chroniques littéraires·service presse

Les Enfants de Peakwood

explobook_ban

Salut à tous. Voilà, la rentrée est déjà loin pour beaucoup, la routine reprend le dessus et on a moins de temps pour lire. Heureusement pour moi, ma rentrée n’est pas encore là, puisque j’ai échoué à l’entretien de la formation que je voulais faire absolument, ce qui fait que pour le moment, je suis encore en vacances. Ce qui me donne le loisir de lire à ma guise. Tant mieux, parce que ma PAL ne cesse de grandir, avec quelques SP qui s’y sont ajoutés. Je suis trop contente de voir que mon blog grandit.

Pour cette nouvelle chronique, je vais revenir sur un livre que j’ai lu cet été, dans le cadre d’Explo’book, mais dont je ne vous ai pas encore parlé. Il s’agit de l’excellent roman Les Enfants de Peakwood, écrit par Rodolphe Marty et publié aux éditions Scrinéo. Je précise que c’est un auteur français, ce qu’on ne croirait pas en lisant le roman tellement le style est plutôt anglo-saxon. Alors, ne chercher pas encore ce livre dans les rayons des librairies, il ne sort que le 8 octobre. En voici le résumé:

9782367403625_1_75

Dans la petite ville de Peakwood, Montana, un accident de bus scolaire pousse le médecin de la ville à faire appel à son père, le chaman de la tribu indienne des Black feet, pour reprendre à la mort les victimes de ce drame.

Dix ans plus tard, des blessures inexpliquées apparaissent sur le corps de certains habitants tandis que d’autres entendent une voix étrange les poussant à tuer. Pour s’en sortir, Tom, Kevin ou encore Andrew vont devoir percer le secret de la cérémonie ancestrale qui les a ramenés à la vie.

Au risque de mourir une seconde fois.

Ce roman est classé comme un roman fantastique. Pour moi, il a aussi du thriller, avec un rythme angoissant qui monte petit à petit. Si je devais rapprocher ce livre d’un autre genre de roman, je dirais qu’il est dans la lignée des romans écrits par Stephen King. On y retrouve un peu le même genre, avec la même angoisse, mais aussi avec une enquête menée par les personnages pour comprendre ce qui se passe autour d’eux. En plus, l’action se déroule dans une petite ville des Etats-Unis, coupée du monde, ce qui rajoute à cette ambiance si particulière qu’on ne retrouve souvent que dans les romans américains de ce genre-là.

L’histoire raconte donc une terrible tragédie, celle d’un accident de bus en pleine hivers, un bus scolaire qui revenait d’une visite hors de l’école, où une dizaine de personne, enfants et accompagnateurs confondus, trouvent la mort. Dans les enfants étendus dans la neige, se trouve Sacheen, la fille du médecin de la communauté. Ce dernier, un indien, ne pouvant se résoudre à laisser partir sa fille unique, appelle son père, le chaman de la réserve d’à-côté, pour faire revenir d’entre les morts les disparus. Les parents des enfants perdus sont conviés dans une grotte sacrée, et participe à la cérémonie ancestrale. Les morts se relèvent, et ont oubliés ce qui c’est passé. Leurs vies a repris son cours. La seule loi de cette cérémonie : ne rien dire pour que personne ne se souvienne, car la Mort ne doit pas apprendre qu’ils lui ont échappés, car sinon elle reviendra demander son dû.

Dix ans plus tard, les enfants ont grandis et sont devenus des adolescents. Personne n’a jamais reparlé de cet incident, sauf pour évoquer ceux qui ne sont pas revenus, car la cérémonie n’a pas fonctionné pour tout le monde. Cette terrible nuit semble donc dernière tout le monde. Mais des choses étranges commencent à se produire dans la ville. Une disparition, puis des meurtres sans explications, commencent à se produire dans la petite ville calme. Nous sommes en pleine hivers, une terrible tempête de neige se profile à l’horizon. L’angoisse de ce qui se passe commence à monter. La ville se retrouve coupée du monde, avec des phénomènes de plus en plus étranges.

A quatre heures quarante-sept, Quinn entendit de nouveau la porte de sa chambre s’ouvrir. Cette fois elle ne prit pas la peine d’allumer sa lampe de chevet ou d’attraper ses lunettes. Elle releva juste sa couverture.

  • Allez, viens….

Elle attendit, les yeux fermés, de sentir le corps d’Audrey se lover contre le siens, mais il n’y eut rien. Elle s’appuya alors sur ses coudes à sa recherche, mais elle n’arrivait pas à la distinguer. Est-ce que c’était elle assise dans le fauteuil à côté du portemanteau?

  • Puce?

La personne assise se leva. Quinn voulut allumer la lumière, mais la main de sa sœur se posa sur la sienne.

  • C’est mieux si tu ne vois pas, entendit-elle lui dire.

Avant qu’elle ne puisse se redresser, sa sœur lui sauta dessus à califourchon en emprisonnant ses bras sous ses cuisses.

  • Audrey ! cria-t-elle en paniquant. Qu’est-ce que tu fais?
  • Chut, lui souffla sa sœur à l’oreille. Ca va vite passer.

(…)

  • Je sais ce que ça veut dire maintenant décomposition. Tu veux savoir? (…) Ca veut dire que t’es morte.

Quinn hurla en sentant l’oreiller se poser sur son visage, mais le son de sa voix fut étouffé par le tissu. Elle se débattit comme elle le put, mais elle n’arriva pas à de dégager. Les mains sur elles étaient comme des serres d’aigle. Elle ne pouvait plus respirer, l’édredon lui entrait dans la bouche chaque fois qu’elle essayait. Ma sœur est en train de me tuer, songea-t-elle, mais pourquoi? Qu’est-ce que je lui ai faite

Elle se le demanda jusqu’à son dernier souffle.

Il n’y a pas vraiment de héros dans ce roman. Nous passons de personnages en personnages afin de mieux nous rendre compte de ce qui se passe dans la ville. Nous suivons donc essentiellement Tom, Kévin, Andrew, Chayton et Jenny. Tom est le petit génie de la ville, le fils d’une alcoolique, son père est décédé. Kévin est le petit dur du lycée, maltraité par son père. Chayton est le médecin de la ville, fils de chaman et normalement, son héritier, et le père de Sacheen, décédée lors de l’accident. Jenny était une excellente professeur, maintenant elle est clouée dans un fauteuil roulant suite à l’accident. Chacun est lié d’une manière ou d’une autre à la malédiction qui touche la ville, et chacun va devoir y faire face, à sa manière.

J’ai plutôt aimé ce fait qu’on change beaucoup de personnage. Cela permet de suivre l’intrigue dans tous les coins de la ville, et aussi de prévoir ce qui peut se passer pour certains personnages. On voit ainsi ce qui se passe pour ceux qui sont revenus d’entre les morts, mais aussi pour les autres, ceux qui se retrouvent à les traquer. On passe des victimes aux assaillants. J’aime aussi le fait que le profil des victimes soit varié. Nous avons Tom, le petit génie, qui se rend vite compte que quelque chose de grave se passe, mais aussi Kévin, qui est chargé de colère et de bêtise, une vraie brute à détester, et Chayton, qui veut renier ses origines et qui se retrouve obligé de s’en servir. Andrew conduisait le bus et se sent responsable, et Jenny a tout perdu. On a donc une palette plutôt variée de personnages. Le seul bémol, c’est qu’on peut se retrouver vite submergé par tous ces personnages. On est quelque fois obligé de revenir en arrière pour se rappeler qui est parent avec qui, qui est ami avec qui. C’est un peu déroutant, et peut parfois casser le récit. Ce type d’écriture demande beaucoup d’attention.

Nous passons donc des personnages qui sont revenus à la vie, à leurs proches qui sont happée par une voix dans leurs têtes, et qui leur raconte que les revenants de l’accident sont en décomposition, qu’ils sont morts. Elle les pousse à attaquer en prenant possession de leurs corps et de leurs esprits. A ce stade du récit, on peut faire un parallèle avec les histoires de zombies : les parents ou amis des revenants n’ont plus aucun lien avec leurs corps, ils ne réagissent plus à rien, et sont obligés par la voix à tuer, à rendre à la mort ce qui lui a été dérobé. Pendant ce temps, ceux qui sont revenus ne sont pas épargnés, leur corps est maqué par l’accident.

Les douches étaient divisées en six cabines ouvertes, seulement séparées par de fines parois en bois à hauteur d’homme. Il y avait de la vapeur partout à cause de l’eau bouillante des cinq garçons qui se rinçaient. Seule la dernière douche au fond, dont l’eau n’était jamais vraiment chaude, était encore libre. Tom se résigna à l’utiliser. Il fit couler l’eau une minute sur lui, en avala une grande gorgée, puis prit du savon au distributeur fixé au mur. Il se frictionna, en partant du haut de ses épaules pour redescendre le long de son corps. Il se figea en sentant une petite masse rugueuse et humide au milieu de son dos. Presque comme une écorche d’arbre mouillé. Il se rinça vite fait, remit sa serviette et retourna à la salle principale du vestiaire, en essayant de ne pas glisser. Dans la glace fixée près de la porte des toilettes, il découvrit une blessure rougeâtre s’étendant sur une vingtaine de centimètres en longueur et moitié moins en largeur. Au centre, la chair était à vif et brillait à cause d’un liquide jaunâtre qui en suintait. Cela lui rappela la fois, où à dix, il s’était brûlé avec une plaque de cuisson au Grill après avoir réussi à échapper à la surveillance de sa mère. C’était la même couleur dorée. Il se passa un doigts dessus et fut étonnée de ne rien sentir. Comment est-ce qu’il avait bien pu se faire ça?

Comme je l’ai dit, l’angoisse monte petit à petit. la voix étrange commence par une personne, alors qu’une marque apparaît sur l’un des revenants. Puis les marques de décomposition apparaissent sur tous les revenants, et la voix se propage, jusqu’à gagner toute la ville. Ceci va mener jusqu’à une haletante de jeu de chasse à la souris, où les survivants se cachent afin de découvrir la source, la personne qui a divulgué le secret et qui a conduit la Mort jusqu’à eux. Tout ceci avec une discussion avec le chaman et des démons. Jusqu’à la révélation, la source n’est pas seule qu’on croie, et ceux qui vont s’en sortir non plus.

L’univers de l’auteur est très bien maîtrisé, j’ai été bluffée par ses connaissances sur les indiens et les cérémonies chamaniques. Evidemment, nous sommes ici plongés dans de la fantaisie, mais on sent quand même les recherches de l’auteur. C’est vraiment plaisant de voir que l’auteur s’en autant impliqué dans son histoire. J’ai vraiment adoré toutes ces références à l’univers chamanique.

En fait, je n’ai trouvé qu’un seul défaut à ce roman, ce sont les scènes d’action qui, contrairement au reste du roman, sont moins maîtrisées. En effet, Il y a parfois quelques problèmes dans l’enchainement des actions des personnages, avec par exemples des personnages qui changent de place sans aucune explication au cours de l’action, ou des objets qui ne sont plus dans la bonnes mains, etc. Cela donne par moment une impression de brouillon. Ce sont des petits détails, mais qui parfois gênent un peu la lecture, qui mettent en doute ce qu’on a compris du texte.

Mais ce ne sont que des détails, et j’ai vraiment pris plaisir à lire ce roman. J’espère que dans ses prochains, l’auteur fera plus attention à ces détails, mais son style est plaisant, et j’ai passé un excellent moment dans son univers.

Il saisit sa main pour se redresser, troublé par ce qu’il venait de lui dire. « Temps de retourner au monde. » Ca sonnait comme revenir à la vie, une nouvelle fois.

Et vous?

Vous êtes tentés par l’aventure, par une plongée dans le Montana enneigé et coupé du monde? Ce type de roman vous plait?

Publicités

9 réflexions au sujet de « Les Enfants de Peakwood »

    1. merci de ton commentaire, je suis heureuse de savoir que je t’ai donné envie de découvrir ce livre qui, je l’espère, te plaira autant qu’à moi. J’aime beaucoup ton enthousiasme par rapport à ma chronique, merci ^^.
      A bientôt 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s