aurais bien demandé quelle est ta lecture actuelle, mais si la chronique paraît tout bientôt, alors j’aurai la surprise 😀

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      2. La nouvelle saison de AHS est pas mal, mais aussi décevante, elle est basée sur quelque chose qui était très à la mode il y a quelques années. Du coup, ça m’a surprise et j’ai trouvé qu’ils auraient pu faire ça d’une manière plus intéressant. Et elle ne fait pas tellement peur (après j’ai tellement flipper avec le 1er épisode de la saison 1, que je n’ai pas dépassé, qu’à côté, plus rien ne me fait peur xD ) Je ne veux pas t’en dire plus pour te spoiler 🙂
        Moi aussi je suis fan du Moyen-Age, c’est une époque où il s’est passé beaucoup de choses 🙂
        Très bien, je te cache ma nouvelle lecture pour te garder la surprise ^^

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      3. La 1er saison, j’ai abandonné tellement j’ai flippé ^^ D’accord pour les spoilers, le plus souvent j’évite pour les autres car ils n’aiment pas ^^ Donc pour cette saison, il y a des Vampires qui se promènent dans l’hôtel, tous transformés par Lady Gaga. L’enfant du héro, le policier, est d’ailleurs enlevé et transformé. Après, je me suis arrêtée au 2e épisode 🙂

        Aimé par 1 personne

      4. Ah ça a l’air sympa mais effectivement pas spécialement flippant (faut dire que nous sommes désormais très habituées aux vampires!) ^^
        Faudra que je la regarde, une fois que j’aurai fini Doctor Who et La légende de Korra :3

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  2. En effet, le choix est super dur, que des livres que personnellement j’ai envie de lire ^^ Bon, moi j’ai voté pour Aristote et Dante, parce que pour le Book of Ivy, tout le monde en parle en ce moment, donc ça va faire pleins de chroniques en même temps. Mais malgré ça, ce ne soit que des chouettes lectures 😉

    –> Coucou 🙂 merci beaucoup pour ton vote 😛 bisous

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